Tribune libre

Un Betis sans magie

¡ Viva el Betis, manquepierda ! Et cela arrive un peu trop souvent en ce moment. Après une année 2018 exceptionnelle, ponctuée par une qualification en Europa League, un mercato prometteur (Inui, Canales, Pau Lopez, Lo Celso…) et un début de saison éclatant (dont une leçon de football donnée sur la pelouse de San Siro et un exploit au Camp Nou), l’année 2019 commence bien plus mal.

Le bilan, avant le match contre Levante, est sans appel : le Betis est seulement 15e de Liga sur la période janvier-avril.

Pire, après la claque reçue contre le club valencien, les verdiblancos n’ont pris que 4 points sur les 7 derniers matchs. Un rythme de relégable, qui s’explique par une inefficacité terrible du jeu proposé. Quique Setien fait partie de ces entraîneurs qui sont prêts à “mourir avec leurs idées”, pour reprendre les propos récents de Thierry Anti. En l’occurrence, il s’agit d’avoir le ballon, de se rendre maître du jeu et du tempo, de proposer un football offensif. Le coach sévillan prétend vouloir que ses joueurs prennent du plaisir, et “on ne prend pas de plaisir à courir après le ballon”. Au vu des derniers matchs, on serait tentés de lui demander s’il pense qu’on peut prendre du plaisir à faire la passe à dix devant la surface adverse sans rien tenter.

En effet, l’un des facteurs de la mauvaise passe du Real Betis est que ses adversaires ont compris comment il joue. Les longues phases de possession sont particulièrement stériles, avec des mouvements stéréotypés et des offensives qui se terminent généralement par un dédoublement sur le côté (souvent incarné par un une-deux entre Joaquin et Canales) et un centre désespéré, qui ne trouve pas preneur. A défaut d’avoir un vrai 9, capable d’être présent à la retombée.

Quique Setien, à contre-jeu

C’est l’un des autres paradoxes du Betis de Setien. Son idée de jeu n’est pas adaptée aux joueurs qu’il a sous ses ordres : aucun ne peut prétendre avoir les qualités d’un bon piston, les buteurs ne sont pas de purs 9 tueurs dans la surface, les défenseurs centraux sont trop limités pour jouer dans un système à 3 (en particulier Sidnei, souvent fautif et trop lent). Dans le même temps, la gestion de l’effectif, au moment du mercato hivernal, pose question. Inui, auteur d’une grande saison avec Eibar et d’une très bonne Coupe du Monde, est parti quasiment sans avoir joué, alors qu’il possède l’étoffe d’un piston. Sanabria, seul vrai 9 à peser sur les défenses, est parti sans être remplacé.

Dans le sens inverse, Diego Lainez est arrivé. Jeune, fougeux, avec une vraie faculté à éliminer ses adversaires dans des petits périmètres… Bref, la solution idéale aux problèmes offensifs des Beticos. Pourtant, il cire le banc. Même lors des deux derniers matchs, alors que Setien a fait tourner, le mexicain n’a cumulé qu’une quarantaine de minutes de jeu. Suffisant pour réveiller les verts et blancs contre Valence, et offrir l’un des gestes du match contre Levante, insuffisant au vu de son talent.

Et maintenant ?

Depuis l’élimination spectaculaire en Europa League, les supporters sont de plus en plus nombreux à réclamer le départ du technicien espagnol. Soutenu par sa direction malgré l’échec en Coupe du Roi, les résultats récents fragilisent sa position. Une réunion pour évoquer son avenir s’est tenue ce jeudi, et le club a décidé de le maintenir jusqu’à la fin de saison. Lui assure qu’il restera, mais la presse espagnole évoque déjà de possibles successeurs. Parmi eux, retenons le nom de Julen Lopetegui. Sélectionneur de la Roja pendant deux ans avant d’être débarqué à la veille de la Coupe du Monde, l’ancien gardien est parti sans connaître la défaite avec l’équipe nationale. S’il n’a pas connu le même succès à Madrid, on peut se dire qu’il s’agirait d’un bon choix pour le Betis. Ses préceptes, dans la continuité de Del Bosque, se fondent sur la possession de balle et le mouvement, ce qui est dans l’ADN du Betis (et, sur ce point, le mariage avec Quique Setien semblait évident). Mais sa défense à 4 apporterait une stabilité bienvenue, et nul doute qu’avec des joueurs comme Canales et Lo Celso au milieu, il saurait diversifier un jeu de passes devenu prévisible.

En attendant, il reste 4 matchs au Betis pour bien terminer la saison. La réception de l’Espanyol Barcelone, lundi, se fera sans deux groupes historiques de supporters, la Curva Resistancia et la Gol Sur, qui ont annoncé leur boycott. Au classement, la zone rouge, à 9 points, n’est plus une menace malgré la forme du moment. Mais la 7e place, occupée par Bilbao avec 6 points d’avance, semble hors d’atteinte, surtout compte tenu du déplacement au Santiago Bernabeu lors de la dernière journée. Vivement la fin.

Xavier Regnier

Un Betis sans magie

Le retour du grand FCB

Alors que depuis plusieurs saisons, le FC Barcelone ne fait plus rêver, a perdu son niveau alléchant et n’obtient plus de titres majeurs. Cette saison est celle du renouveau, de nouveaux joueurs aux allures d’anciennes légendes, un Messi de retour au meilleur niveau et des résultats clinquants. Revenons sur les causes des nouvelles bonnes performances des blaugranas.

L’équipe est actuellement première du championnat d’Espagne avec 9 points d’avance sur l’Atletico de Madrid et 13 sur le Real de Madrid. Souveraine dans son pays avec 23 victoires contre seulement 8 matchs nuls et 2 défaites en 33 matchs, il ne manque plus que l’officialisation du titre pour clôturer ce travail. Les joueurs d’Ernesto Valverde restent sur 11 matchs sans défaites toutes compétitions confondues. En plus de ne pas être concurrencé en championnat, le Barça se balade en Champions League. Un billet en demi-finale en poche et un parcours sans défaite montre que cette équipe est de retour au plus haut niveau. Une poule plutôt facile mais avec des rencontres qu’il fallait remporter. Contre le PSV Eindhoven, l’Inter de Milan et Tottenham, Barcelone est sorti premier de son groupe et a pu jouer son huitième de finale. Contre Lyon, le club catalan a déroulé au match retour en inscrivant 5 buts sur sa pelouse du Camp Nou avant de malmener Manchester United, 4-0 sur les deux matchs. Liverpool se dresse maintenant face à eux pour une demi-finale qui s’annonce alléchante avant même le début de la double confrontation. Cette saison est synonyme de finale, une perdue contre Girona en Supercoupe de Catalogne sur le plus petit score possible et une à venir contre Valence pour la Coupe du Roi.

Un XI indiscutable

Barcelone a toujours basé sa réussite sur des joueurs phares à tous les postes. Des noms retentissants dans le monde entier comme Xavi, Pujol, Iniesta, Ronaldinho ou encore Eto’o. Et une fois n’est pas coutume, le FCB continue sur cette voie. Comme dernier rempart, Ter Stegen est l’un des meilleurs du monde actuellement. Avec des arrêts de grande classe et souvent spectaculaires, il est indiscutable à son équipe et surtout aux bons résultats. Du côté des latéraux, l’indéboulonnable Jordi Alba est toujours là et toujours aussi performant. Quant à l’autre côté Sergi Roberto reste le titulaire mais un jeune portugais pointe le bout de son nez, Semedo obtient de plus en plus de temps de jeu. La charnière centrale a débuté naturellement avec Umtiti et Piqué. Mais après quelques semaines de compétition, le Champion du Monde français a été contraint de se faire opérer de son genou, ce qui l’a éloigné des terrains jusqu’à récemment. Et pendant ce temps-là, Clément Lenglet a joué sa carte à fond et il est même devenu indiscutable et le chouchou des fans. Des performances dignes des grands, au côté du défenseur espagnol le jeune français a su élever son niveau et se montrer à la porte de l’équipe de France. Au milieu de terrain, Busquets et Rakitic restent dans le XI de départ depuis le début de saison malgré l’éclosion de petites pépites cette saison. Aux côtés des deux grandes têtes de ce club, Arthur vient se mettre au milieu et a su se rendre indiscutable. Le prodige brésilien a évolué toute la saison et a su élever son niveau pour devenir un grand du Barça. Et le trident offensif… comment le décrire. Du côté gauche, Coutinho est souvent préféré à Dembélé. L’ailier français, souvent blessé, n’a pas pu beaucoup s’exprimer cette saison, laissant le brésilien sur le terrain malgré une crise entre le joueur et le club. Suarez est le numéro 9 indiscutable de cette équipe et le reste encore cette saison malgré des statistiques en dessous des dernièrs exercices, il n’en reste pas moins important. Et pour finir, devons-nous véritablement parler de l’électron libre de cette équipe, le métronome, le magicien ?

Un Messi de gala

Le FC Barcelone marche plus que bien cette saison. Et la performance de Lionel Messi y est pour quelque chose. L’un des plus grands joueurs de l’histoire du football est revenu à son meilleur niveau comme le montre ses statistiques stratosphériques. En Liga Santander, il est tout simplement meilleur buteur et meilleur passeur avec 33 réalisations et 15 offrandes à ses partenaires. « La Pulga » reste tout simplement au-dessus du lot et aucun joueur ne rivalise avec lui. Mais il ne réalise pas ces performances uniquement en championnat. En Ligue des Champions, il est le meilleur buteur avec 10 buts inscrits en 8 matchs joués. Aucune explication ne peut conclure sur l’état de forme de cette légende vivante. Lorsque nous le voyons jouer, il met tout simplement des étoiles dans les yeux et des frissons sur le corps. Avec 45 buts et 22 passes décisives au total en 43 matchs, Messi surclasse tout le monde et se montre sur un terrain comme s’il avait de nouveau 20 ans. Laissé libre sur le terrain par son coach, il a tous les droits pour donner son maximum pour son équipe de toujours. La seule chose à faire c’est profiter tant qu’il est encore sur les terrains et rester émerveillés en le voyant jouer.

La fin de saison du Barça sera-t-il couronnée de plusieurs titres et surtout d’une nouvelle Ligue des champions ? La suite à partir du 1e mai.

Bastien Rodrigues

Le retour du grand FCB

Manchester-Barça : Alléchant mais décevant

Le match aller du quart de finale entre Manchester United et le FC Barcelone s’est joué hier soir. Attendu par les supporters, les joueurs ont déçu et n’ont pas rendu une copie au niveau. Battu 1-0 sur sa pelouse, les Reds vont devoir s’employer pour arriver à une qualification. 

Sur l’ensemble du match, les supporters des deux équipes n’ont pas eu grand chose à se mettre sous la dent. Une bataille au milieu a été livrée mais n’a pas donné de vainqueur. Malgré une domination Barcelonaise et une victoire sur le plus petit score possible, nous n’avons pas vu une des deux équipes prendre le dessus. En début de match, les Blaugranas commencent fort avec un but dès la 13e minute. Un but qui prendra du temps à être validé car l’aide de la VAR a été nécessaire. Suarez et Messi n’étant pas en position de hors-jeu, le but a pu être accordé. Mais finalement c’est Luke Shaw qui est auteur d’un but contre son camp. Sur l’action l’ensemble des 11 joueurs du Barça ont touché le ballon avec une action à plus de 40 passes.

Des joueurs XXL

Sur le match, certains joueurs se sont détachés avec une performance haute en couleur. Côté mancunien, les supporters retiennent le champion du monde, Paul Pogba. Le milieu de terrain français a livré une prestation avec de grands efforts défensifs et offensifs, auteur de retours défensifs décisifs pour son équipe mais il a surtout apporté un plus en attaque. Avec un rôle libre, comme Messi en face, le numéro 6 rouge a permis d’aller vite vers l’avant et d’envoyer des caviars à Rashford et à Lukaku. Mais ces derniers n’ont exploité aucun des ballons comme il le fallait. Ensuite parlons du portier de Man U. David De Gea a tenu la baraque toute la partie avec de nombreux arrêts importants et décisif. Avec un gardien à ce niveau-là, la défense peut être sereine mais il ne pourra pas toujours tout arrêter.

Que dire du match de Gérard Piqué ! Pour son retour à Old Trafford, le grand défenseur espagnol a livré une vraie performance. Une activité énorme dans les 40 derniers mètres de son équipe. Les attaquants Mancuniens ont eu du mal à trouver des espaces et même en profondeur Piqué a battu Rashford de vitesse. En période de crise avec son club, Philipe Coutinho s’est montré actif. Il est venu chercher de nombreux ballons au cœur du jeu pour se montrer aux yeux de l’entraîneur. Même s’il ne s’est pas créé de réelle occasion de but, il a été important à l’équipe catalan.

Messi muet en quart de finale depuis 2013

Depuis le depuis de la saison, le petit argentin livre des statistiques hors normes. Mais une statistique a encore une fois eu raison du prodige. Depuis 2013 et un quart de finale contre le PSG, Lionel Messi n’a pas marqué à ce stade de la compétition, et c’était encore le cas hier soir. Même si son match n’est pas mauvais et qu’il est décisif sur le but de Luke Shaw, il n’a pas vraiment pesé comme depuis de début de la saison.

Le feu au match retour ?

Maintenant que le match aller est passé et que les supporters sont déçus, que faut-il attendre du match retour ? C’est à double tranchant. Manchester United va devoir s’employer et élever bien haut son niveau pour arracher une qualification. Mais dans le stade d’un certain Messi, Barcelone ne va pas se laisser faire et ils auront à cœur de donner à ses supporters une demie finale.

Bastien Rodrigues

Manchester-Barça : Alléchant mais décevant

Les guerriers de l’Ajax

Dans cette troisième revue historique, la Feuille de Match vous emmène du côté des Pays-Bas. Direction Amsterdam, dans les années 70, époque qui restera le premier âge d’or du club de l’Ajax.

28 mai 1969, au Santiago Bernabeu. L’AC Milan, vainqueur de la Coupe Européenne des Clubs Champions en 1963, affronte l’Ajax Amsterdam, en finale de cette même compétition. Les Ajacides, première équipe néerlandaise de l’histoire à atteindre la finale d’une telle rencontre, cherche à aller chercher son premier trophée de son histoire dans la compétition. Finalement, les Néerlandais seront trop faibles, et l’AC Milan s’offrira un deuxième titre européen, sur une victoire nette de 4 buts à 1. Pourtant, cette finale permettra à toute l’europe de découvrir le football Néerlandais, qui sera au pouvoir pendant une grande partie des années 70.

Une domination sous l’égide du Football Total

Après une victoire du Feyenoord Rotterdam dans l’édition 1970 de la compétition face au Celtic, l’Europe entière est prévenue : les Pays-Bas sont désormais au rendez-vous. Vainqueurs de l’Eredivisie en 1970, les joueurs de Rinus Michels se présentent en Coupe d’Europe avec un jeu totalement innovant : le Football Total. Fini le style de jeu défensif prôné par les différentes grosses écuries du monde, place au football, au vrai. Ce style, désormais bien connu des amateurs du ballon rond, consiste en la participation de la totalité des joueurs aux phases offensives et défensives. Beaucoup de permutations et d’efforts sont alors demandés aux joueurs, ce qui leur oblige d’avoir une condition physique exceptionnelle pour pouvoir répéter les efforts.

Pour l’époque, ce principe de jeu paraissait irréalisable. Pourtant, l’Ajax sera couronné de succès Européens pendant une partie des années 70. Dès leur entrée en lice dans l’actuelle Ligue des Champions, les Amstellodamois affrontent le club Albanais du KF Tirana. Après un match nul 2-2 à l’extérieur, les joueurs de l’Ajax s’imposent 2-0 à domicile, et passent au deuxième tour.

Pour cette deuxième confrontation dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, les Ajacides rencontrent le FC Bâle. Après une victoire 3 buts à 0 au stade De Meer (ancien stade de l’Ajax Amsterdam), avant d’aller gagner 2-1 du côté de la Suisse. Le Football Total fait ses preuves, et les Néerlandais peuvent désormais accéder aux quarts de finale.

Cette fois, la tâche s’annonce plus corsée. Au tirage au sort, l’Ajax hérite du finaliste de l’édition précédente : le Celtic Glasgow. Fini la plaisanterie, place à la confirmation. Et les Ajacides ne vont pas décevoir. Une belle victoire 3-0 à Amsterdam, qui scellera définitivement leur qualification dès le match aller, la défaite 1-0 au retour n’étant qu’une formalité. Johan Cruyff et ses acolytes foncent donc vers une demie-finale de Coupe Européenne.

Pour son entrée dans le dernier carré, l’Ajax affronte l’Atlético Madrid. Les Colchoneros s’imposent 1-0 à domicile, et les supporters commencent à douter. Néanmoins, après un match retour formidable à Amsterdam, les joueurs de l’Ajax s’imposent 3-0, et filent droit vers une finale qui s’annonce d’ores et déjà surprenante, leur adversaire étant lui-même très surprenant.

Finale de 1971 : un premier sacre “logique”

Les joueurs de l’Ajax affrontent donc, pour cette finale, le club Grec de Panathinaïkos, qui demeure aujourd’hui le seul club Grec ayant réussi à se hisser aussi haut dans la compétition, à Wembley. Les Ajacides veulent aller chercher ce titre européen, afin d’asseoir leur domination sous l’égide du football total.

Les compos d’équipes :

L’Ajax va très rapidement prendre l’avantage dans cette rencontre par un but de leur avant-centre van Dijk, dès la 5e minute de jeu. Par la suite, les ajacides vont manquer beaucoup d’occasions de corser l’addition, et le but victorieux ne viendra qu’à la 87e minute, par un but contre son camp du défenseur grec Kapsis. L’Ajax, sans réellement convaincre dans cette rencontre, sera sacré champion d’Europe pour la première fois de son histoire.

Saison 1971/1972 : la confirmation

Pour cette nouvelle saison, l’Ajax aura à coeur de défendre son titre de champion d’Europe. Au premier tour, les néerlandais affrontent Dresde, qu’ils finiront par battre 2-0 au match aller, avant d’aller chercher le match nul en Allemagne.

Lors du deuxième tour, l’Ajax hérite de l’Olympique de Marseille au tirage au sort. Après une victoire 2 buts à 1 à Marseille, les Ajacides vont s’imposer assez facilement 4-1 à Amsterdam, et les Néerlandais s’envolent pour les quarts de finale. Leur jeu, très séduisant, ravit les différents amoureux du football aux quatre coins du monde.

En quart de finale, l’Ajax Amsterdam affronte les Gunners d’Arsenal. Après une victoire 2-1 à Amsterdam, ils vont s’imposer 1-0 à Londres, et filent vers les demies finales. Face au Benfica, dans le dernier carré, les Ajacides s’imposent 1-0 à Amsterdam, avant d’aller accrocher le nul à Lisbonne, et ainsi s’assurer une place en finale.

Finale 1972 : la victoire du football total sur le catenaccio

Pour cette finale de 1972 de la Coupe Européenne des Clubs Champions, l’Ajax affronte l’Inter Milan, au Feyenoord Stadion de Rotterdam. Cette rencontre est une opposition de deux styles totalement différents : le Football Total des Néerlandais, où le jeu est très offensif et basé sur les mouvements et permutations offensives ; et le Catenaccio, un style de jeu hyper défensif, où chaque joueur doit rester en place, et où le bloc est positionné très bas pour contre-attaquer.

Dès le début du match, la star Néerlandaise Johan Cruyff est marqué de très près, lui qui est le dépositaire du jeu des Ajacides. C’est le jeune italien de 19 ans Gabriele Oriali qui se charge de garder un oeil sur le joueur offensif de l’Ajax. Pendant un long moment, cela a fonctionné. Jusqu’à ce que Cruyff ne réussisse à se libérer de son marquage par deux fois, à la 47e et la 78e, pour venir conclure deux belles actions. Le score sera scellé après ce deuxième but, et l’Ajax s’impose 2-0 à Rotterdam, et s’offre son deuxième titre européen consécutif.

73 : le dernier titre européen avant une vingtaine d’année

L’année suivante, l’Ajax conserve son titre. En effet, après s’être défaits de du CSKA Sofia au deuxième tour, du Bayern Munich en quarts de finale, puis du Real Madrid en demie, l’Ajax se retrouve contre… la Juventus de Turin, en finale. Cette rencontre, disputée au Stade de l’Etoile Rouge de Belgrade, en Yougoslavie, a penché en faveur des Néerlandais, et ce très rapidement.

Dès la 4e minute de jeu, Johnny Rep ouvre le score qui vient tromper le gardien de la Juve d’une belle tête, bien que le gardien turinois ne soit pas exempt de tout reproche sur l’action. Par la suite, les turinois vont un peu plus se ruer à l’offensive, sans grand succès. L’Ajax s’offre donc un troisième titre consécutif dans la compétition. Le dernier avant 1995.

En effet, quelques semaines plus tard, les supporters de l’Ajax apprenaient le départ de Johan Cruyff en direction du FC Barcelone. Ce fut un choc pour beaucoup de supporters. Le football espagnol ouvrait enfin ses portes aux joueurs étrangers, avec des conditions salariales bien meilleures qu’aux Pays-Bas. Cruyff avait des envies d’ailleurs, comme beaucoup de joueurs de l’Ajax, et l’entraîneur avait dû faire face à de nombreux problèmes de concentration de la part de certains joueurs avant la finale de Coupe Européenne des Clubs Champions de 1973. Après ces départs, un cycle prit fin du côté d’Amsterdam, bien que le Football Total soit entré dans les moeurs pour l’éternité. C’est désormais l’ADN de ce club de l’Ajax Amsterdam, et de bien d’autres clubs aujourd’hui, comme le FC Barcelone, ou encore Manchester City, bien qu’il soit utilisé sous une autre forme.

Cette équipe de l’Ajax a donc connu ses heures de gloire au début des années 70. Le Football total, alors inconnu, a pris une grande place dans ces différents succès, puisqu’il était innovant, et a permis de développer la vision du “beau jeu” que nous avons de nos jours. Grâce notamment à leur légende Johan Cruyff, les joueurs de cet Ajax sont entrés dans la légende… Pour l’éternité.

Hugo Kucharski

Les guerriers de l’Ajax

OM Champion’s Project : Trois ans après l’annonce, la fin d’un cycle

En octobre 2016, Franck McCourt et Jacques-Henri Eyraud présentaient, en grande pompe, leur projet pour l’Olympique de Marseille. Trois ans après, le « Champions Project » semble déjà en bout de course.

« Même si on allait en ligue des champions, on irait pour faire quoi ? », s’est interrogé Florian Thauvin. Il est clair qu’après le nouveau revers des Phocéens face à Bordeaux (2-0), le podium semble inaccessible pour les coéquipiers du champion du monde. Trois ans après leur arrivée, Frank McCourt et Jacques-Henri Eyraud n’ont toujours pas fait franchir ce cap à l’Olympique de Marseille. À ce rythme, la musique de la coupe aux grandes oreilles n’est pas prête de résonner dans le Vélodrome.

Une équipe en régression

Une finale d’Europa League, mais aucune qualification en Ligue des Champions. C’est le bilan, en demi-teinte, du « Champions Project » de l’Olympique de Marseille. Cette saison, l’équipe n’a pas progressé, pire, elle semble avoir perdu sa capacité à revenir dans les matches : l’une de ses forces la saison dernière. Encore une fois, l’OM n’y arrive pas face aux grosses cylindrées du championnat. Faible contre les forts, mais pas si fort contre les faibles, cet OM 2018-2019 est à la peine.

L’équipe aurait dû renouveler son effectif après son épopée en Ligue Europa. De nombreux Marseillais ont sur-performé l’an dernier. Ils n’ont pas réussi à retrouver leur niveau cette saison. On peut notamment citer Bouna Sarr ou Jordan Amavi. Le plus inquiétant reste le niveau des « cadres » : Adil Rami, Luiz Gustavo, Steve Mandanda et même Florian Thauvin, peu concerné en cette fin de saison, ne parviennent plus à faire tourner la machine. Ajoutez à cela un mercato d’été 2018 insuffisant où seulement trois recrues sont arrivées sur la Canebière : Duje Ćaleta-Car, Nemanja Radonjic et Kevin Strootman, et vous avez une décevante équipe marseillaise.

Le grand ménage estival

La prochaine période des transferts va s’annoncer déterminante. De nombreux joueurs vont quitter le club en juin : Rolando et Tomas Hubocan sont en fin de contrat. Le prêt d’Aymen Abdennour va prendre fin. Le départ de Thauvin est quasiment acté. Il faut seulement trouver un club assez dingue pour aligner plusieurs dizaines de millions d’euros sur un joueur de moins en moins tranchant.

À la fin de cette saison, il va falloir régler la question de Mario Balotelli, également en fin de contrat. Pour l’heure, Marseille est loin d’avoir assuré sa présence en Ligue Europa et la Ligue des Champions paraît inaccessible. Sans coupe d’Europe, « Super Mario » voudra-t-il rester comme il l’avait annoncé au journal La Provence ? Pas sûr, surtout qu’il faudra convaincre son agent : Mino Raiola.

Certains cadres, comme Luiz Gustavo ou Dimitri Payet, s’interrogent sur leur situation. Des départs ne sont donc pas à exclure. Il y aura des liquidités, c’est certain. Mais dans cet état, quels joueurs seraient assez fous pour venir à l’OM ?

Nouveau cycle

L’OM devra s’appuyer sur de nouveaux cadres. Malgré leur jeune âge, Maxime Lopez et Boubacar Kamara ont porté l’équipe à certains moments de la saison. Ils doivent devenir incontournables l’an prochain. Lucas Ocampos, n’est pas toujours le joueur le plus élégant, pourtant, il incarne parfaitement l’état d’esprit que doit avoir un joueur de l’Olympique de Marseille : un joueur combatif pendant 90 minutes. Avec eux, il faudra que le mercato complète les nombreux besoins de l’OM. Il faudra trouver de toute urgence un remplaçant à Florian Thauvin, peut-être à Mario Balotelli et un latéral gauche.

Et qui dit nouveau cycle dit, peut-être, nouveau coach. Rudi Garcia n’a plus le soutien du stade, plusieurs cadres ne comprennent plus son management. Jacques-Henri Eyraud semble bien seul derrière le technicien français. Alors que le podium, objectif fixé en début de saison, s’éloigne, il semble difficile de revoir Rudi Garcia sur le banc la saison prochaine. JHE le limogera-t-il ? Pas sûr là encore, à la vue de la situation contractuelle de l’ancien coach de la Roma. Difficile de savoir à quoi ressemblera l’OM la saison prochaine. Mais une chose est sûre : trois ans après, le « Champions Project » n’est plus qu’un lointain souvenir.

Thibaut Calatayud

OM Champion’s Project : Trois ans après l’annonce, la fin d’un cycle