Rugby Sevens : Pourquoi le Sevens devient-il populaire ?

Rugby Sevens : Pourquoi le Sevens devient-il populaire ?

Ce week-end, le tournoi de Dubaï a lancé la saison de sevens. Par sevens, il faut comprendre «rugby à 7». Les Équipes de France féminines et masculines sont toutes les deux sorties de leur poule avant d’être éliminées en quart de finale. Zoom sur ce sport qui prend de l’ampleur.

Le HBSC World Rugby Series Evens est le championnat annuel de rugby à sept masculin depuis les années 2000. Il faut ajouter «Women» pour obtenir le championnat féminin. Ils y voient s’affronter, sous forme de tournois disputés en un week-end, 15 équipes nationales tout au long de l’année. 15 n’étant pas un chiffre rond, une équipe est donc invitée chaque week-end de compétition. Les 15 autres places sont déterminés à la suite du classement de l’édition précédente. Il y a 10 week-ends de compétition dans l’année qui ont lieu aux 4 coins du globe. Une étape se déroule en France depuis 2016 à Paris dans l’antre du Stade Français à Jean-Bouin et attire chaque année de plus en plus de curieux. L’ambiance festive qui y règne avec des personnes venant déguisés comme cela se fait à Honk-Kong, étape historique du Sevens, dévoile l’attirance qu’ont les français pour ce sport de plus en plus médiatisé.  Diffusé chaque week-end sur canal+sport et ses autres chaînes le World Series tend à être connu en France et l’est déjà notamment dans les pays africains qui ont moins de moyens et préfèrent investir dans le rugby à 7 jugé moins coûteux.

Des Équipes de France qui fonctionnent

Le sevens est pour l’instant plus développé au niveau international que national. Pour que la recette marche il faut que les résultats de l’équipe nationale soient emballants. C’est de plus en plus le cas en France. L’équipe masculine actuellement entraînée par Jérôme Daret qui a succédé à l’emblématique Fréderic Pomarel en 2017 a finit 8e des World Rugby Sevens Series l’année dernière. Son second meilleur résultat après 2004 et 2006 et sa 7e place. Surtout les bleus se sont qualifiés deux fois en finale de Cup sur une même saison, pour la première fois de leur histoire. Plus que les deux défaites il faut retenir le contenu et la force de caractère montré par cette équipe. Articulé autour de cadres comme Stephen Parez ou son capitaine Jean-Pascal Barraque, les bleus accueillent de jeunes joueurs à fort potentiel tel que Gabin Villière (élu meilleur joueur du tournoi de Honk-Kong) ou encore Paulin Riva. Cependant cette équipe brille par son irrégularité. Capable de finir avant-dernier lors du week-end de Las Vegas avant de perdre en finale de seulement 9 points face à l’Afrique du Sud au tournoi de Vancouver la semaine d’après. Cette saison l’objectif est clair. Réussir une bonne saison en franchissant un cap dans la régularité des résultats pour essayer de se qualifier pour les JO de Tokyo en 2020. Pour cela il faudra remporter le TQO (Tournoi de Qualification Mondial) ce qui n’est pas une mince à faire. Mais Jérome Daret déclarait il y a quelques jours «On veut être champion du monde». Les choses sont dites et il faudra renouveler des performances semblables à celle de la semaine dernière avec cette encourageante 6e place.

L’Équipe de France féminine, quant à elle, entraîné par David Courteix brille de mille feux. En atteste sa 3e place au classement général au printemps dernier. Les enragées comme elles se font appeler, ont terminé 4e du premier tournoi à Glendale avant d’achever l’étape de Dubaï à la 5e place. Après être monté sur la troisième place du podium au classement général l’année dernière elles ont maintenant un statut à défendre. Comme leurs homologues masculins les bleues devront passer par un tournoi de repêchage pour accéder aux JO. L’objectif principal cette année est donc de peaufiner les automatismes et repères communs afin de ne pas manquer ce rendez-vous. Une non-participation aux JO serait vécue comme une catastrophe par le staff et les joueuses. En effet les enragés sont capables de multiples exploits comme en témoigne leur victoire face aux black ferns la semaine dernière et sont une des équipes les plus redoutées sur le circuit. De là à aller chercher la médaille d’or ? 

La création d’un championnat de France professionnel

Un championnat de France existe depuis 2012. Pendant deux ans la compétition sera nommée «Coupe de France». Elle est créée afin de promouvoir et développer le rugby à 7 en France. Dès 2014 la compétition est renommée «Championnat de France» et lui offre un nom un peu plus redondant. Ce championnat voit s’affronter l’ensemble des clubs voulant y participer et laissent donc place à un affrontement entre club amateurs et professionnels. Depuis Mai dernier la Fédération Française de rugby a annoncé la création d’une nouvelle compétition professionnelle : le «Super Seven». 16 équipes y participeront. La compétition se déroulera ainsi : 3 étapes de classement avant une étape finale où le gagnant sera sacré «Champion de France de rugby à 7. Soucieuse de développer le rugby à 7 en France, cet événement sera pour la FFR un axe de développement exceptionnel et apportera une visibilité inédite à ce sport en expansion.

Des stars du XV qui viennent du VII

L’un des exemples le plus connu et qui a la côte aujourd’hui, c’est la coqueluche de Ernest-Wallon et qui est champion du monde, je parle bien évidemment de Cheslin Kolbe. Le phénomène dont toute la planète parle depuis le Coupe du Monde au Japon est issu de la filière du 7. Il a fait ses débuts en 2012 avec son équipe nationale avec laquelle il a participé aux World Series en gagnant une étape à Las Vegas mais aussi la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques 2016 où il gagnera une médaille de bronze. Mais il n’est pas le seul. L’international français à XV Virimi Vakatawa est formé à la sauce du rugby à 7. Avant de briller au centre de l’attaque du Racing 92 et de celle de l’Équipe de France à XV il a fait le bonheur de l’Équipe de France à 7 où ses qualités athlétiques et rugbystiques ont fait merveille. Ce sont 2 joueurs parmi tant d’autres. J’aurais également pu citer Radradra ou encore Lomu avant eux. Ces différents exemples montrent qu’un bon joueur de rugby à 7 peut également l’être à XV même si un temps d’acclimatation est forcément nécessaire.

Un jeu agréable à regarder

Si le Sevens plaît de plus en plus, il le doit notamment à son format qui se distingue de son grand frère qu’est le rugby à XV. Les matchs au niveau international se déroulent en deux mi-temps de 7 minutes. Un format très court dans lequel l’intensité y est immense. Les contacts sont minimes, le jeu agréable à  regarder pour les yeux et les essais nombreux. Les transformations d’essais sont tapées en drop et accélèrent encore plus le jeu. Le temps de jeu effectif est maximal contrairement au rugby à XV qui est parfois critiqué pour sa lenteur. Dans le Top 14 c’est notamment le cas avec les mêlées fermées qui sont à refaire de nombreuses fois dans le match et qui casse le rythme de la partie. Ce n’est donc pas le cas du sevens qui se rapproche aujourd’hui de la base du rugby qui était un jeu de contournement et qui aujourd’hui est devenu plus brutal à XV et qui lasse certains fans. Le 7 ne laisse pas indifférent c’est évident. En 2011 Guy Novès déclarait «Le 7 c’est de la course à pied, autant aller voir de l’athlétisme.» L’effet est grandissant, ses fervents supporters autant que ses détracteurs en parlent, un bon mélange pour faire connaître toujours plus ce sport olympique qui passionne les foules de plus en plus.

Yohan Lemaire

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