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L’équipe-type des talents gâchés du football (partie II)

Un talent gâché est un joueur qui n’a pas réalisé la carrière que son talent lui prédestinait.

Le foot est un milieu cruel, ou le talent pur ne suffit pas. Les joueurs doivent travailler, s’entraîner, gérer leur image et faire les bons choix tout au long de leur carrière. Certains se sont brûlé les ailes, d’autres ont été victimes de graves blessures à répétition, quand quelques-uns ont fait des choix de carrière douteux. 

Voici la suite du XI publié la semaine dernière.

Andreï Archavine

Andreï Archavine débute sa carrière au Zénith Saint-Pétersbourg où il fait ses classes et se révèle à la face du monde. Le milieu offensif (mais aussi ailier) remporte un championnat de Russie en 2007, une coupe UEFA en 2008 mais surtout atteint les demi-finales de l’Euro 2008 avec la sélection russe. Il se classe même à la sixième place du Ballon d’or en 2008 ! Remarqué par Arsenal, il y signe en janvier 2009. Ambitieux, il s’illustre dès ses premiers matchs. Il claque un quadruplé contre Liverpool. Est élu homme du match lors d’un huitième de finale retour de Ligue des champions contre Porto. Arsenal l’emporte 5-0, Archavine est impliqué sur 4 buts. Puis le néant. Seulement utilisé par Arsène Wenger comme joker de luxe il quitte finalement Arsenal dans l’oubli en 2013. N’arrivant pas à retrouver son niveau d’antan il cire le banc du Zenith puis est envoyé à Krasnodar à l’été 2015 où il ne joue que 9 matchs. Il termine sa carrière en novembre 2018 après une dernière aventure au Kazakhstan. La pépite n’aura jamais réussi à confirmer loin de ses terres.

Bojan Krkić

Bojan compile tous les maux d’un joueur aux ailes brisées : syndrome de la comparaison, grave blessure, dépassé par la pression du haut niveau. Pur produit de la Masia, il bat tous les records de précocité avec le FC Barcelone à partir de ses débuts en 2007. Plus jeune Blaugrana à participer à un match de Ligue des champions, plus jeune buteur de Liga, plus jeune Barcelonais à atteindre les 100 matchs, plus jeune sélectionné avec l’équipe d’Espagne. Rapide, technique et agile, il est alors marqué au fer rouge du titre de « nouveau Messi ». En plus de cette pression supplémentaire, Bojan est victime de fortes crises d’anxiétés, il est allé trop haut, trop vite, il n’a même pas 18 ans. Après 2 saisons à regarder dans les yeux les Ronaldinho, Iniesta, Henry, Messi, il ne s’impose plus comme titulaire depuis que son anxiété le domine, il côtoie de plus en plus souvent le banc. Ecarté par Guardiola, il signe pour l’AS Roma en 2011 puis est prêté en 2012 à l’AC Milan. Deux énormes échecs, l’ombre de Messi plane sur lui, il souffre bien trop de la comparaison. Les projecteurs ne sont plus braqués sur lui au moment où il signe à l’Ajax puis à Stoke City où il évolue de 2014 à 2019 (avec deux prêts à Mayence et Alavès). En Angleterre il retrouve un bon niveau mais subit une rupture des ligaments croisés. Le sort s’acharne. Aujourd’hui à l’Impact Montréal, le « nouveau Messi » n’aura jamais pu exprimer son plein potentiel, rendu muet par l’ombre dévorante qui planait au-dessus de ses frêles épaules.

Hatem Ben Arfa

« Hatem, c’était Messi. Je l’ai vu faire des choses incroyables, mais il n’a pas fait les bons choix de carrière ». En quelques mots Karim Benzema résume la carrière de son ancien coéquipier à Lyon et en équipe de France espoirs. À l’heure du bilan, et hormis Benzema, la génération terrible de 1987 (Ben Arfa, Ménez, Nasri) est un énorme gâchis de talent. Hatem en est le cas le plus grave. Révélé à l’OL entre 2004 et 2008 il signe ensuite à Marseille après un bras de fer avec la direction lyonnaise. Puis à Newcastle après deux ans à l’OM. Après des débuts prometteurs, Nigel De Jong lui brise la jambe, double fracture du tibia péroné. Son retour après 6 mois d’absence vire au cauchemar, il est envoyé à Hull City en 2014 puis passe une année blanche lors de la saison 2014-2015. Le manque de professionnalisme du prodige franco-tunisien est pointé du doigt : fainéant, mal conseillé, ingrat, individualiste. Tout autant que son indéniable talent : dribbleur hors pair, explosif, très fin techniquement grâce à son pied gauche soyeux, une conduite de balle exceptionnelle, capable de créer comme de finir les actions. « Quel gâchis de talent pur… C’est criminel. » déclare Steve Bruce (coach d’Hull City) en 2015. Lors de la saison 2015-2016, l’enfant terrible revient en Ligue 1, à l’OGC Nice, il réalise une saison exceptionnelle (18 buts en 37 matchs) et émerveille tous les observateurs. Malheureusement l’espoir se meurt aussitôt. Hatem signe au PSG et, en froid avec l’entraîneur Unaï Emery, fait de la figuration. À 32 ans aujourd’hui et après une saison correcte à Rennes, Ben Arfa est désormais sans club. Son gâchis est à la hauteur de son talent, monstrueux. 

Alexandre Pato

La jeune pépite brésilienne débarque au Milan AC en août 2007. En provenance du SC Internacional avec lequel il s’est illustré notamment lors de la coupe du monde des clubs 2006. Suite à des problèmes de contrat il ne joue son premier match qu’en janvier 2008. Jouant au côté de son idole Ronaldo « Il fenomeno » et de ses compatriotes Kaká, Cafu et Ronaldinho, il se fait vite remarquer et la presse italienne s’enflamme. Très rapide, létal en un contre un, agile et bon de la tête, il réalise en 2008/2009 sa saison la plus prolifique (18 buts en 42 matchs). Dans la peau d’un titulaire indiscutable à l’aube de l’exercice 2009-2010, il empile les blessures et pépins physiques qui l’écartent peu à peu du onze et le privent même d’une sélection avec le Brésil pour la coupe du monde 2010. Le golden boy 2009 continue de côtoyer l’infirmerie et perd son statut d’idole de San Siro. Ses retours sont éclipsés par les performances du nouveau fer de lance milanais, un certain Zlatan Ibrahimovic. Excédés par ses blessures, les dirigeants lombards envoient Pato au Corinthians en janvier 2013. En 6 ans il joue pour 5 clubs différents sans jamais vraiment s’imposer. Après un passage en Chine convaincant, mais pas à la hauteur de son talent, Pato évolue aujourd’hui au Brésil au Sao Paulo FC. À 30 ans, sa carrière est derrière lui, bien loin de ses folles jeunes années milanaises.

Michael Owen

Michael Owen est l’exemple de la précocité. Avec Liverpool, son club de coeur, il est sacré meilleur buteur de Premier League pour ses deux premières saisons complètes, magique. Il remporte avec les Reds deux League Cup, une FA Cup, un Community Shield et une coupe de l’UEFA, fantastique. Il est élu plus jeune Ballon d’or de l’histoire en 2001, historique. Petit et frêle, le gamin d’Anfield régale par sa vitesse, son goût de la profondeur, sa technique et son sens du but. À la surprise générale en 2004, le « boy wonder » est le nouveau galactique du Real Madrid, le club de ses rêves. Mais barré par la concurrence il se contente d’un rôle de joker. En 2005, Newcastle casse sa tirelire pour attirer « Magic Michael ». Désireux de se relancer, Owen promet de nombreux buts. Malheureusement son corps l’abandonne et ses blessures à répétition ne lui permettent pas de s’imposer chez les magpies en 4 saisons. Entre 2009 et 2012 il joue pour Manchester United où il récupère le 7 de Ronaldo. Il ne laissera pas la même trace que les illustres numéros 7 qui lui ont précédé (52 matchs pour 17 buts en 3 saisons). Il termine sa carrière dans l’anonymat à Stoke City à seulement 32 ans. L’allégorie d’un génie, trahi par son corps, a qui il à manqué ce soupçon de chance.

Adriano

L’étoile filante brésilienne, un joueur éclatant mais à la carrière fulgurante. Lors de l’été 2001 le jeune Adriano débarque à l’Inter Milan en provenance de Flamengo. Directement prêté à la Fiorentina puis à Parme. Il se met très vite l’Italie dans la poche grâce à ses 24 buts en 37 matchs avec le club sicilien. Ce colosse supersonique, doté d’un pied gauche précis, une technique au-dessus de la moyenne et surtout d’une frappe chirurgicale. Il est très vite comparé à Ronaldo le Brésilien. L’Inter le rapatrie dès l’hiver 2003-2004. Le natif de Rio ne perd pas de temps pour mettre tout le monde d’accord. Zlatan dira de ce dernier qu’il est le joueur le plus impressionnant avec lequel il a joué : « He was an animal ». Mais tel un animal Adriano est instable et imprévisible. La mort de son père l’a détruit et cela se ressent sur le terrain. À partir de 2006 la chute commence. Sortie nocturne, alcoolisme, entraînements passés à l’infirmerie et dépression ne riment pas avec performance et carrière durable. Entre 2007 et 2012 il alterne entre retours au pays, belles promesses, retour en Europe, désillusions. « L’imperatore » comme il est appelé en Italie est monté très haut. Sa palette offensive paraissait illimitée, un joueur potentiellement plus complet que R9. Mais voilà, les frasques et la vie extra sportive mouvementée ont éclipsé les accélérations foudroyantes et les feintes de corps dévastatrices pour laisser un génie fragile et perdu, loin des titres et du succès. 

Eliot Poudensan

L’équipe-type des talents gâchés du football (partie II)

Le Derby Intercontinental, rivalité éternelle

Plus grande rivalité du football turc, le premier affrontement entre Galatasaray et Fenerbahçe a eu lieu en 1909, il y a 110 ans. Un derby au reflet même de la Turquie.

Comme dans beaucoup de pays, le football a été importé en Turquie par les Anglais, à la fin du XIXème siècle. Et le premier affrontement, nommé Kıtalararası Derbi (Derby Intercontinental) a eu lieu le 17 janvier 1909 et a vu une victoire de Galatasaray 2-0. Il aura fallu attendre le 9ème match pour voir Fenerbahçe s’imposer, après 8 défaites consécutives. Mais à l’époque, il ne s’agissait pas encore de la grande rivalité comme nous la connaissons aujourd’hui. Ce n’est que dans les années 30 que les deux clubs vont devenir rivaux. Avant ça, ils ont un objectif commun : la reconstruction de l’identité nationale au lendemain de la chute de l’empire ottoman.

Le Galatasaray Spor Kulübü a été créé en octobre 1905 par Ali Sami Yen et d’autres étudiants du Lycée de Galatasaray, un lycée français réputé d’Istanbul. Le Fenerbahçe Spor Kulübü a été lui créé en mai 1907 dans le quartier de Kadikoy par Ziya Songülen, Ayetullah Bey, et Necip Okaner. Deux clubs situés de part et d’autre du Bosphore, qui sépare la ville d’Istanbul entre Europe, pour le Galatasaray, et Asie, pour le Fenerbahçe. Ce qui fait que cette rivalité n’oppose pas seulement deux clubs ennemis, mais aussi deux continents. Les Lions de Galatasary représentent l’Europe, l’Occident, une Turquie aisée, tandis que le Fener représente une Turquie plus « traditionnelle », l’Asie, le peuple. Une distinction sociale bien moins visible aujourd’hui.

Une grande rivalité sportive

Plus encore qu’un côté historique, cette rivalité est également sportive. Galatasaray et Fenerbahçe sont les deux plus grands clubs turcs. Sur le plan national, ils comptent respectivement 22 et 19 titres de champions. 41 titres à eux deux, sur les 63 saisons du championnat professionnel turc, soit 65% des titres nationaux répartis entre les deux rivaux. Avantage entre les deux pour Galatasaray donc, avec trois titres de plus, mais aussi 18 Coupes de Turquie contre 6, et surtout la Coupe UEFA (l’ancêtre de l’Europa League) et la Supercoupe d’Europe en 2000. Il s’agit des seuls titres remportés par un club turc à l’échelle européenne, et un grand succès, surtout face à des adversaires comme Arsenal et le Real Madrid. Mais lorsqu’il s’agit des duels entre les deux équipes, la tendance s’inverse. Sur les 390 affrontements à ce jour, 146 rencontres ont étés à l’avantage des Canaris du Fenerbahçe, contre 123 pour Galatasaray. « Pour un sympathisant de Fenerbahçe, perdre contre Galatasaray c’est un très grand malheur. Il souhaiterait mourir plutôt que de perdre contre Galatasaray. » racontait Kamel Belgin, un ancien joueur de Fenerbahçe. Et donc, malgré moins de succès au niveau des trophées, cette domination du Derby Intercontinental représente une fierté pour les supporters du Fener. 

La guerre du Bosphore

Mais Fenerbahçe-Galatasaray, c’est aussi et surtout connu aux yeux du monde comme un spectacle dans les tribunes, mais aussi en dehors. Le derby est le match le plus important de l’année en Turquie, que cela soit à Istanbul ou ailleurs. Les deux clubs étant les plus suivis dans le pays, chaque affrontement donnent lieu à des tensions entre supporters. Le 12 mai 2013, les deux clubs s’affrontaient au stade Şükrü Saracoğlu, l’enceinte de Fenerbahçe. Après la rencontre et la victoire du Fener 2-1, un fan des Canaris, Burak Yildirim, 19 ans, est poignardé à mort par des hooligans de Galatasaray. Un accès de violence qui ne doit pas faire oublier que la grande majorité des supporters des deux équipes sont dans le respect et le spectacle dans les tribunes. La guerre est également sur le terrain entre les deux rivaux. En 1934, une rencontre dû être a arrêtée plusieurs fois à cause de nombreuses fautes. L’arbitre a arrêté le match car joueurs des deux camps s’affrontaient sur la pelouse.

En 1996 eu lieu l’un des moments les plus iconiques du Derby Intercontinental. Alors que Fenerbahçe lutte avec Trabzonspor pour le titre, Galatasaray luttait pour une qualification pour l’Europe. Les deux clubs se retrouvèrent en finale de la Coupe de Turquie, et une victoire du Fener semblait évidente. A la surprise générale, les Lions s’imposèrent à l’aller 1-0 sur un penalty de Dean Saunders. Le match retour se jouait dans une atmosphère électrique sur le terrain du Fener. Après 90 minutes, les locaux menaient 1-0 mais dans le temps additionnel, ce même Saunders égalisait pour donner la Coupe de Turquie à Galatasaray. Le manager écossais Graeme Souness, qui ne sera resté qu’an à Galatasaray, prit un drapeau géant du club pour le planter au centre du terrain, ce qui provoqua de nombreux affrontements, notamment de la part des supporters du Fenerbahçe, choqués de cette provocation.

Une rivalité pas comme les autres donc. Le genre de match qui peut créer des embrouilles au sein d’une famille. Mais plus que du football, une rivalité entre deux clubs multisports. Mais si Galatasaray domine son rival sur le rectangle vert, il est inexistant en comparaison d’un Fenerbahçe qui fait partie des meilleurs clubs européens dans d’autres sports, notamment le basket. Une rivalité ancienne, éternelle et qui est partie pour durer. 

Elioth Salmon

Le Derby Intercontinental, rivalité éternelle

Challenge Cup : Premier week-end maussade pour les clubs français

Ce week end avait lieu la première journée de Challenge Cup, la petite coupe d’Europe. Et ce premier week-end n’a pas été fructueux pour les clubs français engagés.Bordeaux Bègles est sorti vainqueur face aux Wasps. Toulon et Brive ont eux gagné mais dans un match franco-français, respectivement à Bayonne et au Stade Français.

Agen 10-31 Edimbourg

Le SUA n’a jamais pu inquiéter les Ecossais. Avec de nombreux jeunes sur la feuille de match, les Agenais ont rapidement été pris à défaut par l’expérience adverse. George Taylor et Damien Hoyland ont rapidement mis leur équipe sur orbite pour mener 21-3 à la mi-temps. Masilevu a réduit la marque à la 55e pour les Agenais mais c’est Edimbourg qui a eu le dernier mot avec l’essai du bonus offensif sur la sirène du talonneur Cameron Fenton.

Le prochain match pour le SUA sera très délicat : un déplacement chez les Wasps.

Bayonne 13-20 Toulon

Drôle de match que ce Bayonne-Toulon. Après deux pénalités de Manuel Ordas, les Toulonnais se sont réveillés. Deux essais de Van Der Merwe faisaient passer les joueurs de la Rade devant. Malgré l’essai de Peyo Muscarditz, Toulon est reparti de plus belle avec deux essais de Savea et Etrillard, à cinq minutes de la fin. Match bizarre car malgré un score serré, les Toulonnais ont pris le bonus. En effet, Louis Carbonel a été très maladroit au pied, manquant ses quatres transformations. Toulon démarre donc au mieux sa campagne européenne en prenant la tête de la poule 2. Prochain match avec la réception des Scarlets.

Stade Français 11-27 Brive

Le Stade Français est malade et cela dure toujours. Malgré le changement de staff suite au départ d’Heyneke Meyer, les Parisiens ont de nouveau perdu à domicile. Ce sont les Géorgiens qui ont portés Brive avec deux essais de Lobzhanidze et Giorgadze (23e; 40e). En face, Lester Etien avait marqué pour les Parisiens (35e). Les Corréziens se sont définitivement mis à l’abri avec un essai de pénalité pour démarrer au mieux cette Challenge Cup. Pour Paris, les soucis continuent, réaction attendue samedi prochain chez face au Zebre

Dragons 31-17 Castres

Mais où était le CO en première mi-temps. En tout cas, le numéro 8 Taine Basham ne s’est pas posé la question en plantant un triplé (7e; 16e; 35e). Avec un essai supplémentaire, le trou était déjà fait à la mi-temps et le bonus déjà assuré pour les Gallois (28-10). Seul Taylor Paris et Ludovic Radosavljevic ont marqué pour les Castrais qui n’ont jamais été capables de l’emporter. La réception de Worcester pourrait être l’occasion de vraiment se lancer pour le CO.

Leicester 41-20 Pau

Bien mal en point en Premiership, les Tigers se sont offerts un bon bol d’air face à la section. Malgré deux essais de Daubagna et de Metz (26e; 67e), les Anglais l’ont largement emporté notamment grâce à un homme : Jonah Holmes. L’ailier a inscrit sa patte sur ce match comme un autre regretté Jonah a pu le faire auparavant. Un quadruplé pour Holmes a propulsé les Tigres vers la victoire. George Ford, de retour de Coupe du monde, a très bien conduit le jeu et assuré aux tirs au but. Match difficile pour la Section qui devra se reprendre avec la réception de Calvisano vendredi prochain.

Bordeaux-Bègles 40-30 Wasps

C’est la perf’ française du week-end. Face à une équipe habitué aux joutes de la Champions Cup, les hommes de Christophe Urios sont sortis victorieux avec le bonus offensif en prime. Après une première période serrée avec l’essai de Tamanivalu, les deux équipes ont offert une fin de match spectaculaire. A 19-16 à la 55e, les Wasps ont fait étalage de leur puissance avec l’essai de Cruse. Mais les Bordelais ont bien réagi avec deux essais coup sur coup de Lesgourgues et Higginbotham. Malgré l’essai de Robson, les Français se sont définitivement mis à l’abris avec l’essai du bonus de Buros. Une victoire spectaculaire mais un bon début avant un déplacement tendu à Edimbourg.

Les autres résultats : Enisei-STM 14-57 Worcester; Calvisano 16-38 Cardiff; Bristol 59-21 Zebre; Scarlets 20-16 London Irish

Kenny Ramoussin

Challenge Cup : Premier week-end maussade pour les clubs français

Marco Rose et Gladbach : une relation haute en couleurs

C’est la tendance de ce début de saison en Bundesliga. Discrets, silencieux, mais d’une efficacité redoutable, les Poulains du Borussia Mönchengladbach occupent seuls la tête du championnat, après 11 journées. Mais cette dynamique est-elle réellement amenée à se poursuivre ? Alors que la plupart des regards sont davantage rivés sur les difficultés du Bayern Munich et du Borussia Dortmund, le moment est venu d’analyser les clés du succès des actuels leaders de Bundesliga.

Le phénomène Marco Rose

Résumer la réussite du club allemand à une personne, à savoir son entraîneur, paraît un peu réducteur. Néanmoins, ce dernier s’impose véritablement comme le grand artisan du bon début de saison des Poulains.

Habitué à disputer des joutes européennes depuis plusieurs saisons maintenant, le Borussia Mönchengladbach souhaitait cependant faire franchir un cap à un effectif qui semblait jusque-là limité. Exit Dieter Hecking, le choix d’un successeur en mesure de tirer le meilleur de l’ensemble des joueurs est alors devenu primordial. Et, à l’arrivée, des plus pertinents.

Peu connu en Europe, Marco Rose a pourtant déjà clairement fait ses preuves en Autriche, à la tête du Red Bull Salzbourg. Là-bas, le technicien allemand a gravi les échelons à une vitesse surprenante, sans jamais paraître dépassé par les événements. Après avoir remporté la Youth League en 2017, il succède à Oscar Garcia sur le banc de l’équipe première pour la saison 2017-2018. Champions d’Autriche à l’issue de la saison, les joueurs de Salzbourg se font surtout remarqués lors d’une campagne d’Europa League féerique, qui se terminera finalement face à l’Olympique de Marseille, en demi-finales. La saison suivante, Marco Rose et ses hommes signent le doublé coupe-championnat, pour le plus grand bonheur des fans.

Au-delà de sa capacité à remporter des titres, l’ancien joueur d’Hanovre et de Mayence dispose également d’un plan de jeu précis, qui a fait la force du Red Bull Salzbourg et qui, pour le moment, semble également bien fonctionner de l’autre côté de la frontière autrichienne. Adepte d’un style offensif, basé sur un gegenpressing intense ainsi qu’un jeu vertical, le coach allemand s’inscrit dans la lignée de plusieurs de ses homologues, comme Julian Nagelsmann et… Jürgen Klopp.

Si la comparaison avec ce dernier peut paraître flatteuse, elle n’en est pas pour autant dénuée de sens. Les deux hommes se connaissent bien, et se sont croisés du côté de Mayence dans les années 2010. L’actuel entraîneur de Liverpool ne tarit d’ailleurs pas d’éloges au sujet de celui que de plus en plus considèrent comme son “disciple” : “Il pourrait réussir n’importe où. Il est le coach le plus en vogue du moment, celui qui suscite l’intérêt de tout le monde”.

Dans le jeu, on retrouve en effet des similitudes entre les deux entraîneurs. Rose base en effet essentiellement sa philosophie sur un pressing travaillé, censé permettre à ses joueurs de se projeter plus facilement vers le but adverse. Il incarne également le profil du coach moderne, comme en témoigne le choix de son adjoint, René Maric, âgé de seulement 29 ans, et dont la trajectoire fascine. Co-fondateur d’un site internet spécialisé dans les analyses tactiques, il n’a pas tardé à taper dans l’oeil du centre de formation du Red Bull Salzbourg, qui lui a proposé un poste. Le voilà désormais adjoint de l’un des entraîneurs les plus populaires du moment en Europe, ce qui est loin d’être une coïncidence.

Un effectif en phase avec le projet

Si les choses se passent plutôt bien pour le moment pour Marco Rose à la tête de Gladbach, c’est notamment grâce aux qualités de l’effectif qui répondent parfaitement au plan de jeu du tacticien allemand. Parmi ces qualités, on retrouve bien évidemment le volume de jeu conséquent de certains cadres comme Denis Zakaria ou Matthias Ginter, qui permet donc aux Poulains de mettre en place un pressing très intense et efficace face à leurs adversaires. 

La notion de mouvement, également primordiale dans l’esprit de Rose, est parfaitement appliquée par ses nouveaux joueurs qui font preuve d’une certaine polyvalence, et qui parviennent sans trop de difficultés à se positionner dans les espaces afin de favoriser un style de passes plus vertical, une arme redoutable en Bundesliga quand on connaît notamment les qualités des joueurs en matière de frappes de loin. Le système de Rose oscille ainsi la plupart du temps entre un 4-3-1-2 et un 4-2-3-1 très axial, deux approches qui ont pour le moment fait leurs preuves.

L’ancien technicien du RB Salzbourg peut s’appuyer sur le tandem français Pléa-Thuram en attaque, qui pèse sur les défenses adverses. L’adaptation fulgurante du dernier, débarqué cet été en Bundesliga en provenance de Guingamp, est assez impressionnante et n’est sans aucun doute pas étrangère à l’arrivée de Marco Rose sur le banc des Poulains. Auteur de 5 buts en Bundesliga, le joueur formé à Sochaux ne se résume pas à ces statistiques : il participe activement et avec beaucoup d’intelligence au pressing de son équipe, et son jeu dos au but fait également le bonheur de ses partenaires.

Des débuts à relativiser

Certes, le Borussia Mönchengladbach est actuellement seul leader de Bundesliga, avec 4 longueurs d’avance sur son dauphin, le RB Leipzig. Mais le plus dur commence peut-être pour les hommes de Marco Rose, alors que le Bayern Munich semble avoir retrouvé un second souffle avec Hansi Flick et que le Borussia Dortmund a trop de qualités pour en rester là. 

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les Poulains sont également engagés en Europa League, et que l’enchaînement des matchs pourrait leur faire perdre de précieux points en championnat. Deuxièmes de leur poule, à égalité de points avec l’AS Roma, troisième, les Allemands devront se battre jusqu’au bout pour décrocher leur place en seizièmes de finales. S’ils peuvent se plaindre d’avoir hérité d’un groupe assez relevé (AS Roma, Istanbul Basaksehir), leurs supporters n’ont cependant pas oublié la lourde défaite concédée à domicile face à l’équipe considérée comme la plus faible du groupe : Wolfsberg.

En ce qui concerne la Bundesliga, il ne faut pas oublier de rappeler que les troupes dirigées par Marco Rose n’ont pour le moment pas vraiment brillé face à leurs concurrents de haut de tableau (défaite face au BVB et face à Leipzig). Le mois de décembre, qui les verra notamment accueillir le Bayern Munich et disputer leur survie en Europa League, pourrait bien laisser des traces.

Et craindre de ne plus tellement voir la vie en Rose ?

Paul Stefani

Marco Rose et Gladbach : une relation haute en couleurs

Castres Olympique : Un début de saison en deçà des attentes

Après le premier tiers du Top 14, le Castres Olympique est onzième du championnat. L’équipe, qui vise le top 6 en fin de saison est pour l’instant en retard sur son objectif. Les deux matches de Challenge Cup pourraient permettre de remettre l’équipe dans la bonne direction, si les résultats et la manière sont présents évidemment. 

Une défense absente, le staff déjà modifié

Ce début de saison est délicat pour le Castres Olympique. Si les résultats ne sont pas là, le plus inquiétant est encore la manière et le niveau de jeu proposés. L’arrivée du nouveau staff technique en juillet dernier, mené par Mauricio Reggiardo, a bouleversé les habitudes d’un effectif presque inchangé (seul Nakosi, Tierney, Nkinsi et Fortunel sont arrivés). 

Début juillet, le manager argentin a décidé de cibler la préparation sur le secteur offensif et de minimiser la défense, alors que c’est l’un des points forts de cette équipe depuis de nombreuses années. Un choix qui même si l’attaque est classée troisième du championnat, est entaché par les nombreux points encaissés. Le Castres Olympique étant la 13e défense du Top 14.

Pour essayer de régler tout ça, le manager a décidé de modifier l’organisation de son staff. Patrick Furet, alors en charge des avants et du secteur défensif a été amputé de cette dernière partie. La défense est revenue dans les mains de Reggiardo avant peut-être le recrutement d’un technicien spécialisé dans le domaine défensif. 

Pour remédier à cette carence, le manager du Castres Olympique a décidé d’accentuer l’aspect défensif pendant les semaines d’entraînements. Depuis la coupure internationale, les montées défensives sont notamment travaillées. Lors du dernier match à domicile face à Brive, les supporters ont pu voir une équipe bien en place défensivement et donc en confiance offensivement. Tout allé bien à la pause et le travail semblait porter ses fruits. Sauf qu’en deuxième mi-temps, le manque de confiance de l’équipe a resurgit et la défense a été mise à rude épreuve et s’est fissuré petit à petit au point d’être derrière au score à la dernière minute. Il aura fallu une faute briviste et une pénalité convertie par l’irrésistible Julien Dumora pour que le CO remporte ce match (28-26) alors qu’à la mi-temps, il y avait 13 points d’avances.

La Challenge Cup pour retrouver de la confiance

Après cette victoire cruciale du Castres Olympique en championnat permettant de ne pas s’enliser au classement, place désormais à la Coupe d’Europe et plus exactement à la Challenge Cup.

Cette compétition, la deuxième coupe européenne, ne fait pas partie des objectifs fixés par Mauricio Reggiardo. Ce dernier va alors faire tourner son effectif. Mettre au repos des joueurs qui ont déjà fait beaucoup de matches cette saison ( Hounkpatin, Kockott, Jenneker, Delaporte, Palis…) et faire jouer ceux qui sont en manque de temps de jeu. C’est notamment le cas de l’ailier canadien Taylor Paris qui a déclaré sur la radio locale 100 % : “C’est bien de faire tourner. Il y a des joueurs qui ont besoin d’un peu de repos. Et d’autres, comme moi, qui ont joué que deux ou trois matches depuis trois mois”. L’ailier de Castres poursuit en expliquant le bien que cela peut faire à tout le groupe : “ Ca va faire monter le niveau de l’équipe parce que ça fait monter le niveau de compétition entre nous”.

Les deux prochains matches vont donc servir à resserrer le groupe et à faire prendre confiance à tous les joueurs de l’équipe tarnaise. Le match à Newport va permettre aux joueurs en manque de temps de jeu de montrer qu’ils ont leurs places. Pour le match à domicile face à Worcester, l’équipe alignée devrait être plus proche de l’équipe type. Le CO va vouloir retrouver des repères collectifs et faire plaisir aux nombreux supporters du CO, avant de retrouver les joutes du Top 14. 

Damien Souille

Castres Olympique : Un début de saison en deçà des attentes