Caen – Dijon : La finale des relégables

Caen – Dijon : La finale des relégables

Un match anodin qui prend toute son importance lorsqu’on consulte le classement… Dimanche 28 avril, le Stade Michel-d’Ornano accueillera une confrontation importantissime entre Caen et Dijon. Tous deux en zone rouge, ces clubs auront à cœur de s’imposer pour espérer se maintenir en Ligue 1.

Le 20 mai 2012 restera comme un jour sombre pour le Stade Malherbe Caen et le Dijon FCO. Occupant les 18ème et 19ème places du classement au terme de la saison, les deux clubs se voient relégués en seconde division. Après quelques années de Ligue 2, ils parviennent à se reconstruire et retrouvent, chacun à leur tour, les pelouses de la meilleure division française. Aujourd’hui, leur maintien est plus que jamais remis en question… Et une seule de ces deux équipes pourra s’en emparer !

Caen et Dijon : les habitués de la zone rouge

Malherbe et Les Rouges… Deux figures qui sont parvenues à se maintenir en Ligue 1 depuis quelques années malgré des résultats souvent médiocres. En effet, les Caennais signent cette année leur cinquième saison consécutive parmi la crème du football français, la troisième pour les Dijonnais. Pourtant, à l’exception de rares performances telle que la septième place de Caen en 2016, les deux clubs peinent à s’imposer dans ce championnat. Chaque saison, ils s’approchent dangereusement de la relégation en Ligue 2. A qui la faute?

Une chose est sûre, les budgets de Caen et du DFCO y sont pour quelque chose. Respectivement de 34 millions et de 35 millions pour la saison actuelle, ils font partie des plus faibles de Ligue 1. En comparaison, le Paris-Saint-Germain dispose d’une enveloppe annuelle de 500 millions d’euros. Si l’argent ne fait pas le bonheur, il fait tout de même les grandes équipes.

Autre paramètre incontournable à la réussite en championnat, la stabilité des relations au sein du club. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Normands ont beaucoup de progrès à faire sur ce point-là. Il y a un an, une guerre interne s’est déclenchée  entre les principaux actionnaires du club. Le président en place, Jean-François Fortin, a alors cessé d’exercer ses fonctions au printemps dernier, laissant sa place à Gilles Sergent. Si l’ambiance s’est aujourd’hui apaisée, il est probable que les tensions aient eu un impact sur les résultats du club.

Kombouaré et Courbis : techniciens de secours ?

Quand les objectifs ne sont pas remplis, les entraîneurs sont les premiers que l’on pointe du doigt. Au mois de décembre, les dirigeants dijonnais ont remercié Olivier Dall’Oglio, tacticien phare du club en poste depuis 2012. L’homme avait notamment permis au DFCO de retrouver la Ligue 1. Pour le remplacer, qui de mieux que le coach de Guingamp, équipe rivale qui joue également le maintien. Limogé en début de saison, Antoine Kombouaré reprend alors les rênes des Rouges en janvier 2019. Neuf rencontres, sans la moindre victoire, lui suffisent à se faire haïr et insulter par les supportaires. Pas de quoi déstabiliser le président du club, Olivier Delcourt, qui confiait il y a un mois : « Je comprends que les gens soient en colère, qu’ils soient déçus. Au club, nous sommes tous déçus, et tout le monde est mobilisé pour que le DFCO reste en Ligue 1. Je fais entièrement confiance au coach ». Depuis ces déclarations, Antoine Kombouaré a empoché sept des neuf points possibles sur les trois derniers matchs… Comme quoi, il ne faut pas jamais perdre espoir !

Côté Caennais, on attendait énormément du mercato hivernal au vu des résultats catastrophiques de début de saison. Un seul renfort est venu combler les rangs de l’équipe normande : Aly Ndom. Et il s’est blessé aussitôt ! Heureusement, avec la signature du charismatique Rolland Courbis en tant que co-coach, les dirigeants du club ont évité de justesse que le mercato tourne au fiasco. L’ex-entraîneur de Montpellier épaule donc Fabien Mercadal, novice en Ligue 1. Pour la petite anecdote, Courbis avait lancé, mi-décembre, une candidature spontanée au président de… Dijon !  

Ces changements d’entraîneur, censés donner un second souffle aux deux habitués de la zone rouge, ne se sont pas révélés fructueux. En zone rouge depuis la 25ème journée, Caen et Dijon ne parviennent pas à se hisser au rang des maintenus. L’heure de leur relégation a-t-elle sonné ?

Un match crucial pour le maintien

L’heure de la confrontation finale, elle, approche à grand pas. Malherbe reçoit les Rouges au Stade Michel-d’Ornano, dimanche 28 avril à 15 heures. Sûr de ses forces après avoir battu Rennes la semaine dernière, Antoine Kombouaré a tenté de mettre la pression sur les épaules des hommes de Rolland Courbis : « Je suis fier de mes joueurs. Cette victoire fait beaucoup de bien, elle met la pression sur Guingamp et Caen ». En effet, après avoir battu Lyon (1-3) au Groupama Stadium, arraché le nul face à Amiens (0-0) et fait preuve d’une mentalité remarquable contre Rennes (3-2), les Dijonnais sont en grande forme et aborderont ce match avec sérénité. Par ailleurs, les Normands n’arrivent pas à s’imposer dans leur arène. Ils restent sur six défaites et un nul à d’Ornano, leur dernière victoire à domicile remontant à décembre face à Toulouse.

Une mauvaise série que Gilles Sergent souhaite stopper et qui explique notamment la décision du staff de Caen quant à la préparation du match à venir. Mercredi et jeudi, les joueurs ont pris la direction de Grandville, dans la Manche, pour une mise au vert. Au programme, entraînements à huis-clos et thalasso. Autre consigne révélatrice de leur volonté de se couper du monde : interdiction de s’exprimer dans les médias !

Ce rendez-vous majeur risque d’avoir de lourdes conséquences sur la toute fin de saison à venir. Si Dijon l’emporte, Caen se retrouverait à cinq points d’une 18ème place synonyme de barrage et pourrait même passer lanterne rouge si Guingamp venait à s’imposer à Nice. A l’inverse, une victoire caennaise ou un match nul mettraient les deux clubs à un seul petit point d’écart, promettant un finish extrêmement serré. Alors qui gagnera un voyage en Ligue 2 ? Faites vos jeux…

Emmanuel Clévenot

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