Portrait

Paolo Maldini : légende Milanaise

Joueur le plus capé de l’histoire de l’AC Milan avec 902 matchs, Paolo Cesare Maldini a vécu une véritable histoire passionnelle avec le club lombard, auquel il a été fidèle tout du long de ses 25 ans de carrière. Défenseur vif, redoutablement intelligent, doté d’un sens du placement inégalable et dur sur l’homme, il est aussi connu pour son fairplay et sa classe sur et en dehors du terrain. Retour sur la carrière du défenseur le plus respecté du football italien, de ses débuts à San Siro jusqu’à son retour en tant que directeur sportif.

Très jeune déjà, Paolo entretient une relation très étroite avec le football. Pourtant celui-ci n’est pas motivé par la carrière de footballeur. La peur de se sentir dans l’ombre de son père, Cesare Maldini, vainqueur de la ligue des champions avec les rossoneri, devient vite un frein pour Paolo, repéré pourtant dès l’école primaire par… l’Inter ! Mais à l’âge de 10 ans, son père lui propose de faire des essais, soit pour Milan, soit pour l’inter. Paolo tente finalement sa chance chez les diables et sera même adoubé par Nereo Rocco lui-même ! Celui-ci dira même de Paolo qu’ « Il est le plus gros potentiel que les rossoneri ont eu l’occasion de voir s’entraîner ». Le nez creux Nereo, le nez creux… Il est finalement lancé 6 ans plus tard, précoce, par l’ami de son père Nils Liedholm. Il confirme ses prouesses montrées en primavera (équipe jeune) et étouffe les rumeurs selon lesquelles la signature de Maldini serait uniquement due au forcing de son père. Il a bien grandi le gamin introverti !

La naissance d’un empire

Au cours de sa carrière, Maldini collection les trophées avec le Milan AC et devient très vite un leader invétéré. Aux côtés de Costacurta, Baresi et Tassoti, il fait partie de l’une des meilleures défenses du monde et représente en Europe la classe à l’italienne. Il a 20 ans quand il réalise le doublé Scudetto – supercoupe et s’en suivent 7 de chaque. A 21 ans, en 1989, il remporte sa première ligue des champions. Et gage de sa fidélité au Milan, il gagne sa cinquième en 2007, après avoir été bouleversé par la défaite d’Istanbul contre Liverpool, 2 ans auparavant. A la suite de l’ultime triomphe européen du Milan version Maldini – Kakà, Adriano Galliani déclare que si « Paolo est toujours titulaire malgré son âge (38 ans), c’est parce qu’il est encore le meilleur à ce poste ». En sélection, Maldini ne connaît pas le même succès, et prend sa retraite 2 ans avant le sacre de 2006, comble de l’ironie. Il détient cependant le record de minutes jouées en phases finales de coupe du monde et a été élu meilleur défenseur de la compétition à 2 reprises. Il a aussi dépassé Dino Zoff en devenant joueur le plus capé de la Squadra Azzura, avant d’être rattrapé par Gianluigi Buffon.  Maldini figure aujourd’hui dans la liste FIFA 100, réunissant les 100 meilleurs joueurs du XXe siècle.

Mais le palmarès, ce n’est pas ce qui fait de Maldini la légende absolue qu’on s’imagine aujourd’hui.

L’admiration du football

Si Maldini suscitait et suscite autant l’admiration du monde du football (ses pairs, ses adversaires et tous les fans de foot), c’est principalement parce qu’il est l’instigateur d’un nouveau rôle du défenseur. Avant lui, le rôle de défenseur est essentiellement celui de « stoppeur », brutal, effrayant et souvent maladroit balle au pied mais létal dans les tacles. De son côté, Paolo est venu apporter du volume au rôle de défenseur (particulièrement latéral, poste qu’il occupait le plus) avec plus de soutien offensif, de centres, de passes. Et Maldini excellait dans ces registres. A gauche, il était un redoutable passeur décisif, mais ne refusait aucun effort défensif. Restant debout la plupart du temps pour endiguer les attaques adverses et mieux relancer, il ne s’interdisait pas pour autant un bon tacle à l’italienne ! Et subtilement liées à ces qualités techniques, Maldini faisait aussi preuve d’une classe encore inégalable aujourd’hui, savant mélange entre le fairplay de Puyol et l’élégance de Baresi.  

Et cette classe, elle fait l’unanimité en Italie, comme en témoigne les preuves de respect des supporters adverses, pourtant si sévères en Italie, au cours de sa carrière. Il a en effet été de nombreuses fois acclamés à San Siro par les nerazzurri. Mais l’exemple le plus marquant reste son ultime match de Calcio A. A la fin d’un match qualificatif pour la coupe d’Europe, à Florence, le gardien de la viola Sébastien Frey remet une plaque commémorative à Maldini, en guise de « témoignage respectueux » de la ville de Florence, sous un  tonnerre d’applaudissements. Les seuls supporters à déplorer un écart de Maldini sont, paradoxalement, les ultras milanais de la Curva Sud, dont le capitaine rossoneri déplorait les cris et insultes racistes… Allez, on lui pardonne ! 

L’Hommage de l’Inter à Maldini 

Milanais un jour…

Aujourd’hui, Paolo Cesare Maldini, dont le célèbre numéro 3 a été retiré du club, laissé vacant pour un de ces fils (un jour peut-être…), est de retour à Milanello. Il y joue un rôle clé dans le recrutement et l’encadrement des joueurs au Milan AC. En tant que directeur sportif du club, il est épaulé par un autre ancien rossonero, Zvonimir Boban. Ils ont entre autre recruté le jeune défenseur brésilien de 23 ans Léo Duarte qui, on l’espère, saura s’inspirer de son aîné… 

Jules Arguel

Paolo Maldini : légende Milanaise

Karl-Heinz Rummenigge : la légende de l’Allemagne de l’Ouest

Né à Lippstadt, en Allemagne de l’Ouest en 1955, le petit Karl-Heinz vit la séparation de l’Allemagne dans des conditions modestes. Il débute le foot en 1963, à 11 ans, ce qui à l’époque est un passe temps pour l’allemand. Son père l’inscrit au club pour lui éviter de jouer avec ce qu’il appelait « de mauvaises fréquentations pour Karl ». Avec le temps passé au club, le foot est devenu une passion, avant de devenir sa profession. 

En 1963 le jeune Rummenigge est inscrit au club de foot de sa ville natale, Lippstadt. Il y effectuera l’intégralité de son parcours junior, qui prend fin à l’âge de 22 ans, lorsqu’il signe son premier contrat professionnel au Bayern Munich. Il est repéré par l’entraîneur de l’époque, Udo Lattek. Le technicien allemand était à l’époque en conflit avec  son président Wilhelm Neudecker qui le jugeait « inapte physiquement ». Le coach allemand a finalement eu le nez creux en recrutant celui qui deviendra le double vainqueur du ballon d’or en 80 et 81… Accompagné de Franz Beckenbauer et Lothar Matthäus, « Kalle » de son surnom personnifie le football ouest allemand et en fait les belles heures dans les années 80 après le déclin de son prédécesseur, Gerd Müller… 

La consécration allemande

Karl-Heinz hérite de la lourde tâche de faire oublier le meilleur buteur de l’histoire du Bayern, Gerd Müller qu’il écarte peu à peu de la pointe bavaroise, appuyé par Lattek. Et il y parvient, bien que modestement, sans battre le record de but de son aîné. Quintuple meilleur buteur du championnat de 78 à 82 et en 84, le Bayern Munich revient au premier plan grâce à son buteur et glane trois titres consécutifs à partir de 1981. Année où « Kalle » remporte son deuxième ballon d’Or.

La nuit de Séville, la soirée de Rummenigge

Séville, 8 Juillet 1982. Demi-finale de la Coupe du Monde. Match qui dans l’imagerie populaire française est le plus grand vol de l’histoire de la Coupe du Monde. Seulement, au-delà de l’incompréhension suite à l’ « attentat de Schumacher » sur Battiston, c’est bien la France qui mène au début de la prolongation (3-1). Seulement, à la 100e minute rentre Rummenigge qui, deux minutes plus tard, marque du pied droit. Puis il attendra la fin de la 2ème période de la prolongation pour offrir l’égalisation (et plus beau but de la compétition) à son coéquipier Fischer. Il transformera ensuite son penalty au cours des tirs au but et emporte l’Allemagne en Finale, en capitaine. Malgré tout, la RFA est vaincu par l’Italie en finale, brisant les rêves de titre de Kalle. 

Le départ de Munich

Après la coupe du monde 82, le statut de Rummenigge change drastiquement. Dino Zoff, après la finale dira même que « Rummenigge avait deux Platini dans chaque pied contre la France. Il était intouchable ».  Pourtant l’allemand s’essouffle avec le temps et en 84, il est poussé vers la sortie par la direction et notamment par Willi Hoffmann. Il signe alors un contrat de 3 ans à l’inter Milan où il ne s’imposera pas à cause de ses blessures. Il signe néanmoins une excellente coupe du Monde 86 mais chute de nouveau en finale, défait par l’Argentine. Il rallie un an plus tard la Suisse, où il ne cache pas l’amertume de sa fin de carrière mais finit tout de même meilleur buteur su championnat pour sa dernière saison professionnelle. 

Mia san Mia

Finalement, malgré son départ mal digéré, Rummenigge ne se résout pas à vivre sans le Bayern puisqu’il en devient un membre important de la direction en 1991 jusqu’en 2002. Et de 2008 à 2017, il est président de l’association européenne des clubs. 

Jules Arguel

Karl-Heinz Rummenigge : la légende de l’Allemagne de l’Ouest