Colomiers - Bayonne

C’est dès les abords du stade que flotte un air de fête estival, les voitures sont garées pêle-mêle sur les carrés d’herbe et les supporters en majorité columérins convergent vers l’entrée. Le temps d’attendre mon acolyte, je vois arriver les bus de bayonnais qui entonnent un chant évidemment anti-biarrot.

Dimanche 3 septembre 2017

14h15


 

Des « Jean-Dauger  c’est mieux qu’Aguilera » jaillissent des gorges ciel et blanc avant de se transformer à l’approche de la buvette en « Colomiers c’est mieux qu’Aguilera » (la rivalité basque dépassant de très loin toute autre rivalité envisageable).

 

Un petit soleil vient réchauffer le ciel ouest-toulousain et aucun nuage ne menace d’hypothétiques grandes envolées : après une fin de semaine grisonnante, c’est sans doute le premier dimanche de l’été indien.

 

Une fois passé les guichets et les contrôles d’usage, on pénètre dans l’enceinte pour se faire assaillir gentiment par les enfants de l’école de rugby qui vendaient des tickets de tombola (peut-être une recrue de l’hémisphère sud à financer). Le stade est plutôt grand et typique des stades de rugby français avec deux tribunes latérales et le reste des places en pesage. Le public est présent mais le dernier week-end avant la rentrée a sans doute découragé la sortie de quelques familles : il y a environ 6 000 spectateurs pour 11 000 places disponibles.

 

Lorsque nous nous installons après bien sûr une visite de courtoisie à la buvette, nous sommes entourés par des habitués qui appellent les joueurs locaux par leurs prénoms. Juste à notre gauche se trouve le genre de personnage qui me touche particulièrement : un ancien seul, le sourire aux lèvres qui semble porter en lui toute l’histoire du club.

 

Bayonne vient à Colomiers pour trouver des repères dans un début de saison plutôt compliqué après la lourde défaite à Perpignan (66-6) et la victoire poussive à domicile face à Béziers (27-23).

 

Le club de Colomiers a lui la possibilité de se rapprocher des premières places du classement en remportant leur troisième victoire d’affilée en autant de journée.


Coup d'envoi

 Dès la deuxième minute de jeu les Bayonnais sont cueillis à froid  par un essai de Plazy. Il bonifie des espaces dans la défense basque créés par ses coéquipiers sur un mouvement d’école. L’ailier n’a plus qu’à finir. Pour autant, les joueurs de l’Aviron n’abdiquent pas et alors que les columérins semblent penser le match pesé, ils encaissent un essai par Du Plessis à la septième minute qui profite de l’apathie de la défense pour jouer un une-deux gagnant avec son ailier.

 

Le match est plutôt équilibré mais les arrières bayonnais arrivent à franchir et se monter dangereux (en particulier Rawaca). À la vingtième minute sur un mouvement rapide et un franchissement du numéro 12, Martin Bustos Moyano manque d’aplatir à cause d’un en-avant à la réception de la dernière passe. Les joueurs à la colombe ne sont pas en reste : sur les quelques actions non avortées par le manque d’automatisme dans la charnière, ils arrivent à poser des problèmes à la ligne de défense adverse. Ainsi à la trentième minute le jeune centre en provenance d’Auch, Pimienta, inscrit le deuxième essai pour son équipe en bout de ligne en effaçant Du Plessis sur un cadrage débordement complété d’un magnifique raffut. Il faut noter deux chisteras d’affilée effectuées par le pilier Sheklashvili et l’ailier Voretamaya pour mettre le centre en orbite. Comme quoi il n’y a qu’une lettre d’écart entre ces deux postes.

 

Le reste de la première période est assez stérile avec une pénalité du jeune ouvreur columérin Lafage et deux du vétéran Bustos Moyano dont une notable de plus de 55 mètres.

 

 

 

A la mi-temps Colomiers peut regretter de n’avoir pas plus concrétisé dans une première période relativement dominée. Ils auraient pu prendre une plus large avance au tableau d’affichage sur une touche mal négociée par les bayonnais juste avant la pause.

 

 

Score 15 à 13 pour les locaux.



Mi-temps


 Au retour des vestiaires, le match a définitivement basculé sur le terrain si ce n’est sur le score. Colomiers domine outrageusement mais n’arrive pas à marquer même si la liaison du neuf au dix s’est grandement fluidifiée. Le manque de discipline des haut-garonnais peut pourtant encore permettre aux bayonnais de les faire douter.

 


C’est finalement grâce au pied de Maxime Lafage que Colomiers s’échappe. Cependant, les columérins ne sont pas à l’abri d’un essai sur contre-attaque avec la vitesse de la ligne arrière basque. Ce qui fera finalement basculer le match ce seront les deux cartons jaunes infligés coup sur coup à Bayonne à la 54ème et à la 67ème minute pour un plaquage dangereux pour Schuster et un acte d’anti-jeu pour Arganese. Pendant ces vingt minutes d’infériorité numérique, les bayonnais, vaillants, n’encaissent pas d’essai mais la dépense supplémentaire d’énergie les porte au point de rupture. Ils s’effondrent finalement à la 77ème minute pour le deuxième essai de Plazy après un coup de pied de recentrage intelligent de Pimienta et Colomiers parvient à décrocher le point de bonus deux minutes plus tard par l’essai de Faleafa qui profite d’un super cadrage et d’une passe après-contact de Maurino. 

Score final 36 à 13 pour la colombe.


L'après-match

 

Un match à sens unique malgré quelques espérances coté bayonnais. Ces derniers ont manqué de fraîcheur physique pour compenser leur niveau deux crans en dessous. Les locaux ont plutôt bien joué et lorsqu'ils seront rodés, ils pourront sans doute prétendre à disputer la montée dans l’élite grâce notamment à des jeunes très intéressants.

 

Colomiers prend la première place de la Pro D2 grâce au point bonus offensif qui porte leur total à 13 points. Bayonne peut s’inquiéter même si quelques joueurs se sont montrés à leur avantage à certains instants du match.

 

 

Au coup de sifflet final, les gamins envahissent le terrain bientôt suivis par des adultes et les joueurs locaux venant saluer leurs familles et amis au pied des tribunes. Cette proximité entre acteurs et spectateurs du match participe grandement à l’ambiance festive et décontractée que le Top 14 a perdu ces dernières années.

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