La renaissance de la Squadra

La renaissance de la Squadra

En perdition depuis la victoire finale lors de la coupe du monde 2006 en Allemagne, l’Italie renaît peu à peu de ses cendres après un long chemin de croix. Cette période néfaste avait prit une tournure dramatique lors de l’échec retentissant contre la Suède en barrage de la coupe du monde 2018… Et aujourd’hui, l’Italie est qualifiée pour l’euro 2020, à 2 journées de la fin des qualifications avec seulement 3 buts encaissés… Retour sur l’histoire de la Squadra, de 2006 à aujourd’hui.

La fin d'une ère

En 2006, la sélection italienne était au sommet de son art. Mais un doute planait au dessus de la botte : le renouvellement de l’effectif vieillissant. Les départs de Nesta, Cannavaro, Totti et Inzaghi coûtent cher à la Squadra tandis que les autres Materazzi et Del Piero vieillissent. Peu à peu perdant de leur superbe, les italiens décident de faire confiance à une nouvelle génération avec, entre autres, Quagliarella (25 ans) ou Aquilani (24 ans), jusque là jamais sélectionnés. L’Italie arrive donc en Autriche, pour l’euro 2008, avec un effectif rafraîchit mais inexpérimenté. Del Piero assistera, sans rien pouvoir faire, à une lourde défaite 3-0 contre les Pays-Bas. Ils souffriront ensuite contre la Roumanie (1-1) avant de battre la France 2-0 dans un match capital. Mais les difficultés de son équipe à construire inquiètent Roberto Donadoni, le sélectionneur, qui verra finalement son équipe perdre aux tirs aux buts contre l’Espagne en quarts de finale après un match creux et pénible traduit par un 0-0 qui semblait inévitable. Après ce match, Donadoni dira même que « Cette Italie n’a rien de celle d’il y a deux ans. On n’a rien vu. Ni aujourd’hui, ni depuis deux semaines ».  

Le syndrome champion du Monde

À l’instar de l’Espagne en 2014 après le sacre de 2010, à l’instar de l’Allemagne en 2018 après la victoire en 2014, l’Italie n’a pas passé les poules en 2010. Victime du syndrome du champion du Monde, l’Italie s’est retrouvé dans une posture toute aussi difficile qu’en 2008, voire pire… L’effectif, vieillissant en 2008, est devenu vieux en deux ans. Les jeunes ne sont pas aux niveaux et les Vicenzo Laquinta, Riccardo Montolivo ou Salvatore Bocchetti sont le symbole d’une équipe pauvre en profondeur qui n’inspire rien mais dénote d’un problème certain de formation de jeunes joueurs en Italie. En effet, le Calcio n’attire plus à l’ère ou le Milan AC commence sa descente aux enfers et où l’inter ne peux que sauver l’honneur avec un dernier titre européen. Et la formation italienne n’est pas à l’avantage avec l’arrivée d’étrangers de plus en plus nombreux dans le big 5. Résultat en atteste. La Squadra affiche à la fin des phases de poules un bilan catastrophique. Match nul contre le Paraguay (1-1), match nul également contre une Nouvelle-Zélande bien trop faible pour autant accroché les italiens (1-1) et pour finir en beauté une défaite 3-2 contre la Slovaquie qui, pour leur défense, avait livré une belle prestation, emmenée par un superbe Robert Vittek qui signe un doublé ce soir là.

Un chemin de croix interminable

En 2012, l’Italie renaît de manière insoupçonnée avec le succès en accédant à la finale de l’euro. Emmenée par un Balotelli de grande classe malgré son caractère et ses performances en dents de scie, la Squadra se qualifie au forceps à chaque tour comme l’illustre la séance de tirs aux buts haletante contre l’Angleterre en quarts. L’Italie efface le spectre de la défaite et élimine l’Allemagne en demi-finale grâce à un doublé de « Balo » (2-1). Seulement, en finale, le forceps ne suffit pas pour cette équipe timide qui perd 4-0 contre l’ogre espagnol qui réalise la prouesse de gagner deux euros et une coupe du monde d’affilée… rien que ça.

Malheureusement pour eux, le prestige de leur présence en finale ne sera pas révélateur d’un renouveau en Italie. Bien au contraire. Prandelli, le sélectionneur, peine à qualifier sa sélection en coupe du monde 2 ans plus tard. Pas de défaites mais 11 buts encaissés en 9 matchs pour finalement finir deuxième du groupe. La Squadra arrive donc au Brésil avec dans son groupe l’Angleterre, l’Uruguay et le Costa Rica. Alors après une victoire encourageante contre l’Angleterre (2-1), les hommes de la botte, guidés par Prandelli, espèrent la première place. Mais rattrapés par leurs vieux démons, les italiens mettent le genoux à terre face au Costa Rica qui s’impose par la plus petite des démarches. 2 jours plus tard, l’Uruguay est venu posé la croix sur le dos arqué des italiens en les battant sur le même score. 3ème de sa poule pourtant à sa portée, l’Italie capitule, Prandelli est remercié. A sa succession, les supporters italiens ont pensé voir souffler un vent nouveau avec la nomination de Antonio Conte. Les matchs amicaux se déroulent à merveille et la patte Conte prend forme. Le 3-5-2 de l’entraîneur leccesi fonctionne et la stabilité défensive d’antan revient grâce à la charnière juventini Barzagli – Chiellini – Bonucci et le milieu de terrain équilibré. Et que dire des prestations de Giaccherini… tout simplement élu meilleur joueur de la Squadra par ses pairs. Malheureusement, la fête n’est que de courte durée puisque à l’euro, les hommes de Conte pourtant sur un bon rythme (après l’élimination de l’Espagne) chute aux tirs aux buts contre l’Allemagne en quarts de finale. L’ancien coach des blues de Chelsea est à son tour limoger, à la surprise générale… A la suite de cette désillusion et de l’incompréhensible limogeage de Conte, certains joueurs comme Marco Verratti ou Ciro Immobile sont écartés du groupe par le nouvel entraîneur, Ventura. Et la « Nazionale » n’y arrive logiquement pas. Luigi Di Bagio lui succède un an après. Et malgré les erreurs de son prédécesseur, le sélectionneur continue d’écarter Verratti, Immobile ainsi que Barzagli qui, agacé prend sa retraite internationale. Di Bagio entre donc en pleines qualifications à la coupe du monde en Russie avec des choix forts et assumés. Mais les résultats ne suivent pas. Et après 8 matchs, l’Italie doit s’imposer pour passer devant la Slovaquie, 2ème, alors que l’Espagne est seule en tête. La Squadra fait match nul contre la Macédoine du Nord et doit passer par les barrages… Ils échouent et sont défaits 1-0 face à la Suède avant de faire match nul à domicile et de voir son illustre capitaine quadragénaire, Gianluigi Buffon, fondre en larme pour sa dernière sortie.

La renaissance dans le silence

Absent de la coupe du monde, l’Italie se fait silencieuse. Mais pendant que la France se gargarise de sa victoire ce 10 juillet face à la Croatie, Roberto Mancini travaille dans l’ombre. Fort se son expérience au Zénith (67% de victoires), il espère s’acquitter du lourd fardeau que l’écusson italien porte depuis plusieurs années. Et ces débuts sont réussis. Les qualifications à l’euro 2020 commencent bien pour les italiens avec une victoire 2-0 sur la Finlande et 6-0 sur le Liechtenstein. A 2 journées de la fin des éliminatoires, la Nazionale est déjà qualifiée et le doit naturellement à sa nouvelle génération. Nouvelle génération qui a également eu son mot à dire lors du 5-0 contre le Lichtenstein au match retour (doublé de Belotti, but de Romagnoli et de Bernardeschi). Alors que les grandes nations soient prévenues. Donnarumma, Barella, Moise Kean ou encore Romagnoli et Belotti seront prêt à tout pour renouer avec le succès dont les supporters italiens languissent depuis tant de temps.

Jules Arguel

One comment on “La renaissance de la Squadra

  1. Arguel dit :

    Très bien écrit !

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