Portrait

L’éclosion tardive de Pukki

Il s’appelle Teemu Pukki, Finlandais, 29 ans. Il découvre la Premiere League avec son club de Norwich. En 7 rencontres, il a marqué 6 buts. Pilier de sa sélection nationale, il est l’un des phénomène du début de saison. Mais jusqu’où pourra-t-il aller ? 

En France, l’icône des attaquants qui percent sur le tard s’appelle Steve Savidan. En Angleterre, il se nomme désormais Teemu Pukki. Né à Kotka, en Finlande, il commence en 2006 dans le club local, le FC KooTeePee. Très vite, il se fera remarquer par Séville. L’aventure espagnole tournera court mais lui permettra d’accéder à sa sélection nationale dont il est déjà sur le podium des meilleurs buteurs. De retour à Helsinki il jouera pour la première fois la Ligue des Champions et se fera remarquer au bout de 2 saisons par Schalke. En Allemagne, il n’arrivera pas à s’imposer entre 2011 et 2013. Il ira alors du côté du Celtic pendant une saison. Mais c’est à Brondby, au Danemark, qu’il explosera enfin, avec des saisons 2016-2017 et 2017-2018 de haute volée. C’est à ce moment là que Norwich lui donnera sa chance, à 28 ans.

Pukki ! Pourquoi ?

Meilleur buteur de Championship avec 29 buts lors de sa première saison avec les « canaris » anglais. Il continue sur ce rythme au moins d’Août au point d’être élu meilleur joueur du mois en Premiere League. Si cela ne permet pas à Norwich de forcément décoller au classement, le joueur commence à se faire un nom. Particulièrement après la victoire de son club contre Manchester City (3-2) au cours duquel il inscrit le troisième but. Et le joueur ne délaisse pas sa sélection nationale. Lors de la trêve hivernale, il marque 2 buts en 2 matchs avec la Finlande dont un contre l’Italie. Pour expliquer cette réussite soudaine, il est possible de mettre en avant son changement de poste. Auparavant milieu offensif ou ailier, désormais pur n°9, il a parfaitement réussi sa mutation. Il a également déjà montré qu’il pouvait être dangereux face à toutes les équipes (cf. buts contre Man City et Italie). Le tout en étant souvent accompagné par des joueurs limités en terme de qualité. Pukki peut donc aller loin, mais le temps presse, il aura 30 ans à la fin de la saison. Pour continuer sur cette progression, il lui faudra garder se rythme devant les filets et essayer de se qualifier puis de réaliser la surprise avec la Finlande à l’Euro. Dans tous les cas, jamais un joueur ne se sera autant rapproché de Benjamin Button que Teemu Pukki.

Jérémy Guiraud

L’éclosion tardive de Pukki

Riquelme : légende de la Bombonera

Souvent décrié en Europe pour sa lenteur et sa nonchalance, le numéro 10 argentin demeure une icône dans son pays natal et surtout pour ses clubs de cœur, les Argentinos Junior et Boca Junior. Et si les titres ne viennent pas parfaire son histoire, c’est que celle-ci était trop riche pour laisser place à quelques trophées sur l’étagère. Retour sur la carrière de Júan Roman Riquelme,  ce monument du football dont l’amour du ballon rond dépassait la soif de titres… 

C’est à 11 ans seulement que Riquelme découvre le ballon rond, en gagnant des tournois clandestins organisés tous les dimanche par son père, sur la Plaza Dorrego à San Telmo, au nord de Buenos Aires. Foulant le bitume tous les week-ends, le jeune argentin progresse et se voit même recevoir une proposition de River Plate, lui qui n’avait alors connu que les sols durs de La Boca et de San Telmo. Mais les fréquentations douteuses de Riquelme le rattrapent. Il se voit refuser le centre de formation de River après avoir été vu en train de se battre sur la Plaza Dorrego, là où tout avait pourtant commencé… Mais en 93, alors âgé de 15 ans, Riquelme déménage à Rosario avec sa mère, son père et ses frères et s’entraîne dans le club de futsal de La Carpita avant de rejoindre les Argentinos Junior un an plus tard. Il signera son premier contrat professionnel après deux ans chez les u19, en 95. En avance ?

Retour à Buenos Aires

Âgé de 17 ans, Riquelme a balayé les fréquentations dont il avait souffert durant son adolescence. Maintenant entièrement consacré au football, Júan Roman Riquelme est épanoui et ça se ressent dans son football. En numéro 10, ou plus bas, « el bichito » est un meneur de jeu à l’ancienne.  Malgré sa vitesse qui lui fait défaut, sa technique sans pareille et sa qualité de passe (en plus de son talent sur coup de pied arrêté) lui confèrent un rôle très important dans la transition offensive des Argentinos et de Boca Junior, où il signe, en 96… Là bas, son talent se traduit en réussite avec trois Copa Libertadores et il est véritablement adulé par les fans. Plus qu’une icône, il est un modèle pour les jeunes du début du XXIème siècle… Son entraîneur à Boca Junior, Carlos Bianchi, qu’il considérait plutôt comme un père spirituel ne tarissait pas d’éloges lors du départ de celui-ci en Espagne : « Riquelme est un exemple. Il a eu une enfance difficile et aujourd’hui il se tient en héros dans le plus beau stade d’Argentine ».

 

Top 10 des coups franc de Riquelme 

Desilusão na Europa

En 2002, après 6 années de gloire chez les bosteros de Boca, Riquelme file au FC Barcelone où il ne jouera qu’une saison, 2002-2003. Malgré un bon niveau (bien qu’inférieur à celui qu’on lui connaissait), Riquelme agace par sa nonchalance et sa lenteur. De plus, son absence lors des gros rendez-vous (notamment lors de l’élimination en quart de finale de ligue des champions contre la Juve) lui vaut d’être fortement décrié en Espagne. Il est finalement prêté deux saisons au sous marin jaune de Villareal avant d’y signer définitivement jusqu’en 2008. Malheureusement, Riquelme est frappé par une terrible nouvelle avant son prêt… le kidnapping de son frère cadet, en 2002 alors que celui-ci s’entraînait avec son club, le FC Platense en deuxième division argentine. Le meneur de jeu argentin paye alors une rançon de 160 000 euros pour voir son frère libéré. Finalement, Riquelme décide de résilier son bail, en 2007, et retourne à Boca Junior pour s’occuper de sa mère, affaiblie par l’angoisse de voir son fils détesté en Espagne. Elle est hospitalisée deux fois cette année là. 

Retour en Argentine

Comme beaucoup de sud américains avant lui, à l’instar de Socrates par exemple, Riquelme n’aura retenu qu’un goût amer de l’Europe, trop compétitive pour eux à l’époque. Mais de retour sur sa terre natale, à Boca, le numéro 10 a rappelé aux grands d’Europe pourquoi eux, puissances du football, jalousaient tant les « petits » sud américains. Avec une belle histoire à raconter de sa campagne européenne et de retour pour chérir sa famille, tout en foulant les pelouses de la mythique Bombonera jusqu’en 2014, Riquelme n’a rien à regretter, tandis que le monde du football, lui, s’en souvient avec nostalgie… 

Retour à la Bombonera

En 2020, comme un symbole, Riquelme jouera un ultime match à la Bombonera en souvenir de sa carrière dévouée à ce club. Un rendez-vous à ne pas manquer !  

Jules Arguel

Riquelme : légende de la Bombonera

Benjamin Pavard : une histoire à écrire

La scène se déroule le 31 août dernier, lors d’un bel après-midi ensoleillé à l’Allianz-Arena. On joue depuis 36 minutes quand, sur un centre venu de la gauche, Benjamin Pavard arme une reprise du droit qui fait trembler les filets du gardien de Mayence. Tous les fans de l’équipe de France qui étaient devant leur téléviseur à ce moment-là n’ont sans doutre pas pu s’empêcher de crier “Second poteau Pavard !”, en souvenir d’une frappe similaire lors des huitièmes de finales de la dernière Coupe du Monde, face à l’Argentine. Certes, ce but inscrit contre Mayence était moins précieux. Mais il n’en reste pas moins représentatif du personnage qui, jusqu’à cette inspiration décisive, était le Bavarois le plus en peine sur le terrain. Un constat à l’image du joueur, qui divise beaucoup depuis l’officialisation de son transfert au Bayern Munich.

Une frappe comme fardeau

Si certains joueurs ont dû patienter très longtemps avant de soulever un trophée en sélection, voire même qui n’ont jamais connu ce privilège, Benjamin Pavard s’est lui montré très précoce en la matière. Alors qu’il ne rentrait pas dans les plans de Didier Deschamps plusieurs mois avant la compétition, il en a pourtant disputé la quasi-totalité, contribuant ainsi à inscrire une deuxième étoile au palmarès tricolore.

Dans la foulée, le jeune joueur formé au LOSC n’a guère eu le temps de souffler : des rumeurs l’envoyant déjà du côté du Bayern. Il faudra finalement attendre le mois de janvier suivant pour voir le directeur sportif du Rekordmeister, Hasan Salihamidzic, officialiser la venue de ce dernier à compter de juillet 2019, en échange de 35 millions d’euros.

Le problème est le suivant : toute l’agitation autour de son transfert, en plus du syndrome post-Coupe du Monde, semblent avoir affecté Benjamin Pavard, qui évolue alors encore sous le maillot du VFB Stuttgart. Son club connaît un début de saison catastrophique, auquel le Français n’est pas étranger.

Parallèlement, avec les Bleus, Pavard laisse transparaître quelques signes de fébrilité, et les observateurs sont de plus en plus nombreux à remettre en cause son apport offensif, lui qui évolue au poste de défenseur central en club.

Une saison loin d’être rassurante donc, avant de débarquer dans l’un des tout meilleur club européen.

Des débuts encourageants

Pas évident pour un jeune joueur comme Pavard de se faire une place d’entrée dans un club du standing du Bayern, surtout quand l’on doit déjà justifier auprès des plus sceptiques le prix de son transfert. Pourtant, là où beaucoup de joueurs se seraient brûlés les ailes, l’ex-Lillois s’est tout de suite mis au travail, fort de son statut de Champion du Monde. Dans un effectif à caractère francophone (5 Français), il semble s’être rapidement intégré, et enchaîne les matchs depuis le début de la saison. L’une des raisons ? Sa polyvalence, qui lui permet d’évoluer soit en tant que latéral droit, soit en tant que défenseur. Niko Kovac a déjà pu expérimenter les deux options, et son choix de repositionner régulièrement Joshua Kimmich au milieu de terrain témoigne de la confiance qu’il accorde à Benjamin Pavard. 

Cependant, la vie n’a jusque-là pas été si rose pour ce dernier, pour qui le match charnière semble réellement avoir été celui face à Mayence, fin août dernier. Très fébrile en début de rencontre, et d’ailleurs directement impliqué sur le but précoce encaissé par les Munichois, il a ensuite parfaitement réagi en inscrivant le but de l’égalisation, et n’a pas cessé de monter en puissance par la suite.

De même, à l’occasion du premier vrai test du Bayern face au RB Leipzig, le Français n’a pas craqué face à la forte pression qui avait été placée sur les épaules, suite notamment aux déclarations de Julian Nagelsmann en conférence de presse, qui le désignait comme le point faible du Rekordmeister

Une progression qui lui a valu d’être titularisé en Ligue des Champions face à l’Etoile Rouge de Belgrade, un match lors duquel il s’est montré très solide. Reste à savoir désormais s’il en sera de même face à des équipes plus compétitives, à commencer par Tottenham, concurrent direct du Bayern en phase de poules.

Latéral ou défenseur central ?

La question qui se pose concernant Benjamin Pavard reste celle de son poste de prédilection. Bien qu’il ait affiché des qualités certaines au poste de latéral droit lors de la Coupe du Monde, ainsi que depuis le début de la saison avec le Bayern  lorsqu’il a été titularisé à ce poste, le Français semble néanmoins, du point de vue collectif, plus performant lorsqu’il évolue au poste de défenseur. Sa vélocité et sa bonne qualité de relance répondent aux attentes du défenseur moderne, capable d’être la première rampe de lancement d’une équipe et de couvrir au mieux les contre-attaque. En revanche, il apparaît moins fringant dans les duels aériens, comparativement à un Niklas Süle par exemple. 

Au final, son profil doit sûrement réjouir Niko Kovac, qui pourra l’utiliser aux deux postes, même si le titulaire indiscutable au poste de latéral droit reste Joshua Kimmich. L’apport offensif de ce dernier est clairement plus élévé que celui de Pavard lorsqu’il évolue dans ce registre, mais dans le registre défensif, le déficit entre les deux semble bien moins important. 

Ainsi, on pourrait très bien imaginer l’entraîneur croate faire changer de poste l’ancien joueur de Stuttgart en cours de match, en fonction des circonstances de la rencontre. Si par exemple le Bayern se retrouve devant au score et doit tenir celui-ci, alors Benjamin Pavard pourrait être repositionné sur le flanc droit, dans un esprit plus défensif que Kimmich, qui serait lui repositionné en tant que sentinelle, un poste auquel il évolue régulièrement avec la Mannschaft.



Finalement, Bixente Lizarazu, ancien cadre du Bayern et désormais consultant, résume parfaitement le cas Benjamin Pavard. Selon lui, le joueur présente plusieurs qualités comme l’intelligence et le sens du sacrifice, qui sont primordiales pour réussir en Bavière. Et peut-être espérer venir ajouter à son palmares le deuxième titre le plus désiré avec la Coupe du Monde, à savoir la Ligue des Champions.

Paul Stefani

Benjamin Pavard : une histoire à écrire

Argentine : « Mi-figue, mi-raisin »

Avant chaque rencontre de l’équipe de France en coupe de monde, La Feuille de Match passe en revue son prochain adversaire. Pour la première journée, la France rencontre l’Argentine, dans ce qui s’annonce comme le « clash » de la poule C, dite de la « mort ». 

La coupe du monde : haut-lieu d’exploits argentins

Présent à chacune des éditions de la coupe de monde depuis 1987, l’Argentine a marqué la planète rugby de son empreinte en 2007, lorsqu’elle a renversé par deux fois l’équipe de France de Bernard Laporte. 

Une première fois lors du match d’ouverture (12-17) et une seconde fois, pour remuer le couteau dans la plaie, lors du match de la troisième place (10-34). Pour « leur » coupe du monde, les Bleus avaient été victime de la fameuse « grinta » argentine. Plus récemment, les basketteurs français ont subi cette même pugnacité si caractéristique des Argentins. Les Bleus et les autres équipes de poule C sont prévenus.

Depuis l’ère professionnelle, l’Argentine n’a manqué qu’une seule fois les portes des phases finales de la compétition. C’était en 2003 lorsqu’ils avaient échoué d’un petit point face à l’Irlande (15-16) en phase de poule. En 1999 puis en 2011, les Argentins se font éliminer dès les quarts de finale.

C’est lors des éditions 2007 et 2015 que l’Argentine crève l’écran en terminant ces deux éditions de coupe du monde, respectivement à la troisième et quatrième place. A chaque fois, les « Pumas » pratiquaient un rugby alléchant, avec une ligne de trois-quarts joueuse combinée à une mêlée féroce et intrépide.

Les « Pumas » soufflent le chaud et le froid

Avant le « huitième de finale » de samedi, les Pumas restent sur une série de neuf défaites d’affilée. Le dernier succès remonte à un an jour pour jour, lorsque les Argentins avaient surpris les Australiens chez eux en Rugby Championship (19-23). Depuis, les « Pumas » enchaînent défaite sur défaite, dont une en tournée d’automne face à la France au stade Pierre Mauroy de Villeneuve d’Ascq (28-13).

Malgré quatre échecs en autant de rencontre en 2019, l’Argentine réussit tout de même à résister face à la Nouvelle-Zélande (16-20) et l’Australie (10-16) en Rugby Championship, avant de jouer des tours à l’Afrique du Sud (24-18) en match de préparation de la coupe du monde.

Enlisée dans une onzième place peu reluisante au classement World Rugby, derrière le Japon, les Fidji et la France (huitième), l’Argentine subit une post-coupe du monde 2015 catastrophique. Sous la houlette de l’ancien sélectionneur Daniel Hourcade, l’Argentine a enregistré seulement 8 succès en 37 rencontres entre 2016 et 2018. 

Exit Daniel Hourcade, désormais l’ancien talonneur et capitaine des Pumas, Mario Ledesma dirige la sélection. Ancien entraîneur de la franchise argentine des Jaguares, le bourreau des Bleus en 2007 développe un système de jeu plus simple, à l’image de sa carrière de joueur, entièrement tourné autour du combat et du défi physique.

Sur les 31 joueurs sélectionnés, 26 jouent avec les Jaguares, une équipe exclusivement composée de rugbymen argentins. Une sorte d’antichambre et laboratoire de la sélection sud-américaine pour évoluer au plus haut niveau. 

En vue de la coupe du monde, la direction argentine a décidé d’inclure des joueurs expatriés, comme avec les deux ouvreurs Nicolas Sanchez (Stade Français) et Benjamin Urdapilleta (Castres Olympique) ou le pilier Juan Figallo (Saracens). A l’issue de la coupe du monde, le troisième-ligne Pablo Matera rejoindra Nicolas Sanchez au Stade Français. En revanche Mario Ledesma a décidé de se passer de trois cadres évoluant en Top 14 : Juan Imhofff (Racing), Santiago Cordero (Bordeaux-Bègles) et Facundo Isa (Toulon).

Capitaine de la sélection depuis l’intronisation de Marion Ledesma à la tête des Puamas, Pablo Matera est un des seuls joueurs argentins qualifiés comme étant un joueur de grande classe internationale. Depuis 2013, il fait partie des valeurs sûres de l’équipe d’Argentine. Habile, mobile et téméraire, Pablo Matera peut être considéré comme le digne héritier de Juan Martin Fernandez Lobbe. A 26 ans, « El Capitan » a été élu meilleur joueur de la finale de Super Rugby avec les Jaguares.

Dans la liste des sélectionnés, Mario Ledesma a fait confiance à deux demis d’ouverture habitués aux joutes du Top 14 : Nicolas Sanchez et Benjamin Urdapilleta. Pour le premier, il portera la responsabilité de l’attaque argentine, du haut de ses 77 sélections. En cas de méforme, le Castrais Benjamin Urdapilleta pourra prendre la relève. Après seulement quarante minutes de jeu en deux matchs face à l’Afrique du Sud, le protégé de Christophe Urios fait figure de surprise dans la liste des sélectionnés.

Ce samedi, l’équipe de France va de nouveau croiser le fer de l’inoxydable Juan Manuel Leguizamon. En 2007, le troisième-ligne avait écœuré l’équipe par deux fois avec ces qualités de plaqueur/gratteur. A 36 ans et 85 sélections, il est de loin le joueur le plus expérimenté du groupe argentin. En coupe du monde, les Pumas tournent à 64 % de moyenne de victoire lorsque Juan Manuel Leguizamon se trouve sur le terrain. Adjoint de Bernard Laporte en 2007, Jacques Brunel est prévenu.

Au total, la sélection argentine cumule pas moins de 1120 sélections, soit l’équivalent de 36,1 sélections par joueurs, pour une moyenne d’âge de 26,7 ans. Un groupe, qui malgré les apparences, reste relativement jeune.

Que vaut l'Argentine ?

Traditionnellement reconnue comme une nation robuste en mêlée, l’Argentine ne possède plus une des meilleures mêlées sur la scène internationale depuis quatre ans. Souvent pénalisée, la mêlée argentine est devenue le talon d’Achille de l’équipe. Néanmoins, les Pumas peuvent s’en remettre à leur légendaire « flair », bien aidé par une ligne de trois-quarts joueuse et des troisièmes lignes mobiles.

Dès la première journée de la poule C, les Argentins devront affronter l’équipe de France. Une rencontre qui a tout d’un « huitième de finale » entre les deux équipes les plus imprévisibles de la planète rugby. Dans son guide pour la coupe du monde, le quotidien l’Equipe accorde une étoile à l’Argentine dans la quête du trophée William Webb Ellis, au même titre que la France, l’Ecosse et les Fidji. Placée dans le « groupe de la mort », l’Argentine semble favorite pour décrocher la deuxième place du groupe, qualificatif pour les quarts de finale, juste après l’archi-favorite équipe d’Angleterre.

A l’inverse de l’équipe de France, les Pumas bénéficient d’un groupe expérimenté. Avec 26 joueurs de la franchise des Jaguares, les argentins évoluent ensemble depuis un certain nombre de saisons. Néanmoins, les Sud-américains manquent de profondeur de banc à certains postes : deuxième ligne et demi de mêlée en tête. De plus, l’équipe possède peu de joueurs de grande classe internationale, à l’instar d’Agustin Creevy ou de Pablo Matera, si indispensables en coupe du monde.

Dépeint comme une équipe versatile, l’Argentine reste tout de même un candidat sérieux. Durant quatre ans, les Pumas ont soufflé le meilleur comme le pire, mais en période de coupe du monde ils peuvent se sublimer. La sélection argentine détient le statut de Petit Poucet parmi les nations de l’Hémisphère Sud. 

Pour tirer les avantages et les inconvénients de cette équipe argentine, deux éléments interpellent. La première sur l’homogénéité de l’effectif. La seconde, sur la méforme de la sélection argentine, qui se trouve un plein doute après une avalanche de défaites. Depuis la victoire face à l’Australie en septembre 2018, l’Argentine n’a plus dépassé la barre des 20 points inscrits en rencontre internationale. Toutefois, l’Argentine possède d’énormes qualités non encore exploitées.

En effet, l’Argentine détient plusieurs qualités intrinsèques : courage et pugnacité, rapidité et puissance, force et technique. Si les Argentins parviennent à développer leurs qualités, gare aux autres nations qui pourraient se faire surprendre, à commencer par la France. Dans un cas plus probable, la deuxième place de la poule C semble abordable avec une potentielle élimination en quart de finale, contre l’Australie ou le Pays de Galles.

Le calendrier

  • Argentine/France : samedi 21 septembre à 9h15 à Tokyo
  • Argentine/Tonga : samedi 28 septembre à 6h45 à Higashiosaka
  • Argentine/Angleterre : samedi 5 octobre à 10h à Tokyo
  • Argentine/Etats-Unis : mercredi 9 octobre à 6h45 à Kumagaya

Le saviez-vous :

En 1965, une bévue d’un journaliste Sud-africain a donné le nom de la sélection argentine de rugby, surnommée les Pumas. Vous noterez que sur le blason de l’équipe se trouve un jaguar, et non un puma.

Greg Scott-Dyson

Argentine : « Mi-figue, mi-raisin »

Wesley Sneijder : une retraite bien méritée

Formé à l’Ajax Amsterdam, Sneijder est un milieu offensif polyvalent aux qualités multiples. Excellent passeur, il est aussi doté d’une frappe de balle lourde et sèche, qui lui permet de frapper de loin. Après une escale au Qatar, peu convaincu par le challenge niçois, la star des oranje a décidé de raccrocher les crampons. La fin d’une ère… 

Sneijder « le sous-coté »

A Amsterdam, le jeune Wesley est un jeune discret mais travailleur qui, sans avoir l’âme d’un leader, en a la qualité technique. Il s’impose donc logiquement dans la formation ajacide et en devient un moteur. Gros volume de jeu, vif dans les prises de décisions et toujours avare en prise de parole, Sneijder donne l’impression d’un joueur peu ambitieux, peu concerné. Ce comportement lui vaudra longtemps une réputation qui n’était pas à la hauteur de son talent. Mais c’était sans compter sur Bernd Schuster, entraîneur de la casa blanca en 2007… 

Sneijder le surcoté ?

En 2007, Sneijder débarque au Réal Madrid. Son arrivée ne force pas l’admiration de tous les fans madrilènes néanmoins, il est fréquemment utilisé par le technicien allemand. Il participe à 66 matchs et marque 11 buts ainsi que 32 passes décisives. Il sera tout de même qualifié par les « socios » (ultras madrilènes) comme pire numéro 10 de l’histoire du club, en raison du coût de son transfert, 27,5 millions d’euros et de sa nonchalance. 

La consécration interiste

En 2009, le néerlandais s’engage à l’inter Milan contre 15M d’euros. Un pari risqué pour Wesley, qui va rencontrer là bas José Mourinho. Et le succès est total. Il réalise en 2010 un triplé historique : coupe, championnat et ligue des champions dont il est élu meilleur joueur. Il parvient la même année à se hisser en finale de coupe du monde, dont il est aussi le meilleur joueur… Il bute cependant sur une Espagne impériale. Pressenti pour remporter le ballon d’Or devant le prodige argentin Léo Messi, il n’obtiendra qu’une 4ème place derrière Messi, Xavi et Iniesta alors que la FIFA avaient changé les systèmes de votes… Soit.  Sneijder sera tout de même, depuis ce jour, considéré à juste titre comme l’un des meilleurs meneur de jeu hollandais. 

Fin de carrière

Après une période faste à l’inter, avec le sentiment d’avoir prouver qui il était, Sneijder quitte l’Italie et rallie Galatasaray en 2013. Il en devient, paradoxalement, un leader charismatique et capitaine indiscutable. Il ajoute à ce propos que « Galatasaray m’a fait apprécier le foot avec un regard plus puéril, enfantin. C’est l’essence du foot, c’est pour ça je suis ici ». Le néerlandais reste 4 ans, au cours desquelles il est élu 2 fois meilleur joueur. Finalement, libre, il signe en 2017 à L’OGC Nice mais n’y restera pas plus de 6 mois, pour s’envoler au Qatar.

Jules Arguel

Wesley Sneijder : une retraite bien méritée