JPP : À jamais dans l’histoire

JPP : À jamais dans l’histoire

Natif de Boulogne-sur-Mer, c’est dans le Nord, du côté de Jeumont, que Papin va se lier d’amitié avec le football. Et cette amitié sera fortement imprégnée du sentiment de redevabilité mutuel et l’humilité dont fait preuve JPP. Et le football l’en remercie, éternellement.

Son parcours jeune, Jean-Pierre Papin le passe dans 4 clubs différents depuis Jeumont jusqu’au RC Vichy où il se révèle définitivement. Il s’envole donc en 84 à Valenciennes, sans un succès probant et décolle pour Bruges l’année suivante. Et malgré des résultats en dents de scie, Papin culmine pourtant à 42 buts dès sa deuxième saison professionnelle. De quoi convaincre le géant phocéen d’enrôler le buteur français, âgé alors de 23 ans, du côté de la canebière…

L’épopée phocéenne et la révélation Papin

Première saison en 1986, et déjà un premier surnom pour JPP : « Je Plante Pas », en lien avec ses initiales. Pas très flatteur pour le buteur marseillais mais révélateur de ses résultats personnels. En effet, en plus d’être arrivé auprès des supporters comme un mercenaire (du fait de son pré-contrat à Monaco avant de signer pour l’OM), Papin ne se rachète pas par ses statistiques lors de la première saison. Il faut attendre la saison 87-88 pour voir le numéro 9 tricolore se révéler sous le maillot olympien. Et quelle révélation ! Quintuple meilleur buteur du championnat de France de 1988 à 1992, il est l’acteur principal de la domination nationale et des quatre titres consécutif de l’OM. Mais Papin a aussi contribué à la très belle aventure européenne des marseillais (allant même jusqu’en finale, perdue contre l’étoile rouge de Belgrade en 1991).

La der’ des der’ au Vélodrome

Lors de la conquête européenne de son club, l’attaquant olympien n’a pas uniquement ravi ses supporters. Il a aussi attisé la convoitise des plus grands. À la suite du quart de finale de coupe des champions perdue par le Milan AC en 1991, Sacchi dira même : «  il est impressionnant. D’ici 2 ans il sera ballon d’Or ». Et le principal intéressé (ballon d’Or 91) a du se voir flatté par les propos d’Arrigo Sacchi, puisqu’à la fin de l’exercice 1991-1992, il est annoncé au Milan AC. Il jouera donc la « der’ des der’ au Vélodrome » comme expliquait Bernard Tapie, nostalgique, la veille de son dernier match, le 25 Avril 1992, contre l’AS Cannes (où évoluait encore un certains Zinédine Zidane…). Comme un symbole, JPP marquera le premier but de la rencontre à la 70e, suivi par Deschamps quelques minutes plus tard devant un Zizou impuissant. Que de souvenirs…

Finalement, le numéro 9 marseillais quitte la canebière totalisant 185 buts en 254 matches et 30 lors de sa dernière saison (record battu par Mbappé en 2019).

« Envie de coupe d’Europe »

Le roi de la Papinade l’a dit, il veut la coupe des champions. Lors de sa première saison, 1992-93, il empoche le scudetto, fort de coéquipiers extraordinaires et en concurrence avec l’élégant mais non moins efficace Marco Van Basten. Il n’empêche que JPP finit meilleur buteur. Des débuts en fanfare donc, mais loin de son objectif puisque le 26 Mai 1993, il bute une nouvelle fois en finale de coupe d’Europe, contre… Marseille ! Une tête puissante de Boli suffit à briser les rêves d’un Papin définitivement malchanceux. Mais la saison suivante, JPP, fort d’un second scudetto remporte enfin la coupe d’Europe. Et même s’il n’a pas joué la finale, il sera tout de même « un acteur important du titre, fort de son humilité et de son efficacité quand il entre en jeu » selon son entraîneur, Fabio Capello.

En manque de temps de jeu, le français essaye ensuite l’Allemagne et espère, en ralliant le Bayern Munich, retrouver le chemin des filets. Mais c’est raté pour Papin qui ne marque que 6 petits buts en 2 saisons et pas mieux qu’une demi-finale de coupe d’Europe perdue contre l’Ajax en 1994-95… Le buteur des bleus n’a à  son départ qu’un trophée de « plus beau but de Bundesliga » sur l’exercice 1995-96 grâce à une Papinade dont il a le secret.

4 ans d’exil et de retour en France

De retour en Ligue 1, JPP reste fidèle au sud et évolue jusqu’en 98 sous les couleurs des Girondins de Bordeaux, emmené par Rolland Courbis. Mais malgré de très bonnes performances, il ne résiste pas à la montée en puissance de Wiltord et à la valse des entraîneurs, entre le départ de Courbis et l’intérim de Guy Stéphan, qui prend fin à l’arrivée d’Élie Baup.

Finalement Papin se lancera un dernier défi à Guingamp en 1998, qu’il ne réalisera pas en mettant fin à sa carrière professionnelle au bout de quelques mois. A la place il jouera en amateur dans un petit club de la Réunion pendant une saison avant de signer pour 3 ans au Cap-Ferret.  

JPP : ballon d'Or des papas

Malgré une carrière internationale en dents de scie et avec une carrière en club irréprochable, on pourrait croire que la vie de Papin tourne autour du foot. Mais pas que… Car le natif de Boulogne-sur-Mer mène un combat beaucoup plus noble que celui de buteur : « C’est le combat d’une vie » que de se battre pour sa fille, atteinte de lésions cérébrales. Un combat que mène ce père de famille depuis 1996 avec sa femme, et fort de l’association qu’il a créé : Neuf de Cœur. Depuis, l’ancien marseillais reçoit le soutien de tout l’univers footballistique, en particulier celui de l’OM qui avait floqué ces maillots avec le nom de l’association lors d’un match de ligue des champions contre Dortmund, en 2011. Un geste qui avait beaucoup touché l’intéressé…

Jules Arguel

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