Liège-Bastogne-Liège 2018 : Dans la Roue de la Feuille de Match


Le triomphe de Bob Jungels

 

C'est la fin des ardennaises avec la plus mythique des classiques mondiales, la Doyenne. C'est la 104 édition de cette course inaugurée en 1892 ! C'est la course que tout cycliste veut avoir à son palmarès. Même si elle a subi des modifications, elle reste incontournable et indécise, tout au long des 258km en Wallonie.

 

On compte de nombreux favoris, on peut mettre en avant le podium de la flèche Wallonne de mercredi, le français Alaphilippe, qui voudra succéder à Hinault au palmarès (dernier vainqueur tricolore en 1980), le belge Vanendert et l'espagnol Valverde qui voudra égaler le record de Merxx qui est de 5 victoires.

Même si le parcours présente moins de petites côtes, il est quand même très accidenté avec un enchainement de diffultés assez courtes et pentues.

 

La course à l'échappée :

Le peloton s'élance vers 10h30 sous un beau soleil et des conditions parfaites. Neuf coureurs sortent dès le km9, on retrouve Loic Vliegen (BMC), Anthony Perez (Cofidis), Mark Christian, Casper Pedersen (Aqua Blue), Florian Vachon (Fortuneo), Jérôme Baugnies (Wanty), Paul Ourselin (Direct Energie), Mathias Van Gompel (Sport Vlaanderen) et Antoine Warnier (Aqua Protect Veranclassic).

Ils ouvrent la route pendant plus de 200km sans jamais compter plus de 6 minutes d'avance. Ils avalent les côtes les unes après les autres, le groupe se disloquant et se reformant parfois.

Pedersen attaque dans la côte de Belleveaux, poursuivi par six anciens échappés. Le groupe se reforme mais ils ne sont plus que 5 au pied de la côte du Rosier à 60km de l'arrivée puis 4 au sommet, avec plus de 3 minutes d'avance.

Dans l'ancien juge de paix, le col de la Redoute, Baugnies sort du groupe de tête alors que le peloton roule fort. Il se rapproche à moins d'une minute à l'approche de la dernière heure de course.

 

Les 30 derniers kilomètres :

Alors que les échappées sont repris les uns après les autres, on a Baugnies seul en tête avec à peine 30 secondes d'avance.

Il sera revu à 22km de l'arrivée, au pied de la Roche aux Faucons avec un peloton groupé d'une soixantaine d'unités. C'est la Bahreïn de Nibali qui roule fort, pour préparer une attaque du Requin de Messine ?

On est dans la côte, courte mais raide, les coureurs à bout de souffle lâchent par l'arrière alors que les leaders se rapprochent de la tête du groupe. Et c'est Gilbert qui sort le premier pour la Quick Step qui contrôle derrière. Tom Dumoulin fait l'effort et ramène le groupe sur le belge qui a enchaîné flandriennes et ardennaises. Henao contre dans la partie la plus dure, Jungels sort aussi, c'est une deuxième carte abattue par la Quick Step alors qu'Alaphilippe est au chaud.

Ca se regarde derrière, personne n'a d'équipiers pour mener la chasse !

 

Le luxembourgeois compte une vingtaine de secondes d'avance, derrière les attaques et les temps morts se succèdent, la situation se stabilise dans ce groupe d'une vingtaine d'unités dans la descente vers St-Nicolas.

A 15km de l'arrivée, c'est Valverde qui sort en personne mais le groupe se reforme.

Astana décide de prendre la poursuite à son compte pour Fuglsang et l'écart se stabilise autour des 50 secondes au pied de la décisive côte de St-Nicolas. 

 

La Côte de St-Nicolas et les derniers kilomètres : 

Il reste un peu plus de 6km. Vanendert sort le premier et semble très fort. Derrière on accélère à tour de rôle mais personne ne revient sur le belge. Au sommet, Jungels a perdu la moitié de son avance sur Vanendert, ça peut suffire pour le luxembourgeois, la meute est à 30 secondes !

De manière surprenante, Alaphilippe sort de sa réserve et attaque pour revenir sur Vanendert. Le groupe se reforme et Bardet sort à son tour avec Woods, mais ça semble trop tard pour la victoire car Jungels tient bon !

Le duo franco-canadien s'approche de Vanendert à l'approche de la flamme rouge, tandis que le groupe revient aussi sous la flamme rouge.

Jungels est imbattable et va décrocher la plus belle victoire de sa carrière au sommet de la côte de Ans, avec le maillot de champion du Luxembourg au terme d'un succès semblable à son compratiotte Andy Schleck neuf ans plus tôt.

 

Derrière, Vanendert est avalé par le duo de contre-attaquants, Wood dépose Bardet pour faire 2 & 3, les trois premiers réalisent leur premier podium en classique !

Alaphilippe fait 4eme et place deux français et deux Quick Step dans le top 4, au terme d'une course décousue qui clôt une campagne de classique parfaite pour la formation belge.