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Médias et Équipe de France : Scènes de ménages perpétuelles

La Fashion Week. Voilà à quoi des journalistes de BFM TV ont comparé l’arrivée des Bleus à Clairefontaine, à l’occasion de la trêve internationale.

Une sortie qui a bien évidemment fait réagir la sphère footballistique française, y compris certains joueurs comme Wissam Ben Yedder, qui n’ont pu s’empêcher de critiquer la chaîne d’informations. 

Une Coupe du Monde n’aura donc pas suffi pour apaiser le clivage entre l’Equipe de France et la sphère médiatique française ? Retour sur une relation très particulière, qui a connu de nombreux bouleversements au cours des dernières années.

De scandale en scandale

Pour mieux comprendre les causes de cette relation conflictuelle entre les médias et l’Equipe de France, il convient de revenir un peu en arrière.

Depuis les années 2000, de nombreux scandales ont éclaboussé la selection double championne du monde aujourd’hui, et dont les médias se sont rapidement emparés afin d’en éclaircir les faits.

Ainsi, à partir de 2008, la tristement célèbre Affaire Zahia éclate au grand jour, mettant à l’origine en cause Karim Benzema et Franck Ribéry, tous deux accusés d’avoir entretenu une relation avec la dénommée Zahia, alors mineure. 

Cette affaire, bien qu’elle ne concernait que deux joueurs de l’effectif, a evidemment engendré beaucoup de défiance de la part de l’opinion publique à l’égard des Bleus, le tout exacerbé par les investigations menées par de nombreux journalistes.

C’est ce développement de la presse à scandales qui explique donc en partie ce rapport conflictuel entre médias et Equipe de France, qui symbolise alors à l’époque une forme de fracture entre l’opinion publique française et sa sélection. Une fracture qui s’accentue suite à la crise de Knysna, lors de la Coupe du Monde de 2010, en Afrique du Sud.

Accusé d’avoir insulté son sélectionneur Raymond Domenech, Nicolas Anelka est suspendu par la FFF. Dans la foulée, une scène alors inconcevable se produit : les Bleus refusent de descendre de leur bus pour aller s’entraîner, et seront éliminés dès les phases de poules de la compétition.

La presse s’empare bien évidemment de ce qui apparaît alors déjà comme l’une des crises majeures du football français, et contribue donc à creuser encore un peu plus le gouffre qui sépare les Français de cette sélection qu’ils chérissaient tant en 1998.

Si les médias ont joué un rôle essentiel dans ce processus, comme en témoigne la une de l’Equipe au lendemain de l’affaire, ils ont également contribué à reconstruire progressivement une sélection meurtrie par cette crise sans précédents.

Seulement voilà, si cette crise a en effet permis un renouvellement quasiment complet de l’effectif et de son staff, elle n’a pas pour autant été le dernier évènement douloureux pour l’image de l’Equipe de France. L’affaire de la sextape, qui a opposé Karim Benzema à Matthieu Valbuena en 2015, a également fait couler beaucoup d’encre.

Les médias ont de nouveau joué un rôle central dans cette affaire, l’exposant dans ses détails les plus minutieux à une opinion publique qui semblait pourtant avoir pardonné petit à petit une sélection française sur le chemin de la repentance. 

S’il apparaît difficile de critiquer l’attitude des médias français à l’égard de ces trois crises, en raison de leur gravité notamment, car cela reviendrait à remettre en question la vocation même du journalisme, à savoir informer ; le traitement médiatique qui se poursuit à l’égard des Bleus aujourd’hui apparaît quant à lui beaucoup plus contestable.

La fameuse sortie d’Anne-Sophie Lapix, qui avait déclaré en amont de la Coupe du monde 2018 qu’on allait “pouvoir regarder des millionnaires courir après un ballon”, semble bien moins fidèle au rôle des médias, et n’avait d’ailleurs pas manquer de provoquer la polémique. 

Les plus audacieux diront alors que c’est grâce à ce commentaire désobligeant que les Bleus, piqués au vif, ont  soulevé le trophée quelques semaines plus tard…

La coupe du monde 2018 : un simple arc-en-ciel temporaire ?

La quasi-totalité des auteurs qui se sont attardés sur le sujet sont catégoriques : les compétitions sportives internationales rassemblent. Le football n’y échappe pas, comme en témoigne les nombreuses scènes de liesse dans les stades, les larmes de joie – ou de tristesse – et l’anxiété qui peut se lire sur les visages de tout un peuple.

L’été 2018 a ainsi été un moment inoubliable pour la grande majorité des Français, qu’ils soient étudiants ou retraités, consommateurs réguliers ou occasionnels de football. 

De là à marquer un tournant considérable dans le rapport entre l’opinion publique et la sélection ? La réponse semble claire : oui. Cependant, il ne faut pas oublier que la réconciliation entre les Français et leur équipe a été un long processus, dont beaucoup n’envisagaient même pas la possibilité suite aux nombreux scandales qui avaient ébranlé la sélection depuis le début des années 2000. Et pourtant, l’arrivée d’une nouvelle génération, ainsi que l’organisation sur le sol national d’un Euro 2016 au dénouement tragique, jusqu’à la gloire de l’été 2018 : tout se sera fait par étapes. 

Les médias, eux, semblent pour certains ne pas avoir tourné la page, comme en témoigne ces critiques récurrentes vis-à-vis des joueurs, dont la dernière en date reste celle des journalistes de BFM TV à l’arrivée des Bleus à Clairefontaine, reprochant à ces derniers leurs habits de luxe. On assiste finalement à une forme de passation de pouvoir entre une presse jusque là considérée comme une presse d’informations, à une presse d’opinions. L’acharnement médiatique de certains journalistes accusant le sélectionneur Didier Deschamps de faire preuve de racisme au moment de ses choix en témoigne également.

Mais un autre acteur, sans doute le plus important d’ailleurs, rentre en jeu : l’opinion publique. Si les médias entretiennent effectivement cette dangereuse faculté, pour certains, à modeler à leur guise l’avis des citoyens, il semblerait que l’opinion publique accorde de moins en moins d’importance aux critiques prononcées par de nombreux journalistes à l’égard des Bleus.

Ainsi, la dernière sortie de BFM TV a profondément agacé bon nombre d’internautes, qui n’ont d’ailleurs pas manqué de s’attaquer verbalement à la chaîne d’informations, qui fait déjà l’objet de profondes exaspérations.

Hypermédiatisation et football

On touche là un enjeu central dans nos sociétés actuelles, et qui ne relève pas uniquement de la sphère footballistique. 

Aujourd’hui, la moindre information se propage à une vitesse surprenante, souvent sans avoir été vérifiée, ce qui tend donc à se rapporcher de la désinformation.

Pire, il est de coutume désormais de constamment chercher à disséquer le moindre fait, pendant des heures, ce qui contribue également à lasser une partie de l’opinion publique, dont la méfiance à l’égard des médias s’est d’ailleurs considérablement accrue ces dernières années.

Il faut dire que ces derniers ont une grande part de responsabilité dans cette fracture, la faute notamment à la propagation de fake news. Le journal L’Equipe, quasiment intouchable en France, s’est notamment vu accusé d’avoir présenté de fausses informations sur le PSG à plusieurs reprises. On se souvient, entre autres, de la rumeur diffusée par le quotidien sportif français qui affirmait qu’à l’occasion du  PSG-Real de mars 2018 au Parc des Princes, le club de la capitale aurait demandé à ce que le bus transportant les Madrilènes ne soit pas escorté.

Des défauts d’information graves, surtout quand ils proviennent du média qui détient le monopole de la presse sportive en France, et qui prolongent donc un peu plus cet enjeu de l’hypermédiatisation. 

Parallèlement, une partie de l’opinion publique a également sa responsabilité, par rapport à son comportement sur les réseaux sociaux notamment. Beaucoup ne prennent pas le temps de prendre du recul par rapport à une information qui leur est fournie, et se contentent de la partager immédiatement – souvent pour faire le buzz – sans vraiment s’intéresser à sa source. 

Un autre phénomène dangereux, et qui rejaillit beaucoup dans la sphère footballistique, est celui de l’interprétation et de la modification systématique d’une information. On assiste à une sorte de téléphone arabe entre plusieurs protagonistes qui vont chacun leur tour, et souvent inconsciemment d’ailleurs, modifier une information initiale qu’ils auraient mal comprise. 

Ainsi, après avoir assisté dans un premier temps à une forme de fracture entre l’opinion publique française et les Bleus, on semble désormais davantage tendre vers une fracture entre l’opinion publique et certains médias français, qu’un succès en Coupe du Monde n’aura donc pas suffi à effacer, bien au contraire. 

Cette crise, bien partie pour durer, est loin d’être anodine, et n’existe d’ailleurs pas exclusivement en France à l’heure actuelle.

Paul Stefani

Médias et Équipe de France : Scènes de ménages perpétuelles

Albanie – France : le remaniement technique des bleus

Pour la France, déjà qualifiée pour l’Euro 2020, l’objectif était la victoire, synonyme de première place du groupe. Pas de place à l’erreur pour le traquenard contre l’Albanie donc, qui avait déjà fait ses preuves lors du dernier euro. Et pour s’assurer la victoire, notre bon DD a innové, lui qui tient pourtant tant à son fétiche 4-2-3-1. Le résultat est là, 2-0 pour les Bleus.

La composition des Bleus

Mandanda, fidèle second de Hugo Lloris pendant de longues années, profite de la blessure du capitaine pour être titularisé, à juste titre au vue de ses performances avec l’Olympique de Marseille.

Du reste, on note de nombreux changements tactiques. L’ossature ne change pas drastiquement avec deux milieux récupérateurs et relayeurs complets (Sissoko et Tolisso) ainsi que Griezmann en 10. Deschamps fait comme toujours graviter l’équipe autour du néo-barcelonais. Néanmoins, la composition affiche tout de même de sacrés changements. Une charnière à trois (Kimpembe, Varane et Lenglet) où les trois protagonistes ne connaissent, ni au Barça, ni au Réal ni au PSG ce schéma ou encore une attaque à deux pointes Ben Yedder – Giroud. Pour finir, les latéraux Dubois et Ben Mendy se sont retrouvés propulser aux postes de pistons aux rendements très intéressants et équilibrés. Pour rappel, la rédac de La Feuille de Match avait déjà suggéré le 3-5-2, alors que Deschamps remaniait constamment son célèbre 4-2-3-1. A bon entendeur DD…

Les notes de la rédaction

Mandanda : 7. Efficace sans avoir trop de travail. La note c’est pour la forme.

Varane : 8. En mode patron, Varane n’a pas laissé d’espace et à l’instar de ses coéquipiers, il s’est bien adapté à cette charnière à trois.

Lenglet : 7. Dans l’axe, le barcelonais n’a pas eu plus de travail que ses compères. Il ne sait pas laissé allé pour autant.

Kimpembe : 8. Fidèle à ses performances actuelles au PSG, « Presko » s’est installé en mode buffle dans la défense française au point d’effrayer Manaj, littéralement.

Dubois : 8. Passeur décisif sur le but de Griezmann et très utile en défense, le lyonnais a fait l’essui glace pendant 88 minutes. Chapeau.

Sissoko : 6. Moyen, Sissoko n’était pas inspiré. Il s’est contenté du nécessaire. Il aurait été intéressant de voir Guendouzi pointer le bout de son nez…

Tolisso : 8. Un but de la tête, synonyme de la palette technique du munichois.

Mendy : 5. Pas franchement inspiré, le « Shark » à subi le contrecoup de son manque de jeu sous Guardiola et s’est montré parfois en détresse en défense.

Griezmann : 9 (en vrai 10 c’était pas immérité). Bon dans les déplacements sans ballon et toujours dans le bon tempo balle aux pieds, Grizou a été l’auteur d’une passe dé et d’un but du pied droit.

Giroud – Ben Yedder : 5. Individuellement, les deux ont été bons mais ensemble… Hormis une superbe louche de l’ancien toulousain pour Giroud les deux joueurs se sont peu trouvés et même peu cherchés. Vers un tandem d’attaque Giroud – Mbappé ? Alléchant.

Franche réussite ?

Malgré les notes de la rédaction, difficile aujourd’hui d’évaluer la performance des Bleus sur la durée. Face à l’Albanie, les Bleus ont été solides défensivement et offensivement mais à l’heure où Eden Hazard souhaite prendre sa revanche sur les hommes de Raphaël Varane, est ce que ce changement tactique est judicieux ? La réponse pourrait bien être oui. Face à l’Albanie, Griezmann a été étincelant, auteur d’un but et d’une passe dé et surtout toujours dans les temps. La charnière s’est vite adaptée et a été solide, bien soutenue par Dubois et Mendy qui couvrait tant les ailes que les rares phases défensives, où les champions du monde ressemblaient à un 5-3-2. Le milieu a été solide avec un Sissoko impliqué et un Tolisso buteur mais pas que… Ainsi il n’est pas difficile d’imaginer Mbappé prendre la place de Ben Yedder et de revoir la charnière Pogba – Kanté au milieu. Et quand bien même vous n’étiez pas convaincu par Mendy, Lucas Hernandez est pressenti pour faire son retour à l’Euro 2020. Alors… convaincu ?

Jules Arguel

Albanie – France : le remaniement technique des bleus

Challenge Cup : Premier week-end maussade pour les clubs français

Ce week end avait lieu la première journée de Challenge Cup, la petite coupe d’Europe. Et ce premier week-end n’a pas été fructueux pour les clubs français engagés.Bordeaux Bègles est sorti vainqueur face aux Wasps. Toulon et Brive ont eux gagné mais dans un match franco-français, respectivement à Bayonne et au Stade Français.

Agen 10-31 Edimbourg

Le SUA n’a jamais pu inquiéter les Ecossais. Avec de nombreux jeunes sur la feuille de match, les Agenais ont rapidement été pris à défaut par l’expérience adverse. George Taylor et Damien Hoyland ont rapidement mis leur équipe sur orbite pour mener 21-3 à la mi-temps. Masilevu a réduit la marque à la 55e pour les Agenais mais c’est Edimbourg qui a eu le dernier mot avec l’essai du bonus offensif sur la sirène du talonneur Cameron Fenton.

Le prochain match pour le SUA sera très délicat : un déplacement chez les Wasps.

Bayonne 13-20 Toulon

Drôle de match que ce Bayonne-Toulon. Après deux pénalités de Manuel Ordas, les Toulonnais se sont réveillés. Deux essais de Van Der Merwe faisaient passer les joueurs de la Rade devant. Malgré l’essai de Peyo Muscarditz, Toulon est reparti de plus belle avec deux essais de Savea et Etrillard, à cinq minutes de la fin. Match bizarre car malgré un score serré, les Toulonnais ont pris le bonus. En effet, Louis Carbonel a été très maladroit au pied, manquant ses quatres transformations. Toulon démarre donc au mieux sa campagne européenne en prenant la tête de la poule 2. Prochain match avec la réception des Scarlets.

Stade Français 11-27 Brive

Le Stade Français est malade et cela dure toujours. Malgré le changement de staff suite au départ d’Heyneke Meyer, les Parisiens ont de nouveau perdu à domicile. Ce sont les Géorgiens qui ont portés Brive avec deux essais de Lobzhanidze et Giorgadze (23e; 40e). En face, Lester Etien avait marqué pour les Parisiens (35e). Les Corréziens se sont définitivement mis à l’abri avec un essai de pénalité pour démarrer au mieux cette Challenge Cup. Pour Paris, les soucis continuent, réaction attendue samedi prochain chez face au Zebre

Dragons 31-17 Castres

Mais où était le CO en première mi-temps. En tout cas, le numéro 8 Taine Basham ne s’est pas posé la question en plantant un triplé (7e; 16e; 35e). Avec un essai supplémentaire, le trou était déjà fait à la mi-temps et le bonus déjà assuré pour les Gallois (28-10). Seul Taylor Paris et Ludovic Radosavljevic ont marqué pour les Castrais qui n’ont jamais été capables de l’emporter. La réception de Worcester pourrait être l’occasion de vraiment se lancer pour le CO.

Leicester 41-20 Pau

Bien mal en point en Premiership, les Tigers se sont offerts un bon bol d’air face à la section. Malgré deux essais de Daubagna et de Metz (26e; 67e), les Anglais l’ont largement emporté notamment grâce à un homme : Jonah Holmes. L’ailier a inscrit sa patte sur ce match comme un autre regretté Jonah a pu le faire auparavant. Un quadruplé pour Holmes a propulsé les Tigres vers la victoire. George Ford, de retour de Coupe du monde, a très bien conduit le jeu et assuré aux tirs au but. Match difficile pour la Section qui devra se reprendre avec la réception de Calvisano vendredi prochain.

Bordeaux-Bègles 40-30 Wasps

C’est la perf’ française du week-end. Face à une équipe habitué aux joutes de la Champions Cup, les hommes de Christophe Urios sont sortis victorieux avec le bonus offensif en prime. Après une première période serrée avec l’essai de Tamanivalu, les deux équipes ont offert une fin de match spectaculaire. A 19-16 à la 55e, les Wasps ont fait étalage de leur puissance avec l’essai de Cruse. Mais les Bordelais ont bien réagi avec deux essais coup sur coup de Lesgourgues et Higginbotham. Malgré l’essai de Robson, les Français se sont définitivement mis à l’abris avec l’essai du bonus de Buros. Une victoire spectaculaire mais un bon début avant un déplacement tendu à Edimbourg.

Les autres résultats : Enisei-STM 14-57 Worcester; Calvisano 16-38 Cardiff; Bristol 59-21 Zebre; Scarlets 20-16 London Irish

Kenny Ramoussin

Challenge Cup : Premier week-end maussade pour les clubs français

Castres Olympique : Un début de saison en deçà des attentes

Après le premier tiers du Top 14, le Castres Olympique est onzième du championnat. L’équipe, qui vise le top 6 en fin de saison est pour l’instant en retard sur son objectif. Les deux matches de Challenge Cup pourraient permettre de remettre l’équipe dans la bonne direction, si les résultats et la manière sont présents évidemment. 

Une défense absente, le staff déjà modifié

Ce début de saison est délicat pour le Castres Olympique. Si les résultats ne sont pas là, le plus inquiétant est encore la manière et le niveau de jeu proposés. L’arrivée du nouveau staff technique en juillet dernier, mené par Mauricio Reggiardo, a bouleversé les habitudes d’un effectif presque inchangé (seul Nakosi, Tierney, Nkinsi et Fortunel sont arrivés). 

Début juillet, le manager argentin a décidé de cibler la préparation sur le secteur offensif et de minimiser la défense, alors que c’est l’un des points forts de cette équipe depuis de nombreuses années. Un choix qui même si l’attaque est classée troisième du championnat, est entaché par les nombreux points encaissés. Le Castres Olympique étant la 13e défense du Top 14.

Pour essayer de régler tout ça, le manager a décidé de modifier l’organisation de son staff. Patrick Furet, alors en charge des avants et du secteur défensif a été amputé de cette dernière partie. La défense est revenue dans les mains de Reggiardo avant peut-être le recrutement d’un technicien spécialisé dans le domaine défensif. 

Pour remédier à cette carence, le manager du Castres Olympique a décidé d’accentuer l’aspect défensif pendant les semaines d’entraînements. Depuis la coupure internationale, les montées défensives sont notamment travaillées. Lors du dernier match à domicile face à Brive, les supporters ont pu voir une équipe bien en place défensivement et donc en confiance offensivement. Tout allé bien à la pause et le travail semblait porter ses fruits. Sauf qu’en deuxième mi-temps, le manque de confiance de l’équipe a resurgit et la défense a été mise à rude épreuve et s’est fissuré petit à petit au point d’être derrière au score à la dernière minute. Il aura fallu une faute briviste et une pénalité convertie par l’irrésistible Julien Dumora pour que le CO remporte ce match (28-26) alors qu’à la mi-temps, il y avait 13 points d’avances.

La Challenge Cup pour retrouver de la confiance

Après cette victoire cruciale du Castres Olympique en championnat permettant de ne pas s’enliser au classement, place désormais à la Coupe d’Europe et plus exactement à la Challenge Cup.

Cette compétition, la deuxième coupe européenne, ne fait pas partie des objectifs fixés par Mauricio Reggiardo. Ce dernier va alors faire tourner son effectif. Mettre au repos des joueurs qui ont déjà fait beaucoup de matches cette saison ( Hounkpatin, Kockott, Jenneker, Delaporte, Palis…) et faire jouer ceux qui sont en manque de temps de jeu. C’est notamment le cas de l’ailier canadien Taylor Paris qui a déclaré sur la radio locale 100 % : “C’est bien de faire tourner. Il y a des joueurs qui ont besoin d’un peu de repos. Et d’autres, comme moi, qui ont joué que deux ou trois matches depuis trois mois”. L’ailier de Castres poursuit en expliquant le bien que cela peut faire à tout le groupe : “ Ca va faire monter le niveau de l’équipe parce que ça fait monter le niveau de compétition entre nous”.

Les deux prochains matches vont donc servir à resserrer le groupe et à faire prendre confiance à tous les joueurs de l’équipe tarnaise. Le match à Newport va permettre aux joueurs en manque de temps de jeu de montrer qu’ils ont leurs places. Pour le match à domicile face à Worcester, l’équipe alignée devrait être plus proche de l’équipe type. Le CO va vouloir retrouver des repères collectifs et faire plaisir aux nombreux supporters du CO, avant de retrouver les joutes du Top 14. 

Damien Souille

Castres Olympique : Un début de saison en deçà des attentes

Toulouse l’emporte à Gloucester

Toulouse est donc allé s’imposer difficilement 25-20 à Gloucester en ouverture de la 25e édition de la Champions Cup. Ils reviennent d’Angleterre avec les 4 points et montrent à l’Europe du rugby que cette année encore, il faudra compter sur eux.

Longtemps, les Toulousains ont été menés sur la pelouse du Kingsholm Stadium. Pourtant avec la composition alignée par le staff d’Ugo Mola, l’objectif était clair ce vendredi soir : la victoire. Avec une ligne arrière reconduite à l’identique, avec celle qui avait battu l’ASM la semaine dernière, les toulousains venaient ici pour lancer au mieux leur campagne européenne. En face Gloucester, auteur d’un bon début de saison de l’autre côté de la Manche, s’articulait autour de la charnière Simpson-Cipriani. Les conditions étaient plutôt bonnes pour envoyer du jeu, malgré le froid.

Des toulousains longtemps tenus en échec

Envoyer du jeu, c’est ce que les rouges et noirs ont tenté de faire tout le long du match. Mais dans ce premier acte, le réalisme et l’opportunisme étaient Anglais. Alors que Holmes avait ouvert le score d’un joli drop, c’est le demi de mêlée Simpson, qui à la 10e minute, est allé inscrire le premier essai du match après une course de près de 80 mètres laissant toute la défense Toulousaine derrière lui. 7-3 les Stadistes ont pris un coup. Une dizaine de minutes plus tard, bis repetita. On prend les mêmes et on recommence. Le Stade Toulousain attaque dans les 22 adverses, le ballon tombe dans les mains de Simpson qui traversa une nouvelle fois le terrain pour aller planter le second essai des Cherry and Whites.

14-3. Comme l’impression que les rôles sont inversés ce soir. On a plus l’habitude de voir les Toulousains souffrir en défense mais s’en sortir grâce à des coups de génie, mais aujourd’hui, c’est bien Simpson qui permet à son équipe d’être largement devant au score. Les dernières 20 minutes de la première mi-temps verront les deux buteurs se faire face. Ramos répondant à Cipriani et inversement. L’ouvreur Anglais ayant plus de tentatives, notamment avec les fautes à répétition de Joe Tekori , Gloucester est devant à la pause sur le score de 20-9. Malgré la mainmise dont ils font preuve avec une possession largement en leur faveur les Toulousains se sont fait contrer deux fois par le même homme. Deux essais qui ont galvanisés les partenaires de Simpson poussés par leur public.

Un match indécis jusqu’au bout

Tauzin remplace Holmes à la mi-temps ce qui replace Ntamack à l’ouverture et Gray rentre en seconde ligne. La seconde mi-temps débute avec la même physionomie qu’en première. Les joueurs de la ville rose tiennent le ballon mais commettent des fautes dans la zone de marque. Même lorsqu’ils multiplient les temps de jeu (13) à la 50e minute, la défense de Gloucester ne rompt pas et les rouges et noirs repartent “seulement” avec 3 points. Deux pénalités durant ces 10 premières minutes permettent aux joueurs du Stade de revenir à 5 points. La rencontre est de plus en plus débridée mais les Toulousains se cassent les dents sur cette imperméable défense Anglaise. Mais cela ne pouvait pas durer 80 minutes. Après une énorme action d’environ 3 minutes et de multiples “pick and go” Sébastien bézy inscrivait le premier et seul essai stadiste du soir. Avec la transformation de Thomas Ramos, encore une fois impérial au pied, Toulouse prenait l’avantage 22-20. 

Les Cherry and Whites avaient pris un sérieux coup au moral avec cet essai encaissé. Cipriani expédie un coup de pied directement en touche, la touche est en perdition et les lancements approximatifs. Ajouter à cela que depuis la 42e minute toutes les pénalités ont été sifflés contre eux et le score augmentait en faveur des joueurs d’Ugo Mola. 25-20, il reste une dizaine de minutes à jouer. Huget était à deux doigts d’inscrire l’essai de la gagne mais le ballon lui fuya des mains. La fin de match est donc très tendu et nerveuse. Les joueurs de Gloucester ont par deux fois le ballon devant les 22 Toulousains mais commettent deux en-avants. On se dit alors que le match a tourné en faveur des Stadistes. Mais l’arbitre décidait de les sanctionner et offrait une dernière possibilité de victoire aux Cherry and Whites. Mais le ballon fut volé par Elstadt sur la touche, lui qui a réalisé un énorme match et élu homme du match. Un grand ouf de soulagement côté français. Ils remportent donc ce match au terme d’un match un peu fou et prennent un excellent départ dans cette compétition.

Elstadt, Ntamack en 10 et le banc ont fait du bien

Rynhardt Elstadt a été tout simplement monstrueux sur cette rencontre et pendant les 80 minutes. Élu homme du match, le troisième-ligne Sud-Africain a livré une partition quasiment parfait, omniprésent dans tous les secteurs de jeu, de trés nombreux plaquages offensifs, des récupérations de balle importantes et un apport offensif. il a surtout récupérer des ballons en touche qui font gagner le match aux hommes d’Ugo Mola. Toujours dans l’avancée, il est désormais l’une des pièces maîtresses du jeu toulousain. Mais avec le jeu produit en première mi-temps, Ugo Mola n’a pas attendu longtemps pour changer son équipe. A la pause, repositionnement d’Ntamack à l’ouverture avec la sortie de Holmes jugé insatisfaisant et sortie de Verhaeghe largement en-dessous ce soir. Ntamack a sans cesse dynamité le jeu Toulousain, tant par ses crochets qui font de plus en plus mal à ses adversaires que par sa faculté à distribuer le jeu au large. Combiné à cela des entrants qui ont fait avancer les rouges et noirs à l’image de Placines et Tolofua. Les Toulousains sont passés devant pour ne plus jamais lâcher le score. Le retour de Mauvaka est également une excellente nouvelle. Avec eux le Stade Toulousain a infligé un 16-0 en seconde période. Romain Ntamack prend de l’épaisseur de match en match. Reste à savoir à quel poste le préfère le staff Toulousain, lui qui séduit partout sur le terrain. Les toulousains auront besoin de lui à ce niveau là pour tenter d’aller loin dans cette Champions Cup, qu’ils ont débuté de la plus belle des manières.

Yohan Lemaire

Toulouse l’emporte à Gloucester