Top 14

Top 14 : Le Champion en titre de retour aux affaires

Samedi soir, il était l’heure du match de gala de cette 9ème journée de championnat de France de rugby. Le Stade Toulousain affrontait l’ASM Clermont-Auvergne sur la pelouse du Stadium. Les internationaux étaient de retour et le jeu de Toulouse avec eux. 

Dans ce choc de Top 14, le Stade Toulousain enregistrait le retour de 5 internationaux revenus du Japon. Et surtout une ligne de trois-quarts toute neuve avec le retour des Ntamack, Guitoune, Médard et Huget. Cyril Baille était quant à lui sur le banc des remplaçants. Tout comme son homologue toulousain, Rabah Slimani n’était pas titulaire au stadium. En revanche Raka, Lopez et Yato étaient bien titulaires dès le coup d’envoi. Seul grands absents notables, Antoine Dupont laissé au repos pour ses douleurs au dos ou encore Damian Penaud toujours au repos. Ce match signifiait également les au revoirs des Joker Coupe du Monde du Stade Toulousain comme Richie Arnold, Takeshi Hine (la vedette toulousaine), Werner Kok et encore d’autres

25 minutes pour plier un match ?

Samedi soir, il ne fallait pas être en retard au Stadium de Toulouse ni devant sa télévision. Et les internationaux toulousains ont mis seulement 5 petites minutes avant de montrer qu’ils étaient bel et bien de retour aux affaires du Top 14. Un ballon récupéré par le pilier Néo-Zélandais, Charlie Faumuina, qui permet à Sébastien Bézy de lancer la cavalerie dans ses 22 mètres, pour finir par une redoublée entre Huget et Ramos et un essai de Sofiane Guitoune. Les trois-quarts revenus du Japon permettent à Toulouse de réaliser un début de match tonitruant avec cet essai. Le fameux “Jeu de mains, Jeu de toulousains” est de retour dans ce Stadium. Mais les Rouges et Noirs vont avoir la mainmise sur ce match et continuer de mettre une pression constante sur les Clermontois. Possession nette pour les Champions en titre, et Maxime Médard va conclure une nouvelle fois le gros travail des avants devant la ligne d’en-but des Jaunards. Comme une symbole c’est une nouvelle fois, Thomas Ramos qui offre la passe décisive pour Médard qui va planter un nouvel essai pour creuser un peu plus l’écart au score. Montferrand n’y arrive pas et ne cesse de reculer en attaque à cause d’une énorme pression défensive toulousaine. Et si une énième touche toulousaine, Zack Holmes va distiller une merveille de passe au pied pour son centre Romain Ntamack. La révélation World Rugby de l’année n’en demandait pas tant pour inscrire un nouvel essai, après avoir mis dans le vent les arrières de Clermont, excusez du peu. Le score est alors porté à 24-0 en faveur des Rouges et noir. Avec trois essais, tous différents mais dont la précision était millimétré. Les Toulousains sont bien de retour avec une forme “internationale” et les Clermontois n’ont aucun mot à dire dans cette première mi-temps. Au retour des vestiaires, les Jaunards sont menés 24 à 3. 

Le mal déjà fait ?

Les Clermontois ont sûrement pris un léger soufflon dans les vestiaires par Franck Azéma après une première mi-temps aussi faible. Et les joueurs sont revenus tambours battants avec une pression plus agressive sur les toulousains et surtout une possession de balle mieux exploitée. Alivereti Raka va concrétiser, ce bon retour des vestiaires de toute son équipe, par un essai après plusieurs temps de jeu. C’est Camille Lopez qui lui offre la balle de match. Mais les Toulousains vont revenir dans le match et surtout reprendre possession du jeu avec une pression de nouveau de très haute intensité et de l’occupation plus lointaine. Les Rouges et Noirs vont sceller le score après un essai purement des joueurs de devant. Après un maul pénétrant et de multiples percussions, c’est Gilian Galan qui y va de son essai. La victoire est sûre et le match se termine sur le score de 34 à 8. 

Les joueurs facteurs X

C’est désormais certain, les internationaux sont de retour et Toulouse en attendait pas moins de ces retours. Une ligne de trois-quarts de retour aux affaires tout comme le jeu à la Toulousaine. Le Stade Toulousain n’y arrivait plus depuis août dernier et restait sur un début de saison poussif. Le club le savait, le retour des joueurs partis en Coupe du Monde allait changer clairement les choses pour le Championnat. Ntamack, Guitoune, Médard et Huget n’ont pas tardé à faire remarquer leurs retours. Ces quatre joueurs ont passés plusieurs mois ensemble depuis le titre de Champion de France et la connexion entre eux tout comme le jeu, n’ont pas disparu. Les Clermontois ont faits les frais de ces retours et ont certainement payé un manque d’engagement dans ce match. Il manque toujours un certain Cheslin Kolbe mais le retour de ces joueurs changent la donne pour Toulouse, et c’est tout le championnat qui doit déjà s’en mordre les doigts. 

Un nouveau championnat démarre peut-être avec la fin de cette Coupe du Monde et une chose n’a échappé à personne, le Stade Toulousain va vite revenir aux avants postes du Top 14. Pour Clermont, ce match n’est pas une référence et il n’est pas signe de crise. Comme le dit, Camille Lopez il va falloir se remettre au boulot, avec la Coupe d’Europe qui arrive qui plus est. 

Bastien Rodrigues

Top 14 : Le Champion en titre de retour aux affaires

Top 14 : Toulon et Montpellier dos à dos

Toulon affrontait Montpellier à Mayol ce samedi, lors du premier match de ce week-end, qui marquait le retour du Top 14 ainsi que celui-ci de nombreux internationaux. Match qui s’est soldé par un match nul 19-19.

Un chassé-croisé permanent

Dans ce match opposant deux équipes ayant plutôt bien géré la période Coupe du Monde, aucune des deux équipes n’est donc arrivée à faire la différence. Côté composition les toulonnais avaient décidé de titulariser un seul international en la personne de Charles Ollivon. En face les Montpelliérains avaient fait le choix de faire débuter 6 mondialistes qui étaient tous présents dans le pack. Guilhem Guirado faisait son retour dans son ancien club avec sa première sous la tunique bleue du MHR. Son équipe qui n’a toujours pas réussi  à s’imposer à l’extérieur venait donc sur la rade avec l’ambition de glaner sa première victoire loin de ses bases. Les toulonnais qui restent sur 3 victoires à domicile voulaient eux confirmer leur solidité à Mayol. Dans ce duel opposant deux prétendants au Top 6 à la fin de la saison et les deux meilleurs mêlée de ce championnat la rencontre s’est longtemps limité dans un jeu d’avants. Les rares incursions des arrières n’aboutissant jamais, la cause à un manque cruel de réalisme dans les 22 adverses. Cette première mi-temps voyait donc les différents buteurs des deux clubs enquillaient les points sans jamais faire de différence. Immelman ouvrit le score grâce à sa grosse pénalité aux alentours des 50 mètres. Le premier quart d’heure voyait les toulonnais envoyés beaucoup de jeu mais ils se heurtaient à une très grosse défense de Montpellier. Les joueurs du MHR procédaient en contre. Sur l’un d’eux ils obtenaient une pénalité après avoir contre attaqué de leur 22. Cruden la rata, son seul échec de l’après-midi. Belleau imita son homologue en ratant également sa première tentative. Il se reprit 5 minutes plus tard et marqua les premiers points du RCT sur une pénalité après la 5e faute des montpelliérains en seulement 22 minutes. Montpellier est sous pression et l’ouvreur toulonnais inscrit une nouvelle pénalité. Mais sur une attaque mené par Arthur Vincent très remuant cette après-midi (voir ci contre) les montpelliérains obtenait une pénalité et l’ailier du RCT Dakuwaqa se voyait sanctionné d’un carton jaune à la suite d’un en-avant volontaire. Cruden égalisa. 6-6 à la demi heure de jeu. Les toulonnais, bien qu’en infériorité numérique, continuaient à développer du jeu. Sur l’une de leurs nombreuses incursions dans le camp montpelliérain le pilier géorgien Chilachava récoltait à son tour un carton jaune. Belleau se chargea de rajouter 3 points et les deux équipes rejoignaient les vestiaires sur le score de 9-6 en faveur des locaux.

Les toulonnais sont devant dans un duel entre les buteurs. Malgré de bonnes intentions les deux équipes n’arrivent pas à aller derrière l’en-but. Les montpelliérains qui défendent beaucoup plus, commettent donc plus de fautes et permettent aux toulonnais, qui sont eux entreprenants mais maladroits, de faire la course en tête. Dès la reprise les joueurs de Xavier Garbajosa pensent inscrire le premier essai de ce match. Mais après un moment de flottement l’arbitre Mr Charabas le refusa finalement pour un en-avant de Nagusa. Ce début de deuxième mi-temps ne voyait aucune des deux équipes ne prendre le jeu à son avantage. Beaucoup de turn-over et d’en-avant viennent enrayer les tentatives des deux côtés du terrain.

Une fin de match pleine de rebondissements

Les 25 dernières minutes allaient être riche en rebondissements. Le premier est toulonnais. Sur une pénal-touche et après de multiples temps de jeu, le demi de mêlée anglais Rhys Webb s’en allait inscrire le premier essai du match. Transformé par Belleau, les joueurs du RCT créent le premier trou du match avec 10 points d’avance. Avance de courte durée étant donné que sur le renvoi ils commirent une faute qu’Aaron Cruden sanctionna d’une pénalité. Les coéquipiers de Louis Picamoles revenaient donc à un essai transformé de leur adversaires. A la 63e minute et à la suite d’une mauvaise chandelle de Louis Carbonel fraîchement entré en jeu, Anthony Bouthier marqua son troisième essai de la saison. Avec la transformation de Cruden cela faisait 16-16. Les montpelliérains prirent l’avantage sur une nouvelle pénalité de leur ouvreur après un placage haut peu évident. Mais les joueurs de Patrice Collazo n’abdiquaient pas et sur une énième faute de la défense du MHR ils égalisaient. 19-19 à 5 minutes de la fin. Les visiteurs tentaient d’aller chercher la victoire mais un en-avant à 5mètres de la ligne de Ngandebe les en empêcha. Du moins c’est ce qu’ils pensaient. A la sirène ils obtenaient la pénalité de la gagne. Mais Louis Picamoles auteur d’un mauvais geste obligea l’arbitre à retourner la pénalité. Celle-ci ne donnera rien pour les toulonnais. Les deux équipes se quittent donc un sur un match nul 19 partout qui ne récompensent pas les efforts toulonnais mais qui auraient également pu les voir perdre si les montpelliérains et leur capitaine n’étaient pas aussi indisciplinés. Un mal chronique cette saison.

Le joueur : Arthur Vincent

Titularisé au centre de l’attaque montpelliéraine, le champion du monde u20 a brillé cette après midi du côté de Mayol. Même si il n’a pas toujours réaliser les bons choix, il n’a pas cesser de casser les lignes défensives toulonnaises. L’une d’elle emmène directement l’essai de son coéquipier Bouthier le décalant parfaitement dans l’intervalle après une course tranchante. Ses multiples courses ont mises dans l’avancée ses coéquipiers. Il n’a pas réussit à faire gagner son équipe mais il a réalisé un excellent match. Tranchant et explosif on l’espère capable pour lui et son équipe capable de rééditer ce type de match.Une performance remarquée dans les autres club de top 14 si l’on en croit le tweet d’un des coachs du Stade Français Rugby.

Yohan Lemaire

Top 14 : Toulon et Montpellier dos à dos

Top 14 : Après 8 journées, quels sont les premiers enseignements à retenir ?

L’Afrique du sud championne du monde, les internationaux des équipes du Top 14 vont revenir petit à petit et celui-ci va reprendre pleinement ses droits. Retour en détails sur ces 8 premières journées enrichissantes. 

Un club brillant de mille feux

Un club rayonne plus que les autres. Il n’est autre que le leader de notre championnat à savoir le LOU. Auteur de 7 victoires en 7 matchs, ils ont vu leur série tomber à Marcel Michelin lors du dernier match de ce bloc de 8 journées. Une petite piqûre de rappel pour montrer que personne n’est invincible. Mais ce début de saison est bien Lyonnais. Meilleure défense, meilleure attaque, avec notamment un danger qui vient de partout avec des marqueurs d’essais comme Arnold, Nakaïtaci ou Regard qui en sont déjà à 4 réalisations chacun. Le LOU ne cesse d’impressionner et cette saison sera peut-être la bonne pour le club Lyonnais qui reste sur deux demi-finales perdus consécutives. Le jeu flamboyant que propose cette équipe nous fait penser à ce que faisait le Stade Toulousain l’année dernière et le mélange de jeunes joueurs à forts potentiels et de joueurs expérimentés, confirme la ressemblance. Le niveau du Top 14 va se renforcer avec le retour des internationaux des différents clubs et la domination Lyonnaise va être remise en cause. À eux de continuer à défrayer la chronique pour pouvoir passer un cap cette saison.

Alerte rouge dans la capitale

Dimanche. 16:45. Aura lieu le derby francilien à Jean Bouin entre le Stade Français et le Racing 92. Au contraire de ces dernières années ce match ressemble plus à un match de la peur qu’à  un match opposant deux équipes du haut de classement. Les deux équipes parisiennes sont en effet, a l’aube de la neuvième journée, positionnés aux deux dernières places du classement. La situation semble davantage préoccupante au Stade Français. En plus des problèmes sportif se rajoutent ceux extra-sportif. Fraîchement nommé directeur général du club, Thomas Lombard l’ancien consultant de Canal + a donné le ton «Cette 14e place est une première dans l’histoire, il faut très vite redresser la situation». Dans ce contexte particulier les nouveaux protégés de Lombard joueront avec la pression du résultat étant donné qu’ils seraient a minima à 8 points de leur futur adversaire si défaite il y avait. De son côté pour les racingmen qui n’arrivent pas à gagner à domicile, ce match à Jean Bouin pourrait être le match parfait pour se relancer et se mettre dans de bonnes dispositions avant la réception de Bordeaux-Bègles. Ce match pourrait bien être l’un des premiers tournants de la saison pour les deux clubs. Attention à la sortie de route !

Un champion attendant le retour de ses internationaux

C’était prévisible et cela c’est confirmé. Sans sa dizaine d’internationaux le Stade Toulousain n’affiche pas le même visage. Compréhensible quand on regarde que toute la ligne arrière était présente au Japon. Certes ce qui faisait la force des rouges et noirs l’année dernière était la profondeur de l’effectif mais des limites sont très vite apparu au début de cet exercice 2019-2020. Le stade alterne le bon comme lors de la victoire dans le derby face à Castres où l’on voyait cette équipe de nouveau se relancer, comme le moins bon, preuve en est la dernière défaite en date à Montpellier. Actuellement 11e du classement, il n’y a pas de quoi paniquer non plus dans un championnat ultra serré. Les internationaux, sauf le tout récent champion du monde Kolbe, sont de retour à l’entraînement. A l’approche du remake de la dernière finale qui les avaient vu s’imposés face aux clermontois, ces retours vont faire le plus grand bien à l’équipe d’Ugo Mola pour retrouver très vite les hauteurs du classement. Même si le duo infernale a déjà pris le large, une place à minima dans les 6 semble largement réalisable pour cette équipe qui espère retrouver son jeu de la saison dernière. Cela passera donc pas ce premier gros test au Stadium face à Clermont. Duel qu’on espère aussi prolifique que le match de la saison passée.

Des promus bien placés

Bayonne et Brive sont deux bonnes surprises de ce début de saison. A deux niveaux distincts, ils ne font pas de la figuration. J’avais déjà parler de l’’excellent début de saison des bayonnais. Ils ne sont pas arrêtés en si bon chemin. Même si leur dernière sortie s’est soldé par une défaite du côté de Mayol les ciels et blancs occupent une excellente quatrième place au classement. Derrière le trio Lyon, Bordeaux et Clermont se sont eux qui tiennent la cadence. La question est de savoir combien de temps vont-ils la tenir ? Car la plupart des autres équipes vont voir leurs équipes renforcés par le retour de leurs internationaux mais pas l’équipe de Yannick Bru. Les points pris ne sont plus à prendre et avec le rugby total proposé par cette équipe Bayonne pourrait continuer de s’imposer comme la surprise de cette saison. Place à la confirmation donc, afin de ne pas voir se rapprocher les profondeurs du classement qui ne sont pas si lointain, du fait de l’extrême homogénéité des équipes du Top 14 pour l’instant. De leur côté les coréziens occupent une honnête 9e place. Après un début de saison un peu compliqué, les brivistes montrent un visage beaucoup plus conquérant et flamboyant avec notamment une belle victoire 30-9 sur le leader bordelais lors du dernier match. La recette est simple, une équipe intraitable à domicile. Le fief d’Aménée Domenech est aujourd’hui imprenable. Toutes les équipes qui se sont déplacés ici s’y sont cassés les dents et sont reparti avec 0 points. Certes la recette marche moins bien à l’extérieur, mais on sait que le maintien qui est l’objectif des hommes de Davidson, passe avant tout par la récolte d’un maximum de points à domicile. Ces deux équipes n’ont pas finit de nous surprendre et de nous régaler pour que la «pena bayona» et «à nos souvenirs» résonnent encore en Top 14 l’année prochaine.

Et les autres alors ?

Une équipe tient presque le rythme infernal imposé par le Lou, c’est la nouvelle équipe de Christophe Urios à savoir Bordeaux-Bègles. Séduisante et très offensive la formation bordelaise va tenter d’enfin se qualifier pour les phases finales. Porté par Mathieu Jalibert auteur d’un excellent début de saison,même si celui-ci s’est de nouveau blessé. L’expérience et la culture de la gagne apporté par leur nouveau coach, pourrait faire passer un cap à ce club encore trop faible dans les gros matchs et moments importants comme en témoigne cette défaite 25-23 face au Lou lors de la 6e journée.

Une autre équipe qui performe en ce début de saison, c’est l’ASM. En effet les «jaunards» sont quatrième au classement et négocient mieux leur période Coupe du Monde que leur bourreau de la dernière finale à savoir le Stade Toulousain. Leurs deux dernières confrontations les ont vu affrontés les deux premiers. Après un lourd revers à Bordeaux mais avec une équipe largement remanié, les clermontois ont su réagir avec la manière. Ils ont infligés leur première défaite de la saison aux lyonnais. Sans Camille Lopez qui était du voyage au Japon un joueur s’installe comme un titulaire indiscutable c’est Jake Mcintyre. Meilleur réalisateur du championnat l’ancien agenais récite à la perfection sa partition dans sa nouvelle équipe avec laquelle il s’est pleinement intégré. Franck Azéma aura donc un sacré dilemme lorsqu’il faudra coucher sur la feuille de match la place du titulaire à l’ouverture même si Lopez part avec un léger avantage.

Derrière ce quatuor, de Toulon 5e  à Castres 12e il n’y a seulement que 4 points d’écarts. Personne ne semble encore assez forts pour creuser son avance sur la concurrence. La Rochelle et Toulon n’y arrivent pas à l’extérieur, Montpellier est sur courant alternatif tout comme Pau. Agen et Castres vivent un début de championnat un peu plus compliqué mais rien n’est alarmant étant donné que personne ne se détache réellement à part le duo infernal. Il faudra à ces clubs là, désireux de se qualifier dans les 6, beaucoup plus de consistance dans leurs matchs pour tenter de venir concurrencer les habitués des rendez-vous de Mai et Juin. Le championnat va sûrement prendre un nouveau tournant pour de nombreux clubs, certains vont voir leurs espoirs renaître tandis que pour d’autres, les promesses automnales seront emportés par la dureté hivernale.

Yohan Lemaire

Top 14 : Après 8 journées, quels sont les premiers enseignements à retenir ?

Cheslin Kolbe : Le Meilleur joueur du Monde ?

Le petit lutin du Stade Toulousain et des Springboks vient d’éclater son talent aux yeux de la planète rugby durant la Coupe du Monde au Japon. Mais quelle est l’histoire de ce génie d’1 m 70. Bref, voici le portrait de Cheslin Kolbe. 

Né en 1993 à Kraaifontein près du Cap en Afrique du Sud, Cheslin Kolbe fait ses débuts dans le rugby à 7 en 2012 avec l’Équipe nationale Sud-Africaine. Avec cette équipe d’Afrique du Sud à Seven, il disputera le World Rugbe Sevens Series, la Coupe du Monde et les Jeux olympiques. Son palmarès a déjà commencé à grandir avec la médaille de Bronze à Rio pendant les JO et une troisième place lors des Championnats du Monde de rugby junior en 2013. C’est dans cette même année qu’il va débuter le rugby à XV avec la Western Province puis les Stormers. Cheslin Kolbe va remporter la Currie Cup en 2014 et être finaliste en 2013 et 2015 avec la province Sud-Africaine. En 2017, c’est le grand saut et le voyage vers l’Europe et surtout vers le Stade Toulousain. L’ailier ou arrière va arriver sur la pointe des pieds dans l’un des plus grands clubs européens, mais va immédiatement s’imposer comme un élément essentiel à l’Équipe d’Ugo Mola. En 2019, il est Champion de France avec Toulouse et vainqueur du Rugby Championship et de la Coupe du Monde avec l’Afrique du Sud … Rien que ça ! 

Le style Kolbe

Fort d’un gabarit en perte dans le rugby moderne, Cheslin Kolbe reste autant un défenseur redoutable qu’un fantasque attaquant. En défense, il l’a montré depuis maintenant quelques années, il est capable de sauver son équipe sur la ligne, d’intercepter des ballons, de plaquer même les joueurs trois fois plus costaud que lui. Le joueur Sud-Africain ne s’enlève jamais devant un attaquant au contraire la plupart du temps, il gagne son duel très largement. L’explosivité du joueur de 74 kg compense sa différence de gabarit, et lui permet de renverser n’importe quelle situation. Souvent caractérisé comme super courageux, le Springboks est déroutant sur un terrain, comme l’a souligné Ugo Mola lors de sa signature. 

Comment parler de Cheslin Kolbe sans parler de ses crochets dévastateurs et de son accélération fulgurante ? Au lendemain de la Finale de la Coupe du Monde, Owen Farrell s’en souvient encore. Évoluant autant à l’arrière qu’à l’aile, Cheslin Kolbe n’a pas de poste de préférence malgré le fait que son talent soit plus programmé pour s’exprimer en tant que numéro 15. Durant ses deux saisons avec le Stade Toulousain, le petit lutin va faire exploser son talent au grand jour. Cheslin Kolbe a fait se lever les foules de toute la France avec des actions plus incroyables les unes que les autres. Souvent nommé comme un finisseur né, il va surtout s’exprimer comme un fantasque relanceur et passeur décisif pour ses coéquipiers.

Son explosion depuis le 20 septembre au Japon

Cheslin Kolbe ne faisait pas partie de l’Équipe nationale de rugby à XV Sud-Africaine avant le Rugby Championship. Rassie Erasmus a été convaincu par l’ailier – arrière du Stade Toulousain après ses performances durant la saison dernière, qui l’a amené à devenir Champion de France. Erasmus lance alors Kolbe dans le grand bain contre la Nouvelle-Zélande avec deux titularisations contre les Blacks et l’Argentine. Ches ne jouera qu’un seul match amical avant la Coupe du Monde contre le Japon, où il marqua même un doublé. L’ailier de poche des Springboks ne ratera aucun match important de la compétition au Japon, il n’a pas joué les matchs contre la Namibie et le Canada en poule ainsi que la demi-finale à cause d’une blessure à la cheville. Cheslin Kolbe va inscrire trois essais durant cette Coupe du Monde dont un doublé contre l’Italie et un essai en solitaire lors de la finale contre l’Angleterre. Dès le premier match contre la Nouvelle-Zélande, il va surclasser tous les joueurs présents sur le terrain. Ultra présent dans la relance fond de terrain, dominateur lors des duels, franchisseur, mais surtout accélérateur de jeu, il va devenir le Facteur X des Springboks pour la victoire finale le 2 novembre à Yokohama. 

Le Meilleur joueur du Monde actuellement

En 2019, Cheslin Kolbe est le joueur de Rugby le plus titré dans le Monde. Champion de France, demi-finaliste de la Champions Cup en club et vainqueur du Rugby Championship et de la Coupe du Monde avec l’Équipe nationale. Que dire de plus pour qualifier ce joueur. Avec en prime un essai dantesque en Finale de Coupe du Monde. Petit par la taille mais grand par le talent, certains observateurs et passionnés de ballon rond voient en Cheslin Kolbe le meilleur joueur de rugby actuellement. Alors que Peter Steph Du Toit vient d’être élu meilleur joueur World Rugby de l’année 2019. Cheslin Kolbe reste tout de même dans les têtes et ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin dans sa carrière. 

Bastien Rodrigues

Cheslin Kolbe : Le Meilleur joueur du Monde ?

Romain Ntamack : Roulez jeunesse!

Le jeune joueur polyvalent du Stade Toulousain entre dans une nouvelle phase de sa carrière. Celle de la confirmation. C’est sûrement la plus dur mais rien ne semble impossible pour ce joueur qui ne cesse de progresser. Retour sur son début de carrière.

Une donnée importante tout d’abord. Romain Ntamack a 20 ans. Oui seulement 20 ans. Il est considéré comme l’un des plus grands espoirs du rugby français. Romain est un pur produit toulousain. Il fait ses classes dans le club de la ville rose depuis l’âge de 5 ans. Il y gagnera son premier titre en 2015-2016 avec les cadets du club. 

Toujours plus vite, toujours plus haut

En juin 2017 Guy Novès, alors sélectionneur de l’Équipe de France, annonce que Romain Ntamack fait parti de la liste «élite» protégeant les joueurs de la sélection nationale. Cette annonce fait office de surprise étant donné qu’il n’a encore jamais évolué en Top 14 et possède seulement quelques capes avec l’Équipe de France junior et u20. Si Guy Novès l’appelle, c’est, car le fils de l’illustre Émile Ntamack est considéré comme une étoile montante de son sport et ses performances en Équipe de France jeune, lors desquels il est pour la plupart du temps surclassé, ne passe pas inaperçu. Son coach Ugo Mola décide alors de le lancer en Top 14 le 30 septembre 2017,  à Ernest Wallon, devant son public face à Agen. C’est le début de sa fulgurante ascension. En 2018, il gagne le tournoi des six nations avec l’équipe de moins de 20 ans durant lequel il est titularisé 4 matchs. Ce très bon tournoi, combiné à ses bonnes performances toulousaines, lui offre sa place pour la Coupe du Monde u20 en France. Pendant cette CDM Ntamack, va passer de titulaire à l’ouverture à titulaire premier centre pour être associé à Louis Carbonel. Cette génération dorée remporte la compétition et tous les joueurs sont mis sous les feux des projecteurs. Mais pour le jeune toulousain tout va aller plus vite. Signature d’un contrat le liant aux rouges et noirs jusqu’en 2023 preuve de la confiance et des espoirs que les dirigeants toulousains voient en lui.

Des records de précocité

Le fait qu’il soit le fils de l’ancien centre des rouges et noirs sextuple champion de France avec ceux-ci participe à la sur-médiatisation dont il est « victime ». Romain Ntamack brûle les étapes aussi vite qu’il élimine les défenseurs du Top 14. Le Stade Toulousain renaît pendant cette saison 2018-2019 et Ntamack n’y est pas pour rien. Avec ses compères de la ligne arrière toulousaine, il alterne les titularisations à l’ouverture et au centre. Cette polyvalence est une force qui a poussé Jacques Brunel à l’appeler pour le tournoi des Six Nations. Il y disputera son premier match avec les bleus contre le Pays de Galles en rentrant en jeu. Lors de sa première titularisation contre l’Écosse, il marquera son premier essai international. Fort de son titre de champion de France avec le Stade Romain Ntamack faisait logiquement parti du groupe du XV de France qui s’est envolé pour la coupe du monde au Japon en Septembre dernier. Il est devenu le plus jeune français à disputer une coupe du monde à 20 ans et 5 mois. Titulaire au poste de numéro 10 au détriment de Camille Lopez, l’aîné de la famille Ntamack n’a rien pu faire pour éviter l’élimination de son équipe en quart de finale. Ses 5 points laissés, en route, ont coûté cher, mais ils n’enlèvent en rien sa bonne coupe du monde.

Un avenir qui s’annonce radieux

À 20 ans l’avenir de l’Equipe de France semble être promit au jeune toulousain. Certes Louis Carbonel, Anthony Belleau ou encore Matthieu Jalibert ont du talent mais Ntamack semble avoir une bonne longueur d’avance sur eux. Ouvreur ou premier centre, cette polyvalence est aujourd’hui l’une de ses plus grandes forces. Du haut de ses 12 sélections à 20 ans, de sa trentaine de matchs au stade, le jeune toulousain semble déjà s’imposer comme un titulaire indiscutable dans la ville rose. De là au XV de France il n’y a qu’un pas ? Ses capacités techniques et athlétiques au-dessus la moyenne lui permettront sûrement de s’installer durablement au sein du XV tricolore.  Ses qualités d’attaquants paraissent évidentes comme il nous l’a montré de multiples fois au cours de la formidable année qu’il a effectué au Stade Toulousain. Il a encore beaucoup à apprendre, devenir un métronome capable de maîtriser à la perfection sa performance, sans trou d’air, mais aussi se renforcer dans le secteur défensif chose pour laquelle il travaille déjà beaucoup. La génération champions du monde u20 dont il fait parti a un seul objectif en tête : la Coupe du Monde 2023 en France. Romain Ntamack aura 24 ans et nul doute que sans pépins physiques il sera l’un des cadres de cette équipe. Arrivera-t-il à avoir le même palmarès en club et en sélection comme l’a fait son père ? Rien n’est moins sûr mais c’est tout le mal qu’on lui souhaite. 

Une récompense comme encouragement

Ces bonnes performances en Coupe du Monde associées à un titre de champion de France et d’excellentes prestations à Toulouse comme en Equipe de France lui ont valu d’être nommé révélation de l’année durant les World Rugby Awards. Cette cérémonie aura donc vu Romain devançait l’ailier Anglais Joe Cokasinasinga et le Springbok Helton Jantjies et succèdait notamment à des joueurs comme Rieko Ioane ou Maro Itoje. Une récompense honorifique mais qui vient parachever un début de carrière étincelant. Il faudrait maintenant confirmer pour l’ouvreur du XV de France et pourquoi pas s’imposer définitivement comme un Grand. 

Yohan Lemaire

Romain Ntamack : Roulez jeunesse!