Le petit guide du Paris-Roubaix

dans la Roue de la Feuille de Match

L’enfer du Nord attend le peloton ce dimanche ! Cette course mythique du nord de la France en est à sa 116ème édition. C’est une classique historique du calendrier mondial, créée en 1896, elle est considérée comme un des cinq monuments de la petite reine (avec le Tour de Lombardie, le Tour des Flandres, Milan-San-Remo, Liège-Bastogne-Liège).


Une course de légende

Elle fait partie des classiques flandriennes, qui regroupent les courses situées dans le nord de la France, la Belgique et les Pays-Bas, se déroulant à la sortie de l’hiver et au début du printemps et qui se caractérisent par des circuits plats et ventés, entrecoupées de routes étroites, pavées, cabossées et parfois vallonnées (côtes très courtes, parfois très pentues et pavées).

 

Paris-Roubaix est une institution au niveau national car c’est la seule classique de cette envergure sur le territoire français et aussi au niveau mondial car elle représente l’imaginaire populaire du guerrier sur sa machine, en prise avec les éléments (route, poussière, météo) pendant près de 300km !


Une classique

Elle fait partie du circuit World Tour, qui regroupe les meilleures courses mondiales. Les 18 équipes de cette première division mondiale y participent d’office, ainsi que 7 équipes de seconde division qui bénéficient d’une invitation.
On retrouve donc 7 équipes françaises : Groupama-FDJ & AG2R La Mondiale (World Tour), Cofidis, Delko-Marseille Provence-KTM, Direct Energie, Fortuneo-Samsic, Vital Concept (Continental Pro)


Un palmarès impressionnant

Énormément de grands champions ont inscrit leurs noms au palmarès de Paris-Roubaix, notamment des vainqueurs de Grands Tours. On retrouve Fausto Coppi, Louison Bobet, Eddy Merckx, Roger de Vlaeminck, Francesco Moser, Bernard Hinault, Marc Madiot (le manager actuel de Groupama-FDJ), Gilbert Duclos-Lassalle. Le dernier français à avoir remporté cette épreuve c’est Frédéric Guesdon, actuel entraîneur de la Groupama-FDJ , en 1997. Dans les années 2000, les deux monstres des flandriennes Tom Boonen  (4 victoires) et Fabian Cancellara (3 victoires) ont dominé l’épreuve à l'exception de victoires de bons coureurs plutôt considérés comme des outsiders (Vansummeren en 2011). Depuis, chaque année est assez disputée, aucun coureur apparaît comme favori ultime : Terpstra en 2014, Degenkolb en 2015, Hayman en 2016 et Van Avermaet l’an passé.


Une course indécise

C’est une course toujours rocambolesque qui peut se perdre n’importe où, en fonction des conditions météorologiques (quand il pleut, c’est de la boue, quand il fait soleil, on a des nuages de poussière, quand il neige, c’est du patinage). Au vu du fort kilométrage de pavé et l’absence de relief, le vainqueur est souvent un bon rouleur même si on a déjà assisté à des surprises !
C’est une course charnière de la saison puisqu’elle marque la transition entre classique flandrienne et classique ardennaises, c’est donc un objectif pour nombre de spécialistes de ces courses, qui auront un pic de forme pile pour le jour-J.
C’est la dernière course flandrienne de la saison, qui a commencé avec le Hiet Nieuswblad (remporté par Valgreen), suivi par le Grand Prix E3 (Terpstra), Gand-Wevelgen (Sagan) et surtout le Tour des Flandres remporté aussi par Terpstra, l’homme fort de ces classiques.


Le parcours

En ce qui concerne le tracé, comme son nom ne l’indique pas, la course part de Compiègne à la frontière entre l’Ile-de-France et la Picardie. Les 257km sont entrecoupés de 54,4km de pavés, répartis en 29 secteurs. Le premier intervient après 93km de course, dès l’entrée dans le département du Nord. Les secteurs sont classés en cinq catégories de difficulté (une étoile pour le plus facile, cinq pour le plus compliqué). Les critères sont l’état de la route et la longueur du secteur car même si des rénovations ont lieu avant l’épreuve, certains sont réellement délabrés ! Parmi les secteurs les plus mythiques on a la Trouée d’Aremberg (secteur 19-km162, 2400m) qui opère une première sélection. On retrouve ensuite la traversée de Mons-en-Pévèle (secteur 11-km208, 3000m) qui est très usant car dur, long et au milieu d’une succession de secteur. Enfin le peloton passera par le légendaire Carrefour de l’Arbre (secteur 4-km242, 2100m) situé à à peine 15km de l’arrivée, qui est toujours décisif et qui est la dernière réelle difficulté.


Les favoris

-Greg Van Avermaet (Bel-vainqueur en 2017) & Jurgen Roelandts (Bel) de BMC Racing

- Niki Terpstra (Hol-vainqueur en 2014),

-Philippe Gilbert (Bel),

-Zdenek Stybar (Tche) de Quick-Step Floors

- Sep Vanmarcke (Hol) de EF Education First-Drapac

- Peter Sagan (Slk) & Daniel Oss (Ita) de Bora-Hansgrohe

- Mathew Hayman (Aus-vainqueur en 2016) de Mitchelton-Scott

-John Degenkolb (All-vainqueur en 2015) de Trek-Segafredo

-Alexander Kristoff (Nor) de UAE Team Emirates

-Arnaud Démare (Fra) de Groupama-FDJ

-Oliver Naesen (Bel) de Ag2r La Mondiale

-Wout Van Aert (Bel-Champion du Monde de Cyclo-Cross) de Veranda’s Willems-Crelan

-Adrien Petit (Fra) & Sylvain Chavanel (Fra) de Direct Energie

-Christophe Laporte (Fra) de Cofidis, Solutions Crédits

-Edvald Boasson Hagen (Nor) de Dimension Data, …


Les équipes & les coureurs belges et hollandais semblent les plus armés, mais s’il fallait citer un super favori ce serait Terpstra.


Dans mes surprises pour le podium je citerais Démare et Petit, sans aucun chauvinisme.


Diffusion TV

La course sera à suivre en intégralité à partir de 10h45 sur France 3 et France télévisions, qui mettra un gros dispositif avec notamment la présence de Thomas Voeckler sur la moto.

Ne ratez cette bataille pour rien au monde !