Jules

Xavi : dans les pas de Guardiola

Né dans la province de Barcelone en 1980, Xavi rejoint la Masia à 11 ans. Doté de qualités physiques relatives et quelque peu limitées, le jeune espagnol impressionne surtout par sa maturité et sa technique au milieu de terrain. Inspiré à la fois de Cruyff et de Guardiola autant pour l’intelligence du positionnement offensif que pour la rigueur défensive, Xavi est qualifié par l’entraîneur des u17 comme « joueur le plus intelligent qu’il ai jamais formé ». Aujourd’hui, petit Xavi a fait ses marques et est pressenti pour suivre les pas de Cruyff et Guardiola en tant que futur entraîneur. Et pourquoi pas le Barça…

Même s’il semble impossible que le champion du Monde 2010 avec la Roja atterrisse sur le banc blaugrana dès cet été, il n’empêche que celui-ci attise déjà la convoitise de certains clubs de Liga. Arrivé au Al Saad FC en 2015, Xavi ne s’est pas contenté d’écouler des beaux jours dans le championnat qatari. En effet le nouvel émir espagnol a profité de la saison 2017-2018 pour passer son brevet d’entraîneur, validé par la FIFA. Alors quand il a annoncé sa retraite sur les réseaux sociaux, le monde du foot s’est enflammé. L’entraîneur du FCB, Ernesto Valverde a lui-même avoué au sujet de Xavi : « Tout le monde l’imagine devenir coach dans le futur. Il a le profil et tout laisse penser que ce sera au Barça. Je lui souhaite le meilleur ». Un message qui devrait satisfaire l’intéressé venant du coach prétendant à la ligue des champions avec le Barça cette saison.

Xavi – Guardiola : profils similaires, destins liés ?

Après une carrière professionnelle aboutie au Barça, en capitaine silencieux mais d’une efficacité létale, Guardiola quitte l’Espagne pour s’imprégner de nouvelles visions du football, loin du football total de son aîné Johan Cruyff, en jouant à Brescia en Italie, Al Ahli au Qatar (comme un air de déjà vu) et même à Sinaloa au Mexique. Des caractéristiques peu communes et une vision du football que partage Xavi, entraîné par Guardiola et dont le rôle de capitaine n’a jamais été aussi similaire que celui de son aîné.

Bercé par le Tiki-taka  on ne peine pas à croire que Xavi proposera un jeu offensif et risqué, tout en maîtrise technique et en efficacité. Difficile de croire donc que l’ancien capitaine de la Roja et du FC Barcelone ne sera pas amené à entraîner son club de cœur dans les années à venir. On salive d’avance !

Jules Arguel

Xavi : dans les pas de Guardiola

JPP : À jamais dans l’histoire

Natif de Boulogne-sur-Mer, c’est dans le Nord, du côté de Jeumont, que Papin va se lier d’amitié avec le football. Et cette amitié sera fortement imprégnée du sentiment de redevabilité mutuel et l’humilité dont fait preuve JPP. Et le football l’en remercie, éternellement.

Son parcours jeune, Jean-Pierre Papin le passe dans 4 clubs différents depuis Jeumont jusqu’au RC Vichy où il se révèle définitivement. Il s’envole donc en 84 à Valenciennes, sans un succès probant et décolle pour Bruges l’année suivante. Et malgré des résultats en dents de scie, Papin culmine pourtant à 42 buts dès sa deuxième saison professionnelle. De quoi convaincre le géant phocéen d’enrôler le buteur français, âgé alors de 23 ans, du côté de la canebière…

L’épopée phocéenne et la révélation Papin

Première saison en 1986, et déjà un premier surnom pour JPP : « Je Plante Pas », en lien avec ses initiales. Pas très flatteur pour le buteur marseillais mais révélateur de ses résultats personnels. En effet, en plus d’être arrivé auprès des supporters comme un mercenaire (du fait de son pré-contrat à Monaco avant de signer pour l’OM), Papin ne se rachète pas par ses statistiques lors de la première saison. Il faut attendre la saison 87-88 pour voir le numéro 9 tricolore se révéler sous le maillot olympien. Et quelle révélation ! Quintuple meilleur buteur du championnat de France de 1988 à 1992, il est l’acteur principal de la domination nationale et des quatre titres consécutif de l’OM. Mais Papin a aussi contribué à la très belle aventure européenne des marseillais (allant même jusqu’en finale, perdue contre l’étoile rouge de Belgrade en 1991).

La der’ des der’ au Vélodrome

Lors de la conquête européenne de son club, l’attaquant olympien n’a pas uniquement ravi ses supporters. Il a aussi attisé la convoitise des plus grands. À la suite du quart de finale de coupe des champions perdue par le Milan AC en 1991, Sacchi dira même : «  il est impressionnant. D’ici 2 ans il sera ballon d’Or ». Et le principal intéressé (ballon d’Or 91) a du se voir flatté par les propos d’Arrigo Sacchi, puisqu’à la fin de l’exercice 1991-1992, il est annoncé au Milan AC. Il jouera donc la « der’ des der’ au Vélodrome » comme expliquait Bernard Tapie, nostalgique, la veille de son dernier match, le 25 Avril 1992, contre l’AS Cannes (où évoluait encore un certains Zinédine Zidane…). Comme un symbole, JPP marquera le premier but de la rencontre à la 70e, suivi par Deschamps quelques minutes plus tard devant un Zizou impuissant. Que de souvenirs…

Finalement, le numéro 9 marseillais quitte la canebière totalisant 185 buts en 254 matches et 30 lors de sa dernière saison (record battu par Mbappé en 2019).

« Envie de coupe d’Europe »

Le roi de la Papinade l’a dit, il veut la coupe des champions. Lors de sa première saison, 1992-93, il empoche le scudetto, fort de coéquipiers extraordinaires et en concurrence avec l’élégant mais non moins efficace Marco Van Basten. Il n’empêche que JPP finit meilleur buteur. Des débuts en fanfare donc, mais loin de son objectif puisque le 26 Mai 1993, il bute une nouvelle fois en finale de coupe d’Europe, contre… Marseille ! Une tête puissante de Boli suffit à briser les rêves d’un Papin définitivement malchanceux. Mais la saison suivante, JPP, fort d’un second scudetto remporte enfin la coupe d’Europe. Et même s’il n’a pas joué la finale, il sera tout de même « un acteur important du titre, fort de son humilité et de son efficacité quand il entre en jeu » selon son entraîneur, Fabio Capello.

En manque de temps de jeu, le français essaye ensuite l’Allemagne et espère, en ralliant le Bayern Munich, retrouver le chemin des filets. Mais c’est raté pour Papin qui ne marque que 6 petits buts en 2 saisons et pas mieux qu’une demi-finale de coupe d’Europe perdue contre l’Ajax en 1994-95… Le buteur des bleus n’a à  son départ qu’un trophée de « plus beau but de Bundesliga » sur l’exercice 1995-96 grâce à une Papinade dont il a le secret.

4 ans d’exil et de retour en France

De retour en Ligue 1, JPP reste fidèle au sud et évolue jusqu’en 98 sous les couleurs des Girondins de Bordeaux, emmené par Rolland Courbis. Mais malgré de très bonnes performances, il ne résiste pas à la montée en puissance de Wiltord et à la valse des entraîneurs, entre le départ de Courbis et l’intérim de Guy Stéphan, qui prend fin à l’arrivée d’Élie Baup.

Finalement Papin se lancera un dernier défi à Guingamp en 1998, qu’il ne réalisera pas en mettant fin à sa carrière professionnelle au bout de quelques mois. A la place il jouera en amateur dans un petit club de la Réunion pendant une saison avant de signer pour 3 ans au Cap-Ferret.  

JPP : ballon d'Or des papas

Malgré une carrière internationale en dents de scie et avec une carrière en club irréprochable, on pourrait croire que la vie de Papin tourne autour du foot. Mais pas que… Car le natif de Boulogne-sur-Mer mène un combat beaucoup plus noble que celui de buteur : « C’est le combat d’une vie » que de se battre pour sa fille, atteinte de lésions cérébrales. Un combat que mène ce père de famille depuis 1996 avec sa femme, et fort de l’association qu’il a créé : Neuf de Cœur. Depuis, l’ancien marseillais reçoit le soutien de tout l’univers footballistique, en particulier celui de l’OM qui avait floqué ces maillots avec le nom de l’association lors d’un match de ligue des champions contre Dortmund, en 2011. Un geste qui avait beaucoup touché l’intéressé…

Jules Arguel

JPP : À jamais dans l’histoire

Le derby de la Ruhr : le 2e contre le 16e

Les 2 clubs westphaliens sont historiquement reconnus à travers tout le championnat allemand. La rivalité commence en 1929 et comporte 88 confrontations en Bundesliga. Et si Schalke ultra-dominait le derby de la Ruhr dans les années 40 (notamment une victoire 10-0 le 28 octobre 1940), aujourd’hui ce n’est plus pareil, le BVB a l’avantage, en témoigne l’écart au classement cette saison.

Le Borussia Dortmund attendra la saison 1943-1944 pour se voir remporter enfin un match contre son rival régional, après 17 matches sans victoires, avec 16 défaites et un modeste nul 3-3 en 1938. Contrairement à ce qu’on pensait peut être tous, le Borussia n’est pas historiquement supérieur au club des bleus et blancs… Et ce n’est pas non plus évident aujourd’hui de déterminer qui est le meilleur entre les deux clubs. L’exemple le plus clinquant de cette rivalité sportive est inévitablement le 4-4 du 25 novembre 2017. Alors que le BVB menait 4-0 à la 25e, les jaunes et noir se voient perdre les 3 points en 2nde période, la formation des bleus et blancs marquant 4 buts en seconde période, dont un de Naldo dans les arrêts de jeu.

27/04 : un derby déséquilibré

Alors que ce derby magnifie le mariage entre rivalité sportive et régionale, celui de samedi 27 avril 2019, lui a d’avance une saveur particulière, opposant 2 clubs aux classements parallèlement opposés. Pourtant les enjeux personnels des deux formations ont fait de ce derby un match à pression malgré tout. Le BVB est à 1 point de son concurrent direct le Bayern, revenu à merveille dans la course au titre, tandis que la formation de Huub Stevens est 16e du championnat avec seulement 6 points d’avance sur la zone rouge complétée par Stuttgart, Nuremberg et Hanovre. Bref, de quoi faire de ce derby paradoxalement déséquilibré une rencontre qui a été tendue et couronnée de quelques buts !

En effet, la rencontre déséquilibrée a bien eu lieu. Mais pas dans le sens attendu. Après l’ouverture du score de Mario Götze à la 14e minute, Schalke revient avec un but sur pénalty de Caligiuri deux minutes plus tard. 28e minute, Salif Sané marque de la tête après un corner du buteur précédent. 2-1 à la pause… Jusqu’à l’évènement qui fera basculer la rencontre. 

Reus exclu, Caligiuri en masterclass

A l’heure de jeu, Marco Reus voit rouge. Après un tacle par derrière, le capitaine des Borussen est exclu, et Caligiuri vient planter une merveille de coup-franc dans la lucarne. Breel Embolo vient conclure le travail en marquant le 4e but de la rencontre à la 86e, malgré une réduction du score de Witsel deux minutes plus tôt. A noter que Wolf a également vu rouge du côté de Dortmund, après un nouveau tacle par derrière au centre du terrain 6 minutes seulement après l’exclusion de son coéquipier Marco Reus. Avec cette défaite dans un derby chaud bouillant, le Borussia Dortmund peut quasiment dire adieu au titre et laisse un boulevard au Bayern Munich. 

Jules Arguel

Le derby de la Ruhr : le 2e contre le 16e

Pep Genesio : mi-figue mi-raisin

Arrivé le 24 décembre 2015 aux commandes de l’olympique lyonnais pour remplacer Hubert Fournier, Pep Génésio s’est donc vu offrir un joli cadeau de noël par son président Aulas. Cadeau qu’il s’est appliqué à rendre à son club en le redressant sportivement, notamment en se qualifiant en Ligue des Champions. Pourtant le technicien français a toujours été contesté et n’a jamais vraiment conquis les supporters, victime de son irrégularité et de son pragmatisme décevant. Retour sur un parcours contrasté et déséquilibré.

Après le limogeage d’Hubert Fournier, Bruno Génésio redonne un nouveau souffle à la formation lyonnaise. Et avec la manière ! Pour son premier match officiel, l’ancien milieu de terrain du FC Martigues (et oui ça existe !) voit les siens s’imposer sur un score fleuve de 7 buts à 0 en coupe de France, contre Limoges. Et pour sa première dans la Ligue des Talents, Pep n’a pas fait dans le détail non plus : 4-1 contre l’ESTAC Troyes pour la première au parc OL. De quoi donner espoir aux supporters olympiens. Et pourtant… L’exercice 2015-2016 se solde sur une qualification européenne glanée contre Monaco (6-1) à la 37ème journée. Mais la saison suivante est décevante. Élimination précoce en coupe d’Europe et parcours irrégulier en championnat agacent les supporters mais pourtant, la demi-finale d’Europa League convainc Aulas de garder son coach.

Irrégularité : le motif de la rupture

Si l’exercice 2016-2017 témoigne bien d’une chose, c’est l’impuissance de Génésio face à l’irrégularité de ses joueurs. Rien de plus agaçant pour les Gones (surnoms des joueurs et fans du club) qui voient le club enchaîner des résultats invraisemblables, partagés entre Masterclass contre Paris ou Manchester United et désillusions contre le FC Nantes. Des résultats qui correspondent cependant a un entraîneur totalisant deux records paradoxalement opposés : le nombre de défaites le plus important pour un coach lyonnais mais aussi le nombre le plus important de points glanés par saison. Du Génésio dans le texte…

Après la rupture, le divorce

Souvent interrogé par la presse au sujet de sa popularité auprès de ses supporters, Bruno Génésio répétera inlassablement se sentir « à l’aise au sein du staff et prêt à affronter les critiques des supporters », toujours avec l’appui de son président, Jean-Michel Aulas. Seulement le 3 Septembre 2018, l’hostilité des supporters est illustrée par quelques ultras venus provoquer l’entraîneur à la sortie d’un restaurant. L’acte 2018-2019 sonne le début de la fin. Et ça ne va pas en s’arrangeant pour le technicien français. Avec des résultats toujours très mitigés malgré une campagne européenne assez honorable (invaincu en phase de groupe), Génésio perd aussi la confiance d’Aulas. Les « coups de com » du président, vraisemblablement à la recherche d’un remplaçant, ont été mal vu par le technicien français. La goutte d’eau pour Pep… Après son revers contre Nantes le 13 Avril 2019, il annonce sa démission une fois la saison terminée.

En souhaitant au technicien de partir de la meilleure des manières, lui dont le club est actuellement 3ème, avec 5 points de retard et une  journée d’avance sur Lille, deuxième.

Jules Arguel

Pep Genesio : mi-figue mi-raisin

Barça-Manchester : Vers une issue sans surprise ?

Sous l’ère Valverde, le Barça n’a jamais été aussi incontesté statistiquement parlant. Pourtant, à chaque match, le résultat est toujours le même. Les fans gardent un goût amer, une insatisfaction reflétant le niveau de jeu d’un Barça loin de l’école de Cruyff ou Guardiola mais plus réaliste et froid.

Ce Barça là, c’est celui que l’on a vu dérouler un style froid et prudent à Old Trafford lors de leur victoire 1-0. Le FCB, emmené par un Messi courageux s’est vu offrir le ballon dès les premiers instants. Et avec plus de 65% de la possession sur l’ensemble du match en leur faveur, on aurait pu s’attendre à un peu plus que les quelques 6 tirs tentés. Une domination stérile donc mais maîtrisée puisque celle-ci a empêché Manchester United de cadrer la moindre de ses 10 frappes. Une statistique effarante pour une pareille attaque… et à domicile en plus.

Valverde : un style anti-Barça

Alors que le FC Barcelone a toujours été un club tourné vers l’attaque avec des entraîneurs prônant le football total tel que Cruyff (qui doit savourer les matches de l’Ajax de là où il est) ou Guardiola, qui amène son style à City, Valverde, lui, propose un autre style. Alors que les catalans cèdent le trône européen au Réal Madrid depuis leur dernier sacre en 2015, Valverde entend bien ramener la coupe aux grandes oreilles à Barcelone. Et ce mardi 16 Avril, les catalans recevront au Camp Nou l’équipe qu’ils ont déjà battu à l’aller, Manchester United. Et on voit mal les Barcelonais faire la même erreur que le PSG en cédant à domicile. Fort mentalement, juste techniquement, froid devant le but et surtout redoutable défensivement (6 buts encaissés en 9 matches), le Barça semble très bien parti pour se qualifier.

Une compo non officielle mijotée par la rédaction… en espérant la présence d’un Dembélé plus que nécessaire pour emballer le match de son insouciance et son talent.

Cependant, si vous voulez être sûr de passer un bon moment devant la Ligue des Champions et surtout un peu de suspense, matez vous un bon Juventus-Ajax parce que ça risque d’être très chaud !

Jules Arguel

Barça-Manchester : Vers une issue sans surprise ?