Sporting Portugal : la sérénité retrouvée

Sporting Portugal : la sérénité retrouvée

Il y a un an, le Sporting Portugal, 3e plus grand club du pays, se trouvait en plein chaos. A la fin d’une saison houleuse en interne et décevante sportivement, le président Bruno de Carvalho était allé au clash avec de nombreux joueurs, qui en retour résiliaient leurs contrats. Bilan : le départ de cadres (le gardien international Rui Patricio,, les talents William Carvalho et Gelson Martins, etc.) et des dizaines de millions d’euros de valeur marchande perdue. Une catastrophe, quand on sait que les clubs portugais vivent avant tout des plus-values effectuées sur le marché des transferts. 

Le retour au calme

La crise se résout avec le départ du président de Carvalho, remplacé par Frederico Varandas. Meilleur buteur du club la saison passée, Bas Dost reste finalement au club après avoir fait partie des joueurs mis à l’écart, mais c’est surtout le milieu Bruno Fernandes qui se met en évidence. L’équipe se stabilise enfin avec un quatrième changement d’entraîneur en 2018 : Marcel Keizer remplace en novembre José Peseiro. Malgré un renouvellement d’effectif important, le club réussit sa saison, en remportant les deux coupes nationales (à chaque fois aux tirs aux buts contre Porto) et terminant 3e du championnat. Bruno Fernandes, le milieu offensif recruté à la Samp en 2017, achève sa saison avec 20 buts au compteur en championnat, et est estimé à plus de 50 millions d’euros. Plusieurs jeunes sont sortis du centre de formation et jouissent déjà d’une belle côte (le milieu axial Miguel Luis, l’ailier droit Jovane Cabral et l’attaquant Gelson Dala, envoyé en prêt à Rio Ave, ont signé dans l’année et valent déjà plus de 10 millions à eux trois).

L’enjeu de cette nouvelle saison sera donc de réduire l’écart avec Porto et le Benfica. Le Sporting a terminé à 11 points de ce duo, avec 9 buts encaissés de plus que la saison précédente. Le recrutement de Luis Neto et de Rosier en défense, ainsi que du milieu défensif Eduardo Henrique, doivent apporter de la sérénité dans ce secteur qui doit aussi intégrer ses gardiens (le jeune Maximiano a signé pro l’an dernier, Ribeiro est arrivé dans les dernières heures du mercato hivernal). En attaque aussi, le Sporting veut retrouver de l’ambition, et gommer l’anomalie Fernandes. Moyennant un peu plus de 7 millions d’euros, Vietto est arrivé depuis un Atlético en pleine mue. Avec peu de départs (Silva, Duarte, Medeiros), le Sporting veut retrouver de l’ambition et accrocher la Ligue des Champions.

La menace Braga

Derrière, Braga aussi est ambitieux. Quatre fois 4e sur les cinq dernières saisons, auteur de bons parcours en Europa Ligue, le club veut continuer à progresser et confirmer le trou fait sur le reste du championnat (15 points de plus que le 5e en 2019) et se rapprocher du trio de tête. Dans cette optique, le club du Minho recrute malin : le jeune Caju est arrivé de Santos pour 350 000 euros, André Horta arrive de la MLS et est promis à un brillant avenir, tout comme Vitor Tormena, enfin Diogo Viana, expérimenté en Liga NOS, est arrivé libre. Dans le même temps, le club se renforce financièrement avec les transferts définitifs de jeunes prêtés : Pedro Neto et Bruno Jordao à la Lazio pour 13 millions d’euros (revendus ces derniers jours aux Wolves pour le double), Mamadou Loum à Porto pour 7,5 millions. Dyego Sousa, parti vers la Chine et pas encore remplacé, risque de manquer devant. 

L’intersaison a aussi vu l’arrivée d’un nouvel entraîneur, Ricardo Sà Pinto, qui sort de deux saisons réussies au Standard de Liège puis au Legia Varsovie, malgré son échec à remporter le championnat. L’intersaison incite toutefois à la prudence : Braga n’a plus connu la victoire depuis le 16 juillet et un match contre Milwall, enchainant trois nuls 0-0, dont deux contre des adversaires portugais, et le 3e tour préliminaire de C3 se profile déjà à l’horizon.

Xavier Regnier

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