Thibaut

Guingamp – Marseille : Ils ont joué pour les deux clubs

Samedi 20 avril, l’En Avant Guingamp reçoit l’Olympique de Marseille pour le compte de la 33e journée de Ligue 1. Un match capital pour les deux équipes. Avant le coup d’envoi, on fait le point sur les joueurs qui ont porté la tunique des deux clubs.

C’est le match des extrêmes. D’un côté le 19e du classement, Guingamp, qui doit impérativement gagner pour rester au contact du premier non-relégable, Dijon. De l’autre, des Marseillais qui s’accrochent, naïvement, au podium. Sur la pelouse de Roudourou, le latéral portugais Pedro Rebocho et l’attaquant tricolore, Marcus Thuram, devraient débuter face à l’OM. Au cours des derniers mois, ces deux jeunes joueurs ont déjà été supervisés par le club marseillais dans l’hypothèse d’un futur transfert. Si l’un d’eux finit par rejoindre les rangs phocéens, ce ne sera pas une première. Plusieurs joueurs ont porté la tunique des deux clubs.

Didier Drogba, idole du Vél’ et de Roudourou

Avant de devenir le serial buteur de Chelsea, Didier Drogba a marqué la Ligue 1 de son empreinte. Formé au Mans, il rejoint la Bretagne en janvier 2002 contre un chèque de 100 000 euros. Il restera une saison et demie sous la tunique d’En Avant. En 45 matches de championnat, il marquera 20 buts.

Des performances de haut-vol qui aiguisent l’appétit d’un « gros » du championnat : l’Olympique de Marseille. Cinquante-cinq matches et 32 buts plus tard, l’Ivoirien devient le chouchou du Stade Vélodrome. Mais là encore, Drogba ne restera pas longtemps. Il ne démarrera pas une deuxième saison puisque Chelsea réussit à l’attirer à l’été 2004. Au grand dam des supporters marseillais qui attendront éternellement le retour de leur star.

À noter qu’Isaac Drogba, le fils du buteur, a rejoint le centre de formation de l’En Avant Guingamp l’année dernière.

Jean-Pierre Papin, la pointure

Avec Drogba, c’est le nom le plus clinquant de cette liste. Jean-Pierre Papin, Ballon d’Or 1991, est l’un des grands noms du football français. C’est à Marseille qu’il passera la plus grande partie de sa carrière, de 1986 à 1992. Avec les Phocéens, il a remporté 4 championnats et une Coupe de France. En 1991, il fait partie de l’équipe malheureuse en finale de Ligue des Champions (0-0, défaite 3-5 aux tirs au but). Sous le maillot marseillais, Jean-Pierre Papin c’est 182 buts en 275 rencontres. C’est le deuxième meilleur buteur de l’histoire du club, derrière le Suédois Gunnar Andersson (194 en 250 matches). En revanche, il est devant Josip Skoblar, toujours détenteur du record de buts en une saison en première division (44 buts). Le Croate a scoré 176 fois en 211 matches officiels.

L’année suivante, JPP quitte son club pour le grand Milan AC. Là encore, il perdra la finale de la Ligue des Champions 1993 contre… L’Olympique de Marseille. Cruelle ironie. Il finira tout de même par soulever la coupe aux grandes oreilles en 1994, toujours sous le maillot des Rossoneri.

Six ans après son départ de l’OM, Papin débarque à Guingamp qui joue alors en deuxième division. Un dernier défi pour la vedette. Malheureusement, l’aventure tourne court. JPP ne reste que trois mois en Bretagne. Il décide de mettre prématurément fin à sa carrière professionnelle. Ses performances (3 buts en 10 matches) ne laisseront pas un souvenir impérissable.

Giannelli Imbula, le talent au goût d’inachevé

Formé à Guingamp, le milieu de terrain, Giannelli Imbula est pour beaucoup dans le retour de Guingamp dans l’élite du foot français, en 2013. Cette année-là, celui qui est encensé par tous les coachs de Ligue 2, est élu meilleur joueur de seconde division. De belles performances et un talent qui poussent l’OM à offrir un peu moins de 10 millions d’euros à l’EAG. Il est l’un des joueurs du « Projet Dortmund » voulu par le président Vincent Labrune.

À Marseille, Imbula a du temps de jeu. Sa première saison est encourageante. C’est lors de la deuxième, sous les ordres de Marcelo Bielsa qu’Imbula montre une bonne partie de son potentiel. Malgré tout, un goût d’inachevé reste dans la bouche de certains supporters. À l’été 2015, l’OM en manque de liquidité, vend le joueur au FC Porto pour 20 millions d’euros. Depuis, c’est une lente descente aux enfers. Il ne s’est jamais imposé à Porto puis à Stoke City. Prêté au Toulouse Football Club la saison dernière, il n’a jamais convaincu. Aujourd’hui, il est prêté par Stoke au Rayo Vallecano.

Cédric Carrasso, le prêté

On a tendance à l’oublier, mais le gardien de but, fruit du centre de formation marseillais, a porté le maillot rouge et noir. En 2003, la doublure de Vedran Runje se blesse gravement au genou. Il faudra attendre le début de la saison 2004-2005 pour revoir le jeune portier sur les terrains. Et c’est en Ligue 2, à Guingamp, que Cédric Carrasso retrouve la compétition. Il disputera 30 matches avant de revenir au Vélodrome.

On peut également les citer :

Fabrice Abriel : le milieu de terrain est resté deux saisons en Bretagne, de 2004 à 2006. Il n’a malheureusement pas pu remonter en Ligue 1 avec l’EAG. À Marseille, il remporte le championnat de France en 2010 ainsi que deux coupes de la Ligue.

Fabrice Fiorèse : il s’est révélé à Guingamp (124 rencontres, 44 buts) avant de partir au PSG. Vice-capitaine du club de la capitale, il n’hésitera pas à rejoindre le club marseillais en 2004. Un transfert qu’il n’a jamais digéré (19 matches, 2 buts).

Wilson Oruma : joker de luxe, le Nigérian ne s’est jamais véritablement imposé dans le onze marseillais (90 matches entre 2005 et 2008). Il quittera la Canebière pour l’En Avant Guingamp où il remportera la Coupe de France en 2009.

Thibaut Calatayud

Guingamp – Marseille : Ils ont joué pour les deux clubs

OM Champion’s Project : Trois ans après l’annonce, la fin d’un cycle

En octobre 2016, Franck McCourt et Jacques-Henri Eyraud présentaient, en grande pompe, leur projet pour l’Olympique de Marseille. Trois ans après, le « Champions Project » semble déjà en bout de course.

« Même si on allait en ligue des champions, on irait pour faire quoi ? », s’est interrogé Florian Thauvin. Il est clair qu’après le nouveau revers des Phocéens face à Bordeaux (2-0), le podium semble inaccessible pour les coéquipiers du champion du monde. Trois ans après leur arrivée, Frank McCourt et Jacques-Henri Eyraud n’ont toujours pas fait franchir ce cap à l’Olympique de Marseille. À ce rythme, la musique de la coupe aux grandes oreilles n’est pas prête de résonner dans le Vélodrome.

Une équipe en régression

Une finale d’Europa League, mais aucune qualification en Ligue des Champions. C’est le bilan, en demi-teinte, du « Champions Project » de l’Olympique de Marseille. Cette saison, l’équipe n’a pas progressé, pire, elle semble avoir perdu sa capacité à revenir dans les matches : l’une de ses forces la saison dernière. Encore une fois, l’OM n’y arrive pas face aux grosses cylindrées du championnat. Faible contre les forts, mais pas si fort contre les faibles, cet OM 2018-2019 est à la peine.

L’équipe aurait dû renouveler son effectif après son épopée en Ligue Europa. De nombreux Marseillais ont sur-performé l’an dernier. Ils n’ont pas réussi à retrouver leur niveau cette saison. On peut notamment citer Bouna Sarr ou Jordan Amavi. Le plus inquiétant reste le niveau des « cadres » : Adil Rami, Luiz Gustavo, Steve Mandanda et même Florian Thauvin, peu concerné en cette fin de saison, ne parviennent plus à faire tourner la machine. Ajoutez à cela un mercato d’été 2018 insuffisant où seulement trois recrues sont arrivées sur la Canebière : Duje Ćaleta-Car, Nemanja Radonjic et Kevin Strootman, et vous avez une décevante équipe marseillaise.

Le grand ménage estival

La prochaine période des transferts va s’annoncer déterminante. De nombreux joueurs vont quitter le club en juin : Rolando et Tomas Hubocan sont en fin de contrat. Le prêt d’Aymen Abdennour va prendre fin. Le départ de Thauvin est quasiment acté. Il faut seulement trouver un club assez dingue pour aligner plusieurs dizaines de millions d’euros sur un joueur de moins en moins tranchant.

À la fin de cette saison, il va falloir régler la question de Mario Balotelli, également en fin de contrat. Pour l’heure, Marseille est loin d’avoir assuré sa présence en Ligue Europa et la Ligue des Champions paraît inaccessible. Sans coupe d’Europe, « Super Mario » voudra-t-il rester comme il l’avait annoncé au journal La Provence ? Pas sûr, surtout qu’il faudra convaincre son agent : Mino Raiola.

Certains cadres, comme Luiz Gustavo ou Dimitri Payet, s’interrogent sur leur situation. Des départs ne sont donc pas à exclure. Il y aura des liquidités, c’est certain. Mais dans cet état, quels joueurs seraient assez fous pour venir à l’OM ?

Nouveau cycle

L’OM devra s’appuyer sur de nouveaux cadres. Malgré leur jeune âge, Maxime Lopez et Boubacar Kamara ont porté l’équipe à certains moments de la saison. Ils doivent devenir incontournables l’an prochain. Lucas Ocampos, n’est pas toujours le joueur le plus élégant, pourtant, il incarne parfaitement l’état d’esprit que doit avoir un joueur de l’Olympique de Marseille : un joueur combatif pendant 90 minutes. Avec eux, il faudra que le mercato complète les nombreux besoins de l’OM. Il faudra trouver de toute urgence un remplaçant à Florian Thauvin, peut-être à Mario Balotelli et un latéral gauche.

Et qui dit nouveau cycle dit, peut-être, nouveau coach. Rudi Garcia n’a plus le soutien du stade, plusieurs cadres ne comprennent plus son management. Jacques-Henri Eyraud semble bien seul derrière le technicien français. Alors que le podium, objectif fixé en début de saison, s’éloigne, il semble difficile de revoir Rudi Garcia sur le banc la saison prochaine. JHE le limogera-t-il ? Pas sûr là encore, à la vue de la situation contractuelle de l’ancien coach de la Roma. Difficile de savoir à quoi ressemblera l’OM la saison prochaine. Mais une chose est sûre : trois ans après, le « Champions Project » n’est plus qu’un lointain souvenir.

Thibaut Calatayud

OM Champion’s Project : Trois ans après l’annonce, la fin d’un cycle

Quatre raisons de regarder la finale de Coupe de la Ligue

Le Racing Club de Strasbourg et l’En Avant Guingamp se retrouvent en finale de la Coupe de la Ligue, samedi 30 mars 2019. Quatre bonnes raisons de regarder cette affiche inédite.

Le stade Pierre Mauroy accueille la finale de la Coupe de la Ligue 2019. (Crédit : Creative Commons)

Une finale de coupe nationale sans le Paris Saint-Germain, ça existe encore. Contre toute attente, Strasbourg et Guingamp ont réussi à se hisser jusqu’en finale de la compétition la moins sexy de France : la Coupe de la Ligue. Sur le papier, l’opposition n’est pas forcément très alléchante, on vous l’accorde. Pourtant, il existe plusieurs bonnes raisons de regarder le match. La preuve par 4.

Si les deux équipes sont là, ce n’est pas par hasard

En Ligue 1, ce n’est pas la joie pour le Guingamp de Jocelyn Gourvennec. Actuellement classé au 18e rang, les Bretons vont devoir compter sur un miracle pour sortir de la zone de relégation. Ils sont à 7 points de la 17e place occupée confortablement par Amiens. Pour se sauver, il faudra au minimum conserver cette 18e place et remporter le barrage face au troisième de Ligue 2. En somme, une affaire qui ne se révèle pas si simple.

En face, les Alsaciens de Thierry Laurey pointent, pour l’instant, à une surprenante 10e place au classement de Ligue 1. Malgré tout, les Strasbourgeois traversent une passe difficile. Ils n’ont plus gagné depuis 7 matches. Pour voir Strasbourg s’imposer, toutes compétitions confondues, il faut remonter à un match face à Bordeaux. Un succès 3 buts à 2… en demi-finale de la Coupe de la Ligue.

Strasbourg et Guingamp ne sont donc pas les deux équipes les plus performantes de France. Pourtant, pour en arriver là, elles ont su éliminer les « gros ». On l’a dit, pour se hisser en finale, Strasbourg a vaincu les Girondins de Bordeaux. Mais avant ça, les coéquipiers de Kenny Lala ont battu le LOSC (2-0), l’Olympique de Marseille aux tirs au but (1-1, 4-2 aux TAB) et l’Olympique Lyonnais sur le score de 2-1.

Guingamp n’a pas à rougir du parcours strasbourgeois. L’équipe de Nolan Roux a remporté ses confrontations avec Angers, Nice et Monaco aux tirs au but. Son unique succès dans le jeu, deux buts à un, a lieu en quart de finale face à l’ogre parisien. Rien que ça.

Un ticket européen à la clé

Parfois mise de côté par les clubs, la Coupe de la Ligue n’en reste pas moins un trophée avec un enjeu majeur. En plus de pouvoir ajouter une ligne à son palmarès, elle offre un ticket pour la Ligue Europa. Si Strasbourg ou Guingamp ne se qualifient pas pour une Coupe d’Europe via le championnat (ce qui risque fortement d’arriver, sauf peut-être pour Strasbourg), le gagnant de la Coupe de la Ligue 2019 disputera le deuxième tour de qualification de la Ligue Europa.

Pour voir la réaction de Thierry Laurey en conférence d’après-match

Quel que soit le résultat, il faudra absolument voir la conférence de presse d’après-match du coach strasbourgeois. Il faut dire que Thierry Laurey est un adepte de la punchline. S’il décide de pousser un coup de gueule, cela peut vite devenir culte. Un peu comme après la rencontre entre Strasbourg et le Paris Saint-Germain en Coupe de France (2-0 pour le PSG).

Parce que les supporters des deux équipes peuvent nous écrire une chanson extraordinaire

Les supporters du Racing et de l’EAG sont de véritables mélomanes. En Alsace, des amoureux du Racing n’ont pas hésité à remixer le tube de Vegedream, « Ramenez la coupe à la maison ». On vous laisse juger de la qualité.

Là encore, les Bretons n’ont pas à rougir. De véritables phénomènes de la chanson française peuplent les travées de Roudourou. En témoigne Laurent Chandemerle. Encore une fois, on vous laisse juger…

Du talent sur le terrain et dans les tribunes donc… Coup d’envoi au Stade Pierre Mauroy de Lille, samedi 30 mars, à 21 heures.

Thibaut Calatayud

Quatre raisons de regarder la finale de Coupe de la Ligue

Quand l’OM gagnait au Parc

Pour voir le Paris Saint-Germain s’incliner sur sa pelouse face à l’Olympique de Marseille, il faut revenir neuf ans en arrière, le 28 février 2010. Depuis ce succès 3-0, le visage des deux équipes a bien changé.

L’Olympique de Marseille va-t-il enfin renouer avec la victoire face à son plus grand rival ? Pas sûr, tant l’écart entre les deux écuries semble immense, avant la rencontre de ce dimanche 17 mars 2019… Pour retrouver une victoire marseillaise face au Paris Saint-Germain, il faut remonter au 27 novembre 2011 et un succès 3-0 au Stade Vélodrome. Depuis plus rien. Marseille a, de temps en temps, accroché l’ogre parisien, mais le club phocéen ne gagne plus.

Pire, à l’extérieur, Marseille n’a plus gagné depuis neuf ans, c’était le 28 février 2010. Là encore, les Marseillais s’étaient imposés sur le score de 3-0 (Hatem Ben Arfa, Lucho Gonzalez et Benoît Cheyrou étaient les buteurs du soir). Neuf ans de disette, une éternité durant laquelle les deux équipes ont complètement changé.

La dernière fois que Marseille a remporté un match au Parc des Princes…

-Saison 2009-2010, l’OM joue le titre en Ligue 1. Les Marseillais remportent le Classique au Parc des Princes. À l’issue de la saison, les Phocéens, coachés par Didier Deschamps, remportent le Championnat de France, avec six points d’avance devant Lyon. Aujourd’hui, Steve Mandanda est le seul rescapé de cette équipe. Sauf blessure, il gardera les cages marseillaises ce dimanche.

-Le PSG 2009-2010 d’Antoine Kombouaré finira dans le ventre-mou du championnat de France. Une équipe bien loin des talents de l’actuel Paris Saint-Germain. Il faudra attendre la saison 2011-2012 et l’arrivée du Qatar à la tête du club pour voir le PSG sur le podium. Aujourd’hui, aucun des titulaires n’est encore un joueur du PSG. Zoumana Camara a depuis intégré le staff du club parisien.

– Le PSG n’était pas encore le club de cœur d’Hatem Ben Arfa

– Le légendaire Apoula Edel était le gardien de but titulaire du Paris Saint-Germain.

Un Classique qui marque la fin des tribunes ultras au Parc

Sans parler de la défaite, ce 28 février 2010 marquera l’histoire du PSG à tout jamais. Avant le coup d’envoi, une bagarre entre les ultras parisiens des tribunes Auteuil et Boulogne éclate. Yann Lorence, 37 ans, membre de la tribune Boulogne est tabassé, lynché. Plongé dans le coma, il décèdera quelques semaines plus tard. Les conséquences de ce tragique événement se ressentent encore aujourd’hui dans l’enceinte parisienne.

Robin Leproux, président du PSG à ce moment-là, lance son « plan » pour ramener le calme dans les travées. Les ultras sont chassés du Parc. L’arrivée de Qatar Sport Investments en 2011, ne changera rien. Le nouveau dirigeant Nasser Al-Khelaïfi poursuit dans cette voie. Il faudra attendre 2016 pour revoir les ultras dans leur stade, rassemblés sous la bannière du Collectif Ultras Paris (CUP). Malgré tout, la ferveur n’a rien de comparable avec les années Boulogne-Auteuil. Parfois moqué pour son ambiance (tifos ratés, paroles de chants diffusées sur les écrans géants du stade), le Parc des Princes subit encore aujourd’hui les effets du « Plan Leproux ». Peut-être le prix à payer pour ne plus jamais revivre des drames comme celui de ce 28 février 2010.

Thibaut Calatayud

Quand l’OM gagnait au Parc

À Marseille, Rudi Garcia a (enfin) des problèmes de riches

Quatrième du championnat de France, à cinq points du podium, l’Olympique de Marseille revient de loin. Après cinq matches sans défaite, Rudi Garcia semble avoir trouvé la bonne formule. Au détriment de certains cadres.

Face à Saint-Etienne, le banc des remplaçants de l’Olympique de Marseille avait fier allure. Le capitaine Dimitri Payet, son suppléant Luiz Gustavo, la recrue phare du mercato estival Kevin Strootman et le champion du monde Adil Rami ont commencé le match en portant la chasuble. La situation est pire pour l’ami Rolando qui a vécu le match comme Aymen Abdennour en a l’habitude : dans les tribunes de l’Orange Vélodrome. Contre les Verts, le 3 mars 2019, Rudi Garcia s’est donc passé de cinq titulaires habituels. Et pourtant, malgré ces absences de poids, l’OM ça gagne !

Lopez-Sanson ça fonctionne (pour l’instant)

Marseille a facilement battu, deux buts à zéro, une triste équipe de Saint-Etienne, classée 4e avant le début de la rencontre. Avec ce succès, les Olympiens ont pu doubler les Verts au classement et enchaîner une cinquième rencontre sans défaite. Il est clair que Sainté n’a pas été un adversaire compliqué. Ce que l’on peut retenir de ce match (après la célébration smartphone de Balotelli), c’est que la bataille du milieu a tranquillement été remportée par Maxime Lopez et Morgan Sanson. Habituellement dans la rotation de l’effectif, les deux compères ont livré une belle prestation.

Rudi devra faire des choix

Alors que deux chocs se profilent pour les Phocéens (réception de Nice puis déplacement au Parc des Princes), Rudi Garcia va-t-il rester dans la continuité ? Difficile de savoir. Pour la première fois de la saison, le technicien a le choix pour composer son milieu de terrain. Doit-il maintenir sa confiance à la paire alignée depuis la victoire face à Amiens (2-0), ou faut-il réincorporer les cadres que sont Luiz Gustavo et Kevin Strootman ?

Difficile pour le Brésilien d’afficher le même niveau que la saison dernière, tant il avait été énorme. Contre les Verts, Gustavo est rentré peu après l’heure de jeu et n’a pas été transcendant. Loin de là. Malgré tout, il reste un joueur d’expérience et il est difficile d’imaginer que Rudi Garcia se passe de lui face au Paris Saint-Germain. Même cas de figure pour le Batave. En délicatesse depuis le début de saison, Strootman laissait entrevoir une montée en puissance avant sa blessure aux adducteurs à Dijon. Comme Luiz Gustavo, il a les épaules pour participer à un choc contre une équipe comme Paris. Entre Sanson, Lopez, Gustavo et Strootman, Garcia risque de faire des déçus.

En 4-4-2, un capitaine abandonné sur le banc

Avec l’arrivée de Mario Balotelli, l’OM semble adopter un nouveau schéma tactique. Exit le 4-2-3-1 et le 4-3-3, place au 4-4-2. Avec cette nouvelle disposition, les résultats suivent et ce très cher Mario Balotelli marque. Pourtant, cette tactique fait un grand perdant, et pas des moindres : le capitaine Dimitri Payet. Comment l’incorporer ? Sur l’aile gauche ? C’est une possibilité mais sous le maillot marseillais, le Réunionnais a toujours semblé plus à l’aise en position de meneur de jeu. Là encore, Garcia va devoir trancher. Et c’est peut-être Valère Germain ou Lucas Ocampos qui en feront les frais.

Duje n’est pas une douille

Derrière, l’OM encaisse moins de buts. Sur les cinq dernières rencontres, la défense n’a pris que deux buts. Bon en face, il n’y avait pas Cavani ou Mbappé, mais c’est déjà ça, tant la rigueur défensive, même face aux plus faibles, manquait en début de saison. L’OM doit en partie son renouveau défensif à sa charnière de pré-pubères : Boubacar Kamara (19 ans) et Duje Caleta-Car (22 ans). Pour le premier, personne n’a jamais eu le moindre doute, puisque cette saison, il a longtemps été l’une des seules satisfactions derrière.

Pour le second, son début de saison a été compliqué. Crucifié, sacrifié, assassiné par Garcia qui l’a jeté dans l’enfer des Costières pour ses débuts en Ligue 1, Duje Caleta-Car a reçu, depuis, pas mal de critiques. Souvent justifiées d’ailleurs. Et pourtant, ses dernières prestations prouvent qu’il est loin d’être la pipe décrite par de nombreux suiveurs.

Son match contre l’AS Saint-Etienne parle pour lui : 100 % de passes réussies, 9 ballons gagnés. Le Croate a réalisé l’un de ses meilleurs matches sous la tunique olympienne. Tout va toujours plus vite à Marseille. Maintenant, c’est à lui de confirmer lors des grosses affiches pour reléguer durablement Adil Rami et Rolando sur le banc des remplaçants.

Contre Nice, les 11 joueurs qui seront alignés devront prouver qu’ils ont les capacités de revêtir ce maillot, parfois si lourd à porter. C’est la suite de leur saison qui est en jeu, que ce soit de manière individuelle ou collective. Les Marseillais n’ont pas d’autres choix que de remporter les trois points dans leur quête (quasiment impossible) du podium. Coup d’envoi, dimanche 10 mars, à l’Orange Vélodrome.

Thibaut Calatayud

À Marseille, Rudi Garcia a (enfin) des problèmes de riches