Football

Revue hebdo du 11 mars 2019

La perf de la semaine :

Pour la première fois depuis 5 mois, le Bayern est en tête de la Bundesliga, au lendemain d’une superbe victoire 6-0. Loin du sommet, les Bavarois étaient au purgatoire. En détruisant Wolfsbourg, pourtant 2e meilleure équipe à l’extérieur, Munich a ressuscité. Et de quelle manière. Trois passes dé de Franck Ribéry, un doublé de Robert Lewandowski, et le Bayern passe devant les Borussen à la différence de buts (+35 contre +33). La fin de saison s’annonce haletante…

Le but de la semaine :

Virevoltante, l’Ajax nous a régalé en éliminant le grand Real Madrid en huitièmes de finale de Ligue des Champions. Si les buts en mouvements sont somptueux, on ne pouvait pas s’empêcher de vous remontrer le coup franc magistral de Lasse Schöne.

La masterclass de la semaine :

Au coeur d’une période délicate (6 points pris en 10 matchs), le FC Séville peut compter sur un homme pour rester dans la course à l’Europe: l’ancien Toulousain Wissam Ben Yedder. Contre la Real Sociedad, un concurrent direct, il a inscrit un triplé en seulement treize minutes ! Au total, le français a inscrit 26 buts cette saison. De quoi pousser Deschamps à le rappeler en sélection ?

Le chiffre de la semaine :

C’est le chiffre de la possession de balle de Chelsea, ce dimanche, contre les Wolves de Nuno Espirito Santo. Un chiffre indécent, pas si loin de la possession parisienne contre Manchester (72%), et un résultat qui aurait pu y ressembler. Après l’ouverture du score de de Raul Jimenez à la 55e pour Wolverhampton, les Blues pensaient se faire hold-up un match où ils ont eu la main mise sur le ballon. Finalement, à force de pousser, Eden Hazard égalise dans le temps additionnel (90+2) et permet aux Blues d’accrocher un point précieux dans la course à la Ligue des Champions, eux qui comptent encore un match de retard en championnat.

La défaite de la semaine :

Le Fener va mal. A la lutte pour le maintien en Turkish Süperlig, les joueurs de Ersun Yanal ont concédé la défaite face à l’Istanbul Basaksehir, leader du championnat. Après l’ouverture du score du revenant Robinho (18e), le Fener pensait accrocher le nul grâce à un but de Roberto Soldado (73e). Mais finalement, c’est Stefano Napoleoni qui offre la victoire aux Stambouliotes à la 83e, permettant au leader du championnat de prendre 11 points d’avance au classement sur Galatasaray, deuxième. Le Fener, à cause de cette défaite, ne compte plus qu’un point d’avance sur le premier relégable, Götzepe.

La bonne série de la semaine :

Pendant que Gignac et les Tigres étaient freinés à Monterrey, le Club Leon enregistrait sa 6e victoire de suite en championnat (1-0 contre Labos BUAP) pour prendre la tête dans le tournoi de clôture. Il reste 7 matchs aux coéquipiers de Landon Donovan pour décrocher un premier titre depuis 2014.

La fin de série de la semaine :

Pour la première fois depuis 195 jours et une victoire 1-0 contre Nîmes, le TFC a gagné en championnat à domicile. La délivrance pour les Toulousains est venu d’un but de Yaya Sanogo en première mi-temps. Pas de quoi faire revenir les groupes de supporters avant la pause, d’autant que le match n’a pas toujours été passionnant. Le but de Sylla aurait pu détendre l’atmosphère, mais le latéral était signalé hors-jeu. Pour réduire la fracture entre le club et les fans, il faut continuer sur cette voie.

Le derby de la semaine :

Old Firm ? Derby d’Italia ? Non, les derbys sont partout, et les moins connus sont parfois les plus chauds. C’est le cas en Suède, avec le derby de Stockholm entre Hammarby et Djurgarden. Comme à Milan, les deux rivaux se partagent le même stade. Côté palmarès, large avantage aux “bleu et bleu marine”. Mais un derby est toujours incertain, et dans ce quart de finale de Coupe nationale, il a fallu attendre la séance de tirs au but pour voir gagner le tenant du titre Djurgarden.

Le sauveur de la semaine :

La Fiorentina a eu chaud. Dans un match qui leur aurait permis de recoller avec le haut du classement, face à la Lazio, la Viola avait mal démarré la rencontre, laissant Ciro Immobile ouvrir le score à la 23e. La Lazio avait l’occasion de revenir à égalité avec le Torino, l’Atalanta Bergame ou encore la Roma. Mais Luis Muriel n’a pas vu les choses sous cet angle. Sur le seul tir cadré de son équipe (en 13 tentatives dans la rencontre), l’international Colombien est venu égaliser à l’heure de jeu, et permet à la Fio de continuer à rêver d’Europe.

L'ancien de la semaine :

Il avait besoin de retrouver les terrains, et c’est désormais chose faite. Ali Ahamada, l’ancien portier toulousain, vient de signer un contrat avec Kongsvinger, en deuxième division norvégienne. Sans club depuis un an, c’est un nouveau départ pour le franco-comorien. On lui souhaite de marquer un nouveau but !

Xavier Regnier

Revue hebdo du 11 mars 2019

Diego Rossi, l’ange Uruguayen

Tous les mois, la Feuille de Match vous permet de découvrir un joueur méconnu à travers un portrait. Pour cette première édition, direction Los Angeles, à la découverte d’un jeune joyau Sud-Américain, Diego Rossi.

Une première rencontre disputée à domicile dans cette nouvelle saison 2019 de MLS, et une victoire 2-1 pour le Los Angeles FC. D’abord menés au score, The Wings ont égalisé par leur prodige Uruguayen de 21 ans, Diego Rossi. Un treizième but sous les couleurs du LAFC, qui permet à son équipe de se remettre sur les bons rails dans cette rencontre, qu’ils finiront par remporter. Le virevoletant et vif ailier de Los Angeles a encore réalisé une excellente rencontre.

Deux titres et puis s’en va

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Gracias por esta alegría #peñarol #51 🏆💛🖤

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Né à Montevideo le 5 mars 1998, Diego effectuera toutes ses armes dans son pays natal, au club de Penarol. Des débuts professionnels en Avril 2016, et 51 rencontres disputées et 13 buts marqués plus tard, le joueur signe en MLS, pour la première saison de l’histoire de la nouvelle franchise du Los Angeles Football Club. Le jeune arrive avec deux titres de champion d’Uruguay à son palmarès, et de grandes promesses. Deuxième “Joueur Désigné” (un joueur dont le salaire dépasse le plafond salarial maximum autorisé par un club de MLS) du club de la Ville des Anges, le jeunot arrive avec le statut de future star, courtisé en Europe. Et il ne va pas décevoir.

Des débuts prodigieux avec le Los Angeles FC

Pour la première saison de la toute nouvelle franchise de MLS dans l’élite américaine, la direction tape du poing sur la table. Et ils tapent fort. Carlos Vela, Diego Rossi, André Horta… Plusieurs joueurs de qualité viennent garnir l’effectif du LAFC, qui va disputer sa première rencontre de son histoire face aux Seattle Sounders. Au “Bank of California Stadium”, l’équipe aura à coeur de bien démarrer la saison, mais également son histoire. Ils ne manqueront pas à l’appel, et vaincront leurs adversaires 1-0 grâce à un but de… Diego Rossi, premier buteur de l’histoire du club. Rien que ça.

Par la suite, le jeune Uruguayen régalera les supporters par sa grinta, sa technique et ses nombreux buts (12 au total, pour 30 titularisations). Du haut de son mètre 70, il fait parler sa finesse balle au pied pour casser quelques reins par des accélérations fulgurantes et une très bonne pointe de vitesse. Son centre de gravité très bas, dû à sa petite taille, fait qu’il est très difficile de défendre sur lui, et il subit beaucoup de fautes. Très à l’aise des deux pieds, le joueur a la panoplie de l’attaquant complet.

En sélection : champion U20 de la Copa América

Diego Rossi a franchi les étapes jusqu’aux portes de la sélection. Déjà international U17 lorsqu’il était à Penarol, il passera par la sélection U20 de la Céleste, avec laquelle il remporte une Copa América U20 en 2017, disputée en Equateur, contre le pays hôte. Une victoire 2-1, et l’Uruguay a prouvé qu’ils avaient encore de beaux talents en réserve. Diego Rossi deviendra sans aucun doute un leader de la sélection Uruguayenne, et un véritable danger pour n’importe quelle défense.

S’il réalise encore une saison pleine du côté des Etats-Unis, ses anciens prétendants européens devraient de nouveau se manifester, et le joueur pourrait poser ses valises dans une grande écurie européenne.

Hugo Kucharski

Diego Rossi, l’ange Uruguayen

À Marseille, Rudi Garcia a (enfin) des problèmes de riches

Quatrième du championnat de France, à cinq points du podium, l’Olympique de Marseille revient de loin. Après cinq matches sans défaite, Rudi Garcia semble avoir trouvé la bonne formule. Au détriment de certains cadres.

Face à Saint-Etienne, le banc des remplaçants de l’Olympique de Marseille avait fier allure. Le capitaine Dimitri Payet, son suppléant Luiz Gustavo, la recrue phare du mercato estival Kevin Strootman et le champion du monde Adil Rami ont commencé le match en portant la chasuble. La situation est pire pour l’ami Rolando qui a vécu le match comme Aymen Abdennour en a l’habitude : dans les tribunes de l’Orange Vélodrome. Contre les Verts, le 3 mars 2019, Rudi Garcia s’est donc passé de cinq titulaires habituels. Et pourtant, malgré ces absences de poids, l’OM ça gagne !

Lopez-Sanson ça fonctionne (pour l’instant)

Marseille a facilement battu, deux buts à zéro, une triste équipe de Saint-Etienne, classée 4e avant le début de la rencontre. Avec ce succès, les Olympiens ont pu doubler les Verts au classement et enchaîner une cinquième rencontre sans défaite. Il est clair que Sainté n’a pas été un adversaire compliqué. Ce que l’on peut retenir de ce match (après la célébration smartphone de Balotelli), c’est que la bataille du milieu a tranquillement été remportée par Maxime Lopez et Morgan Sanson. Habituellement dans la rotation de l’effectif, les deux compères ont livré une belle prestation.

Rudi devra faire des choix

Alors que deux chocs se profilent pour les Phocéens (réception de Nice puis déplacement au Parc des Princes), Rudi Garcia va-t-il rester dans la continuité ? Difficile de savoir. Pour la première fois de la saison, le technicien a le choix pour composer son milieu de terrain. Doit-il maintenir sa confiance à la paire alignée depuis la victoire face à Amiens (2-0), ou faut-il réincorporer les cadres que sont Luiz Gustavo et Kevin Strootman ?

Difficile pour le Brésilien d’afficher le même niveau que la saison dernière, tant il avait été énorme. Contre les Verts, Gustavo est rentré peu après l’heure de jeu et n’a pas été transcendant. Loin de là. Malgré tout, il reste un joueur d’expérience et il est difficile d’imaginer que Rudi Garcia se passe de lui face au Paris Saint-Germain. Même cas de figure pour le Batave. En délicatesse depuis le début de saison, Strootman laissait entrevoir une montée en puissance avant sa blessure aux adducteurs à Dijon. Comme Luiz Gustavo, il a les épaules pour participer à un choc contre une équipe comme Paris. Entre Sanson, Lopez, Gustavo et Strootman, Garcia risque de faire des déçus.

En 4-4-2, un capitaine abandonné sur le banc

Avec l’arrivée de Mario Balotelli, l’OM semble adopter un nouveau schéma tactique. Exit le 4-2-3-1 et le 4-3-3, place au 4-4-2. Avec cette nouvelle disposition, les résultats suivent et ce très cher Mario Balotelli marque. Pourtant, cette tactique fait un grand perdant, et pas des moindres : le capitaine Dimitri Payet. Comment l’incorporer ? Sur l’aile gauche ? C’est une possibilité mais sous le maillot marseillais, le Réunionnais a toujours semblé plus à l’aise en position de meneur de jeu. Là encore, Garcia va devoir trancher. Et c’est peut-être Valère Germain ou Lucas Ocampos qui en feront les frais.

Duje n’est pas une douille

Derrière, l’OM encaisse moins de buts. Sur les cinq dernières rencontres, la défense n’a pris que deux buts. Bon en face, il n’y avait pas Cavani ou Mbappé, mais c’est déjà ça, tant la rigueur défensive, même face aux plus faibles, manquait en début de saison. L’OM doit en partie son renouveau défensif à sa charnière de pré-pubères : Boubacar Kamara (19 ans) et Duje Caleta-Car (22 ans). Pour le premier, personne n’a jamais eu le moindre doute, puisque cette saison, il a longtemps été l’une des seules satisfactions derrière.

Pour le second, son début de saison a été compliqué. Crucifié, sacrifié, assassiné par Garcia qui l’a jeté dans l’enfer des Costières pour ses débuts en Ligue 1, Duje Caleta-Car a reçu, depuis, pas mal de critiques. Souvent justifiées d’ailleurs. Et pourtant, ses dernières prestations prouvent qu’il est loin d’être la pipe décrite par de nombreux suiveurs.

Son match contre l’AS Saint-Etienne parle pour lui : 100 % de passes réussies, 9 ballons gagnés. Le Croate a réalisé l’un de ses meilleurs matches sous la tunique olympienne. Tout va toujours plus vite à Marseille. Maintenant, c’est à lui de confirmer lors des grosses affiches pour reléguer durablement Adil Rami et Rolando sur le banc des remplaçants.

Contre Nice, les 11 joueurs qui seront alignés devront prouver qu’ils ont les capacités de revêtir ce maillot, parfois si lourd à porter. C’est la suite de leur saison qui est en jeu, que ce soit de manière individuelle ou collective. Les Marseillais n’ont pas d’autres choix que de remporter les trois points dans leur quête (quasiment impossible) du podium. Coup d’envoi, dimanche 10 mars, à l’Orange Vélodrome.

Thibaut Calatayud

À Marseille, Rudi Garcia a (enfin) des problèmes de riches

Paris, c’est fini

2 ans après, l’ombre de la Remontada planait encore dans l’esprit des plus sceptiques. D’autres pensaient qu’après le match aller fantastique réalisé par le PSG à Old Trafford, remporté 2-0 par les Parisiens, cette rencontre n’était qu’une formalité. Encore une fois, ils nous ont prouvé que tout était possible dans le football.

C’est avec une équipe diminuée que les Red Devils se présentaient, hier soir, sur la pelouse du Parc. Visages concentrés, fighting spirit anglais et des joueurs prêts à en découdre, tandis que les Parisiens semblaient un peu plus détendus. Certes, l’équipe alignée par Manchester United ne faisait pas rêver. Certes, Paul Pogba, Jesse Lingard, Ander Herrerra, Nemanja Matic ou encore Anthony Martial étaient restés à la maison pour cette rencontre, le premier suspendu, les autres blessés. Et pourtant.

2 minutes et déjà lancés

Dès l’entame de match, Manchester met de l’intensité. Fred, à la première minute, commet une faute sur Angel Di Maria, pire cauchemar des mancuniens au match aller. Une minute plus tard, le minot Thilo Kehrer manque sa passe en retrait pour Thiago Silva. Lukaku intercepte, dribble Gianluigi Buffon et va tacler ce ballon dans le but vide, marquant son premier but dans la compétition. 2e minute de jeu, Manchester est lancé. Les genoux parisiens commencent à trembler, tandis que la grinta des joueurs d’Ole Gunnar Solskjaer semble encore plus forte.

Le Paris Saint-Germain, sonné, met du temps avant de réellement rentrer dans sa rencontre. Les joueurs tentent de se faire dangereux, mais pour le moment, Manchester tient la baraque. Jusqu’à la 12e minute. Dani Alves lance Mbappé dans la profondeur, côté droit. Le Français centre ce ballon en retrait, à ras de terre, pour Juan Bernat. L’Espagnol devance Eric Bailly, en difficulté durant toute sa rencontre, reprend ce ballon pied gauche, au second poteau. Un partout, le Parc exulte. Les parisiens semblent reprendre un ascendant psychologique dans cette rencontre, ce but rendant la tâche mancunienne bien plus compliquée.

De Gea sera par la suite sollicité par Bernat, mais le portier de la Roja parviendra à repousser la frappe de l’espagnol près du poteau droit. Dans un match présentant un faux rythme, les parisiens dominent outrageusement la possession de balle, avec 83%.

Une erreur de Buffon pour tout relancer

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9 and 10

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Puis arriva la 30e minute. Le moment où le match va basculer. Marcus Rashford, totalement seul aux 25 mètres, déclenche une frappe puissante et tendue du pied droit. Buffon, peu attentif, commet une faute de main. L’erreur de trop. Romelu Lukaku, placé en embuscade, va glisser ce ballon au fond des filets parisiens. 2-1, l’espoir semble revenu côté mancunien.

Par la suite, Eric Bailly sortira, touché et en difficulté, remplacé par Diogo Dalot. Les parisiens mettent le pied sur le ballon, sans toutefois rassurer les supporters, notamment à cause d’une défense bien trop friable. A la pause, 76% de possession pour le PSG. Au score, 2 buts à 1 pour Manchester United. Solskjaer, arrivé en sauveur, peut encore rêver de réaliser le pari du siècle.

On est à la 56e minute de jeu, et le match affiche toujours un faux-rythme. Malgré le score, la rencontre semble molle. Pourtant, Di Maria va placer une merveille de ballon piqué dans les buts mancuniens, après une sublime talonnade de Mbappé aux 25 mètres. Seulement voilà, l’Argentin est signalé en position de hors-jeu. Le but est refusé, et les Parisiens commencent à douter. Les supporters sentent venir le cataclysme, mais refusent d’y croire. Pas encore, pas après la légendaire Remontada Blaugrana et le 6-1 subi contre le FC Barcelone deux saisons auparavant.

Une glissade de Mbappé qui coûte cher…

Le match se déroule ensuite sans vraiment d’occasions, le PSG se contentant de tranquillement faire tourner le ballon. Draxler sort, remplacé par Meunier, alors que Kehrer quitte la pelouse pour laisser entrer Leandro Paredes, la recrue hivernale du club de la capitale. Solskjaer joue la carte de la jeunesse (la seule qu’il pouvait encore sortir de sa manche, à vrai dire) et fait entrer Tahith Chong, remplaçant Andreas Pereira.

On joue la 84e minute. Paris domine son sujet, mais une certaine fébrilité plane toujours sur cette équipe. Pourtant, tout ne semble pas terminé. Dani Alves lance parfaitement Kyllian Mbappé dans le dos de la défense, à la limite du hors-jeu. L’attaquant parisien se présente devant De Gea, tente de le dribbler… et glisse. L’image semble se dérouler au ralenti pour les supporters Parisiens, qui se voyaient déjà anéantir les espoirs de qualification des Red Devils.

Mais l’action n’est pas terminée. Juan Bernat, encore lui, a bien suivi l’action. A gauche, dans la surface, le latéral reprend ce ballon pied gauche… qui heurte le poteau droit de David De Gea. Une fois encore, le ballon semble partir au ralenti, les supporters semblent prêts à exploser, exulter. Mais une fois encore, la “malédiction” parisienne hante les protagonistes de cette rencontre. Toujours 2-1, et Paris tremble.

… et la VAR qui redonne l’espoir

Par la suite, c’est Ashley Young qui va quitter la pelouse, remplacé par le très jeune (mais non sans talent) Mason Greenwood. Solskjaer abat sa dernière carte, tentant le tout pour le tout dans cette rencontre. C’est alors que l’impossible arriva.

On joue la 90e minute. Trois minutes de temps additionnel annoncées. Diogo Dalot se présente pour centrer, et le ballon part très vite. Presnel Kimpembe le dévie, et le ballon part en corner… Pas tout à fait.

Kimbembe touche en effet ce ballon du bras. L’arbitre de la rencontre, M.Skomina, fait appel à la vidéo. Quelques secondes plus tard, il accorde le penalty à Manchester United.

Tout le Parc des Princes retient son souffle, et probablement des millions de spectateurs devant leur télé. Marcus Rashford s’élance… et trompe Buffon. 94e, 3-1. Manchester est pour le moment qualifié.

Cavani entrera en jeu juste après cet évènement, mais cela ne suffira pas. Un dernier coup-franc dangereux pour le PSG, repoussé par Lukaku. L’arbitre siffle, c’est terminé. Les Red Devils sont en quart de finale.

Un résultat cataclysmique

Ce résultat, catastrophique, n’est pas sans rappeler la Remontada du FC Barcelone. Sauf que cette fois, c’est pire. Parce que Manchester United est extrêmement diminué. Parce que le PSG semblait prêt à aller au bout, à marcher sur l’Europe. Pourtant, leur cruel manque de mental leur aura encore coûté très cher.

“Nous avons contrôlé la partie, c’est un résultat totalement ridicule”
Thomas Tuchel
coach du PSG

En zone mixte, les déclarations fusent : “C’est inadmissible”, annonce Marquinhos. “Nous avons contrôlé la partie, c’est un résultat totalement ridicule” fulmine Thomas Tuchel. Neymar, sur les réseaux sociaux, s’emporte : “C’est une honte. On met quatre mecs qui ne comprennent rien au foot pour regarder un tir au ralenti devant la télé… Il n’y a rien. Comment le mec peut mettre ses mains ailleurs”. Suivi d’un “Allez vous faire foutre” plein de regrets et de dégoût.

Encore une fois, le Paris Saint-Germain a manqué de quelque chose pour pouvoir se présenter en tant que top équipe européenne. Reste à savoir quelles conséquences auront ce résultat sur le club…

Hugo Kucharski

Paris, c’est fini

Revue hebdo du 6 mars 2019

Chaque semaine, la rédaction de la Feuille de Match vous emmène faire un tour du monde le temps d’un article en sélectionnant quelques faits marquants. Objectif découverte, tout en assumant une certaine subjectivité.

Le but de la semaine :

Centre-tir ? Lob ? Enroulé ? Comment qualifier ce but de Lucas Andersen ? Un bijou qui vient sauver le point du nul pour Aalborg, au terme d’un match maîtrisé (24 tirs à 6 ; 69% de possession de balle) contre Hobro, l’avant-dernier du championnat danois. Aalborg est 6e.

La masterclass de la semaine :

Selnaes va cruellement manquer aux Verts et son départ vers la Chine n’est peut-être pas le meilleur choix sportif. Mais pour sa première avec Shenzhen, il s’est offert une prestation de haute volée : un doublé (frappe du gauche sans contrôle à l’entrée de la surface, coup franc expédié sous la barre transversale) et une passe décisive.

Le chiffre de la semaine :

0

C’est le nombre de points pris à l’extérieur par le Séville FC en 2019. 5 défaites pour un seul but marqué, ce week-end, contre Huesca. Au classement, Séville est 6e, à 5 points de la 4e place synonyme de Ligue des Champions. Huesca, de son côté, peut croire à un improbable maintien en revenant à 3 points du 17e.

Le carton de la semaine :

Habituée de la Ligue des Champions, Schalke est à la peine cette saison. Sans victoire en championnat depuis le 20 janvier, le club de Gelsenkirchen a explosé ce week-end à domicile, giflé 4-0 par le promu Fortuna Düsseldorf (buts de Lukebakio sur pénalty, Raman et doublé de Kownacki). Excédés, les supporters ont contraint Stambouli à rendre son brassard de capitaine. Les Knappen peuvent regarder dans le rétroviseur : le barragiste est à 4 points…

La décla de la semaine :

Selon lui, Gradel “pourrait jouer à Paris ou à Marseille”. Si on peut douter de sa plus-value dans l’effectif parisien, nul doute que l’Ivoirien a de quoi rivaliser avec Lucas Ocampos. Au-delà du foot fiction, les punchlines alignées par le milieu offensif depuis quelques matchs traduisent un vrai ras-le-bol. Gradel tient Toulouse à bout de bras, et ça l’agace. Et ce n’est pas le match contre Lyon qui lui donnera envie de rester cet été…

Le championnat de la semaine :

De l’autre côté de l’Atlantique, on joue les championnats sur une année civile. Ce week-end, c’était donc la journée d’ouverture de la MLS, le championnat nord-américain. 12 matchs, 41 buts, et Zlatan qui fait déjà parler de lui en permettant au LA Galaxy de renverser Chicago. Une 24e saison qui accueille une 24e franchise, Cincinnati, battu 4-1 par les Seattle Sounders.

La boulette de la semaine :

En général, quand on parle de boulette, c’est qu’un gardien a raté un ballon. Là, Consigli a bien attrapé… l’épaule de Piatek, qui venait de le lober à l’entrée de la surface. Carton rouge logique, ce qui n’a pas aidé son équipe à revenir dans un match pourtant équilibré.

L’ancien de la semaine :

Crédits : Daily Mail

Les champions du monde affluent au Japon, avec succès. Lors de la deuxième journée du championnat, le Sagan Tosu de Fernando Torres s’est incliné face au Vissel Kobe d’Iniesta, Podolski et… David Villa, auteur du seul but du match. Des débuts réussis pour le meilleur buteur de l’histoire de la Roja dans son nouveau championnat.

Revue hebdo du 6 mars 2019