Rugby Championship : Une édition pas comme les autres

Rugby Championship : Une édition pas comme les autres

Le week-end dernier marquait la fin du Rugby Championship (ou Four Nations pour les puristes) après seulement 3 journées, coupe du monde oblige. Mais cette courte édition fut remplie de surprises. Entre la domination sud africaine, la fougue australienne et la déception néo-zélandaise, retour sur un cru 2019 riche en émotions.

En seulement 3 week-end de compétition, les forces en présence de l’hémisphère sud ne sont pas tellement celle attendues. Le monde du rugby s’attendait certainement à une domination de Blacks. Mais voilà le problème : la Nouvelle-Zélande n’arrive pas à convaincre en période pré Coupe du Monde. En 2015, c’était l’Australie qui avait tiré son épingle du jeu au terme d’un dernier match haletant face aux blacks (27-19). Même chose en 2011 avec une nouvelle victoire australienne. Ces deux éditions du Four Nations, avec celle qui vient de s’écouler sont les seules à ne pas avoir sacré les Blacks depuis 2009 et la victoire… de l’Afrique du Sud. Ces derniers ont donc remporté leur première compétition depuis 2009.  La compétition avait bien débutée pour les “sud-Afs” avec un victoire bonifiée sur l’Australie 35-17. Dans le même temps, la Nouvelle-Zélande s’était sortie du piège argentin 20 à 16 à Buenos Aires. La deuxième journée a réservé sa première surprise avec le nul 16-16 entre Blacks et Springboks en terre néo-zélandaises au terme d’un match très haché. L’Australie relevait quant à elle la tête avec un victoire sur l’Argentine 16-10 au Suncorp Stadium. La troisième et dernière journée fut remarquable avec l’étincelante victoire des Wallabies 47-26 contre les Blacks à Perth. Une victoire notamment grâce au carton rouge de Scott Barrett, le deuxième ligne des Blacks et des Crusaders pour plaquage haut. Une performance XXL des australiens qui laissait la voie libre aux Boks pour rafler cette édition du Rugby Championship. Et les joueurs de Rassie Erasmus l’ont fait, et de quelle manière. Une victoire 46-13 à Salta face à des argentins impuissants et un Handré Pollard monstrueux. Le futur montpelliérain a marqué la bagatelle de 31 points dont 2 essais tout en puissance.  Une édition riche en enseignements pour les quatres sélections en vue de la coupe du monde qui débutera le 20 septembre prochain. 

 

L’Afrique du Sud, 10 ans après

 

Déjà convaincant la saison passée, l’Afrique du Sud a clairement envoyé un message au reste du plateau mondial en vue de la Coupe du Monde au Japon. Durant ces trois matchs, Rassie Erasmus s’était même permis une large revue d’effectif et le coup fut gagnant. Et certains ont réussi à en tirer profit comme le demi de mêlée Hershel Jantjies. Homonyme de son compère Elton à la charnière lors du premier match, le joueur des Stormers avait marqué un doublé lors de son premier match avec les Boks. H.Jantjies avait aussi marqué l’essai du match nul en Nouvelle-Zélande à une minute de la fin, marquant encore plus les esprits.  La ligne de trois quarts a aussi apporté des garanties avec un Pollard étincelant durant toute la compétition. Et que dire du phénomène S’Busiso Nkosi. L’ailier des Sharks a fait preuve de tout son talent avec notamment des crochets dévastateurs pour les défenseurs adverses. On peut aussi mentionner les belles prestations de Mapimpi, De Allende ou encore l’ailier de poche du Stade Toulousain, Cheslin Kolbe, qui selon toute vraisemblance, devrait s’envoler pour le Japon.  Mais l’Afrique du Sud s’est encore montré solide sur les fondamentaux avec comme toujours un pack monstrueux. Une deuxième ligne qui semble être la meilleure du monde actuellement avec Etzebeth, Mostert sans oublier De Jager, qui ont régné sur la touche de la nation arc-en-ciel. Peu à la fête en Super Rugby avec des Lions qui ont déçus, Rassie Erasmus et les Boks partent avec un capital confiance maximal au Japon. Les Sud Afs seront dans la poule B avec le Canada, l’Italie, la Namibie et… la Nouvelle-Zélande. 

 

 

L’Australie, une victoire comme socle

 

Il y a certes eu la victoire étincelante contre les All Blacks lors de la dernière journée mais les protégés de Michael Cheika ont montré leur limites. Impuissant dans le combat face aux Boks, les australiens ont eu toute les peines du monde à venir à bout des argentins à Brisbane. C’est certainement cela qui rend l’exploit face aux Blacks encore plus surprenant. Certes aidés par le carton rouge pour Scott Barrett, les australiens ont fait preuve d’envie et de créativité dans le jeu, sanctionnant chaque erreur adverse. Un cocktail qui faudra obligatoirement reproduire au Japon. Le point positif de la compétition reste la discipline. Les australiens ont été très efficaces dans le jeu au sol avec encore et toujours Michael Hooper en troisième ligne. Le pack a lui alterner le bon et le moins bon, ne pouvant contrer la puissance sud africaine lors du match d’ouverture. Les principales satisfactions viennent des lignes arrières avec en premier lieu Christian Lealiifano. L’ancien joueur de l’Ulster, revenu au pays dans le but de disputer la coupe du monde a très certainement réussi son pari. Atteint d’une leucémie en 2016, on donnait peu de chance quant à la suite de sa carrière. Mais après une longue période de soin et un retour au plus haut niveau, le natif d’Auckland a montré tout son talent dans la gestion et l’orientation du jeu. Reece Hodge fut aussi impressionnant sur son aile et auteur de 3 essais dans la compétition.  L’Australie semble quand même capable de sortir de la poule D de la coupe du monde où figure aussi le Pays de Galles, les Fidji, la Géorgie et l’Uruguay

 

 

Un grain de sable dans la machine Black ?

 

Comme mentionné précédemment, le Four Nations pré coupe du monde ne sourit pas tellement aux All Blacks. Et cette année n’as donc pas dérogée à la régle. Une troisième place seulement pour la meilleure nation mondiale. La chose frappante sur ces 3 matches et le faible taux de points marqués. Les joueurs de Steve Hansen n’auront pas réussi à dépasser la barre des 30 pts sur chacun de ces trois matchs. Avec un pack remanié mais une grosse ligne de trois quarts pour le premier match, les néo-zélandais ont eu beaucoup de mal face à de valeureux argentins. Mais le match contre l’Afrique du Sud a permis de voir de nombreuses scories dans le jeu, un peu inhabituelles dans le jeu Blacks. Sur ce match, la seule occasion s’est transformé en essai, preuve que l’efficacité est toujours là. La bande à Kieran Read est par contre passé totalement à côté de son dernier match à Perth. Malgré un bon début de match, elle a totalement perdu pied après le rouge pour Scott Barrett adressé par Jérôme Garcés, l’arbitre français. Les néo-zélandais n’ont donc jamais semblé à l’aise sur cette compétition, car sans doute toujours en quête de repère. Des repères à trouver avec l’arrivée de Richie Mo’Unga à l’ouverture qui a entraîné le décalage de Beauden Barrett à l’arrière.  Des difficultés qui ne semblent pas affecter Steve Hansen qui a expliqué “ adoré ça. C’est le meilleur défi que nous pouvions avoir avant d’aller au mondial ”. Chacun pourra interpréter cette déclaration comme il voudra. Quoi qu’il en soit, les champions du monde en titre se dirige vers le Japon avec une belle marge de progression. Le premier match sera bouillant car il sera contre… l’Afrique du Sud.

 

 

L’Argentine toujours dans le flou

 

Il commence à être difficile de se faire une opinion arrêtée sur les Pumas. Certes opposés à ce qu’il se fait de mieux sur la planète rugby, les Argentins n’ont pas eu le goût de la victoire qui aurait permis d’engranger de la confiance. Et pourtant, cette confiance devait être présente avant la compétition au vu de la magnifique saison des Jaguares. La province argentine du Super Rugby s’était hissé jusqu’en finale, pendant contre les Crusaders. Et les Jaguares et l’Argentine ont beaucoup en commun car, à quelques “européens” près qui viennent garnir l’effectif, ce sont les mêmes joueurs. Mais il semble la recette du succès soit moins évidente. Perdant de peu ses deux premiers match, les joueurs de Mario Ledesma ont complètement craqué à domicile, prenant plus de 40 points à Salta. Où en sont donc ces Pumas, qui seront les premiers adversaires des Bleus lors du mondial ? Le bémol est que la composition du dernier match semble être la plus probable pour ce mondial et le résultat fut loin d’être satisfaisant. La faute à un défense très friable. Mais des individualités sont quand même à ressortir avec Pablo Matera. La capitaine courage des Pumas a encore une fois été précieux dans la difficulté. Autre membre de la troisième à avoir brillé, Facundo Isa. Le toulonnais a encore une fois montré sa disponibilité et sa puissance. Derrière, difficile de mentionner des noms. Les dangereux Boffelli et Cordero se sont quand même signalé avec un essai pour chacun. 

 

 

Difficile de dire que l’on vient d’annoncer les trois marqueurs d’essais car oui, seulement un essai par match pour les Argentins et une barre des 20 points jamais atteinte. Le premier match face aux Bleus sera l’occasion de voir le vrai visage argentin. Rendez vous le 21 septembre…

 

Kenny Ramoussin

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