Série A

Derby de Milan : l’Inter déroule, Giampaolo dépassé

Comptant pour la 4ème journée de Calcio A, le 219ème derby de la Madonnina offrait la possibilité à l’Inter Milan, meilleure attaque et défense du championnat, de creuser l’écart avec le Milan AC et de prendre la tête de la Série A. Et le pari est réussi pour la formation d’Antonio Conte. 

La compo du Milan :

La compo de l’Inter :

Avant d’être un derby important, l’opposition entre les 2 clubs milanais était un match dans le match entre Conte et Giampaolo, l’un étant invaincu contre le Milan AC (Conte) et l’autre n’ayant jamais perdu un derby. Conte est indiscutable et, statistiques à l’appui, permet à l’Inter Milan de renouer avec son glorieux passé tandis que son homologue rossonero ne fait pas l’unanimité. Malheureusement pour lui, Giampaolo a de nouveau péché. Présentant une équipe terne, sans Paquetá, ni Theo Hernandez ou encore l’Algérien Bennacer, l’AC Milan a de nouveau dû compter sur le trop instable Suso. Accompagné au milieu par Çalhanoğlou, Biglia et Kessie, l’entrejeu rossonero était trop pauvre pour servir Leão et Piatek. Les seuls éclairs du portugais en première période n’auront suffi à faire plier la charnière à trois des nerazzurri, complétée par l’excellent Godin. 

Donnarumma au secours du Milan

Trop peu soutenu par sa défense, malgré la bonne prestation de Romagnoli, le portier italien a été remarquable, comme l’illustre sa parade sur la tête de Lautaro Martinez à la 26ème minute. Il a maintenu son équipe à flots, malgré la domination technique et physique de l’Inter sur l’ensemble du match. Pour que Donnarumma s’incline, il faudra attendre le CSC (contre son camp) de Leão sur la frappe de Brozovic à la 49ème minute. Puis il échouera une nouvelle fois sur la tête de l’inévitable Lukaku (n’en déplaise aux supporters racistes) qui place une tête à bout portant sur un centre de Barella, à la 78ème minute de jeu. Défensivement, Conti et Musacchio ne sont pas exempts de tous reproches… 

L’inter armé pour le scudetto

Avec ses recrues de poids et son entraîneur Antonio Conte, L’Inter domine. Partisan du 3-5-2, Conte transmet ses valeurs de l’effort à cette équipe en quête de réussite. Et l’alchimie est sans pareille. Contre l’AC Milan, le résultat est logique. Et malgré une fin de match intéressante, après la rentrée de Paquetá et Hernandez, le déséquilibre est évident. Les 30 derniers mètres précédant la cage de Handanovič, le terrain est quadrillé. Asamoah et D’ambrosio sur les côtés réalisent une transition défensive rapide (en 5-3-2), endiguant les contre-attaques aux côtés de De Vrij, Godin et Skřiniar, permettant une relance propre, orchestrée par Brozovic, Barella et Sensi. La transition défensive, vive, permet une relance dans le petit périmètre grâce aux déplacements latéraux de Brozovic qui dispose ainsi de 4 options offensives entre ses pistons et ses milieux créateurs. Le jeu court, voire en une touche et les déplacements « essuie-glace » permettant d’étirer la défense, les attaques placés sont plus faciles et permettent les combinaisons dont Conte est si friand. En somme, la patte Conte est bel et bien là. Sarri et Ancelotti n’ont qu’à bien se tenir… 

Jules Arguel

Derby de Milan : l’Inter déroule, Giampaolo dépassé

La bataille de Rome

La nouvelle saison de Calcio A a débuté ce week-end. Les deux clubs de la capitale italienne affichent des ambitions de Ligue des Champions pour cette nouvelle saison. Et pourquoi pas faire concurrence à la Juve et le Napoli, qui se tirent la bourre pour le titre. 

Rome voit double cette saison. La ville, déchirée entre deux clubs à rivalité énorme et au niveau quasi similaire ces dernières saisons, ne sait plus où donner de la tête. D’un côté, nous avons la Lazio, dont le dernier titre date de 2017 et une Supercoupe d’Italie, et plus vieux club de la ville. De l’autre, nous avons la Roma, 16 trophées à son palmarès, mais pas la moindre victoire dans une compétition depuis 2008. Deux clubs que tout oppose, mais dont l’ambition commune est d’aller chercher un titre en Italie, tout en allant aussi loin que possible dans les Coupes d’Europe dans lesquelles ils sont engagés. 

La stabilité pour la Lazio

Le club coaché par Philipo Inzaghi a prôné la stabilité durant ce mercato estival. Manuel Lazzari, prometteur milieu de terrain de la SPAL, arrive pour 11 millions d’euros, tandis que le Slovaque Denis Vavro arrive pour 10,5 millions en provenance de Copenhague. Pedro Neto et Bruno Jordao, tous deux prêtés par Braga la saison passée, ont signé définitivement à la Lazio pour respectivement 8,5 et 4,5 millions d’euros… Pour ensuite filer tous les deux chez les Wolves de Nuno pour environ le double de leur prix d’achat (18,5 millions pour Neto, 9,2 millions pour Jordao). Jony débarque de Malaga pour 2 petits millions d’euros, tout comme le milieu polonais Patryk Dziczek. 

Côté départs, peu de joueurs ont quitté le navire. Mis à part les deux portugais partis rejoindre la “colonie” à Wolverhampton, seul Milan Badelj a quitté le club dans les joueurs aspirants titulaires. Il rejoint la Fio, en prêt payant de 700 000 euros. 

Inzaghi mise donc sur la stabilité, en tentant de garder un groupe cohérent. Dans le secteur défensif, Acerbi, Luiz Felipe, Wallace et Bastos vont se partager le temps de jeu dans l’axe, alors que Jordan Lukaku et Durmisi devront se relayer sur le flanc gauche, même s’ils sont pour le moment tous deux blessés, laissant l’intérim à Senad Lulic. A droite, Patric pourrait jouer à ce poste, néanmoins le coach pourrait privilégier un milieu droit, tel que Lazzari, arrivé de la SPAL.. Habitués à la défense à trois, c’est bien ce dispositif qui devrait être reconduit cette saison. 

Au milieu de terrain, Sergej Milinkovic-Savic semble vouloir rester à la Lazio. Il déclarait récemment dans la presse que “jamais on ne l’entendra dire qu’il veut quitter la Lazio”. Ciblé par Manchester United, le PSG ou encore la Juve, l’international Serbe ne cesse de progresser. Associé à Lucas Leiva, Marco Parolo ou encore Valon Berisha, le milieu de terrain reste très solide pour les Biancocelesti

Offensivement, les joueurs de qualité se bousculent. L’inévitable Ciro Immobile sera reconduit comme titulaire indiscutable devant, lui qui sort d’une saison à 15 buts en Série A. A ses côtés, une rotation devrait s’installer entre Joaquin Correa et Felipe Caicedo, même si le premier devrait disputer le début de saison, Caicedo étant blessé au mollet. En soutien, Luis Alberto semble lui aussi imbougeable, lui qui a réalisé une très bonne saison avec 6 buts et 6 passes décisives toutes compétitions confondues, mais surtout avec une grosse influence sur le jeu de son équipe. 

AS Rome : beaucoup de mouvement, peu de certitudes

Du côté de la Louve, la situation est toute autre. Alors que leurs rivaux ont prôné la stabilité, la Roma a connu un mercato pour le moins mouvementé. 8 arrivées majeures, pour 6 départs du même acabit. Rien que ça. 

Pour commencer, alors que Luca Pellegrini a pris la direction de la Juve, Leonardo Spinazzola a fait le chemin inverse. Le latéral/milieu gauche italien débarque contre 29 millions d’euros, pour venir concurrencer un Aleksandar Kolarov vieillissant. Pau Lopez, gardien passé par Tottenham et le Betis, signe pour 23 millions d’euros, et vient prendre la place de titulaire à Olsen, qui est un bon gardien mais qui a quelque peu déçu la saison passée à la capitale italienne. 

Bryan Cristante a également signé pour 21 millions en provenance de l’Atalanta Bergame, tout comme Amadou Diawara, qui signe pour le même montant en provenance du Napoli. Ils viendront tous deux apporter un peu de grinta et de vista à un milieu de terrain Romain sevré de sa légende Daniele De Rossi, parti pour Boca Juniors, ainsi que de Gerson, qui retourne au Brésil à Flamengo pour 12 millions. Steven N’Zonzi est également parti, prêté au Galatasaray. 

Ajoutez à cela le prêt de Jordan Veretout en provenance de la Fio, et vous obtenez un joli mélange qui pourrait permettre aux Romains de faire tourner leur effectif de façon correcte lors de cette saison chargée, et ce malgré les départs. Pastore et Pellegrini étant toujours là, le milieu de terrain romain dispose d’une qualité technique indéniable, et sera sûrement à surveiller cette saison.

En défense, pour remplacer Manolas, la Roma a misé sur deux prêts : Mert Cetin arrive en provenance de Genclerbirligi, tandis que Gianluca Mancini arrive en provenance de l’Atalanta. Ivan Marcano a été cédé au FC Porto pour deux millions d’euros. Toujours dans l’arrière garde, Davide Zappacosta arrive lui aussi en prêt en provenance de Chelsea, où il était barré par la concurrence d’Azpilicueta et Reece James. 

C’est finalement offensivement que les Romains ne se sont pas renforcés. Le départ d’El Shaarawy en chine à Shenhua risque de laisser un vide du côté de Rome, même s’il jouait moins souvent la saison passée, devancé par Perotti ou encore le jeune Zaniolo. Ezequiel Ponce, que l’on pouvait imaginer doublure de Dzeko en attaque aux côtés de Schick, est parti pour le Spartak Moscou, contre 3 petits millions d’euros. Les flèches Justin Kluivert et Cengiz Ünder ont été conservées, tout comme Dzeko, annoncé avec insistance du côté de l’Inter mais qui a finalement prolongé il y a quelques jours. 

 

Beaucoup de mouvements donc du côté de la Roma, peu du côté de la Lazio. Et après la première journée de championnat, avantage Biancocelesti : une victoire éclatante 3-0 lors de la première journée sur les terrains de la Sampdoria avec un doublé d’Immobile. Les Giallorossi n’ont su faire mieux qu’un nul 3-3 face au Genoa, en ayant mené trois fois au score. Le rapport de force entre les deux clubs serait-il en train de s’inverser ? Réponse en fin de championnat…

Hugo Kucharski

La bataille de Rome

Le Napoli prétendant au trône

Les saisons défilent à Naples , mais le sort reste inchangé : toujours pas de sacre.

Après une saison 2018-2019 de nouveau conclue en position de dauphin, derrière la Juventus, l’heure est à la revue des ambitions du côté des Azurri. La direction peut-elle se satisfaire de cette régularité, ou doit-elle viser plus haut, à savoir le titre ? 

Le mercato intéressant réalisé cet été, ainsi que la conservation de certains cadres répond déjà à la question : sous la houlette du “Mister” Carlo Ancelotti, le Napoli a plus que jamais les armes pour conquérir cette couronne tant convoitée.

Les piliers conservés, mais aussi un vent nouveau

Quoi de mieux, avant de viser plus haut, que de se reposer sur certaines bases qui ont fonctionné lors de la saison passée ? En conservant son trio offensif Mertens-Callejon-Insigne, ainsi que le pilier de son arrière garde, à savoir Kalidou Koulibaly, le Napoli s’est déjà offert une belle assurance.

Une assurance complétée par un mercato intelligent, marqué par l’arrivée d’un renfort de taille en attaque, en la personne d’Hirving Lozano (42 millions). Le désormais ex-joueur du PSV Eindhoven viendra dynamiser un front offensif parfois à bout de souffle la saison passée, ce qui devrait permettre à l’effectif italien de perdre moins de points en cours de saison lors de matchs jugés plus faciles. 

Mais le club napolitain ne s’est pas contenté de cela, décidant également de renforcer l’un de ses points forts : à savoir sa défense, avec l’arrivée de Kostas Manolas (36M), qui promet de former une charnière centrale de classe mondiale aux côtés de Koulibaly. 

La rigueur tactique avant tout

Si le Napoli peut se vanter d’être l’une des équipes les plus rigoureuses du point de vue tactique en phase défensive, ainsi que très efficace dans son pressing, cela lui a souvent coûté quelques problèmes offensifs. Le meilleur exemple ? La phase de poules de la dernière Ligue des Champions, qui a vu le club entraîné par Carlo Ancelotti terminer à la troisième place, derrière Liverpool et Paris. Durant cette courte aventure européenne, les Azurri auront finalement perdu leur place pour les huitièmes sur un match nul concédé face à l’équipe jugée comme la plus faible du groupe, à savoir l’Étoile Rouge de Belgrade. 

Proche de la perfection lorsqu’elle évolue dans son 4-4-2 structuré, elle devra se montrer plus entreprenante offensivement, même si elle peut se reposer sur ses individualités comme Mertens et Insigne, capables de bouleverser le cours du jeu. 

C’est d’ailleurs le reproche qui a souvent été tenu à l’encontre de Carlo Ancelotti, davantage considéré comme un entraîneur de Champions League que de championnat. Néanmoins, il ne faudra pas sous-estimer le génie tactique du Mister, qui dispose d’ailleurs d’un aura certain dans le vestiaire. 

Continuité versus transition : avantage Napoli

Bien que la lutte pour le titre s’annonce moins bilatérale cette saison, avec le retour en force de l’Inter Milan d’Antonio Conte, Naples dispose d’un avantage important puisque contrairement à ses deux concurrents majeurs que sont la Juve et l’Inter, le club n’a pas connu un été aussi agité, les deux équipes ayant d’ailleurs changé d’entraîneurs (Sarri à la Juve et Conte à l’inter). 

Ainsi, les idées de jeu de ces deux nouveaux coachs pourraient mettre quelques temps à se mettre en place, une occasion en or pour le Napoli, à condition que le club réussisse son début de saison, afin de se présenter comme un sérieux candidat au titre. 

Si la course au titre s’annonce palpitante et devrait tenir en haleine pendant un moment les supporters napolitains, les péripéties qui l’agiteront n’en seront pas moins savoureuses, et beaucoup de fans ont d’ores et déjà ciblé la date de la réception de la Juve au San Paolo, à l’occasion du retour de Maurizio Sarri sur les terres du club qui l’a révélé, mais cette fois ci dans le costume de l’ennemi… 

Paul Stefani

Le Napoli prétendant au trône

Juventus : nouveau cycle, nouvelles ambitions

La saison 2018/2019 s’est terminée avec un goût amer pour les tifosi Turinois. Malgré un titre de champion d’Italie (leur 8e consécutif), les supporters attendaient plus. Avec le départ de Max Allegri et l’arrivée de Sarri, la Juventus doit enclencher un nouveau cycle. 

Le troisième titre en C1 arrivera-t-il cette saison à la Juve ? La question peut en effet se poser. L’année dernière, la Vielle Dame frappait un gros coup en signant Cristiano Ronaldo pour environ 100 millions d’euros. Ajoutez à cela le retour de Bonucci, l’arrivée de Cancelo, et vous obtenez l’une des meilleures équipes d’Europe, capable d’aller chercher la Coupe aux Grandes Oreilles. Sur le papier. En réalité, le club a changé sa façon de jouer, l’attaque tournant quasi exclusivement autour de la star portugaise, ce qui a rendu leur jeu beaucoup plus prévisible. 

Un recrutement d’abord intelligent…

Comme chaque saison, la Juve a su sentir les bons coups sur le marché des transferts. Tout d’abord, en janvier dernier, Aaron Ramsey annonçait sa signature dès la fin de son contrat avec Arsenal pour la Juve. Il vient garnir un milieu de terrain déjà bien fourni (Emre Can, Miralem Pjanic, Sami Khedira, Blaise Matuidi, Rodrigo Bentacur…). Adrien Rabiot, également arrivé gratuitement en provenance du Paris Saint-Germain, relègue Blaise Matuidi au rang d’indésirable aux yeux de Maurizio Sarri. C’était également le cas de Sami Khedira, qui retrouve peu à peu du temps de jeu après sa bonne pré-saison. 

Outre le recrutement au milieu de terrain, il y a eu du mouvement dans l’arrière-garde. L’international Néerlandais Matthijs De Ligt, impérial la saison passée avec l’Ajax et l’un des meilleurs espoirs du monde, a signé pour 75 millions d’euros. Il vient rajeunir une charnière centrale vieillissante, notamment avec Giorgio Chiellini (35 ans) et Leonardo Bonucci (32 ans), qui étaient les deux titulaires indiscutables la saison dernière. Autre arrivée, celle de Merih Demiral. International Turc, il arrive en provenance de Sassuolo pour 18 millions d’euros, et aspire à une place dans le onze de départ d’ici quelques temps, du haut de ses 21 ans. 

Luca Pellegrini, jeune latéral gauche de la Roma, a également rejoint le navire, qu’il a ensuite quitté pour un prêt vers Cagliari. Leonardo Spinazzola, qui avait fait une bonne saison, s’est lui envolé pour la Roma.

Côté gardiens, la Vieille Dame a enregistré le retour de sa légende Gianluigi Buffon. Après une année mitigée au Paris Saint-Germain, la légende est de retour et clame son amour pour la Juve. Un contrat d’un an, avec une promesse d’intégrer le staff turinois à l’issue de la saison. Une arrivée qui a engendré le départ de Mattia Perin, qui part au Benfica pour 15 millions. Il rejoindra le club Lisboète au mois de novembre, lui qui est blessé à l’épaule droite. 

...Puis surprenant

Après les bons coups, la Juve a beaucoup surpris ses supporters. Tout d’abord avec le cas Paulo Dybala. Indésirable aux yeux des dirigeants, il était poussé vers la sortie cet été. Un temps annoncé à Manchester United dans le cadre d’un échange avec Romelu Lukaku, il était finalement très proche de Tottenham, qui avait négocié une offre autour de 70 millions d’euros. Mais le joueur ne veut pas partir. Il a annoncé vouloir rester au club, et Sarri voudrait, lui, le garder. Une offre du PSG n’est pour le moment pas à exclure, même si cela risque de dépendre du départ de Neymar. 

Autre transfert surprenant, l’échange entre Joao Cancelo et Danilo. L’international portugais, qui a pourtant réalisé de très bonnes performances la saison passée avec les Bianconeri, n’entrait plus dans les plans de la Juventus (ceux de Sarri, ou ceux des dirigeants?). Il a donc fait ses valises pour Manchester City malgré sa volonté de rester s’imposer en Piémont, et Danilo, passé par le Real Madrid, a fait le chemin inverse. Considéré comme l’un des meilleurs latéral droit du monde, Cancelo va donc découvrir la Premier League et Pep Guardiola. 

Egalement indésirable, Daniele Rugani n’en sait pas plus sur son avenir. Approché par Arsenal, qui a fini par choisir David Luiz, l’international italien cherche du temps de jeu, et les recrues de Demiral et De Ligt ne vont pas dans son sens. Approché par les Wolves dans les dernières heures du mercato, il est finalement resté du côté de Turin. D’après les dernières informations dévoilées, Rugani n’aurait plus que deux options : l’AS Roma et le FC Barcelone, l’AS Monaco ayant laissé tomber cette piste. Et la Juve pourrait perdre un autre grand espoir…

Un nouvel attaquant en vue ?

Mandzukic étant sur le départ, la Juve aura besoin d’un nouvel attaquant. Outre Gonzalo Higuain, qui a déjà joué pour Maurizio Sarri au Napoli et à Chelsea, la Juve souhaite recruter un nouvel attaquant, en la personne de Mauro Icardi. Cristiano Ronaldo a même fait part de son envie de voir Icardi porter la tunique Bianconera, afin de pouvoir combiner dans les petites espaces avec lui. Higuain étant sur le départ, l’attaquant argentin de l’Inter occuperait la place de numéro 1 dans cet effectif turinois. 

Côté droit de cette attaque, Federico Bernardeschi pourrait réellement exploser cette saison, lui qui n’a jamais vraiment eu une réelle occasion de briller depuis son arrivée en provenance de la Fiorentina il y a 2 ans. Son association avec Cristiano Ronaldo avait fait des étincelles la saison passée, et c’est l’année ou jamais pour le jeune ailier italien. A noter que d’autres joueurs comme Douglas Costa ou encore Juan Cuadrado n’attendent que du temps de jeu, et qu’ils pourraient bien profiter du turn-over régulier dû aux matchs à répétition. 

La Juventus a donc les armes pour aller chercher une 3e Ligue des Champions. La saison passée nous a prouvé que tout pouvait arriver dans le football, et les renforts enregistrés dans cet effectif ne vont certainement pas contredire la règle. Néanmoins, certaines pertes pourraient être douloureuses. Si certaines recrues ne se mettent pas rapidement dans le bain, les turinois pourraient vivre une nouvelle saison mitigée. En espérant que les Bianconeri aient appris de leurs erreurs sur la scène européenne… Et qu’ils sauront repousser les assauts napolitains sur la scène nationale. 

Hugo Kucharski

Juventus : nouveau cycle, nouvelles ambitions

Paolo Maldini : légende Milanaise

Joueur le plus capé de l’histoire de l’AC Milan avec 902 matchs, Paolo Cesare Maldini a vécu une véritable histoire passionnelle avec le club lombard, auquel il a été fidèle tout du long de ses 25 ans de carrière. Défenseur vif, redoutablement intelligent, doté d’un sens du placement inégalable et dur sur l’homme, il est aussi connu pour son fairplay et sa classe sur et en dehors du terrain. Retour sur la carrière du défenseur le plus respecté du football italien, de ses débuts à San Siro jusqu’à son retour en tant que directeur sportif.

Très jeune déjà, Paolo entretient une relation très étroite avec le football. Pourtant celui-ci n’est pas motivé par la carrière de footballeur. La peur de se sentir dans l’ombre de son père, Cesare Maldini, vainqueur de la ligue des champions avec les rossoneri, devient vite un frein pour Paolo, repéré pourtant dès l’école primaire par… l’Inter ! Mais à l’âge de 10 ans, son père lui propose de faire des essais, soit pour Milan, soit pour l’inter. Paolo tente finalement sa chance chez les diables et sera même adoubé par Nereo Rocco lui-même ! Celui-ci dira même de Paolo qu’ « Il est le plus gros potentiel que les rossoneri ont eu l’occasion de voir s’entraîner ». Le nez creux Nereo, le nez creux… Il est finalement lancé 6 ans plus tard, précoce, par l’ami de son père Nils Liedholm. Il confirme ses prouesses montrées en primavera (équipe jeune) et étouffe les rumeurs selon lesquelles la signature de Maldini serait uniquement due au forcing de son père. Il a bien grandi le gamin introverti !

La naissance d’un empire

Au cours de sa carrière, Maldini collection les trophées avec le Milan AC et devient très vite un leader invétéré. Aux côtés de Costacurta, Baresi et Tassoti, il fait partie de l’une des meilleures défenses du monde et représente en Europe la classe à l’italienne. Il a 20 ans quand il réalise le doublé Scudetto – supercoupe et s’en suivent 7 de chaque. A 21 ans, en 1989, il remporte sa première ligue des champions. Et gage de sa fidélité au Milan, il gagne sa cinquième en 2007, après avoir été bouleversé par la défaite d’Istanbul contre Liverpool, 2 ans auparavant. A la suite de l’ultime triomphe européen du Milan version Maldini – Kakà, Adriano Galliani déclare que si « Paolo est toujours titulaire malgré son âge (38 ans), c’est parce qu’il est encore le meilleur à ce poste ». En sélection, Maldini ne connaît pas le même succès, et prend sa retraite 2 ans avant le sacre de 2006, comble de l’ironie. Il détient cependant le record de minutes jouées en phases finales de coupe du monde et a été élu meilleur défenseur de la compétition à 2 reprises. Il a aussi dépassé Dino Zoff en devenant joueur le plus capé de la Squadra Azzura, avant d’être rattrapé par Gianluigi Buffon.  Maldini figure aujourd’hui dans la liste FIFA 100, réunissant les 100 meilleurs joueurs du XXe siècle.

Mais le palmarès, ce n’est pas ce qui fait de Maldini la légende absolue qu’on s’imagine aujourd’hui.

L’admiration du football

Si Maldini suscitait et suscite autant l’admiration du monde du football (ses pairs, ses adversaires et tous les fans de foot), c’est principalement parce qu’il est l’instigateur d’un nouveau rôle du défenseur. Avant lui, le rôle de défenseur est essentiellement celui de « stoppeur », brutal, effrayant et souvent maladroit balle au pied mais létal dans les tacles. De son côté, Paolo est venu apporter du volume au rôle de défenseur (particulièrement latéral, poste qu’il occupait le plus) avec plus de soutien offensif, de centres, de passes. Et Maldini excellait dans ces registres. A gauche, il était un redoutable passeur décisif, mais ne refusait aucun effort défensif. Restant debout la plupart du temps pour endiguer les attaques adverses et mieux relancer, il ne s’interdisait pas pour autant un bon tacle à l’italienne ! Et subtilement liées à ces qualités techniques, Maldini faisait aussi preuve d’une classe encore inégalable aujourd’hui, savant mélange entre le fairplay de Puyol et l’élégance de Baresi.  

Et cette classe, elle fait l’unanimité en Italie, comme en témoigne les preuves de respect des supporters adverses, pourtant si sévères en Italie, au cours de sa carrière. Il a en effet été de nombreuses fois acclamés à San Siro par les nerazzurri. Mais l’exemple le plus marquant reste son ultime match de Calcio A. A la fin d’un match qualificatif pour la coupe d’Europe, à Florence, le gardien de la viola Sébastien Frey remet une plaque commémorative à Maldini, en guise de « témoignage respectueux » de la ville de Florence, sous un  tonnerre d’applaudissements. Les seuls supporters à déplorer un écart de Maldini sont, paradoxalement, les ultras milanais de la Curva Sud, dont le capitaine rossoneri déplorait les cris et insultes racistes… Allez, on lui pardonne ! 

L’Hommage de l’Inter à Maldini 

Milanais un jour…

Aujourd’hui, Paolo Cesare Maldini, dont le célèbre numéro 3 a été retiré du club, laissé vacant pour un de ces fils (un jour peut-être…), est de retour à Milanello. Il y joue un rôle clé dans le recrutement et l’encadrement des joueurs au Milan AC. En tant que directeur sportif du club, il est épaulé par un autre ancien rossonero, Zvonimir Boban. Ils ont entre autre recruté le jeune défenseur brésilien de 23 ans Léo Duarte qui, on l’espère, saura s’inspirer de son aîné… 

Jules Arguel

Paolo Maldini : légende Milanaise