Riquelme : légende de la Bombonera

Riquelme : légende de la Bombonera

Souvent décrié en Europe pour sa lenteur et sa nonchalance, le numéro 10 argentin demeure une icône dans son pays natal et surtout pour ses clubs de cœur, les Argentinos Junior et Boca Junior. Et si les titres ne viennent pas parfaire son histoire, c’est que celle-ci était trop riche pour laisser place à quelques trophées sur l’étagère. Retour sur la carrière de Júan Roman Riquelme,  ce monument du football dont l’amour du ballon rond dépassait la soif de titres… 

C’est à 11 ans seulement que Riquelme découvre le ballon rond, en gagnant des tournois clandestins organisés tous les dimanche par son père, sur la Plaza Dorrego à San Telmo, au nord de Buenos Aires. Foulant le bitume tous les week-ends, le jeune argentin progresse et se voit même recevoir une proposition de River Plate, lui qui n’avait alors connu que les sols durs de La Boca et de San Telmo. Mais les fréquentations douteuses de Riquelme le rattrapent. Il se voit refuser le centre de formation de River après avoir été vu en train de se battre sur la Plaza Dorrego, là où tout avait pourtant commencé… Mais en 93, alors âgé de 15 ans, Riquelme déménage à Rosario avec sa mère, son père et ses frères et s’entraîne dans le club de futsal de La Carpita avant de rejoindre les Argentinos Junior un an plus tard. Il signera son premier contrat professionnel après deux ans chez les u19, en 95. En avance ?

Retour à Buenos Aires

Âgé de 17 ans, Riquelme a balayé les fréquentations dont il avait souffert durant son adolescence. Maintenant entièrement consacré au football, Júan Roman Riquelme est épanoui et ça se ressent dans son football. En numéro 10, ou plus bas, « el bichito » est un meneur de jeu à l’ancienne.  Malgré sa vitesse qui lui fait défaut, sa technique sans pareille et sa qualité de passe (en plus de son talent sur coup de pied arrêté) lui confèrent un rôle très important dans la transition offensive des Argentinos et de Boca Junior, où il signe, en 96… Là bas, son talent se traduit en réussite avec trois Copa Libertadores et il est véritablement adulé par les fans. Plus qu’une icône, il est un modèle pour les jeunes du début du XXIème siècle… Son entraîneur à Boca Junior, Carlos Bianchi, qu’il considérait plutôt comme un père spirituel ne tarissait pas d’éloges lors du départ de celui-ci en Espagne : « Riquelme est un exemple. Il a eu une enfance difficile et aujourd’hui il se tient en héros dans le plus beau stade d’Argentine ».

 

Top 10 des coups franc de Riquelme 

Desilusão na Europa

En 2002, après 6 années de gloire chez les bosteros de Boca, Riquelme file au FC Barcelone où il ne jouera qu’une saison, 2002-2003. Malgré un bon niveau (bien qu’inférieur à celui qu’on lui connaissait), Riquelme agace par sa nonchalance et sa lenteur. De plus, son absence lors des gros rendez-vous (notamment lors de l’élimination en quart de finale de ligue des champions contre la Juve) lui vaut d’être fortement décrié en Espagne. Il est finalement prêté deux saisons au sous marin jaune de Villareal avant d’y signer définitivement jusqu’en 2008. Malheureusement, Riquelme est frappé par une terrible nouvelle avant son prêt… le kidnapping de son frère cadet, en 2002 alors que celui-ci s’entraînait avec son club, le FC Platense en deuxième division argentine. Le meneur de jeu argentin paye alors une rançon de 160 000 euros pour voir son frère libéré. Finalement, Riquelme décide de résilier son bail, en 2007, et retourne à Boca Junior pour s’occuper de sa mère, affaiblie par l’angoisse de voir son fils détesté en Espagne. Elle est hospitalisée deux fois cette année là. 

Retour en Argentine

Comme beaucoup de sud américains avant lui, à l’instar de Socrates par exemple, Riquelme n’aura retenu qu’un goût amer de l’Europe, trop compétitive pour eux à l’époque. Mais de retour sur sa terre natale, à Boca, le numéro 10 a rappelé aux grands d’Europe pourquoi eux, puissances du football, jalousaient tant les « petits » sud américains. Avec une belle histoire à raconter de sa campagne européenne et de retour pour chérir sa famille, tout en foulant les pelouses de la mythique Bombonera jusqu’en 2014, Riquelme n’a rien à regretter, tandis que le monde du football, lui, s’en souvient avec nostalgie… 

Retour à la Bombonera

En 2020, comme un symbole, Riquelme jouera un ultime match à la Bombonera en souvenir de sa carrière dévouée à ce club. Un rendez-vous à ne pas manquer !  

Jules Arguel

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