Le petit guide du Paris-Nice

dans la Roue de la Feuille de Match

Paris-Nice c’est la Course au Soleil, elle porte rarement bien son nom car c’est souvent pluie, vent et même neige ces dernières années, tout au long du parcours, le soleil attendant la plupart du temps les coureurs qu’à Nice.

 

C’est une course mythique du cyclisme mondial. C’est la première grande épreuve internationale et c’est le véritable coup d’envoi de la saison, tous les coureurs ont envie de mettre à profit une préparation hivernale en montrant qu’il faudra compter sur eux en 2018.

 


Histoire de la course :

C’est une course qui existe depuis 1933, c’est la 76ème édition cette année (pas de course pendant la Seconde Guerre mondiale) et elle n’a pas beaucoup changé ! Toujours placé début mars, elle se dispute sur huit étapes, commençant généralement par un prologue (contre-la-montre court) en région parisienne (exception cette année où ce sera une étape en ligne), deux ou trois étapes de plat balayées par le vent pour les sprinteurs et les rouleurs et un profil de plus en plus accidenté pour venir buter sur les premiers contreforts des Alpes et finir soit dans Nice soit juste au-dessus au sommet du Col d’Eze.

De grands coureurs l'ont remporté, notamment des vainqueurs de Tour de France, dans l'histoire on retrouve Anquetil, Merxx, Poulidor, Roche, Indurain, Jalabert et plus récemment, Contador, Wiggins, Porte, Thomas

Fonctionnement de cette course :

Elle fait partie des courses World Tour, qui regroupe les 37 épreuves phares mondiales (mais fait partie des plus connues), au même titre que les Grands Tours (Tour de France, d’Italie, d’Espagne), des courses d’une semaine (comme le Critérium du Dauphiné en juin) et des classiques (comme Paris-Roubaix).

 

Les 18 équipes de la première division mondiale (le World Tour) participent d’office et les équipes de deuxième division (Continentale Pro) peuvent obtenir des invitations pour y participer. Cette année, quatre équipes ont obtenu une Wild Card, toutes françaises. Il s’agit de Cofidis, Delko-Marseille Provence-KTM, Direct Énergie et Fortuneo-Samsic. Nous aurons donc un total de 22 équipes de 7 coureurs avec les deux world tour françaises AG2R La Mondiale et Groupama-FDJ.

 

Pourquoi elle est intéressante à suivre :

C’est une course toujours compliquée car la plupart des coureurs préfèrent démarrer leur saison en Australie, en Amérique du Sud ou au Moyen-Orient avec de belles compétitions relevées mais surtout au chaud et au soleil. Même si on retrouve quelques courses secondaires en Europe dans des conditions plus difficiles, c’est la première course majeure disputée dans le froid et sous le vent et surtout sous le regard du public mondial (les courses plus exotiques sont moins connues du grand public malgré la qualité du plateau et des parcours).

 

C’est aussi l’occasion de se montrer sous ses nouvelles couleurs, pour le public de découvrir de nouvelles équipes crées pendant l’hiver ou de se familiariser avec les nouveaux noms d’équipes (le cyclisme est un sport qui se pratique par équipe sponsorisées donc si une marque se retire, une autre arrive, la structure est la même, seul le nom change).

 

C’est surtout le lancement des objectifs de l’année, pour certains, les étapes de plats sous le vent permettent de se préparer pour les classiques flandriennes et pavées, avec des conditions qui se rapprochent, pour d’autres c’est l’occasion de retrouver des ascensions et des altitudes en vue du Tour d’Italie qui se profile début mai, la répétition d’efforts de courses huit jours d’affilée est la meilleure des préparations. Et c’est aussi la possibilité des premières joutes dans les montées entre les cadors mondiaux qui voudront prendre un ascendant psychologique dès le coup d’envoi de la saison !

 

Paris-Nice attire la moitié de la crème du peloton, l’autre moitié préférant son homologue italienne, Tirreneo Adriatico (épreuve aussi de huit étapes) aussi historique (en aussi World Tour), qui commence trois jours plus tard.




Présentation du parcours

Comme la plupart des courses à étape, il y aura plusieurs classements. Le classement général, le classement du meilleur jeune (moins de 25 ans), du meilleur grimpeur (des points sont attribués au passage des cols et côtes du parcours aux premiers coureurs), du meilleur sprinteur (des points sont attribués aux sprints intermédiaires et sur la ligne d’arrivée aux premiers coureurs) et par équipe (en cumulant les temps des trois premiers de chaque équipe).

 

A noter : les sprints intermédiaires et les arrivées en plaine délivrent aussi des secondes de bonifications pour le classement général aux trois premiers de ces sprints.

 



Etape 1 - Dimanche 4 mars : Chatou - Meudon : 134,5km dans les Yvelines

Étape qui rompt avec les traditions de la Course au Soleil qui proposait des premières étapes soit sous forme de prologue soit avec une étape plate pour les sprinters. Ici, même si on ne dépasse pas les 180m d’altitude, il n’y a pas un mètre de plat sur une course casse-pattes et trois côtes de 3ème catégorie (3ème, la plus faible, 1ère catégorie la plus forte), dont la dernière sera le juge de Paix de cette étape : la côte de Meudon est longue de 1,9km pour une pente moyenne de 6% avec les 700 derniers mètres pavés, un puncheur ou un sprinteur passant les bosses peut s’imposer au sommet !

 

Départ : 13H45

 

Direct TV : 15H15 sur France 3

 

Arrivée (estimation) : 16h45-17h10

 



 

Etape 2 - lundi 5 mars : Orsonville - Vierzon : 187 km

 



Etape 2 - lundi 5 mars : Orsonville - Vierzon : 187 km

Etape longue et plate à travers la Beauce et les forêts pour se rendre dans le centre de la France et Vierzon sur des routes extrêmement exposé au vent. Avec des équipes spécialistes des coups de bordures, si la route, la direction & la force du vent s’y prêtent, on pourrait voir le peloton se fractionner et voir des favoris perdre toute chance de briller. A moins que le vent ne soit pas assez fort et que les sprinters en décousent.

 

Départ : 12H05

 

Direct TV : 15H20 sur France 3

 

Arrivée (estimation) : 16H20-16H45

 



Etape 3 - mardi 6 mars : Bourges-Châtel Guyon : 210km, étape la plus longue

L’étape la plus longue de la semaine risque de faire des dégâts ! Les coureurs en difficulté avec les bosses de la première étape et le vent de la seconde étape risquent de passer à la trappe avec le cumul de la fatigue sur cette étape longue et accidentée. La première partie, bien que vallonnée, ne comporte pas de difficultés. Elles seront concentrées dans les 90 derniers kilomètres avec trois côtes de troisième catégorie dans les contreforts du Massif Central. Le dernier sommet situé à 32km de la ligne devrait définitivement éliminer les sprinteurs restants qui ne pourront pas revenir dans la descente. L’arrivée sur le plat sera précédée d’une petite côte avant la flamme rouge et, après 210km, le moindre relief peut servir de tremplin vers la victoire !

 

Départ : 11H30

 

Direct TV : 15H20 sur France 3

 

Arrivée (estimation) : 16H15-16H45

 



 



Etape 4 - mercredi 7 mars : La Fouillouse - St Etienne : Contre-la-montre individuel de 18,4km

Le seul contre-la-montre se disputera intégralement dans la Loire. Même s’il est court, il n’est pas plat, les huit premiers kilomètres sont une montée à 3,5% de moyenne, rien de compliqué jusque-là, avant une côte d’un kilomètre à 7% au km14,5. Après la côte, il n’y aura pas de répit puisque ce ne sera qu’un faux plat descendant et non une descente, donc pas le temps de récupérer or l’effort individuel est une gestion de soi permanente. Au soir de cette étape, nous aurons une idée des favoris à la victoire finale.

 

1er départ : 13H32

 

Direct TV : 15H20 sur France 3

 

Dernière arrivée (estimation) : 16H30

 



Etape 5 - jeudi 8 mars : Salon de Provence - Sisteron : 163km

La première grosse étape de ce Paris-Nice ! La course rentre en région PACA après un transfert et trouvera sur sa route les premiers cols de seconde et première catégorie. Les coureurs affronteront le Col du Pointu (2ème catégorie - 4km à 5,1%) au km49, le Col de Lagarde d’Apt (1ère catégorie - 11km à 7%) au km 76 puis une longue côte de 3ème catégorie au km106 (Col du Négron) avant de plonger dans la vallée et retrouver du plat jusqu’à Sisteron (hors la côte de la Marquise à 13km de l’arrivée - 1,3km à 6,4%, 3ème catégorie). Ce sera une bataille pour être dans l’échappée car le maillot de meilleur grimpeur peut commencer à se jouer ici et au vu du profil (les grosses difficultés sont loin de la ligne finale), les favoris n’attaqueront pas et laisseront du champ aux hommes devant s’ils ne sont pas dangereux au classement général. Les sprinteurs ne joueront pas la gagne, mais des grimpeurs-puncheurs avec une bonne pointe de vitesse peuvent espérer l’emporter en cas de regroupement général.

 

Départ : 13H15

 

Direct TV : 16H10 sur France 3

 

Arrivée (estimation) : 17H00-17H25

 



Etape 6 - vendredi 9 mars : Sisteron - Vence : 188km

Une étape très longue et difficile. Même s’il n’y a pas de gros passages en altitude ou des grands cols mythiques, il n’y a pas un mètre de plat sur cette étape. Les cent premiers kilomètres sont dépourvus de côtes répertoriées mais seront usant pour les organismes, car comme la veille il y aura une bataille pour l’échappée : tout d’abord pour le maillot à pois (5 montées répertoriées sur l’étape) et pour la victoire d’étape et il y aura intérêt à avoir de l’avance car les favoris vont attaquer ! En effet, toutes les difficultés seront dans les 100 derniers kilomètres et s'enchaînent : 4 secondes catégories, le Col de Luens (6,6km à 4,4% - km101), le Col Bas (1,7km à 7,2% - km121), la côte de Cipières (2,8km à 5,6% - km149), la côte de Gourdon (3,8km à 4,2% - km159) puis un première catégorie situé a à peine 9km de l’arrivée, la côte de la Colle sur Loup (1,8km à 10%). Après une courte descente, les derniers kilomètres seront en faux plat montant et usant (après 190km, 5 ascensions et 6 étapes) avant un dernier replat de presque trois kilomètres. Les outsiders qui redoutaient la haute montagne auront intérêt ici à grappiller de l’avance en vue du général et des favoris pourront profiter d’un jour sans d’un leader pour l’écarter de la course à la victoire finale. On pourrait aussi assister à un mano a mano entre les échappées et un peloton réduit pour la victoire à Vence.

 

Départ : 11H35

 

Direct TV : 15H20 sur France 3

 

Arrivée (estimation) : 16H15 - 16H50

 



 



Etape 7 - samedi 10 mars  : Nice - Valdeblore : 175km

C’est l’étape reine de ce 76ème Paris-Nice avec 5 cols et une arrivée au sommet à 1500m d’altitude. La première des deux étapes 100% Alpes-Maritimes dans l’arrière-pays niçois commencera tambour battant avec la côte de Gattières classée en 2ème catégorie dès le km10 (4,5km à 4,8%) qui pourrait lancer l’échappée. La route continuera légèrement de grimper avant de sérieusement se cabrer pour la longue ascension de la côte de Sainte-Baume (16,7km à 3,8% - km84). S'ensuivront, après des descentes rapides, deux courtes ascensions de seconde catégorie avec le Col Saint-Raphaël (5,8km à 4,2% - km108) et la côte de Villars-sur-Var (2,1km à 6,7% - km134). Après un replat, le peloton (ou ce qu’il en reste, les sprinteurs-rouleurs et les hommes moins en forme ne seront déjà plus en mesure de se jouer la victoire) affrontera la montée finale vers Valdeblore la Colmiane avec 16,3km de montée à 6,2%. Les pourcentages les plus fort seront dans la première partie d’escalade (les deux premiers kilomètres sont à 8% de moyenne), le reste du col sera plus régulier entre 6% et 7% avec quelques replats. La victoire n’échappera pas à un homme fort (la dernière ascension est trop longue pour qu’un échappé l’emporte à moins qu’il ait plus de 3-4 minutes d’avance au pied) et le top 10 sera connu à la fin de cette étape, à moins qu’il y ait des surprises le lendemain ?

 

Départ : 10H05

 

Direct TV : 13H30 sur France 3

 

Arrivée (estimation) : 14H35-15h05

 



Etape 8 - dimanche 11 mars : Nice - Nice : 110km

La dernière étape est la traditionnelle course autour de Nice courte et nerveuse avec son arrivée sur la Promenade des Anglais. Elle est souvent le théâtre de surprises, d’attaques de la dernière chance de favoris largués au général voulant récupérer du temps, de baroudeurs en quête de victoire de prestige ou d’hommes à la chasse aux points pour le maillot à pois, le tout promettant une course des plus animées ! Le leader et son équipe seront sous pression toute la journée.

 

Comme la veille on attaque direct dans le vif du sujet avec trois cols de secondes catégories : la côte de Levens (6,2km à 5,6% - km20), la côte de Châteauneuf (5,3km à 4,3% - km36) et le Col de Calaïson (6,3km à 4,5% - km51). S'enchaînent alors les deux gros morceaux de première catégorie de la journée avec la côte de Peille (6,6km à 6,8% - km67), après un long faux plat on retrouvera l’incontournable Col d’Eze (mais que la partie finale : 1,6km à 8,1% - km83). Enfin, avec une descente délicate, les coureurs plongeront sur Nice avant la dernière ascension de la semaine, le Col des Quatre Chemins, situé à 9km du sommet, qui pourrait être décisif : même si ce n’est pas le plus dur du Paris-Nice (5,5km à 5,5% - 2ème catégorie), il est très irrégulier et la descente vers l’arrivée est très technique, un moment d'absence ou une chaussée humide et les meilleurs descendeurs récupèrent facilement du temps au reste des favoris ! En bas de la descente il restera un peu moins de trois kilomètres de plat, à l'exception d’une courte bosse avant la flamme rouge et l’arrivée finale au bout de la Promenade des Anglais au terme de 1186 km de course.



 

 

Départ : 12H10

 

Direct TV : 13H35 sur France 3

 

Arrivée (estimation) : 14H45-15H05

 



Mes favoris

L’état de forme et de fraîcheur de chacun, les objectifs de chaque coureurs cette saison, la préparation hivernale et les faits de courses font qu’il est très difficile de désigner un grand favori, mais nous pouvons déterminer une liste d’hommes forts que l’on pourrait retrouver à l’avant.

 



 

Chez les sprinteurs (étapes 1 et 2) : Sam Bennett (Irlande - Bora Hansgrohe), Nacer Bouhanni (France - Cofidis), Adrien Petit (France - Direct Energie), Elia Viviani (Italie - Quick Step Floors), John Degenkolb (Allemagne - Trek Segafredo), Alexander Kristoff (UAE Team Emirates), Dylan Groenewegen (Hollande - Team Lotto NL Jumbo), André Greipel (Allemagne - Lotto Soudal), Arnaud Démare (France - Groupama FDJ)...

 

Chez les puncheurs (étapes 3,5 et 8) : David De La Cruz (Espagne - Team Sky), Wout Poels (Hollande - Team Sky), Sergio Luis Henao (Colombie - Team Sky), Tom-Jelte Slagter (Hollande - Dimension Data), Rudy Molard (France - Groupama FDJ), Matteo Trentin (Italie - Mitchelton Scott), Eduardo Sepulveda (Argentine - Movistar), Julian Alaphilippe (Quick Step Floors), Jesus Herrada (Espagne - Cofidis), Lilian Calmejane (France - Direct Energie), Ion et Gorka Izagirre (Espagne - Bahrain Merida), Luis Leon Sanchez (Espagne - Astana), Tim Wellens (Belgique - Lotto Soudal), Simon Gerrans (Australie - BMC Racing Team), Nicolas Roche (Irlande - BMC Racing Team), Jarlinson Pantano (Trek Segafredo), Sam Oomen (Hollande - Team Sunweb), Tony Gallopin & Alexis Vuillermoz (France - AG2R La Mondiale), Rui Costa (UAE Team Emirates), Daniel Martin (Irlande - UAE Team Emirates)...

 



 

Chez les grimpeurs (étapes 6 et 7) : Daniel Martin (Irlande - UAE Team Emirates), Pierre Rolland (France - Team Education First Drapac), Bauke Mollema (Hollande - Trek Segafredo), Julien Bernard (France - Trek Segafredo), Robert Gesink (Hollande - Team Lotto NL Jumbo), Tejay Van Garderen (USA - BMC Racing Team), Tim Wellens (Belgique - Lotto Soudal), Jakob Fuglsang (Dannemark - Astana), Ion et Gorka Izagirre (Espagne - Bahrain Merida), Warren Barguil (France - Fortuneo Samsic), Julian Alaphilippe (France - Quick Step Floors), Marc Soler (Espagne - Movistar), Johan Esteban Chaves (Colombie - Mitchelton Scott), Simon Yates (Royaume Uni - Mitchelton Scott), Ilnur Zakarin (Russie - Katusha Alpecin), David De La Cruz (Espagne - Team Sky), Wout Poels (Hollande - Team Sky), Sergio Luis Henao (Colombie - Team Sky)...

 



 

Pour le classement Général : Wout Poels, Sergio Luis Henao, Ilnur Zakarin, Johan Esteban Chaves, Simon Yates, Marc Soler, Julian Alaphilippe, Lilian Calmejane, Warren Barguil, Ion et Gorka Izagirre, Jakob Fuglsang, Tim Wellens, Tejay Van Garderen, Bauke Mollema, Tony Gallopin, Dan Martin...

 



 

Mes trois favoris : Wout Poels, Julian Alaphilippe et Tony Gallopin

 


Les trois favoris de David Sahiri (F2M Foot) : Tony Gallopin, Warren Barguil et Tim Wellens

 

Les trois favoris d'Alexian Ajas (F2M Rugby) : Sergio Henao, Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang (+ 4 outsiders : Simon Yates, Ilnur Zakarin, Warren Barguil et Tony Gallopin)

 

Les trois favoris de Leïs Masson (F2M Basket) : Ilnur Zakarin, Warren Barguil et un des trois leaders de la Team Sky (Sergio Henao, Wout Poels et David De La Cruz)

 

 

 

Vincent Avellana