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L’évidence Rapinoe

34 ans, des cheveux roses, 6 buts lors de la dernière Coupe du Monde… Megan Rapinoe a été désignée ce lundi Ballon d’Or féminin 2019, succédant ainsi à Ada Hegerberg. Logique, pour nombre de spécialistes. Couru d’avance, pour ceux qui y voient un prix politique. Et si la réalité était entre les deux ?

Malgré un beau plateau, l’issue de cette seconde édition du Ballon d’Or féminin laissait entrevoir moins de suspense que chez les hommes. Difficile en effet d’imaginer Ada Hegerberg faire le doublé après avoir séché la Coupe du Monde en France. Et malgré un parcours (trop ?) parfait en club, les Françaises Amandine Henry et Wendie Renard n’ont pas su tenir leur rang cet été. Enfin, parmi les autres concurrentes, qui pouvait faire valoir un talent vraiment supérieur à celui de l’icône de l’année ?

Une récompense incontestable

Co-meilleure buteuse de la Coupe du Monde, meilleure joueuse de la compétition, MVP de la finale… Megan Rapinoe a vécu un mois de rêve en France, prolongé par le prix The Best FIFA en septembre. Sur le terrain, avec son équipe nationale, l’Américaine a dicté le jeu, offert du spectacle et montré une grande intelligence ainsi que de véritables qualités techniques. Reconnue aux Etats-Unis comme l’une des meilleurs joueuses de l’histoire, celle qui compte déjà 160 sélections pour trois titres mondiaux (2 Coupes du Monde et une médaille d’or olympique) a pourtant vécu une saison galère en club, avec seulement 6 matchs joués sur 25. De quoi faire tiquer les supporters lyonnais, mais pas les 43 journalistes membres du jury, qui l’ont tous placé au moins dans le Top 5. Mieux, 34 l’ont directement placée sur la première marche du podium. 230 points à 96 pour sa première dauphine, Lucy Bronze. Comme sur la pelouse du Groupama Stadium, Rapinoe n’a jamais vraiment eu d’adversaire à son niveau dans ce vote.

Difficile pourtant de dire qu’elle doit son trophée à sa seule Coupe du Monde. Mais l’ampleur de sa victoire, comme le classement des joueuses qui la suivent, révèle bien un tropisme dans la vision du football féminin qu’ont les observateurs. D’une part, l’exposition médiatique du Mondial est incontestable, quand on voit les places des Françaises Renard (6e), Henry (11e) et Bouhaddi (dernière avec 0 point), mais aussi celle de la Danoise Pernille Harder, deuxième en 2018 et tombée à la 14e place. Celles qui sont passées au travers cet été en ont subi les conséquences. A l’inverse, Rapinoe a gagné 200 points et 8 places, Alex Morgan se place sur le podium et Rose Lavelle, révélation de la compétition, intègre le Top 10.

D’autre part, les observateurs ont encore beaucoup de mal à évaluer le véritable niveau des compétitions, en particulier celui de la Ligue américaine par rapport aux compétitions européennes. Malgré un triplé domestique et une énième Ligue des Champions, les Lyonnaises ne valent pas l’équipe nationale des Etats-Unis, même si Lucy Bronze se classe deuxième (avec une belle Coupe du Monde). Et la FA Women’s Super League, un championnat réputé pour sa consistance (tous les clubs sont professionnels, la lutte pour le titre concerne environ 6 équipes) ne place que deux représentantes dans le Top 10. Hegerberg, lauréate l’an passé, fait figure d’exception. Malgré sa grève estivale, l’attaquante se classe 4e. Impossible de la faire figurer sur le podium, mais elle a mené l’attaque lyonnaise à tous ses succès et reste, par sa récompense passée, une figure historique. Un aspect déterminant dans ce Ballon d’Or féminin.

Une icône nécessaire

D’une footballeuse engagée à l’autre. Ce Ballon d’Or féminin semble ne pas simplement récompenser la meilleure joueuse de l’année, mais aussi celle qui fait le plus avancer la cause du football féminin. Déjà bien connue pour son engagement outre-Atlantique, celle qui posa un genou à terre en soutien à Colin Kaepernick est devenue, en un été, une icône mondiale du girl power et de la lutte contre les discriminations de genre. Ouvertement lesbienne, en première ligne pour dénoncer la politique de Donald Trump, Megan Rapinoe ne concède rien, réclame, s’engage. Si Hegerberg a planté son équipe nationale pour protester contre la différence de traitement entre hommes et femmes par sa Fédération, l’Américaine a carrément foutu la sienne devant les tribunaux, avec l’appui de bon nombre de ses coéquipières.

Une fougue qui n’existe chez aucune Française. Pas de combat, pas de revendication, tout juste un mot ou une story Instagram pour le livre de Melissa Plaza. Rapinoe, dans France Football, revient sur son passage à l’Olympique Lyonnais en 2013, et regrette qu’aucune joueuse française n’ait fait son coming-out, allant même jusqu’à estimer que cela pourrait “les libérer sur le terrain”. La discrétion des Françaises, leur soumission au discours de la Fédération, leur absence de revendication, explique leur faible reconnaissance à l’international et donc leur classement au Ballon d’Or. Malgré leur popularité nationale, difficile d’en faire des icônes qui défendent haut et fort le droit des filles à jouer au foot. Or, pour continuer son oeuvre de légitimation, le football féminin a besoin d’une leader charismatique comme Megan Rapinoe.

Unanimement récompensée pour ses performances chaque fois qu’elle a joué cette saison, objectivement meilleure joueuse de la plus grande compétition internationale cet été, l’Américaine fait donc un Ballon d’Or logique et qui sert la cause de son sport. Un nouveau coup de projecteur sur le football féminin, pour montrer que les filles aussi ont du talent.

Xavier Regnier

L’évidence Rapinoe

DAZN, le « Netflix du sport »

Imaginez un monde plus simple. Exit Canal+, BeIn Sports, RMC et toutes les offres qu’il faut empiler pour suivre le foot européen, place à DAZN. Pour dix euros par mois, à vous les compétitions européennes, les championnats nationaux, les rencontres internationales et même la NBA. Vous en rêviez ? Simon Denyer l’a fait. Du moins pour ceux qui n’habitent pas en France. Pendant que l’Espagne et l’Italie font leurs premiers pas dans le visionnage de match en streaming légal, le supporter français se bat avec ses abonnements parfois très coûteux. Et même si des petits malins parviennent à contourner les règles, la majorité attend impatiemment que le service de streaming ne les délivre du joug des chaînes câblées. 

La belle histoire débute en août 2016. Le Japon, la Suisse et l’Allemagne sont les premiers à découvrir DAZN (prononcez « Da Zone »). Pour 9,99 euros par mois, les abonnés peuvent visionner à peu près tout ce qu’il est possible de regarder en terme de sport. Plus tard, ce seront les Etats-Unis et le Brésil qui attraperont le virus du streaming sportif. Pas forcément mordu de soccer, les habitants du pays de l’Oncle Sam profitent néanmoins du football américain et du baseball. Et c’est là que le service trouve sa force. Si l’on parle beaucoup d’ubérisation de la société, le modèle Netflix se développe aussi très rapidement. Avec une multitude de contenus à proposer, allant de la pêche jusqu’au cricket, le nombre de clients potentiels est immense. De quoi assurer un avenir prometteur à la plateforme

La myriade de compétitions sportives proposées par DAZN (crédits photo : Quadro)

L’autre force de DAZN, c’est sa faculté à combattre les anciens modèles de diffusion. Outre-Atlantique, c’est le modèle du pay-per-view qui s’apprête à être balayé. Très utilisé pour les grands rendez-vous sportifs, à l’instar des matchs de boxe ou des shows annuels de catch, les prix dépassent la raison. Le très mal nommé « combat du siècle » opposant Floyd Mayweather et Conor McGregor, n’était accessible que contre la somme de cent dollars. Cent dollars pour regarder un match de boxe à la télévision… Pourtant, en 2017, le « MoneyFight » a rapporté près de 700 millions de dollars à ses organisateurs. Comme quoi, quand on a pas le choix… DAZN négocie assez facilement des accords régionaux et ciblent ainsi rapidement une clientèle précise. A son lancement en Italie, les statistiques montrent que le nombre d’inscriptions explose trente minutes avant le début du coup d’envoi. De même, juste avant le derby de la Madonnina, près de 30 000 personnes avaient adhéré au service. 

Et même si la plateforme est relativement jeune, elle est arrivée sur le marché avec de solides arguments. DAZN appartient à Acces Industries, qui détient notamment Warner Music et Deezer. Géant de l’industrie de l’aluminium, ce groupe fondé par l’américano-britannique d’origine ukrainienne Leonard Blavatnik en 1986 et possède des branches dans diverses domaines tels que l’immobilier, la technologie ou encore les télécommunications. En 2013, il rachète Perform, qui détient notamment le groupe OptaSports. Dès lors, Blavatnik a un pied dans le monde du sport et a accès à des millions de statistiques, basées majoritairement sur les paris sportifs. Trois ans plus tard, quand il confie les rênes de son nouveau bébé à Simon Denyer, ce dernier choisit d’appliquer cette même politique des chiffres. Pour aller chercher sa clientèle, il faut savoir la cibler. Grâce à des algorithmes complexes, la plateforme DAZN met en avant un contenu précis à un moment précis pour toucher le client et augmenter ses chances d’avoir un nouvel abonné. 

En France, DAZN n'est pas à l'ordre du jour

Avant toute chose, il faut rappeler que DAZN s’est lancé dans des pays où le marché était relativement ouvert. En France, c’est l’exact opposé. Trois géants se partagent la diffusion du football. Canal+ et Beinsports ont le championnat français, le premier diffuse les deux ou trois « meilleurs » affiches et le second se contente du reste. Néanmoins, chacun a sa spécificité. Canal+ propose également du rugby et de la course automobile quand Beinsports met à disposition de ses abonnés la plupart des championnats européens excepté la Premier League. De son côté, RMC diffuse la Ligue des Champions et la Ligue Europa ainsi que le championnat anglais donc. Et parce que ça ne pouvait pas être assez compliqué comme ça, un quatrième larron est récemment venu se mêler à la danse.

Récapitulatif des diffuseurs pour la saison 2018/2019 (crédits photo : Le Figaro)

Son nom ? Mediapro. Inconnu en France, il cartonne pourtant en Espagne où il diffuse la Liga et la Coupe du Roi, et même la Ligue des Champions jusqu’en 2018. Il détient également 50% de la filiale espagnole de Beinsports, de quoi garantir sa suprématie au pays de Cervantes. En France, Mediapro diffusera la Ligue 1 et la Ligue 2 sur la période 2020/2024. A la manière de Canal+, le service proposera la majorité des affiches de Ligue 1 dont bien évidemment les plus alléchantes. Loin de s’arrêter en si bon chemin, le groupe aura tenté de rafler les droits de la Ligue des Champions en vain

Et DAZN dans l’histoire ? L’affaire s’annonce compliquée, et aussi très longue. Si depuis vendredi dernier, il est impossible pour la plateforme d’assurer la diffusion des compétitions européennes en France, la Ligue 1 reste encore jouable. En effet, Mediapro a moins d’un an pour trouver une chaîne, des locaux et une équipe de journalistes. Et rien n’interdit au groupe de revendre des parcelles de diffusion. En définitive, rien n’est acquis et la diffusion du football en France devrait rester morcelée encore quelques années. Au plus grand damne des amateurs de ballon rond et de leur porte-monnaie. DAZN poursuit néanmoins sa progression à l’étranger et attend sûrement une bonne opportunité pour s’implanter durablement dans le paysage audiovisuel français.

Hugo Martin

DAZN, le « Netflix du sport »

Pourquoi la Premier League est si attractive ?

Le championnat anglais est réputé pour son niveau de jeu très élevé. La lutte pour le sacre y est acharnée. Tout fan de foot qui se respecte ne peut que prendre du plaisir face aux joutes anglaises du week-end. Mais quelles sont les raisons du succès de la Premier League, de sa pérennité au plus haut niveau et de ses spécificités comparé aux autres grands championnats ?

Les équipes

La Premier League est sans conteste le championnat où le fossé entre les équipes est le moins profond. On parle de « Big Six » en désignant les six favoris à la victoire finale en championnat. Comme l’observe José Mourinho, il n’y a pas vraiment de nette domination d’une seule équipe à l’image d’un PSG, Juventus ou Bayern dans leurs championnats respectifs. Même si il y a des tendances sur trois ou quatre ans. Aucun match n’est joué d’avance et chaque rencontre est une véritable bataille. Une équipe de bas de tableau a toutes ses chances contre une équipe qui joue les premiers rôles. Le trophée de Premier League a ainsi plus de valeur que ceux des championnats pliés en mars. Certaines équipes réservent aussi parfois de belles surprises. À l’image du sacre aussi inattendu que spectaculaire en 2015-2016 de Leicester.

La culture foot

David Beckham disait, à propos des anglais : « We have a lot of passion ; football is something which runs through our veins » (“nous avons beaucoup de passions, le football coule dans nos veines”). En effet l’engouement pour le sport qu’ils ont inventé se répercute sur l’attractivité du championnat d’outre Manche. Les stades sont immenses, avec une capacité moyenne de 37000 places. Le taux de remplissage y est élevé ce qui permet une ambiance toujours au beau fixe. Ces facteurs attirent les investisseurs. Les droits télés s’élèvent à plus de trois milliards d’euros répartis entre les 20 clubs. Ceci permet de dépenser des sommes colossale sur le marché des transferts, attirer des tops joueurs et donc rehausser le niveau sportif. Le championnat britannique propose aussi un grand nombre de derbys, ce qui augment le niveau d’implication d’un supporter. De plus la tradition oblige la tenue du « boxing day » : un jour de match le 26 décembre pendant que les autres championnats sont en trêves hivernale. Généralement ce sont des derbys qui se tiennent pour éviter de trop longs déplacements aux joueurs. Cet événement représente la quintessence de la passion anglaise pour le ballon rond. 

Tout pour le jeu

Un aspect moins évident mais qui participe à rendre unique ce championnat : la volonté de faire ressentir au spectateur l’essence du jeu. Cela se traduit sur le terrain mais aussi par la retransmission télé. En effet, sur le terrain on remarque que l’arbitre s’efface le plus possible derrière le jeu. L’homme en noir est plus laxiste sur certaines fautes et ne donne pas de coup de sifflets quand la faute est incontestable, un simple signal verbal suffit. Les bords de terrains derrière les cages sont toujours épurés et pas pollués de publicités. Cela pour sublimer la beauté des actions, du but. L’habillage visuel doit être propre. En dehors des stades, c’est à la télé que les matchs anglais sont suivis. Les commentateurs, eux aussi, laissent la place au jeu. Ils ne tentent pas de meubler à tout prix et n’apportent que de courtes analyses et des éclairages. Ils laissent l’ambiance du stade faire le travail d’immersion. Le silence est d’or et les commentateurs préfèrent laisser le jeu s’exprimer. De plus la réalisation est épurée. Les plans larges sont favorisés pour une meilleur observation et analyse des actions pour les téléspectateurs. Cela va même jusqu’aux pelouses. Taillées pour favoriser un football rapide et offensif, ces billards sont aussi très agréables à regarder à l’écran. Tant de détails qui participent à l’immersion du spectateur, comme s’il était en tribune latérale.

Un peu de nuance

La Premier League est crédible pour le titre de meilleur championnat pour toutes les raisons évoquées mais elle contient aussi quelques faiblesses et points négatifs. La prolifération de buts s’explique aussi par la faiblesse des défenses. L’écart commence à se creuser entre les très grosses écuries et les équipes plus modestes. L’écart se traduit financièrement, dans le jeu, au niveau tactique et donc dans le niveau de suspens ou de qualité de la compétition. De l’argent un peu gaspillé sur certains transferts comme ceux de joueurs anglais trop souvent surcôtés. Une formation anglaise très faible et à revoir. Des clubs de légende en perdition. Et enfin les tarifs pour aller au stade ne cessent d’augmenter et cela peut avoir des retombées négatives sur l’affluence et l’ambiance des stades. Mais ces facteurs ne font qu’à peine ébréché le monument qu’est la Premier League dans le paysage footballistique.

Eliot Poudensan

Pourquoi la Premier League est si attractive ?

Atlético Madrid – FC Barcelone : un choc au sommet

Cette rencontre est depuis plusieurs années un des chocs les plus importants du
championnat espagnol. Ce dimanche 1er Décembre, le retour d’Antoine Griezmann au
Wanda Métropolitano de Madrid, donne une dimension supérieure à ce match.

Cette journée de Liga est très importante pour la suite de la saison, puisqu’elle voit s’affronter deux favoris pour le titre. En cas de victoire du FC Barcelone, les catalans possèderont 6 points d’avance sur leurs adversaires du soir. A contrario, dans la situation inverse, les deux formations seront à égalité, à 28 unités.
Les deux équipes se retrouvent au Wanda Métropolitano avec un effectif décimé à disposition. Ceci est d’autant plus véridique pour les visiteurs qui se verront privés de Nelson Semedo, Jordi Alba, Sergio Busquets, Ousmane Dembélé, ainsi que Jean-Clair Todibo. Cependant, Ernesto Valverde pourra compter sur Gérard Piqué, qui était suspendu lors du match de Ligue des Champions face à Dortmund. Quant à l’Atlético Madrid, José Maria Giménez, Diego Costa, Stefan Savic, et Sime Vrsaljko seront absents pour cette rencontre.

Des formes opposées

L’équipe visiteuse est dans une forme rayonnante, puisque celle-ci enchaîne un grand nombre de victoires en ce mois de Novembre. Sur ses 4 dernières rencontres le FC Barcelone en a remporté 3 et a concédé un match nul. La dernière en date a eu lieu ce mercredi 27 Novembre face au Borussia Dortmund en Ligue des champions, sur le score de 3 buts à 1. Lors de ce match, chaque membre du trio d’attaquant (Messi-Suarez-Griezmann) a marqué. Ceux-ci ont donc prouvés qu’ils étaient en capacité de performer ensemble.
A contrario, l’Atletico Madrid est dans une situation plus délicate malgré leur 5ème place au classement. En effet, sur leur 6 derniers matchs, les madrilènes n’ont remportés les 3 points qu’à une seule reprise face à l’Espanyol Barcelone. En ligue des Champions, leur rencontre de ce mardi face à la Juventus s’est soldée par une défaite 1-0. Cependant, les madrilènes ont des motifs d’espoir, puisque les hommes de Simeone restent sur 2 victoires d’affilées dans leur stade du Wanda Metropolitano.

Antoine Griezmann « vuelve a Madrid »

Après divers rebondissement, Antoine Griezmann s’est officiellement engagé pour le club catalan le 12 Juillet dernier. Ce transfert d’une valeur de 120 Millions d’Euros a suscité de très nombreuses réactions négatives dans son ancien club madrilène. Celui-ci a notamment porté plainte contre le FCB car les Colchoneros estiment que le Barça n’a pas payé l’entièreté de la clause libératoire prévue dans l’accord initial. La commission des compétitions espagnoles a tranché et a sanctionné la nouvelle formation du français a une amende dérisoire de … 300 euros.
Il se pourrait donc que les supporters madrilènes réservent un accueil houleux à l’attaquant tricolore. Certaines personnalités du football pensent en effet cela. Ceci est le cas de Radomir Antic, ancien entraîneur des deux formations, qui a déclaré : « Je suis sûr qu’il y aura des sifflets à son encontre. Si certains l’ont sifflé l’année dernière, imaginez désormais… ». Le coach Colchonéros actuel, Diego Simeone a quant à lui décidé de ne pas s’étaler sur le sujet : « Je ne vais pas parler de Griezmann parce qu’il joue pour une autre équipe. Ce que les gens vont faire c’est leur décision, je ne peux pas me mettre dans leur tête. Entre Griezmann et l’Atletico, qui manque le plus à l’autre ? Je répète la même chose, l’histoire et les statistiques parlent d’elles-mêmes et je n’ai rien à ajouter. »

Reste donc à voir, si le Wanda Métropolitano aura pour objectif de fêter ce choc, ou bien de faire comprendre à leur ancien joueur que ce transfert est une trahison.

Mathis Fessard

Atlético Madrid – FC Barcelone : un choc au sommet

Večiti derbi, un derby en tribunes

C’est le match le plus attendu pour les supporters serbes et pour les amateurs du monde des tribunes en général. Depuis maintenant plus de soixante ans, les deux clubs de la capitale serbe s’affrontent lors du « derby éternel ». 

Passée successivement de la Yougoslavie à la Serbie-Monténégro avant de devenir totalement indépendante en 2006, la Serbie est un pays où le football est roi. Les deux équipes de la capitale, Belgrade, le Partizan et l’Etoile Rouge, sont les plus populaires de Serbie. Elles s’affrontent chaque année depuis 1947 dans le cadre du Večiti Derbi, le derby éternel, souvent pour les premières places du championnat.

Dans l’Europe de l’Est d’après-guerre, football rime comme souvent avec politique. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les deux formations voient le jour à quelques mois d’intervalle. D’un côté, l’Etoile Rouge de Belgrade, Crvena Zevzda, fondée le 4 mars 1945, c’est le club antifasciste représentant du Parti communiste. De l’autre, le club de l’armée Yougoslave, le Partizan Belgrade crée le 4 octobre 1945. Les oppositions entre les deux équipes tournent rapidement à la confrontation. Le duel est alors important entre le ministère de la Défense et celui de l’Intérieur. Aujourd’hui,  nous sommes loin de la réalité de l’époque, du moins en tribunes où malgré la rivalité sportive, les deux virages les plus chauds de Belgrade sont très proches politiquement dû à leur proximité avec l’extrême droite. En attestent les nombreuses amitiés des deux principaux groupes de supporters en Europe, avec un petit clin d’œil du destin : Le Spartak Moscou pour l’Etoile Rouge et le CSKA Moscou pour le Partizan.

Le premier match entre les deux clubs se déroule en  1947 avec une victoire 4-3 pour l’Etoile Rouge, cependant cette victoire n’empêche pas le Partizan de remporter le championnat cette année-là. Il faut attendre le 27 avril 1947 pour que les Noir et Blanc ne remportent leur premier derby. Et la Yougoslavie est un vivier de talents avec des joueurs tels que Marko Valok ou Bora Kostic. La rivalité sportive monte d’un cran à Belgrade lors du démantèlement de la Yougoslavie et la création du championnat de Croatie dans lequel le Dinamo Zagreb et l’Hajduk Split joueront désormais. Les deux équipes de Belgrade se disputent alors la suprématie nationale. Avantage Etoile Rouge dans l’histoire, mais avantage Partizan depuis que la Serbie est indépendante.

Un duel en tribunes

« Une semaine avant le derby,  on sent une atmosphère particulière, la pression monte dès le lundi. C’est un grand match dans une ambiance magnifique. » cite Milan Bisevac, l’ancien joueur lyonnais. Sur le terrain, le match a perdu son lustre. Les supporters des deux clubs donnent de la voix et se livrent à un concours de romantisme. Ce à  quoi les fidèles adverses répondentLes Delije (« vaillant » en français) pour l’Etoile et les Grobari (fossoyeur) pour le Partizan sont les principaux groupes de supporters qui ne manquent pas d’imagination pour mettre le feu au stade. À noter que les Delije sont malgré eux responsables du surnom (Grobari) de leurs rivaux. En effet,  le pseudonyme que portent fièrement les fans du Partizan provient des couleurs (noir et blanc) du club que les employés des pompes funèbres portaient. Du côté du Red, les relations avec le club restent cordiales. « Nos relations avec les Delije sont bonnes dans le sens où nous aimons le club autant qu’eux. Et nous sommes fiers de leurs animations. Lorsqu’il y a des incidents où certains ultras sont concernés, nous faisons notre possible pour que les autorités policières visent à punir les individus impliqués, et non les associations de supporters ou l’institution même de l’Étoile Rouge », confiaient Marko Nikolovski le responsable des relations publiques et Stefan Pantovi le secrétaire général du club à nos confrères de So Foot. 

Autre source de conflit dans les tribunes, le parcours des deux géants serbes dans les compétitions européennes. Les supporters du Partizan se sont longtemps vantés d’être le seul club serbe à avoir atteint une finale de la Coupe des clubs champions, en 1966. Cependant, ce succès prend fin lorsque l’Etoile Rouge remporte « la Coupe aux grandes oreilles » en 1991 face à l’Olympique de Marseille de Jean-Pierre Papin. La même année les Rouge et Blanc soulèvent la Coupe intercontinentale, opposant les vainqueurs de Coupe des clubs et de la Copa Libertadores, face aux Chiliens de Colo Colo.

Cependant, le derby de Belgrade est souvent entaché de violents affrontements entre hooligans. En septembre 1989, la fin du match sifflé, les supporters du Partizan envahissent le terrain et l’après-match se solde par des heurts dans le centre-ville provoquant 17 blessés du côté de la police pour seulement sept arrestations.

La plupart du temps, ce match détermine le vainqueur de la SuperLiga. Au-delà du football, les travées du stade tremblent toujours quand les fidèles des deux équipes encourageront leurs équipes.

Elioth Salmon

Večiti derbi, un derby en tribunes