L’Avantage de jouer à domicile

L’Avantage de jouer à domicile

L’avantage de recevoir n’est pas un mythe. Depuis sa création le foot évolue, la tactique se perfectionne, les joueurs repoussent leurs limites, la technologie s’invite, les règles changent, les records sont battus mais jouer « à la maison » reste un plus.

En effet plusieurs facteurs entrent en jeu pour faire des stades de véritables forteresses armées contre les équipes visiteuses : Anfield, le Signal Iduna Park ou encore le Camp Nou en sont de bons exemples. Alors comment une équipe peut-elle démarrer une rencontre avec un avantage dans un sport où seul le talent est censé trancher son issue ? Les facteurs sont infimes et impalpables mais les statistiques prouvent qu’elles ont un impact.

Emporté par la foule

Dans le sport, et particulièrement dans le football, il est acquis que jouer à domicile représente un réel avantage sur son adversaire. Plus qu’une croyance populaire, cette vérité se confirme dans les statistiques : Une équipe gagne en moyenne 60% des points en jeux lors de matchs à domicile et marque 38% de buts en plus que les visiteurs. On observe qu’en Ligue 1 sur la saison 2018-19, 19 équipes ont gagné plus de points à domicile qu’à l’extérieur. 

Cet atout que représente un match à domicile s’explique par différents facteurs. À commencer par le plus évident, le soutien du public. Effectivement les joueurs sont galvanisés par le 12ème homme qui donne de la voix pour son équipe. Les locaux ne veulent donc pas décevoir leurs supporters et mettent inconsciemment, ou pas, plus de coeur dans le jeu. L’ambiance de certains stades peut également déstabiliser l’adversaire qui aura du mal à donner le meilleur de lui -même, intimidé voire gêné par les cris, les chants et l’atmosphère hostile. Pour exemple, lors d’un match de ligue des champions à Galatasaray en 2017, le buteur de Leipzig Timo Werner est victime d’un malaise à cause du bruit infernal dans le stade. A l’inverse, des ambiances comme celle d’Anfield à Liverpool permettent aux joueurs de réaliser des exploits tels que le « come back » des Reds face au Barça en demi-finale retour de ligue des champions en 2019. Au-delà des joueurs, l’arbitre peut parfois être influencé par la pression de la foule. Selon une étude menée en 2007, en Premier League la foule à un impact sur l’arbitre à hauteur de 0,1 but par tranche de 10 000 supporters, particulièrement en cas de penalty.

La force de l’habitude

Le fait de jouer à domicile est également un plus dans la mesure où les locaux n’ont pas de déplacement à effectuer. Le joueur passe du temps avec sa famille, dort chez lui, évolue dans un environnement qu’il connaît. Tandis que le visiteur entame un voyage parfois long et éreintant vers une autre ville voire même un autre pays pour se rendre dans un stade peu ou pas familier. De ce fait la force de l’habitude est un facteur très important. En effet les sportifs sont sensibles aux routines donc évoluer dans une enceinte habillée de ses couleurs, se changer dans ses vestiaires, avoir sa place, ses rituels, fouler sa pelouse, soutenu par son public. Tout ceci représente un confort mental qui peut influer sur le cours d’une rencontre. De plus la question du climat et de l’environnement n’est pas à écarter. Une équipe qui a l’habitude de jouer en altitude ou sous un climat hostile (neige, fortes pluies, vent, grosse chaleur) sera avantagé lors de la réception d’une équipe visiteuse. Des facteurs encore plus infimes peuvent aussi rentrer dans la balance. Une pelouse coupée court ou laissée longue, sèche ou très arrosée, une ligne de touche proche du public, une piste d’athlétisme. Tant de détails qui peuvent favoriser le jeu des locaux et gêner celui de l’adversaire même si ceux-ci relèvent plus de l’intuition et du constat que de la certitude vérifiée et incontestable.

L’instinct

Le match « à la maison » a donc un impact psychologique mais aussi physique et physiologique. Lors d’un match à domicile un athlète voit son taux de testostérone augmenter selon l’étude des chercheurs Wolfson et Neaves. Cette hormone permet d’être plus endurant, plus agressif, avoir plus de réflexes… Ainsi l’instinct s’ajoute à l’équation, l’instinct de préservation humain et la défense de son territoire ressurgissent lors d’un match à domicile. Inconsciemment les athlètes donnent le meilleurs d’eux même, poussés par un sentiment de survie, vestige du passé tribal de l’être humain. Ce sentiment est d’autant plus décuplé lors de derbys, où la question de la défense d’un territoire est exacerbée mais aussi une question d’honneur et d’égo. Parmi tous les joueurs c’est chez le gardien, dernier rempart de son équipe, qu’on remarque le taux de testostérone le plus élevé. Bien que difficile à appréhender ce phénomène a été démontré par les chercheurs anglais en 2003. 

Pour finir on remarque aussi que suite à la construction d’un nouveau stade, une équipe met 6 à 9 mois avant de s’y accommoder et d’en faire vraiment son antre, sa forteresse à défendre. Preuve que jouer « chez soi » apporte un plus qui se traduit dans les résultats sportifs. Et font des stades, tels que la Bombonera, Santiago Bernabeu, le stade Ali-Samy-Yen de Galatasaray ou encore le Stade Vélodrome, de véritables terres promises et théâtre d’affrontements légendaires pour tout fan de football.

Eliot Poudensan

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