Ruud Gullit : oranje et noir font bon ménage

Ruud Gullit : oranje et noir font bon ménage

Le natif d’Amsterdam Ruud Gullit est une des plus grandes légendes hollandaises de l’histoire dans les années 80 et 90. Au poste de milieu offensif, voire d’attaquant, ou quand bien même pour verrouiller l’entre jeu, le ballon d’Or 1987 voit sa carrière teintée de réussite et de titres, toujours aux côtés de ses compatriotes Marco Van Basten et Frank Rijkaard, que ce soit au Milan AC ou en sélection.

A l’âge de 10 ans déjà, Ruud Gullit foule les terrains de foot. Seulement c’est le bitume que connaît d’abord le jeune hollandais. Il y rencontrera son compagnon d’avenir Frank Rijkaard avec qui il se liera d’amitié avant de voir sa carrière décoller.

La révélation hollandaise

Malgré son enfance à Amsterdam, le jeune néerlandais aux origines surinamiennes ne portera jamais le célèbre maillot ajacide. Il signe plutôt au HFC Haarlem en 1979 où il vivra sa « plus belle histoire aux Pays Bas » selon ses mots. Pourtant son club, disparu pour cause de faillite en 2010 n’aura jamais glané l’or hollandais. Mais Gullit aura tout de même contribuer à une qualification européenne, seule de l’histoire du club. Mais la « tulipe noire » (surnom de Gullit dû à son élégance) ne s’en est pas contenté… En 1982, il signe au Feyenoord Rotterdam et gagne le titre en 84. Un an plus tard, il signe au PSV Eindhoven, nouveau rival ajacide. Son estime des hollandais est remise en question. Son niveau est en revanche irréprochable. Meilleur passeur du championnat 2 ans de suite au PSV, il contribue à rapporter le titre les 2 mêmes années (86, 87) et est élu meilleur joueur du championnat en 87.

A la conquête de l’Italie

En 1987, fort d’une renommée mondiale et d’un caractère bien encré, Gullit rejoint le Milan AC pour une somme astronomique de 7M € (et oui le football c’était ça avant), la « tulipe noire » vient renforcer un effectif plus qu’impressionnant déjà. 4 mois plus tard, le néerlandais remporte le ballon d’Or. 10 mois plus tard, le scudetto… Dans son registre très complet, Gullit évolue au poste de milieu offensif chez les Rossoneri, mais aussi comme second attaquant et parfois même comme libéro. En bref, un panel ultra complet qui le conduira aussi à un titre de champion d’Europe avec les oranje en tant que capitaine. Buteur puis spectateur de la reprise légendaire de Van Basten contre l’URSS, il est élu meilleur joueur de la finale. Mais la soif de titre du « néerlandais aux dreadlocks » ne s’achève que lorsqu’il remporte deux Ligues des Champions de suite en 89 et 90, tout en étant double buteur en finale 1989 contre Bucarest (4-0). A noter qu’il verra son coéquipier Rijkaard venir à bout de Benfica l’année suivante (1-0).

Une reconnaissance ambivalente

Dans le football comme dans la vie, Gullit a toujours fait preuve de simplicité et de courage. Et si le football lui en a toujours été reconnaissant et l’a récompensé, on ne peut pas dire que la vie extra sportive a été reconnaissante aussi. Victime de l’apartheid, la « tulipe noire » a tenu à se servir de son orgueilleux talent pour donner la voix à sa modeste opinion, à son combat politique. Ironique ? Peut être. Mais Gullit a quand même tenu à dédier son ballon d’Or à Nelson Mandela, en prison, brisant la bienséance de la remise du trophée le plus prestigieux du Monde du football. Après avoir scandalisé l’Italie, le hollandais s’est exprimé à ce sujet : « la presse n’a pas apprécié qu’un joueur de football parle de politique. Mais à mes yeux, il ne s’agit pas de politique. C’est une question d’humanité ». Des propos révélant bien la volonté d’un joueur à l’identité bien marquée, qui doit beaucoup au foot, et dont ce sport lui doit beaucoup également…

Jules Arguel

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