OM-RB Leipzig : En quête d’un exploit


« Aux Armes » ; peu importe les stades, il n’est pas rare que les supporters recourent à ce chant guerrier pour pousser leurs joueurs. A Marseille, l’hymne est chanté par tout le Vélodrome. Les virages se répondent, l’atmosphère est brulante, le peuple attend que son équipe soit à la hauteur et renverse la vapeur. C’est justement ce qui attend l’OM, jeudi soir à 21 heures. Une semaine après avoir perdu le quart de finale aller sur la plus petite des marges (1-0), l’OM reçoit le RB Leipzig en quart de finale retour de l’Europa League. Estimées à 40%, les chances de voir le club marseillais se qualifier sont relativement faibles. Toutefois, le football n’est-il pas le sport qui fait mentir le plus les statistiques et tout autre forme de certitudes ?! Ce serait beau, ce serait grand et cela ferait honneur au football français.

 

Etrange football. L’hypothèse d’une qualification marseillaise paraissait peu évidente avant même la tenue du match aller. A l’écoute des experts du plateau de l’Equipe ou de la Tean Dugua sur RMC, Marseille aurait dû être balayé dès le match aller par une équipe de Leipzig particulièrement en forme en ce moment, récemment vainqueur du Bayern de Munich (2-1) ou de Monaco (1-4) il y a quelques mois. Alors, puisque l’OM a finalement perdu sur la plus petite des marges, l’espoir est permis. En effet, si Marseille a connu des moments difficiles durant ce match, un résultat nul n’aurait rien eu de scandaleux. La frappe de Bouna Sarr aurait pu finir, avec un peu plus de réussite, au fond des filets plutôt que de mourir sur la barre transversale. C’est un peu l’histoire de l’OM cette saison ; Etre là lorsque l’on ne les attend pas ou passer à côté d’un résultat qui leur tendait les bras. Sauf que justement, personne ne donne Marseille gagnant jeudi prochain. Et si le club venait à gagner, cela ne serait pas suffisant pour se qualifier. Un score final 2-1 pour l’OM paraît être le score qui leur ait prédestiné ; ce qui impliquerait une victoire mais pas de qualification. Seront-ils assez bons pour l’emporter 2-0 ou 3-1…?

 

 

 

En leur défaveur, deux éléments peuvent être avancés. D’une part, le RB Leipzig met à l’honneur un jeu très rapide, à l’image de joueurs comme Bruma ou Keita. Cette tactique se matérialise par une remontée de balle expresse et des contres assassins terminant tantôt par une occasion extrêmement dangereuse, tantôt par un but. Puisque l’OM va se découvrir, que les cadres de la défense seront une nouvelle fois absents, et qu’il ne vaut mieux pas compter sur les exploits du gardien remplaçant Pelé, tout porte à croire que l’OM prendra au moins un but dans ce match. D’autre part, Marseille semble souffrir d’un complexe d’infériorité. Face aux grosses écuries rencontrées en championnat, l’OM honore un bilan bien fade. Aucune victoire n’est à constater. Le seul véritable exploit relève du match nul obtenu contre le PSG en octobre dernier… Pour le reste, Marseille a multiplié les désillusions, la dernière en date étant la défaite contre Lyon qui lui a coûté au club sa troisième place, justement au bénéfice des Gones. A l’image d’un Payet, le club olympien, s’il ne démérite pas, n’obtient jamais ce qu’il souhaite dans les grands rendez-vous. En définitive, sur le plan de la raison et des arguments objectifs, rien ne semble aller du côté de l’OM.

 

 

 

Cependant, que serait le football sans un grain de folie et une touche d’exploit ? Perdre 1-0 au match aller n’a rien d’infaisable quand il s’agit d’inverser la vapeur au match retour. Des éléments peuvent ainsi être avancés en faveur de la réalisation d’un véritable tour de force, si celui-ci arrivait. D’une part,  Marseille s’est construit cette saison un véritable collectif, une véritable force mentale. L’équipe marque ainsi la plupart de ses buts dans le dernier quart d’heure des rencontres. Elle sait inverser une tendance. Rudi Garcia est ainsi loué pour ses quelques coaching bien sentis. L’équipe en veut, à l’image d’un Ocampos, chien devenu fou quand il s’agit de presser son adversaire ou d’accomplir d’incessants aller-retour entre la défense et l’attaque. D’autre part, Marseille fait du Vélodrome son terrain de jeu. Mis à part contre Lyon, l’OM a toujours été proche d’un exploit, a toujours réussi à faire un résultat et surtout à dominer ses adversaires. C’est justement ce qui peut faire craquer une équipe comme le RB Leipzig. Le visionnage du match aller permet de remarquer que le début de rencontre de cette équipe a été fébrile. La jeunesse du club allemand implique un léger inconvénient ; celui du manque de maturité. Dans un stade Vélodrome plein, nul doute que les premières minutes du match risque d’être à l’avantage des Olympiens. Si cela arrive, l’hypothèse d’un but marqué très tôt donnera des maux à Leipzig et des ailes à Marseille. Il faudra alors tenir et forcer le destin pour marquer un second but synonyme de qualification. Pour cela, et c’est finalement le troisième argument, l’OM pourra compter sur le retour de quelques cadres. Si Mandanda sera absent, Thauvin et Rolando seront de retour. Quant à Rami, l’incertitude demeure. Toujours est-il que la réalisation de deux ou trois buts en faveur du club olympien, quand on connaît l’adresse d’un Thauvin, d’un Payet, d’un Germain ou d’un Sanson, ne paraît pas être une hypothèse totalement farfelue. La défense n’est pas en reste non plus. L’éclosion du jeune Kamara, plutôt rapide et l’expérience d’un Gustavo peuvent servir à un Marseille revanchard.

 

 

 

L’hypothèse d’un exploit… Les frissons, les hurlements, le souvenir ; autant d’éléments que n’importe quel amateur de football a envie de ressentir. Souvenons-nous du match opposant Marseille, justement, au Borussia Dortmund. L’histoire d’un match complètement fou. Les olympiens qui perdent 2-0 au bout d’un quart d’heure de jeu. Rémy qui relance le match justement avant la mi-temps, Ayew qui remet les deux équipes à égalité. Et Valbuena… Tout seul, comme un grand qui s’en va défier la défense avant d’enrouler une frappe qui finit en lucarne. « Mais non il n’est pas grand, il est immense ». C’est pour ces moments que le Football est passionnant, pour cela qu’il déchaine les passions. L’épopée Monégasque a elle aussi été source de frissons. Le football français a connu bien des chefs d’œuvre, mais aussi bien des désillusions. Il serait ainsi temps d’écrire une nouvelle belle histoire. Après la déconvenue européenne de Monaco, Lyon ou Paris cette saison, Marseille a l’occasion de redécouvrir le parfum d’un exploit européen. Le public poussera son équipe, c’est évident.

 

 

 

Cela sera-t-il suffisant ? Impossible à dire. A l’heure du bilan, la raison appartient à Leipzig et la folie appartient aux Marseillais et peut être même qu’elle enivrera le foot français.

 

Rabelle Rudy