Football

FDM Toulouse Foot : Episode 56

📻 Retrouvez le podcast de la 56ème émission FDM Toulouse Foot 🔥
 
Autour de la table pour ce numéro : l’Association de Défense des Intérêts des Supporters Toulousains, LesViolets.Com & les chroniqueurs de la FDM.
 
Au programme :
▶️ Les news : retour sur les résultats du week-end des équipes jeunes et féminines
▶️ La date de la réunion Supporters-Dirigeants & l’opération de soutien des clubs sportifs de Toulouse
▶️ Le mercato : le départ de Shoji, des nouvelles des anciens (Ninkov, Vidal, Regattin)
▶️ Retour sur Amiens-TFC
▶️ Preview TFC-Strasbourg & OM-TFC
▶️ Débat : l’échec de la cellule de recrutement
 
🏆 Le quiz “que sont-ils devenus ?”
 
⚠️Pour participer à l’émission, inscrivez-vous ici ▶️ http://www.lafeuilledematch.com/participation-fdmtoulouse/
 
▶️ Et écoutez-nous tous les mardis soirs de 21H à 22H sur Radio Occitania 98.3FM en Pays Toulousain !

Gladbach-Bayern : un résultat décisif pour le titre ?

On joue depuis 92 minutes hier au Borussia-Park, quand sur une nouvelle offensive lancée par les locaux, Javi Martinez fauche Marcus Thuram dans la surface bavaroise. Auteur du but de l’égalisation plus tôt dans le match, Ramy Bensebaini prend ses responsabilités, et trompe Manuel Neuer pour offrir un succès de prestige au Borussia Mönchengladbach, face au septuple tenant du titre en Bundesliga.

Un résultat qui était peu envisageable à l’issue d’une première mi-temps complètement dominée par le Bayern Munich. Mais comme trop souvent ces dernières saisons, le Rekordmeister s’est montré incapable de proposer une prestation aboutie sur l’intégralité de la rencontre. Retour sur un match qui s’avèrera peut-être décisif dans la course au titre.

La 1ère mi-temps : un Bayern concquérant, un Gladbach hésitant

C’est un Marco Rose confiant qui vient saluer le banc du Bayern à quelques secondes du coup d’envoi. L’air de rappeler aux visiteurs qui est l’actuel patron du championnat, Gladbach comptant quatre longueurs d’avance sur eux avant le début de la rencontre.

Et pourtant, les hommes de Marco Rose peinent à perturber leur adversaire du jour lors des 45 premières minutes. Ses quelques circuits de relance depuis l’arrière rapidement obstrués par le pressing bavarois, Gladbach ne parvient pas à poser le pied sur le ballon. Les Munichois, eux, récitent leurs gammes, grâce à un gegenpressing particulièrement efficace. Le léger changement tactique opéré par Hansi Flick suite à la sortie de Tolisso sur blessure (repositionnement de Müller au milieu en raison de l’entrée de Perisic) ne bouleverse rien : le Bayern a la mainmise sur le match.

Les rares frissons qui parcourent l’échine des supporters munichois, causés par les difficultés de Jérôme Boateng dans son duel face à Marcus Thuram, sont vite effacés par la capacité des coéquipiers du champion du monde allemand à trouver de la verticalité dans leur jeu de passes. Après un début de match hésitant, à l’image d’ailleurs de son début de saison, Thiago Alcantara semble progressivement retrouver des couleurs, et ses excellentes orientations de jeu font mal à des Poulains chahutés, mais concernés.

Car le Bayern a beau dominer, le score reste nul et vierge. Ni Thomas Müller, ni Robert Lewandowski ne parviennent à trouver le fond des filets, et le douloureux souvenir de la défaite du week-end dernier face au Bayer Leverkusen, malgré les nombreuses occasions bavaroises, fait son nid dans l’esprit des joueurs. Une fois encore, le Rekordmeister se montre inefficace sur ses temps forts.

La 2ème mi-temps : la révolte des Poulains, face à un Rekordmeister démuni

Le résumé de la seconde période pourrait tenir en une courte phrase dans la bouche d’un supporter munichois : le Bayern a marqué, puis le Bayern s’est écroulé. En effet, l’ouverture du score d’Ivan Perisic n’a clairement pas eu l’effet escompté par Hansi Flick et son staff, tant leurs joueurs ont déjoué à compter de ce but. 

Tout le contraire d’une équipe de Gladbach qui, piquée au vif, est enfin parvenue à exprimer son potentiel, avec un bloc positionné beaucoup plus haut sur le terrain. Surtout, on a retrouvé l’intensité qui faisait la force des Poulains depuis le début de la saison. C’était désormais au tour du Bayern de ne plus parvenir à ressortir proprement les ballons, tant le pressing à la perte imposé par les joueurs de Marco Rose était impérial. Ce dernier, voyant que son équipe avait pris le dessus, a ingénieusement fait rentrer un attaquant, Breel Embolo, à la place d’un milieu, Laszlo Benes, apportant ainsi davantage de présence dans la surface bavaroise. C’est d’ailleurs le nouvel entrant qui obtient le corner amenant le but de l’égalisation, inscrit par Ramy Bensebaini.

Si les Poulains ont eu le mérite de ne pas baisser les bras, malgré une première période délicate, leur succès est en partie lié aux carences affichées par leurs adversaires au fil de la rencontre. Le champion d’Allemagne a en effet donné l’impression de se reposer sur ses lauriers suite à l’ouverture du score, n’imprimant plus le même rythme qu’en début de match. 

Hansi Flick peut se plaindre de performances individuelles calamiteuses, à l’image d’un Leon Goretzka de nouveau transparent au milieu, ou d’un Kingsley Coman qui n’en finit plus de stagner depuis deux saisons maintenant. Il n’en reste pas moins que les supporters munichois auraient tort de se cacher derrière ce genre d’excuses, tant la prestation collective de leur équipe après l’ouverture du score a été indigne de son statut de septuple tenant du titre.

Le tournant de la saison ?

S’il est encore trop tôt pour affirmer que le Bayern a perdu le titre sur ce match, l’écart s’est clairement creusé au classement : Gladbach compte désormais sept longueurs d’avance sur son adversaire du week-end, qui pointe à une inquiétante septième place de Bundesliga.

On se souvient cependant de la situation de l’an passé où, alors que le Borussia Dortmund avait distancé le Bayern Munich, les hommes de Niko Kovac avaient finalement déjoué les pronostics pour préserver leur couronne. La problématique est la suivante : le Rekordmeister ne fait plus face qu’à un seul concurrent, mais bien à deux. En effet, le RB Leipzig de Julian Nagelsmann se présente également comme un prétendant au titre à ne pas prendre à la légère. Les fans du football allemand sont ainsi peut-être sur le point d’assister à une saison historique, qui mettrait à mal l’hégémonie des Bavarois sur la Bundesliga, et qui verrait le retour en grâce du Borussia Mönchengladbach.

A condition bien sûr que les Poulains continuent de galoper en tête jusqu’à la 34ème journée.

Paul Stefani

Gladbach-Bayern : un résultat décisif pour le titre ?

La Corogne : la chute d’un ancien grand d’Espagne

Du titre de Liga en 2000 à dernier de seconde division espagnole aujourd’hui, le Deportivo la Corogne a vécu une véritable descente aux enfers lors des deux dernières décennies. Retour sur le parcours d’un club dont la gloire aura été éphémère.

Fondé en 1906, le Deportivo la Corogne a mis du temps à s’accrocher à l’élite. Souvent, le club s’est affirmé comme une formation préparée pour faire le yo-yo, tel un SM Caen en France. Pourtant, à la fin du XXème siècle, le ‘Depor’ a montré qu’il pouvait être considéré comme un grand d’Espagne, et d’Europe. Toute cette épopée a démarré en 1991, lors de la remontée de l’équipe en première division. Lors de cette période, la légende du club Fran fera ses débuts. Après une saison 91-92 compliquée, La Corogne s’est vu propulsé à jouer le titre entre (déjà) le Real Madrid et le FC Barcelone lors de la campagne 92-93. Il finiront troisième, emmenés par celui qui sera élu ‘Pichichi’, le Brésilien Bebeto. Cela permettra au club de découvrir la Coupe UEFA pour la première fois. Par la suite, le club se battra pour le championnat mais finira souvent placé et jamais gagnant jusqu’à la fin du second millénaire.
En 1995, le Deportivo décroche malgré tout le premier trophée de son histoire en disposant de Valence en Coupe du Roi. Une finale mouvementée qui a été étalée sur deux jours compte tenu de conditions de météo dantesque.

La consécration de 2000 et un statut à assumer

La fin des années 90 verra l’équipe se maintenir sur la scène européenne sans pour autant parvenir à accéder aux finales. Pourtant, des grands joueurs sont passés au club durant cette période, dont le Brésilien Rivaldo, ballon d’or en 1999. C’est durant la saison 1999-2000 que le Deportivo la Corogne connaît la consécration en remportant son premier titre en Liga. Porté par Roy Makaay, Pedro Miguel Pauleta, Noureddine Naybet et Fran, le club parvient à s’imposer dès lors comme l’une des formations favorites en Espagne et en Europe. Malheureusement, l’équipe échoua à deux reprises en 2001 et 2002 en quarts de finale de Ligue des Champions contre respectivement Leeds et Manchester United. En Liga, elle parvient à se maintenir sur le podium jusqu’à la campagne 2003-2004 sans réussir à décrocher un autre titre. Cette saison reste à ce jour la dernière fois que le ‘Depor’ est arrivé à tenir un top 3 en Espagne. Elle demeure également celle de la plus belle épopée européenne, en finissant en demi-finale de Ligue des Champions éliminé par le FC Porto (futur vainqueur de l’édition).

Un déclin jusqu’en D3 ?

A partir de là, La Corogne sombrera petit à petit. 8ème dès la campagne 2004-2005, le Deportivo ne s’en remettra jamais. Pendant quelques temps dans le ventre mou de Liga, le club finira par descendre en seconde division en 2011. Ils feront le yo-yo à nouveau jusqu’en 2015-2016 où la formation arrivera à se maintenir… pour peu de temps. En effet, en 2017-2018, la chute a repris de plus belle. Et, malgré une 6ème place qui les a rapproché de la montée l’an dernier, cette saison s’annonce comme une des plus compliquées. 22ème sur 22 équipes après 18 journées de championnat, les espoirs d’accéder à l’échelon supérieur se sont déjà envolés. Le maintien en D2 est désormais l’objectif prioritaire mais risque d’être difficile pour les compères de l’international japonais Gaku Shibasaki. Car la formation entraînée par Juan Antonio Anquela possède déjà 7 points de retard sur le premier non relégable. Mais où s’arrêtera la chute du ‘Depor’ ?

Jérémy Guiraud

La Corogne : la chute d’un ancien grand d’Espagne

DAZN, le « Netflix du sport »

Imaginez un monde plus simple. Exit Canal+, BeIn Sports, RMC et toutes les offres qu’il faut empiler pour suivre le foot européen, place à DAZN. Pour dix euros par mois, à vous les compétitions européennes, les championnats nationaux, les rencontres internationales et même la NBA. Vous en rêviez ? Simon Denyer l’a fait. Du moins pour ceux qui n’habitent pas en France. Pendant que l’Espagne et l’Italie font leurs premiers pas dans le visionnage de match en streaming légal, le supporter français se bat avec ses abonnements parfois très coûteux. Et même si des petits malins parviennent à contourner les règles, la majorité attend impatiemment que le service de streaming ne les délivre du joug des chaînes câblées. 

La belle histoire débute en août 2016. Le Japon, la Suisse et l’Allemagne sont les premiers à découvrir DAZN (prononcez « Da Zone »). Pour 9,99 euros par mois, les abonnés peuvent visionner à peu près tout ce qu’il est possible de regarder en terme de sport. Plus tard, ce seront les Etats-Unis et le Brésil qui attraperont le virus du streaming sportif. Pas forcément mordu de soccer, les habitants du pays de l’Oncle Sam profitent néanmoins du football américain et du baseball. Et c’est là que le service trouve sa force. Si l’on parle beaucoup d’ubérisation de la société, le modèle Netflix se développe aussi très rapidement. Avec une multitude de contenus à proposer, allant de la pêche jusqu’au cricket, le nombre de clients potentiels est immense. De quoi assurer un avenir prometteur à la plateforme

La myriade de compétitions sportives proposées par DAZN (crédits photo : Quadro)

L’autre force de DAZN, c’est sa faculté à combattre les anciens modèles de diffusion. Outre-Atlantique, c’est le modèle du pay-per-view qui s’apprête à être balayé. Très utilisé pour les grands rendez-vous sportifs, à l’instar des matchs de boxe ou des shows annuels de catch, les prix dépassent la raison. Le très mal nommé « combat du siècle » opposant Floyd Mayweather et Conor McGregor, n’était accessible que contre la somme de cent dollars. Cent dollars pour regarder un match de boxe à la télévision… Pourtant, en 2017, le « MoneyFight » a rapporté près de 700 millions de dollars à ses organisateurs. Comme quoi, quand on a pas le choix… DAZN négocie assez facilement des accords régionaux et ciblent ainsi rapidement une clientèle précise. A son lancement en Italie, les statistiques montrent que le nombre d’inscriptions explose trente minutes avant le début du coup d’envoi. De même, juste avant le derby de la Madonnina, près de 30 000 personnes avaient adhéré au service. 

Et même si la plateforme est relativement jeune, elle est arrivée sur le marché avec de solides arguments. DAZN appartient à Acces Industries, qui détient notamment Warner Music et Deezer. Géant de l’industrie de l’aluminium, ce groupe fondé par l’américano-britannique d’origine ukrainienne Leonard Blavatnik en 1986 et possède des branches dans diverses domaines tels que l’immobilier, la technologie ou encore les télécommunications. En 2013, il rachète Perform, qui détient notamment le groupe OptaSports. Dès lors, Blavatnik a un pied dans le monde du sport et a accès à des millions de statistiques, basées majoritairement sur les paris sportifs. Trois ans plus tard, quand il confie les rênes de son nouveau bébé à Simon Denyer, ce dernier choisit d’appliquer cette même politique des chiffres. Pour aller chercher sa clientèle, il faut savoir la cibler. Grâce à des algorithmes complexes, la plateforme DAZN met en avant un contenu précis à un moment précis pour toucher le client et augmenter ses chances d’avoir un nouvel abonné. 

En France, DAZN n'est pas à l'ordre du jour

Avant toute chose, il faut rappeler que DAZN s’est lancé dans des pays où le marché était relativement ouvert. En France, c’est l’exact opposé. Trois géants se partagent la diffusion du football. Canal+ et Beinsports ont le championnat français, le premier diffuse les deux ou trois « meilleurs » affiches et le second se contente du reste. Néanmoins, chacun a sa spécificité. Canal+ propose également du rugby et de la course automobile quand Beinsports met à disposition de ses abonnés la plupart des championnats européens excepté la Premier League. De son côté, RMC diffuse la Ligue des Champions et la Ligue Europa ainsi que le championnat anglais donc. Et parce que ça ne pouvait pas être assez compliqué comme ça, un quatrième larron est récemment venu se mêler à la danse.

Récapitulatif des diffuseurs pour la saison 2018/2019 (crédits photo : Le Figaro)

Son nom ? Mediapro. Inconnu en France, il cartonne pourtant en Espagne où il diffuse la Liga et la Coupe du Roi, et même la Ligue des Champions jusqu’en 2018. Il détient également 50% de la filiale espagnole de Beinsports, de quoi garantir sa suprématie au pays de Cervantes. En France, Mediapro diffusera la Ligue 1 et la Ligue 2 sur la période 2020/2024. A la manière de Canal+, le service proposera la majorité des affiches de Ligue 1 dont bien évidemment les plus alléchantes. Loin de s’arrêter en si bon chemin, le groupe aura tenté de rafler les droits de la Ligue des Champions en vain

Et DAZN dans l’histoire ? L’affaire s’annonce compliquée, et aussi très longue. Si depuis vendredi dernier, il est impossible pour la plateforme d’assurer la diffusion des compétitions européennes en France, la Ligue 1 reste encore jouable. En effet, Mediapro a moins d’un an pour trouver une chaîne, des locaux et une équipe de journalistes. Et rien n’interdit au groupe de revendre des parcelles de diffusion. En définitive, rien n’est acquis et la diffusion du football en France devrait rester morcelée encore quelques années. Au plus grand damne des amateurs de ballon rond et de leur porte-monnaie. DAZN poursuit néanmoins sa progression à l’étranger et attend sûrement une bonne opportunité pour s’implanter durablement dans le paysage audiovisuel français.

Hugo Martin

DAZN, le « Netflix du sport »