Yohan

Top 14 : Les Boxing days millésime 2019-2020

En ces temps d’huîtres, foie gras ou encore champagne, les joueurs du Top14 étaient eux sur les terrains pour nous faire apprécier les délices du championnat de France. Caviar et feux d’artifice au programme mais aussi gueule de bois pour certains, retour sur les Boxing Days façon Top14.

L’UBB tient la cadence

Au terme de cette 13e journée qui marquait la fin de la phase aller du championnat, l’UBB est devenue, à titre honorifique, champion d’automne. Cela vient conclure une magnifique première partie de saison de la part des bordelais. Pendant ces boxing days ils sont passés devant le Lou lors de la 11e journée grâce à leur victoire 25-20 face à La Rochelle, avant d’enchaîner avec une victoire à Pau et de conclure avec une victoire bonifiée à Chaban-Delmas contre l’Aviron Bayonnais. Les hommes de Christophe Urios sont très bien partis pour vivre, pour la première fois dans l’histoire du club, des phases finales. Mieux ils pourraient, s’ils confirment en cette phase retour, garder l’un des deux fauteuils qui permettent de se qualifier directement en demi-finale. Dominateurs et sûrs de leurs sujets, ils ont montré pendant cette période de fêtes qu’il va falloir compter sur eux pour le reste de la saison.

Revoilà Toulon

Derrière l’inamovible duo constitué du Lou et de l’UBB, c’est le club de la rade qui tient la corde. Même si entre sa 3e place et la 8e de Clermont il n’y a que 8 points, Toulon impressionne de plus en plus. Ces boxing days en sont le reflet. 43 points passés à Clermont, 41 à Castres ce week-end, les équipes venues à Mayol ont été bien reçu. Avec 6 essais marqués à au cours de ces deux matchs, le RCT est redevenue, comme il y a quelques années, cette équipe capable de marquer à tout moment. Rajouté à cela un excellent match nul chez le champion de France en titre et vous obtenez une équipe sur le podium. L’impression d’un retour du Toulon de la grande époque menée par un duo Carbonel-Belleau qui cartonne derrière un 8 d’avant auquel Etzebeth s’est parfaitement intégré.

Le stade Français : l’incroyable remontée ?

Au fond du trou il y a quelques semaines, envoyé en proD2 par beaucoup le Stade Français s’est refait une santé. Pour preuve, le club de la capitale finit cette série de 3 matchs invaincus. En battant Pau 21-18 le Stade Français s’était offert une bouffée d’air. Mais le contenu du match ainsi que la qualité du jeu était encore moyen. En allant chercher le match nul à Montpellier par l’intermédiaire de Joris Segonds à la 75e les parisiens se sont rassurés et prouvés que leur sort n’était pas encore totalement scellé. L’apothéose de ces boxing days est intervenu ce dimanche, en prime time, lors d’un classico face au Stade Toulousain. Au terme d’un match qu’ils ont maîtrisé de bout en bout, asphyxiant leur adversaire du début à la fin, ils se sont rappelés à leur glorieux passé. Avec leur superbe maillot vintage les coéquipiers de Macalou, auteur d’un doublé, ont battu le champion de France 30-18. Victoire qui leur permet de laisser leur place de lanterne rouge à Agen. Le Stade Français n’est pas mort.

Jules Plisson, la renaissance

Jules Plisson est au Stade Rochelais depuis seulement deux petits mois mais le terrain fait penser le contraire. Au sein d’une équipe qui monte en régime, l’ouvreur français prend son pied. Auteur de l’ensemble des points de son équipe malgré la défaite à Bordeaux, il a également inscrit 22 points à Pau pour la première victoire de son équipe à l’extérieur. Marquant au passage son premier essai sous ses nouvelles couleurs maritimes. Après des mois de galère au Stade Français le nouveau numéro 10 rochelais se dit heureux «J’ai de très bonne sensation et je suis épanoui. J’ai des entraîneurs qui me font confiance. Franchement je suis très bien ici.» Au point de tenter (et réussir) des gestes de grandes classe à l’image de cette chistera pour son arrière Rattez qui ira dans l’en-but deux crochets plus tard. Plisson marque et fait marquer, quelle bonne idée ont eu les dirigeants de La Rochelle en allant le chercher. On attend maintenant confirmation sur la durée.

Agen : direction la pro D2 ?

3 défaites dont 2 à domicile, voici l’effroyable bilan du SUA lors de ces boxing days 2019-2020. Après une défaite avec le bonus défensif contre Toulouse dans un match rendu compliqué par les conditions climatiques, Agen a encaissé 40 points à La Rochelle lors de la 12e journée. La réception du Lou était alors primordiale, ce week-end, pour ne pas sombrer. À Armandie les Agenais étaient bien partis. Menant de 12 points à la mi-temps le club avait repris espoir. Sauf qu’Agen n’a pas inscrit le moindre point en seconde période. Pire, les lyonnais et son ouvreur Jonathan Wisniewski sont venus crucifiés les Agenais d’un petit point. 9e match sans victoire et 5e défaite consécutive pour le SUA aujourd’hui dernier du Top 14. Rien n’est encore acté mais en ayant déjà reçu 3 de ses principaux adversaires pour le maintien à savoir Brive, Bayonne et le Stade Français l’affaire semble mal engagée pour le club haut-garonnais.

Castres galère

Le CO s’attendait à passer des fêtes compliquées. La cause ? Un calendrier assez défavorable en ces temps de cadeau habituellement. Celui-ci était plutôt empoisonné. La réception du Lou suivi d’un double déplacement à Clermont puis Toulon on a connu plus facile. La réception de l’actuel leader avant la 11e journée à savoir Lyon était à ne pas rater pour les castrais. Avec Ibrahim Diarra dans toutes les têtes à Pierre Fabre, le CO avait réussi son match à savoir s’imposer. Avec le bonus offensif en prime. Et heureusement pour eux. Car les deux matchs qui s’annonçaient très compliqués n’ont pas dérogé à la règle. 39 points encaissés au Michelin et 43 à Mayol. Les castrais repartent les valises pleines et sont actuellement à une dangereuse 12e place même si l’écart reste faible dans le bas du classement.

Les promus déchantent

Les promesses automnales se sont fait couper le pied par la dureté hivernale. Brive et Bayonne n’ont pas gagné pendant ces 3 journées. Les hommes de Yannick Bru n’ont pas inscrit le moindre essai. Dur. Les seuls points pris pendant ces fêtes, ils le doivent à leur match nul face à ces mêmes brivistes 6-6, dans un match qui ne restera pas forcément dans les mémoires. Dommage pour Bayonne car ils leur restaient maintenant à affronter les deux premiers du Top14. A l’extérieur. Vous avez dit difficile ? 4 pénalités inscrites en 2 matchs et 74 points encaissés plus tard et Bayonne est 11e avec 3 points d’avance seulement sur le Stade Français. Côté briviste on s’appuyait depuis le début de la saison sur un sans-faute à domicile. C’était jusqu’à ce que le Racing déboule à Amédée-Domenech et renverse tout sur son passage. Résultat : première défaite à la maison. S’en est suivi un déplacement périlleux à Montpellier au cours duquel les hommes de Davidson ont ramené un point de bonus défensif après un essai de 80m à la 80e minute. Preuve que les brivistes possèdent un fort caractère et qu’ils ne comptent pas faire l’ascenseur avec la proD2. Une hiérarchie commence à se mettre en place pour le maintien et les deux promus vont devoir batailler pour rester au sein de l’élite du rugby français.

Yohan Lemaire

Top 14 : Les Boxing days millésime 2019-2020

Champions Cup : Toulouse à vitesse grand V

Auteur d’un superbe 4/4 dans sa poule E de coupe d’Europe, le Stade Toulousain excelle en ce début de campagne européenne. L’objectif de la première place va être atteint. Avant le déplacement à Agen, décryptage et preview de ce que peuvent espérer les champions de France durant la suite de la compétition.

Un début de compétition idéal

4 matchs, 4 victoires et 2 bonus offensifs, on pourrait qualifier ce parcours de parfait ou presque parfait. En allant chercher le bonus offensif dans les ultimes secondes face au MHR par l’intermédiaire de Lucas Tauzin, les rouges et noirs ont empoché les 5 points qui vont avec pour la seconde fois de la saison. Preuve qu’un simple succès ne leur suffisait pas,  ils ont fait reculer les montpelliérains avec une grosse défense, récupérés le ballon et Tauzin est allé aplatir ce fameux quatrième essai. Avec ces 2 succès à l’extérieur, difficilement acquis, cette équipe-là semble bâtie pour pouvoir lutter dans la cour des grands. Ugo Mola se dit «satisfait de la campagne européenne avec 4 victoires en 4 matchs», comment ne pas le croire ? Même si les matchs face à Gloucester et Montpellier se sont décantés en fin de partie, son équipe semble maîtresse de son sujet dans cette poule 5. L’assurance d’une équipe qui prend peu à peu confiance et qui domine de nouveau ses matchs comme la saison passée. Une équipe capable de piquer à chaque instant et qui la rend si dangereuse comme lorsqu’ils sont acculés dans leur 22 et que Pita Akhi casse le premier placage pour qu’ensuite le jeu se décante et permette à Romain Ntamack d’aller planter son troisième essai en 2 matchs. Les montpelliérains se souviendront de lui et de Rory Arnold, qui à lui inscrit un doublé ! Le Stade Toulousain est réputé pour son jeu d’arrière alors si les secondes lignes se mettent à inscrire des doublés, l’Europe du rugby toute entière peut trembler.

Un groupe et non pas une équipe

On le sait le Stade Toulousain dispose d’un effectif pléthorique composé de stars, d’internationaux et jeunes espoirs qui lui permettent d’être si compétitif sur les deux tableaux. Ugo Mola ne cesse de le répéter, ce n’est pas le succès d’une équipe mais de l’ensemble d’un groupe. Cet effectif permet au staff toulousain de pouvoir mettre chaque week-end un certain nombre de joueurs au repos sans que le jeu de l’équipe ne soit altéré. Des Tolofua, Lebel ou encore Pagès remplacent au pied levé les habituels titulaires et montrent tout l’étendue de leur talent. Ils les avaient déjà remplacés pendant la coupe du Monde et même si les résultats étaient moins bons on pouvait déjà entrevoir des promesses et le fait qu’ils arrivent bientôt à maturité pour venir titiller les places de titulaire des tauliers du club. Depuis que les internationaux sont revenus de la coupe du Monde le Stade Toulousain n’a pas perdu un seul match. Pourtant ils ne sont pas tous présents chaque week-end étant donné que le club leur doit des semaines de vacances. Un groupe composé d’une trentaine, voire une quarantaine de joueurs sur lesquels Ugo Mola et son staff vont pouvoir s’appuyer pour pouvoir bien figurer sur les deux tableaux.

Qu’espérer maintenant ?

Qu’on se le dise, il faudrait un tremblement de terre pour que ces toulousains là ne se qualifient pas. Mais avec 4 victoires en autant de matchs, ils peuvent tenter d’aller chercher une des deux places de meilleurs premiers pour éventuellement, dans le cadre d’une demi-finale, la jouer à la maison. Chose qui n’est plus arrivé depuis 2010 et la victoire face au Leinster couronnée par le s acre face au Biarritz Olympique, dernier titre européen du Stade. Les 5 premiers des 5 poules ont soit tous 17 points (Ulster, Racing), soit 18 points, le cas du Stade Toulousain, ou 19 points (Exeter et Leinster). Les 4 meilleurs premiers seront assurés de recevoir un quart de finale. Un avantage que n’occulte pas Sofiane Guitoune, le trois-quarts centre des rouges et noirs «Pour aller le plus loin possible dans cette compétition, c’est mieux de recevoir en quart…Il faut faire quasiment carton plein quand on voit le train que mènent le Racing, le Leinster et Exeter». Pour réaliser cet objectif il reste aux coéquipiers de Guitoune, la réception de Gloucester et le déplacement, qui s’annonce extrêmement périlleux, en Irlande au Connacht. Le coach toulousain l’a répété en conférence de presse :  «Les places seront chères, si on veut un quart à domicile, il faudra 5 victoire». Dans l’éventualité de deux victoires et donc d’un sans-faute, nul doute que le champion de France recevra en quart de finale sera un véritable contender au titre à Marseille en juin prochain.

Yohan Lemaire

Champions Cup : Toulouse à vitesse grand V

Rugby Sevens : Pourquoi le Sevens devient-il populaire ?

Ce week-end, le tournoi de Dubaï a lancé la saison de sevens. Par sevens, il faut comprendre «rugby à 7». Les Équipes de France féminines et masculines sont toutes les deux sorties de leur poule avant d’être éliminées en quart de finale. Zoom sur ce sport qui prend de l’ampleur.

Le HBSC World Rugby Series Evens est le championnat annuel de rugby à sept masculin depuis les années 2000. Il faut ajouter «Women» pour obtenir le championnat féminin. Ils y voient s’affronter, sous forme de tournois disputés en un week-end, 15 équipes nationales tout au long de l’année. 15 n’étant pas un chiffre rond, une équipe est donc invitée chaque week-end de compétition. Les 15 autres places sont déterminés à la suite du classement de l’édition précédente. Il y a 10 week-ends de compétition dans l’année qui ont lieu aux 4 coins du globe. Une étape se déroule en France depuis 2016 à Paris dans l’antre du Stade Français à Jean-Bouin et attire chaque année de plus en plus de curieux. L’ambiance festive qui y règne avec des personnes venant déguisés comme cela se fait à Honk-Kong, étape historique du Sevens, dévoile l’attirance qu’ont les français pour ce sport de plus en plus médiatisé.  Diffusé chaque week-end sur canal+sport et ses autres chaînes le World Series tend à être connu en France et l’est déjà notamment dans les pays africains qui ont moins de moyens et préfèrent investir dans le rugby à 7 jugé moins coûteux.

Des Équipes de France qui fonctionnent

Le sevens est pour l’instant plus développé au niveau international que national. Pour que la recette marche il faut que les résultats de l’équipe nationale soient emballants. C’est de plus en plus le cas en France. L’équipe masculine actuellement entraînée par Jérôme Daret qui a succédé à l’emblématique Fréderic Pomarel en 2017 a finit 8e des World Rugby Sevens Series l’année dernière. Son second meilleur résultat après 2004 et 2006 et sa 7e place. Surtout les bleus se sont qualifiés deux fois en finale de Cup sur une même saison, pour la première fois de leur histoire. Plus que les deux défaites il faut retenir le contenu et la force de caractère montré par cette équipe. Articulé autour de cadres comme Stephen Parez ou son capitaine Jean-Pascal Barraque, les bleus accueillent de jeunes joueurs à fort potentiel tel que Gabin Villière (élu meilleur joueur du tournoi de Honk-Kong) ou encore Paulin Riva. Cependant cette équipe brille par son irrégularité. Capable de finir avant-dernier lors du week-end de Las Vegas avant de perdre en finale de seulement 9 points face à l’Afrique du Sud au tournoi de Vancouver la semaine d’après. Cette saison l’objectif est clair. Réussir une bonne saison en franchissant un cap dans la régularité des résultats pour essayer de se qualifier pour les JO de Tokyo en 2020. Pour cela il faudra remporter le TQO (Tournoi de Qualification Mondial) ce qui n’est pas une mince à faire. Mais Jérome Daret déclarait il y a quelques jours «On veut être champion du monde». Les choses sont dites et il faudra renouveler des performances semblables à celle de la semaine dernière avec cette encourageante 6e place.

L’Équipe de France féminine, quant à elle, entraîné par David Courteix brille de mille feux. En atteste sa 3e place au classement général au printemps dernier. Les enragées comme elles se font appeler, ont terminé 4e du premier tournoi à Glendale avant d’achever l’étape de Dubaï à la 5e place. Après être monté sur la troisième place du podium au classement général l’année dernière elles ont maintenant un statut à défendre. Comme leurs homologues masculins les bleues devront passer par un tournoi de repêchage pour accéder aux JO. L’objectif principal cette année est donc de peaufiner les automatismes et repères communs afin de ne pas manquer ce rendez-vous. Une non-participation aux JO serait vécue comme une catastrophe par le staff et les joueuses. En effet les enragés sont capables de multiples exploits comme en témoigne leur victoire face aux black ferns la semaine dernière et sont une des équipes les plus redoutées sur le circuit. De là à aller chercher la médaille d’or ? 

La création d’un championnat de France professionnel

Un championnat de France existe depuis 2012. Pendant deux ans la compétition sera nommée «Coupe de France». Elle est créée afin de promouvoir et développer le rugby à 7 en France. Dès 2014 la compétition est renommée «Championnat de France» et lui offre un nom un peu plus redondant. Ce championnat voit s’affronter l’ensemble des clubs voulant y participer et laissent donc place à un affrontement entre club amateurs et professionnels. Depuis Mai dernier la Fédération Française de rugby a annoncé la création d’une nouvelle compétition professionnelle : le «Super Seven». 16 équipes y participeront. La compétition se déroulera ainsi : 3 étapes de classement avant une étape finale où le gagnant sera sacré «Champion de France de rugby à 7. Soucieuse de développer le rugby à 7 en France, cet événement sera pour la FFR un axe de développement exceptionnel et apportera une visibilité inédite à ce sport en expansion.

Des stars du XV qui viennent du VII

L’un des exemples le plus connu et qui a la côte aujourd’hui, c’est la coqueluche de Ernest-Wallon et qui est champion du monde, je parle bien évidemment de Cheslin Kolbe. Le phénomène dont toute la planète parle depuis le Coupe du Monde au Japon est issu de la filière du 7. Il a fait ses débuts en 2012 avec son équipe nationale avec laquelle il a participé aux World Series en gagnant une étape à Las Vegas mais aussi la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques 2016 où il gagnera une médaille de bronze. Mais il n’est pas le seul. L’international français à XV Virimi Vakatawa est formé à la sauce du rugby à 7. Avant de briller au centre de l’attaque du Racing 92 et de celle de l’Équipe de France à XV il a fait le bonheur de l’Équipe de France à 7 où ses qualités athlétiques et rugbystiques ont fait merveille. Ce sont 2 joueurs parmi tant d’autres. J’aurais également pu citer Radradra ou encore Lomu avant eux. Ces différents exemples montrent qu’un bon joueur de rugby à 7 peut également l’être à XV même si un temps d’acclimatation est forcément nécessaire.

Un jeu agréable à regarder

Si le Sevens plaît de plus en plus, il le doit notamment à son format qui se distingue de son grand frère qu’est le rugby à XV. Les matchs au niveau international se déroulent en deux mi-temps de 7 minutes. Un format très court dans lequel l’intensité y est immense. Les contacts sont minimes, le jeu agréable à  regarder pour les yeux et les essais nombreux. Les transformations d’essais sont tapées en drop et accélèrent encore plus le jeu. Le temps de jeu effectif est maximal contrairement au rugby à XV qui est parfois critiqué pour sa lenteur. Dans le Top 14 c’est notamment le cas avec les mêlées fermées qui sont à refaire de nombreuses fois dans le match et qui casse le rythme de la partie. Ce n’est donc pas le cas du sevens qui se rapproche aujourd’hui de la base du rugby qui était un jeu de contournement et qui aujourd’hui est devenu plus brutal à XV et qui lasse certains fans. Le 7 ne laisse pas indifférent c’est évident. En 2011 Guy Novès déclarait «Le 7 c’est de la course à pied, autant aller voir de l’athlétisme.» L’effet est grandissant, ses fervents supporters autant que ses détracteurs en parlent, un bon mélange pour faire connaître toujours plus ce sport olympique qui passionne les foules de plus en plus.

Yohan Lemaire

Rugby Sevens : Pourquoi le Sevens devient-il populaire ?

Énorme victoire de l’UBB face au Racing

Au terme d’un match fou, Bordeaux l’a emporté 34-30 face au Racing. Une nouvelle défaite à domicile pour eux, qui ont préféré prendre le point du bonus défensif en fin de match. Une confirmation pour l’UBB.

On joue les dernières secondes à Paris la Défense Arena. Les racingmens tiennent le ballon devant les 22 mètres bordelais. Avec 7 points de retard il leur faut à tout prix un essai transformé pour arracher le match nul. Mais la défense de l’UBB tient bon et ne craque pas. Cependant elle commet une faute offrant une pénalité aux coéquipiers du capitaine Maxime Machenaud. Un choix s’offre alors à lui. Les 3 points et le point du bonus défensif ou la touche et un éventuel essai au risque de repartir avec 0 point. Les joueurs du Racing choisissent alors la pénalité et sont sifflés par leur propre public. Il fallait maintenant la réussir, Machenaud s’en est chargé offrant 1 point à son équipe.

Un match complètement fou

Après deux bonnes prestations en coupe d’Europe et leur victoire dans le derby, les racingmens avaient la possibilité de confirmer face à un adversaire direct à la qualification en fin de saison et remonter à la 3e place de ce championnat très serré. Mais les bordelais sont bien plus forts dans cette première moitié de championnat et cela s’est ressenti sur la pelouse. Le coach Christophe Urios avait annoncé que ses joueurs venaient ici avec l’ambition de repartir avec la victoire.

Et malgré deux essais encaissés consécutivement dans les 10 premières minutes de la seconde période suite au carton jaune de Radradra, les Bordelo-Bèglais ont toujours semblé maîtriser plus ou moins leur sujet. C’était pourtant Vakatawa qui avait ouvert le bal en inscrivant son premier essai sur la toute première attaque du Racing avant que Semi Radradra marque lui aussi le premier de ses 2 essais. Bordeaux envoyait beaucoup de jeu mais le Racing était très réaliste. L’international français Vakatawa s’offrait même un doublé à la demi heure de jeu. Il s’illustrait une nouvelle fois quelques minutes plus tard, cette fois-ci par son indiscipline qui  lui coûtait un carton jaune et en infériorité numérique ses coéquipiers cédaient sur une attaque de près de 80 mètres des unionistes conclu par Woki.

S’en suivit les fameuses 10 minutes d’absence bordelaise durant lesquelles Gomes Sa et Bobigny y allaient de leurs essais et créent le premier break 27-17 en faveur des ciels et blancs. Sauf que Radradra est revenu. La remontée des joueurs de Christophe Urios a commencé juste après. L’indiscipline de Bernard Le Roux offrait 3 points à Matthieu Jalibert. Les girondins égalisaient par Kaulashvili avant de passer devant par l’intermédiaire de l’inévitable Semi Radradra après un crochet sur Brice Dulin et un énorme raffut. 27-34, Radradra offrait la victoire à son équipe qui revient à 1 point du leader lyonnais malgré la dernière pénalité de Maxime Machenaud qui offrait le point de bonus défensif à son équipe.

Des individualités qui ont brillé

On le sait, la surface très rapide de la U Arena permet aux équipes de développer beaucoup de jeu et d’offrir des matchs très spectaculaires. Cette après-midi ce fut le cas. Avec 4 essais de chaque côtés les joueurs ont régalé cette après-midi. Vakatawa et Radradra auteur de deux doublés ont montrés qu’ils faisaient partis des meilleurs centres de notre championnat en écrasant tout sur leur passage. Les deux numéros 10 respectifs ont livré une copie quasi-parfaite. Russell est dans la lignée de ses excellents matchs. Ses coups de pieds sont un régal pour les yeux et il mène parfaitement le jeu de son équipe et sa sortie a semblé déréglé la ligne arrière de son équipe. Volavola n’arrivant pas à faire sauter le verrou bordelais dans les derniers instants. Son jeune homologue Matthieu Jalibert a lui maintenu son équipe à flot notamment grâce à son jeu au pied face au perche et ses 14 points. Disponible et prenant les intervalles grâce à ces crochets il a joué un grand rôle dans la victoire de l’UBB aujourd’hui.

Au final c’est déjà la troisième défaite à domicile pour le Racing. Pour un prétendant au Top 6 c’est trop. Avec 7 points pris sur 25 possibles le bilan à domicile est exécrable. Quant à l’UBB cette victoire confirme que les joueurs d’Urios, même avec le retour des internationaux dans les équipes concurrentes, voir avoir un rôle important à jouer cette saison.

Yohan Lemaire

Énorme victoire de l’UBB face au Racing

Toulouse a souffert mais s’impose avec le bonus face au Connacht

Les toulousains ont remporté leur deuxième match en autant de journées de Champions Cup 32-17. Face à de valeureux irlandais qui auraient mérité un meilleur sort, ils ont néanmoins réussi à empocher le bonus après la fin du temps réglementaire. 

Ne vous fiez pas au score final, qui ne reflète pas la physionomie du match, ou que très peu. En effet, jusqu’à la 74e minute, le Connacht occupait la moitié de terrain toulousaine et mettait sous pression les rouges et noirs. Le jeu au pied du jeune ouvreur Fitzgerald était parfait mais Healy n’arrivait pas à se saisir du ballon, rendu extrêmement glissant par la pluie. Les joueurs irlandais venaient de laisser passer leur dernière occasion de prendre le bonus défensif voire mieux.

Des Toulousains constamment sous pression

Dans ce match opposant deux équipes ayant gagné leur premier match le week-end dernier et sous un temps particulièrement irlandais, la bataille s’annonçait féroce. On croyait d’abord que les toulousains inscrivaient le premier essai du match mais le pied gauche de Guitoune était en touche. Malgré cette bonne entame, ce sont bien les irlandais qui vont surprendre la défense toulousaine. Le centre Tom Farell, auteur d’un excellent match en attaque comme en défense, prenait un énorme trou entre Elstadt et Baille pour se faire la malle et marquer le premier essai du match. Essai transformé par Fitzgerald. Stupeur à Ernest-Wallon. Heureusement pour les rouges et noirs, Bézy bien servi par Ramos inscrivait le premier des quatre essais toulousains pour recoller au score. Malgré une conquête irlandaise catastrophique dans ces premières 20 minutes, le Stade Toulousain n’y arrivait pas et de nombreuses approximations venaient enrayer les rares lancements de jeu. Pire, les irlandais inscrivaient un second essai, avec une nouvelle prise d’intervalle, cette fois-ci du troisième ligne Fainga’a qui profitait de la mauvaise montée défensive de Placines pour casser le rideau défensif et servir son demi de mêlée Blade. 14-7 la défense toulousaine est pour l’instant aux abonnés absents. 

Heureusement pour les hommes d’Ugo Mola, Fainga’a s’illustrait de nouveau, mais de la mauvaise manières cette fois-ci. Auteur d’un placage dangereux sur Ntamack, il écopait d’un carton jaune. Ses coéquipiers alors en infériorité numérique, encaissaient un essai de Yoann Huget en coin, bien servi par l’autre «vieux» de la ligne arrière Maxime Médard. Les 6 ballons perdus à la mi-temps par le Stade reflètent bien les difficultés que les toulousains ont à développer leur jeu. La défense des joueurs du Connacht est très agressive comme en témoigne les 8 pénalités concédées, qui leur permet de regagner les vestiaires avec un seul petit point de retard.

Au bout du bout le bonus offensif

Le second acte repart sur les mêmes bases avec des joueurs irlandais qui empêchent toujours leurs adversaires de déployer leur jeu d’attaque qui fait habituellement merveille. Ils reprennent l’avantage grâce à un drop signé Fitzgerald. Les toulousains souffrent physiquement face à des joueurs irlandais qui donnent tout à chaque impact. Indisciplinés et en manque de possession les joueurs de la ville rose n’y arrivent pas et sentent le vent de la défaite souffler au-dessus d’eux. Heureusement pour eux Fitzgerald ratait sa première tentative de l’après midi et ils restaient au contact. Les entrants ont fait beaucoup de bien notamment dans le 8 de devant et sur une action où ils ont multipliés les pick and go, le capitaine Jerome kaino partait au ras pour donnait de l’air à son équipe. 25-17 le break était fait. Le Stade allait même chercher le bonus par l’intermédiaire de son centre Pita Akhi.

Une victoire signée Kaino et le banc des remplaçants

Comme la semaine dernière à Gloucester, les remplaçants ont fait un bien fou à Ugo Mola et ses hommes. L’entraîneur a su faire les changements au moment opportun pour faire basculer le match. Marchand omniprésent en défense, Cros grattant des ballons chauds, et Tolofua renversant tout sur son passage ont sans aucun doute fait pencher la balance du bon côté. Un joueur a cependant porté son équipe aujourd’hui. C’est le capitaine Jerome Kaino qui a livré sur la pelouse d’Ernest-Wallon un match monstrueux. Il était très attendu après une dernière campagne européenne moyenne et il a répondu présent. Auteur de la passe qui décale Ramos sur l’essai de Bézy, il permet également à son équipe, grâce à son essai, de se mettre à l’abri. En défense il a plaqué à tours de bras, récupérant des ballons et faisant reculer ses adversaires. Il a joué un grand rôle dans la victoire de son équipe aujourd’hui et fut élu homme du match cette après-midi à Toulouse.

Malgré des conditions climatiques compliquées les champions de France s’en sortent avec les 5 points. Plus que le jeu c’est la manière dont ils s’en sont sortis qu’il faut retenir aujourd’hui. Ce match là, deux ans en arrière, les toulousains le perdait. La province irlandaise n’a jamais rien lâcher mais ce point de bonus offensif comptera à coup sûr dans l’optique d’un quart de finale. La détermination et le courage dont ils ont fait preuve aujourd’hui et le week-end dernier sont la marque des plus grands. En attendant de recevoir Bayonne la semaine prochaine, les toulousains repartent avec 9 points sur 10 possibles de ces deux week-ends européens. Ce qui laisse présager une suite de compétition des plus excitantes mais gare au faux pas car la Champions Cup est des plus impitoyables.

Yohan Lemaire

Toulouse a souffert mais s’impose avec le bonus face au Connacht