Tribune libre

Faut-il annuler France-Turquie ?

Lors de leur victoire contre l’Albanie vendredi soir (1-0), les joueurs turcs se sont signalés en effectuant un salut militaire, alors même que la Turquie a lancé une offensive contre des positions kurdes en Syrie. Un geste de plus qui brise la neutralité du sport.

Il n’en fallait pas plus à Jean-Christophe Lagarde, député UDI et président du groupe d’études sur les Kurdes à l’Assemblée nationale, pour demander l’annulation du match entre la France et la Turquie. Franchissant ainsi lui-même cette frontière entre le sport et la politique.

Sport et diplomatie

Sa demande, du point de vue des instances sportives, est infondée car elle repose sur une assimilation entre le gouvernement turc et l’équipe nationale de football de Turquie. Cette dernière est gérée par la Fédération turque de football, instance indépendante (et l’UEFA comme la FIFA sont particulièrement vigilants à ce sujet). L’acte des joueurs sur le terrain face à l’Albanie est probablement un geste politique, mais il reste, malgré sa répercussion médiatique publique, un acte privé, personnel, qui sera d’ailleurs examiné par l’UEFA. Les joueurs et la fédération pourront être punis ; cela reste une affaire entre la fédération turque et l’organisation européenne, pour la violation d’un règlement interne au monde du sport.

Annuler France-Turquie, c’est un acte diplomatique (et donc politique) fort qui utilise le sport comme moyen de pression. La dimension sportive de l’évènement (sans même parler de son enjeu, à savoir une qualification pour l’Euro 2020) serait niée par l’importance politique qu’on lui accorderait alors. La vraie frontière entre sport et politique se situe là, à considérer que l’équipe turque représente l’armée turque et à tomber dans le jeu de la condamnation de l’expression de leur nationalisme.

Le sport peut-il être apolitique ?

Il ne faut toutefois pas être naïf, ni réagir en vierge effarouchée, considérant que M. Lagarde s’en prend au sport, et qui plus est à une Équipe de France en passe de se qualifier pour une grande compétition. Ni de s’offusquer, par corporatisme, que des organisations humanistes s’engouffrent dans la brèche. Les rencontres sportives sont déjà des événements diplomatiques : les Jeux Olympiques servent d’étalon dans la rivalité entre les Etats-Unis et l’URSS puis la Russie depuis 1952, et personne ne condamne l’aspect politique du match qui se jouera mardi entre les deux Corées puisque cette rencontre va dans le sens de l’apaisement. Deux exemples qui montrent bien l’illusion d’une “neutralité du sport”, comme si le stade était un monde à part, séparé de son contexte.

Ce doux rêve s’est éteint depuis longtemps. Jesse Owens à Berlin, puis Tommie Smith à Mexico, ont été le visage de retours à la réalité douloureux, cruels, percutants, indignants et indignés. Il faut aussi songer, pêle-mêle, aux poteaux cerclés de noir au Mondial argentin, au Mondial de rugby remporté par des Springboks enfin arc-en-ciel, au Tibet en 2008, au championnat égyptien arrêté après les manifestations de la place Tahrir ou, pour en revenir à la Turquie, à la place Taksim et aux ultras du Besiktas. Le sport est un miroir de nos sociétés, et reflète ainsi toutes ses tensions politiques et sociales.

Prise de pouvoir ou perte de conscience

Cette prise de conscience s’accompagne d’une responsabilité : si le sport est indissociable de son contexte, il ne doit pas en devenir l’instrument. Tous les acteurs du monde du sport (dirigeants, athlètes mais aussi médias) doivent oeuvrer et veiller à la neutralité du sport, éclairée différemment. Neutre ne veut pas dire amorphe, en retrait, fermé sur soi, ballotté par les flots de la politique internationale mais surtout sans y toucher. La neutralité peut être résistance, refus d’abdiquer face aux logiques économiques et impérialistes des grandes puissances. 

La neutralité, c’est refuser qu’un pays achète l’organisation d’un championnat du monde d’athlétisme, d’une Coupe du Monde de football et peut-être bientôt de Jeux Olympiques pour s’en servir de vitrine diplomatique, alors même que les droits de l’homme y sont bafoués, que tout dans cette organisation va à l’encontre des urgences climatiques que l’on connaît et que les conditions pour le bon déroulement sportif de l’événement ne sont pas réunies. Refuser en somme que le sport soit utilisé pour servir un dessein politique.

Mais ce n’est pas annuler une rencontre régie par une instance qui a pris ses dispositions pour punir les auteurs d’un acte politique. Ce n’est pas refuser de recevoir une équipe qui représente son pays mais pas son gouvernement, encore moins son armée. Ce n’est pas refuser le dialogue, alors même que l’ambassadeur de Turquie a appelé à l’apaisement. Ce n’est pas faire rejaillir la situation en Syrie sur un terrain de football. Ce n’est pas mettre les Turcs en position de victimes et invisibiliser les Kurdes alors que le match peut être l’occasion de sensibiliser les spectateurs sur ce sujet. Ce n’est pas prendre parti dans un conflit qui n’a rien à voir avec le sport.

Retour à la raison

En 1968, après le tollé qui avait suivi le podium de Tommie Smith et John Carlos, d’autres athlètes noirs-américains manifestaient pour leurs droits, d’une façon jugée beaucoup moins agressive et défiante. Jacques Godet, fondateur du journal L’Equipe et très remonté contre le podium du 200m, s’en trouvait plus enclin à soutenir leur cause, et se montrait “ravi que la raison sportive ait repris sa place”. Laissons à nouveau cette raison reprendre sa place. Jouons le match. Traitons de l’offensive turque ailleurs, sauf si elle a lieu sur les cages de Mandanda.

Xavier Regnier

Faut-il annuler France-Turquie ?

La Liga Iberdrola, nouvelle locomotive du foot féminin ?

Peu en vue sur la scène européenne malgré la percée du FC Barcelone, le football féminin espagnol vient de connaître plusieurs succès. Populaire d’abord, avec un record d’affluence lors du match de championnat au Wanda Metropolitano entre l’Atlético et le Barça en mars dernier. Sportif ensuite, avec une bonne Coupe du Monde, où la Rojita est tombée sans rougir face aux Américaines en huitièmes de finale.

Créé en 1983, le championnat espagnol est d’abord une affaire de clubs basques, quelques fois concurrencé par Madrid et Barcelone. Les premières sections féminines de clubs professionnels à performer sont l’Atlético, l’Espanyol et le FC Barcelone, au tournant des années 1990. Mais les clubs les plus titrés d’alors sont aujourd’hui disparus : Oroquieta Villaverde Madrid et Anorga Kirol KE Guipuzcoa. La province basque compte un autre poids lourd avec Oiartzun KKE Guipuzcoa.

Prise de pouvoir des clubs professionnels

Comme ailleurs, le foot féminin se structure dans les années 2000, avec un nombre croissant de clubs professionnels se dotant d’une équipe féminine. Levante s’en dote dès la fin des années 1990 et remporte le championnat en 2001 et 2002, mais la domination basque se confirme avec les trois titres remportés par l’Athletic Bilbao de 2003 à 2005. Sans pouvoir parler d’un football féminin professionnel, il devient compliqué pour les clubs indépendants de finir sur le podium. La deuxième place du CE Sabadel en 2004 apparaît ainsi comme le chant du cygne des structures entièrement féminines, au moment où le CF Irex Puebla, un titre et trois podiums entre 1999 et 2003, décline.

Aujourd’hui, sur les seize clubs de l’élite, seuls quatre (si l’on compte que le CD Tacon est déjà administré par le Real Madrid) ne sont pas adossés à des structures professionnelles masculines : Logrono, Madrid CFF, Granadilla et Huelva. Le championnat est d’ailleurs géré, indirectement, par la Liga masculine, bien que la fédération ait manifesté son intention de reprendre la main. Le football féminin espagnol se structure, rattrape son retard et la fédération ne veut pas risquer de créer un fossé entre son championnat et la sélection, en particulier dans la formation. Pays imprégné de culture tactique, l’Espagne entend progresser par le partage d’une identité de jeu commune et une professionnalisation maîtrisée. Or, avec les clubs comme seuls gestionnaires, on voit des joueuses étrangères arriver, les premières inégalités salariales se creuser.

Une attractivité renforcée

Depuis 2011, quand il est redevenu “Primera Division”, le championnat se dispute principalement entre le FC Barcelone, l’Atlético Madrid et l’Athletic Bilbao (21 podiums cumulés sur 24 possibles), malgré un changement d’hégémonie. Après quatre titres d’affilé entre 2012 et 2015, le FC Barcelone a laissé le titre les quatre saisons suivantes, à Bilbao puis trois fois à Madrid. Mais le club catalan n’est pas l’un des plus grands clubs du monde pour rien : en progression constante durant ses huit participations à la Ligue des Champions, jusqu’à se hisser en finale la saison dernière. Il attire les meilleures joueuses du monde, en témoigne la récente déclaration de Megan Rapinoe, qui souhaite y terminer sa carrière. La section féminine profite aussi de l’investissement des dirigeants : dans le nouveau complexe barcelonais, l’équipe féminine jouera dans le stade Johan Cruyff de 6000 places. Loin du record de sa rencontre contre l’Atlético en mars mais plus adapté au quotidien du championnat, ce stade, qui sera aussi occupé par l’équipe réserve, reste néanmoins une infrastructure exceptionnelle pensée pour le développement du foot féminin. Cette saison, le Barça veut tout rafler, et ses adversaires ont déjà subi sa loi : le “premier Classico” contre le futur Real Madrid a été remporté 9-1, et les Catalanes n’ont pas fait plus de détails dans le choc contre l’Atlético avec une victoire 6-1.

Malgré cette lourde défaite, les matelassières ont l’ambition de réaliser une saison semblable à la précédente, avec l’idée de remporter la Coupe de la Reine, après 3 finales perdues. Côté basque, Bilbao apparaît comme le gros le plus en danger. Hors du podium deux fois sur le trois dernières saisons, après y avoir figurer onze saisons de suite, l’Athletic doit faire face à une nouvelle concurrence. Valence progresse, comme la Real Sociedad, qui a remporté la dernière Coupe de la Reine. Surtout, le Real Madrid vient de franchir le pas en rachetant le promu CD Tacon. Jouant encore avec son ancien nom cette année, le club madrilène a recruté de nombreuses internationales (Aurélie Kaci, Sofia Jakobsson, Kosovare Asslani, etc.) et espère rapidement jouer la Coupe d’Europe. 13e après la 3e journée, il faudra sans doute un peu de temps pour que la sauce prenne, et l’ambition de la saison pourrait être d’atteindre un maintien confortable. Mais la capacité d’investissement que représente le Real Madrid ne laisse aucun doute sur le rôle de locomotive qu’est amené à jouer cette équipe dans le futur.

Le Real n’est pas le seul à investir dans cette Liga Iberdrola (du nom de son sponsor, déjà). Le nouveau groupe Mediapro, qui bouscule l’équilibre des droits télés, a misé 9 millions d’euros pour diffuser les trois prochaines saisons. Si une rencontre par journée sera diffusée en clair, c’est la première fois qu’un diffuseur paye pour du foot féminin en Espagne. De plus en plus professionnel, médiatisé et attractif, le championnat espagnol s’affirme comme étant un championnat majeur. Dans un paysage du football féminin parfois peu lisible, jusqu’à quel point peut-il émerger ?

Xavier Regnier

La Liga Iberdrola, nouvelle locomotive du foot féminin ?

Le rugby, une mondialisation en trompe l’œil

L’arrivée de la coupe du monde dans un nouveau continent révèle d’un choix logistique de la part de la World Rugby. Dans son billet, Grégory Dyson donne son avis sur cette tentative de mondialisation du rugby.

Depuis ce week-end, la coupe du monde de rugby bat son plein au pays du soleil levant. Pour la première fois de son histoire, la compétition se déroule dans un pays asiatique. L’objectif : développer le rugby dans un continent aux potentiels sportifs, démographiques et économiques démesurés.

Seules 20 équipes participent à la coupe du monde au Japon. Les 12 meilleures nations de l’édition dernière sont automatiquement qualifiées. Les 8 autres places restantes sont partagées entre les autres nations de la planète rugby. Tous les quatre ans, ce sont les mêmes nations qui se disputent le trophée William Webb Ellis.

Avec 114 000 licenciés, la Chine entre cette année dans le Top 10 mondial. Soit plus que certaines nations traditionnelles, comme le Pays de Galles (108 000) ou l’Irlande (94 000). Pourtant, l’Empire du milieu est loin de participer à la coupe du monde de rugby.

Même avec l’apparition du rugby à sept aux Jeux olympiques et l’essor du rugby féminin, le rugby semble distant de ses cousins : football, basket, handball, etc. Il existe seulement 105 fédérations nationales membres de la World Rugby, bien moins que d’autres sports collectifs

À quand un champion du monde autre que la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud ou l’Angleterre ?

Grégory Scott-Dyson

Le rugby, une mondialisation en trompe l’œil

Brunel a-t-il perdu la clé du placard ?

Le 18 juin dernier, la liste des 37 joueurs convoqués afin de préparer la Coupe du Monde a été révélé par Jacques Brunel. Celle-ci était composée d’un groupe de 31 ainsi que de 6 réservistes. 

Au terme ses deux premiers matchs amicaux sur les trois prévus, la France affiche alors un bilan d’une victoire (27-10) pour une défaite (17-14) contre l’Ecosse. 

Une dernière chance de s’exprimer avortée

A l’aube du dernier match de préparation des Bleus avant de s’envoler vers leur camp de base au Japon, l’annonce de la composition face à l’Italie a provoqué un début de remous dont le rugby français. Actuellement en recherche de soutien populaire, se serait bien passé, écornant au passage les célèbres valeurs de l’Ovalie.

En effet, le sélectionneur s’était exprimé durant la préparation affirmant aux joueurs qu’ils auraient tous leur chance au cours de celle-ci, logiquement les concernés qui n’ont pas pris part aux deux premiers tests se verraient alors intégrer la feuille pour le derby transalpin prévu un peu moins d’une semaine plus tard au Stade de France.

Mais des 3 joueurs disponibles n’ayant pas encore foulé les pelouses arborés de la tunique frappée du Coq durant la préparation. Seul Virimi Vakatawa, arrivé afin de suppléer le forfait, du meilleur ami de Fabien Galthié, Geoffrey Doumayrou, aura la chance de s’exprimer dans une enceinte Dionysienne au nouveau record d’affluence. Anthony Belleau et Vincent Rattez, quant à eux, partant réservistes au départ, devront se contenter du costard en tribune pour la troisième fois consécutive. 

 A noter que ces fils spirituels de Loïc Jacquet n’ont pas été les seuls à n’avoir disputé aucun match, Maxime Machenaud (blessé), Demba Bamba (blessé) et Bernard Le Roux (suspendu) complétant ce quintet.

Les remous médiatique du “Placard Gate”

Malgré le Mea Culpa public du sélectionneur, plusieurs figures du rugby français se sont exprimés à ce sujet. A commencer par certains joueurs, ce qui est notamment le cas d’Arthur Iturria qui n’a pas manqué de préciser que les deux oubliés (ou placardisés, à vous de juger) du groupe France n’avaient rien à envier aux restes de leurs coéquipiers concernant les tests et les aptitudes physiques. Sofiane Guitoune s’était lui exprimé un peu plus tôt dans la semaine, louant leur implication au cours de ce stage de préparation mais également faisant part de la déception des non-retenus. 

L’occasion également de profiter d’une sortie médiatique du président toulonnais Mourad Boudjellal, concerné par la situation de son jeune ouvreur de 22 ans, afin d’interroger la gestion des hommes du staff du XV de France, ne manquant pas de passer le bonjour à son ancien entraîneur Fabien Galthié, adjoint de Brunel et futur sélectionneur du XV de France, au passage. 

Mais qu’en est-il des deux intéressés ?

Concernant Anthony Belleau, il a demandé à Jacques Brunel des explications concernant sa situation et cet imbroglio. Remonté le Toulonnais a précisé qu’il était resté à Marcoussis (tout comme le Rochelais Rattez) la semaine avant le match contre l’Italie afin de conserver ses chances et de montrer sa disponibilité en cas de forfait d’autres joueurs au cours de la compétition mais qu’il le faisait pour les copains avec lesquels il a vécu une préparation intense et non pour les membres du staff.

Vincent Rattez, a lui fait part de sa déception de manière humoristique sur les réseaux sociaux en nous montrant son habileté smartphone en main à défaut d’avoir pu le faire avec la gonfle sur le pré :

Deux cas parmi tant d’autres ?

Mais se trouve-t-on pour autant seulement en présence d’une grossière erreur de communication qui a mis le projecteur sur une situation courante, ou bien est-ce nouveau de laisser de côté des joueurs, prenant part à la préparation, sans qu’ils aient la chance disputer le moindre match durant cette période pour le XV de France ? 

Pour pouvoir répondre à cette question, de légers flashbacks sur les trois dernières éditions s’imposent car en effet, tous les 4 ans, plusieurs joueurs doivent faire face à une sortie prématurée du Groupe France pour vivre la Coupe du Monde dans leur Club-House respectifs, mais ces « premiers supporters des Bleus » avaient-ils tous pour autant participé aux matchs de préparations ?

Focus sur les 3 dernières prépas Coupe du Monde

  • 2015

Commençons par un retour en 2015, doux souvenir où hésiter entre la bière et le café au réveil était légitime et perdre contre l’Ecosse un cas de figure de plus en plus acceptable. Phillipe Saint-André convoque alors 36 joueurs, un cut de 5 joueurs est donc à prévoir, dans ces 5 chanceux qui sont repartis avec leurs Wattbike on retrouve : 

  • Sébastien Vahaamahina
  • Loann « Stamping » Goujon 
  • Rémi Lamerat
  • Xavier Chiocci 
  • François Trinh-Duc

Tous avaient pris part à la défaite 19-14 en Angleterre le 15 août, pour le premier match de prépa et aucun d’entre eux n’avaient alignés par la suite pour la revanche victorieuse face à ces mêmes anglais (25-20) ainsi que contre l’Ecosse (19-16). Bons baisers de Twickenham.

  • 2011 

Remontons ensuite à 2011, où Marc Lièvremont, sélectionneur adulé mais finaliste, appelle 32 joueurs, parmi lesquels figurent des surprises (à la trappe Chabal et Jauzion, bonjour Lakafia et Estabanez) mais aussi des blessés, l’un des joueurs sortant sera d’ailleurs le seul de ces derniers qui n’aura pas réussi sa course contre la montre en la personne du pilier Thomas Domingo, qui n’aura donc pas pu postuler à une place pour les matchs de préparation.

 Au contraire de Sylvain Marconnet, autre évincé de première ligne dont les 55 minutes de jeu dans la joute aller victorieuse face aux irlandais (19-12) à Chaban-Delmas n’auront pas suffi pour convaincre le sélectionneur, mais vous aurez l’occasion de retrouver ce joueur sous peu. 

  • 2007

Place à 2007 pour finir, la Coupe du Monde se déroule alors en France et le public français découvre le “Rugueuby” commenté par le regretté Thierry Gilardi. Ce sera également l’année de sortie du meilleur jeu de rugby sur console de tous les temps dans lequel les meilleurs d’entre nous ont soulevé le trophée Web Ellis avec la Namibie. 

Mais comme pour chaque Coupe du Monde, tous les joueurs appelés pour la préparation n’auront pas l’occasion de participer à cette fête. Bernard Laporte, encore seulement sélectionneur mais déjà porté sur les soufflantes, annoncent de manière assez précoce, directement un groupe de 30 joueurs dès le 14 juin 2007 soit 4 jours avant la finale du Top 14. 

Celui-ci va être amené à évoluer au gré des blessures dont seront victimes Elvis Vermeulen (dos) durant cette finale et Sylvain Marconnet, décidément, qui ne se remettra pas de sa fracture du tibia suite à une chute en ski au mois de mars et d’ une fracture de fatigue à la mi-août lors de sa rééducation. Ils seront remplacés respectivement par Thierry Dusautoir, qui saura se saisir de l’opportunité pour devenir le « Black Destroyer » lors d’un certain Quart de Finale aux 27 placages, et Nicolas Mas, aussi surnommé le « Bus » pour ses cadrages débordement et ses aptitudes en mêlée fermée.

Au vue de ses informations, le “Placard Gate” de 2019 fait figure d’exception dans les habitudes de préparation du XV de France en période pré – Coupe  du Monde depuis 2007, que les joueurs soient réservistes ou non. 

En souhaitant un bon retour aux deux joueurs dans leur club respectifs, ces derniers pouvant difficilement leur reprocher de manquer de forme malgré deux mois sans match officiel.

Romaric Zurczak

Brunel a-t-il perdu la clé du placard ?

XV de France : Une équipe pour gagner ?

Lundi soir, il était l’heure pour Jacques Brunel d’annoncer le groupe France des 31 joueurs qui partiront au Japon. Si deux joueurs avaient déjà un pied et demi en Top 14, les 35 autres ne savaient pas le sort qui leur serait réservé. 

Pour la première fois pour le rugby français, l’annonce des joueurs qui partiront au Japon pour la Coupe du Monde a été faite pendant le JT de 20h lundi soir. Les supporters français ont pu écouter Jacques Brunel annoncé le Groupe France. Les joueurs qui ne sont pas sélectionnés à l’issue de la préparation intensive de deux mois ont été prévenu en amont de cette annonce. Mais le groupe annonçait par le sélectionneur n’a pas entièrement satisfait les puristes de rugby et les réactions n’ont pas tardé à surgir. Dans ce groupe figure des cadres emblématiques de cette équipe qui finiront leur carrières internationales à la suite de cette compétition, des surprises attendues mais inespérée et des interrogations vives. 

Après la fin du match contre l’Italie, certains joueurs avaient déjà la tête à l’annonce de cette liste et aux répercussions que ça pourrait avoir.

Le groupe est constitué de 17 avants et de 14 trois-quarts. Tous les postes sont doublés et pour des postes clés, le staff du XV de France a décidé de triplé. 

Du côté des avants ?

Le staff du XV de France a décidé d’amener les trois talonneurs du groupe des 37 avec le capitaine de cette équipe, Guilhem Guirado et les deux jeunes Camille Chat et Peato Mauvaka. Pour Guirado, ce n’est pas une surprise, lui le capitaine depuis quatre ans et affiché comme le capitaine pour cette Coupe du Monde il fait donc parti du voyage. Pour Mauvaka et Chat, c’est l’avenir qui se prépare. 

Pour les piliers gauches, Jefferson Poirot a l’avantage pour débuter la compétition comme titulaire. Capitaine lors de deux matchs de préparations, le pilier de Bordeaux sera un élément important au Japon. Derrière lui, Cyril Baille a été préféré à Day Priso. Pourtant arrivé en remplacement dans ce groupe, le pilier toulousain partira pour la Coupe du Monde. Le choix de renvoyer Priso en club n’a pas été approuvé pour les supporters mais c’est un choix par rapport au poste de pilier droit. 

Du côté droit de la première ligne, Rabah Slimani pourrait être le titulaire avec Demba Bamba et Emerick Setiano en remplaçant. Même si le pilier clermontois est dans le collimateur des arbitres internationaux pour sa position en mêlée, il devrait commencer sur le terrain. Bamba n’a pas joué pendant la préparation à cause de sa blessure et il pourrait rester en tribune pendant cette compétition bien que son jeu soit le plus proche de ce qu’attend le staff des Bleus. Setiano apparaît dans cette liste comme une petite surprise inattendue au début de la préparation mais qui a su gagner sa place. 

 

En deuxième-ligne, Jacques Brunel a opté pour trois joueurs avec Vahaamahina, Gabrillagues et Le Roux. Le clermontois et le parisien n’ont pas été une surprise dans cette liste, ils figuraient parmis les joueurs déjà dans l’avion. Malgré sa suspension, Paul Gabrillagues peut partir au Japon grâce à la réduction de sa peine. La première grande surprise de cette liste est la présence de Bernard Le Roux. Blessé depuis de nombreuses semaines et pas encore à 100 % de ses moyens physiques, le staff du XV de France l’a tout de même sélectionné devant un joueur comme Félix Lambey. Un choix qui fait beaucoup débattre surtout que Le Roux n’a joué aucun match pro depuis la saison dernière et n’a pas participé comme les autres à la préparation pour cette Coupe du Monde. 

 

En troisième-ligne, ils sont six joueurs à partir vers le pays du Soleil Levant avec Picamoles, Iturria, Camara, Lauret, Alldritt et Ollivon. Sur cette ligne, les surprises sont présentes mais elles étaient attendues. La sélection de Picamoles et Iturria n’avait pas de doute auprès des supporters français et du staff du XV de France. Mais derrière ces deux-là, les places étaient chères et ils étaient 5 pour 4 places vers le Japon. Lauret était le mieux parti et il a su gagner sa place lors de la préparation et des deux matchs qu’il a disputé. Alldritt a impressionné tout son monde grâce à une performance XXL lors du premier match de préparation tout comme Charles Ollivon qui rentre dans la liste des 31 pour la Coupe du Monde alors qu’il n’était que réservistes. Il restait seulement une place dans le squad français et c’est Camara qui prend sa place alors que François Cros repart vers Toulouse. Un choix qui n’a pas été validé par tout le monde, Lauret et Camara n’avait pas les faveurs du coeur des français alors que le Champion de France toulousain n’avait que éloge sur éloge.

Du côté des arrières ?

Chez les trois-quarts, Jacques Brunel et son équipe n’a pas fait du nouveau avant une compétition comme la Coupe du Monde. Malgré le coup de gueule des supporters et des puristes de ce sport à propos du temps de jeu accordé à Belleau et Rattez, les deux joueurs vont rentrer dans leur club. Les deux jeunes joueurs français n’ont pas eu le temps de s’exprimer pendant les matchs de préparation contrairement à la promesse tenue par le sélectionneur français. 

 

Les demi-de-mêlée sont tous partants vers le Japon et ils sont trois. Avec Dupont comme titulaire indiscutable chez les Bleus, la pépite du Stade Toulousain a un avantage sur ses deux concurrents et les matchs de préparation l’ont prouvé. Derrière lui, Serin et Machenaud se joueront la place de remplaçant. 

 

Pour compléter la charnière du XV de France, ils sont deux à pouvoir couvrir le poste de demi d’ouverture. Camille Lopez semblait en avance pour être titulaire à la Coupe du Monde mais la performance de Romain Ntamack contre l’Italie a certainement rebattu les cartes à ce poste. Le jeu du jeune toulousain a semblé faire vibrer bon nombre de supporters. 

 

Au centre de l’attaque française, Jacques Brunel a décidé de sélectionner quatre joueurs de grands talents. Fofana, Guitoune, Fickou et Vakatawa prendront l’avion pour le Japon et vont être en concurrence pour le poste de titulaire au centre du XV de France. Fofana semble avoir une petit longueur d’avance pour être titulaire lors du premier match et à côté de lui Guitoune et Fickou sont les plus proches. Vakatawa est arrivé en remplacement de Doumayrou et n’a eu que quelques minutes pour s’exprimer. Il pourrait en revanche être un atout majeur comme impact player pour mettre le feu dans les fins de match. 

 

Le triangle arrière n’a rien de surprenant avec trois ailiers comme Raka, Penaud et Huget. Mais également deux joueurs avec le 15 dans le dos que sont Médard et Ramos. Penaud peut également couvrir le poste de centre si le besoin s’en faisait sentir mais le joueur clermontois est l’un des meilleurs français du moment et ne manquera pas d’être titulaire pour cette Coupe du Monde. À ses côtés Huget et Raka, vont être concurrent pour la deuxième aile, à moins que le sélectionneur prenne le paris de faire jouer Fickou sur l’aile. À l’arrière, Ramos et Médard se disputeront le poste mais le joueur titulaire dépendra de la charnière aligné par le XV de France et du rôle de buteur.

Comme prévu par le staff du XV de France, ils sont 6 joueurs à rentrer en club après deux mois de préparation intensive pour espérer partir vers une Coupe du Monde. Anthony Belleau et Vincent Rattez n’ont pas eu la chance de s’exprimer pour prétendre à une place dans l’avion. Romain Taofifenua n’a pas réussi à gagner sa place face aux trois autres deuxième-ligne. Tout comme François Cros qui n’a pas réussi à convaincre le sélectionneur, au grand regret des supporters français. Dany Priso et Félix Lambey font partis des grandes surprises et des joueurs qui vont rentrer en club dès cette semaine.

Bastien Rodrigues

XV de France : Une équipe pour gagner ?