Belgique et Angleterre : les secrets d’une victoire

L’Angleterre s’est imposée sur le fil lundi soir face à la Tunisie (2-1), en proposant du beau jeu, tout comme la Belgique, victorieuse du Panama (3-0). Le point commun entre ces deux nations, c’est qu’elles utilisent toutes deux un système tactique à 3 défenseurs. Mais est-ce vraiment efficace ?

Un milieu de terrain solide

C’est la première chose importante dans ce genre de système tactique. En effet, avec 5 milieux de terrains dans le dispositif anglais, c’est l’endroit le plus verrouillé sur le terrain. Jordan Henderson a très bien assuré le rôle de sentinelle, tandis que Jesse Lingard et Dele Alli assuraient quant à eux le rôle offensif, en profitant des espaces de la défense tunisienne pour partir dans la profondeur. Les deux pistons, Kieran Trippier et Ashley Young, assuraient parfaitement les aller-retours sur leurs côtés alternant les tacles défensifs et les centres dans la boîte.

Côté Belge, le dispositif tactique était différent. En effet, il n’y avait pas de réelle sentinelle, mais plutôt deux milieux « box to box », qui assuraient la transition entre la défense et l’attaque. Bien sûr, le meilleur des deux était Kévin De Bruyne, en peu en dessous de son niveau à City mais toujours impressionnant. Axel Witsel, quant à lui, était moins en vue, mais toujours important dans ce dispositif, tant son endurance est forte. Les deux pistons, Yannick Carrasco et Thomas Meunier, ont également assuré leurs rôles, bien que Carrasco pêchait un peu défensivement (sans doute à cause du fait qu’il a toujours joué ailier).

Un très fort pressing et des attaquants présents

Autre chose ultra importante dans ces dispositifs tactiques : le pressing. Et les deux équipes n’ont pas failli. En effet, les joueurs se sont très vite projetés vers l’avant pour empêcher les adversaires de relancer correctement. Côté Anglais, nous voyions Harry Kane et Raheem Sterling se projeter pour gêner les relances, comme ce fut le cas de Jesse Lingard et Dele Alli. Côté Belge, nous avions Dries Mertens et Eden Hazard en soutien de Romelu Lukaku, et les trois joueurs offensifs ont réalisé un pressing constant et très fort, ce qui a empêché pendant une grosse partie de la rencontre l’équipe du Panama de jouer correctement.

En plus de ce rôle dans le pressing, les attaquants avaient un autre rôle évident : marquer. Et ceux que l’on attendait ont répondu présents. En effet, nous avons vu Romelu Lukaku claquer un beau doublé, avec un but de la tête sur un service magique de Kévin De Bruyne et un ballon piqué sur une passe en profondeur d’Eden Hazard. Côté Anglais, Harry Kane a été très opportuniste, marquant sur deux ballons qui ne font que lui revenir dessus avec beaucoup de chance (Mouez Hassen repousse la tête de John Stones sur lui sur le premier but, Harry Maguire lui remise le ballon de la tête sur corner pour libérer l’Angleterre). Finalement, ils parviennent à faire ce que l’on attendait d’eux : marquer des buts.

Une défense de fer

Dernier point important dans ce genre de dispositifs : une bonne défense. Côté Belge, les absences de Vincent Kompany et de Thomas Vermaelen n’ont pas rassuré les supporters, mais Derdryck Boyata a parfaitement assuré son rôle de remplaçant aux côtés des tauliers que sont Toby Alderweireld et Jan Vertonghen. Côté Anglais, on s’est retrouvé avec une défense un peu « neuve », avec Harry Maguire, John Stones et Kyle Walker associés. Les défenseurs ont été solides, même si les Belges ont parfois été dépassés par les attaques en nombre des Panaméens. Alderweireld et Vertonghen ont globalement fait le job, Boyata a fait un match plutôt moyen, et heureusement que les pistons ont fait leur travail défensif et que les Belges ont profité de leurs opportunités.

 

 

 

Finalement, ces dispositifs à 3 défenseurs, quand ils sont maîtrisés, sont des armes non négligeables. Nous pouvons le voir pendant les phases de championnat, notamment du côté de l’Italie, où ce dispositif est beaucoup utilisé chez la Juventus par exemple. Il permet une grosse densité au milieu de terrain, avec beaucoup de possibilités de centres et un gros pressing. Néanmoins, il faut avoir une très forte endurance pour jouer dans ce système, notamment sur les côtés, où les pistons doivent redoubler d’efforts pour faire les aller-retours. Ces deux équipes seront à surveiller dans ce mondial, et leurs adversaires devront se méfier des buteurs, qui sont tout autant redoutables qu’en club.

 

Hugo Kucharski